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Notes :

Mes trois sous-genres sont :
- Moyen-âge
- Fantasy Arthurienne
- Prose

Notes d'auteur :
Bonjour !

Me voici pour vous présenter ma participation au concours du Héron "Marions-les". Mes trois sous-genres étaient :
- Moyen-âge
- Fantasy Arthurienne
- Prose


J'espère avoir répondu à mes trois sous-genres comme il le fallait. J'ai eu énormément de difficultés avec la prose. N'hésitez pas à me le dire si quelque chose vous gêne, d'autant que j'ai utilisé le vocabulaire typique de cette époque.

Dans ce prologue se trouve une référence à la Fantasy Arthurienne sous forme de citation. Elle appartient à Marion Zimmer Bradley "Les Dames du Lac" (en gras dans le texte).

A très vite pour la suite de cette nouvelle !
Lyssa.

Dans la région de Ceredigion, en bas d’une colline comme il y en avait des centaines d’autres en Bretagne, se trouvait une auberge à la fort mauvaise réputation.

A mi-chemin de Camelot, elle faisait son pain quotidien bien que son allure défraîchie et la brume recouvrant les alentours, semblable aux âmes égarées des morts épouvantés, prévenaient les visiteurs de la malaventure qui les attendait. Sur son seuil, il n’était pas rare de buter sur une tuile de bois tombée du toit ou de glisser sur les pierres trempées par la pluie.

Cela ne s’arrangeait guère en été, d’autant que les orages du printemps avaient été particulièrement violents cette année-là. L’auberge conservait, par tous les temps, cette atmosphère troublante, presque effrayante, renforcée par la frêle lueur de la lanterne à l’entrée et celle, plus faiblarde encore, des bougies dans les chambres miteuses, ardant d’une lumière jaunâtre à travers les volets crasseux. Les rares habitants du village voyaient, eux, dans cette sombre taverne, presque toujours noyée dans d’épais brouillards et survolée par d’innombrables corbeaux, un lien mystérieux et magique.

L’auberge du Petit Bogre, car tel était son nom, contenait mécréants et moult menuailles. Nombre de pèlerins incertains avaient trouvé refuge en ce lieu pour la nuitée sans en ressortir indemnes. Ils leur manquaient parfois un doigt ou une oreille et, au mieux, ils se faisaient rapiner quelques bijoux de piètre qualité ; mais les marauds, après avoir quérit un endroit où se sustenter, s’enorgueillissait de leur francherepue. Par matin, ils partaient prestement sur les chemins, ne mandant pas leur reste.

Les plus hardis d’entre eux, ou les fol dingos, allaient à la mortaille en buvant leur vinasse qui coulait allègrement sur leurs défroques. Le bruit des lames de couteaux ou des poings qui se cognent résonnaient dans la petite masure.

La matrone de la taverne n’intervenait jamais, préférant faire la sourde oreille en remplissant ses cruches sous le tonnelet et servir les tables plus calmes dans les recoins obscurs de l’auberge. L’un des bons gaultiers troussait ses jupons et le rire de la ribaude s’élevait, troublant un instant la bastaille des rustres.

La plupart des hommes venant à la taverne étaient des habitués de la maison, des sac-à-vins comme on les nommait, ou des bandits de grand chemin qui se plaisaient à détrousser les honnêtes gens. Si leur sale trogne en imposait et qu’ils étaient toujours les premiers à pourfendre les manants, aucun d’eux ne se serait risqué à chercher noise à Gersan, le pire de tous.

Sa chopine bien en main, l’homme laissait dégouliner le liquide ambré dans sa barbe mal rasée en promenant un regard menaçant sur l’assemblée. Une longue cicatrice purulente lui barrait l’oeil droit et ses cheveux bruns tombaient sur ses épaules en mèches filasses et grasses, renforçant son air de truand qui n’aurait pas hésité à vous égorger dans un petit bois des alentours. Son affublement, des loques puantes, n’arrangeait rien à son aspect peu ragoûtant. Sa giberne en évidence par-dessus son mantel contenait quelques pièces d’or chapardées et une gourdasse de liqueur qu’il mélangeait à la bière.

Lorsque la nuit déposait son ombre sifflante sur le monde, Gersan passait la porte du Petit Bogre et interpellait sans respit la matrone avant de s’installer sur l’un des hauts tabourets devant le comptoir. C’était la meilleure place de l’auberge et si un gueux y avait élu domicile avant lui, il lui suffisait de mettre la main à sa ceinture, dévoilant son coutelas, pour que l’autre en descende derechef. Un sourire édenté traversait un instant le visage de la crapule, démontrant toute la fierté qu’il en retirait et le rendant encore plus laid, ce qui n’était pas un mince exploit.

Et tôt, il commandait une poularde, la dévorant à belles dents et un brouet qu’il engloutissait bruyamment, sa langue claquant son palais. Quelquefois, deux ou trois rats couraient entre ses bottes en cuir sombre et l’homme leur lançait quelques os mâchouillés sur lesquels, avidement, les campanoles se jetaient.

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