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Notes d'auteur :
J'étais dans le tram, bien trop concentrée sur mon nombril... Et puis cette dame monta... Et tout changea.
Vous savez, ces histoires de rencontres bizarres que l’on ne trouve que dans des films ou des romans ? Ce genre de rendez-vous que vous n’attendiez pas mais qui vous tombe sur le coin de la gueule et vous bouleverse pour quelques heures, quelques jours ou même pour la vie ? On pense que c’est n’est que fictif, que jamais, au vingt-et-unième siècle, à l’heure des réseaux sociaux et d’Internet en général, les chances de croiser des inconnus et de parler avec eux comme si on les connaissait depuis toujours n’existent plus.

On n’ose plus, on a peur de se trouver ridicule à essayer d’engager la conversation, d’ailleurs, sait-on vraiment encore faire ? On s’accommode, on n’ose plus fixer les gens et si par malheur nos regards se croisent, on le détourne rapidement dans la plupart des cas.

Et pourtant…

Il suffit parfois d’ouvrir les yeux car un regard ou un mot, peut embellir une journée partie pour être banale.


J’étais dans le tram depuis une demi-heure, bien emmitouflée dans mon manteau et comme presque tous les usagers je tenais mon portable dans la main. Je regardais mes notifications Facebook, mes mails, et toutes ces choses qui, en réalité, ne servent à rien.

Les stations s’enchainaient, mes oreilles trainaient, je captais quelques bribes de conversation sur les vacances de Noël qui approchaient ou les cadeaux qu’il allait bientôt falloir acheter. On était tous dans le même tram, on allait tous dans la même direction et pourtant on était tous seuls. Chacun pour sa poire.

Jusqu’à cette grand-mère, dont j’ignore le nom.


Elle est montée à mi-parcours et a illuminé la rame en un regard. Le genre de personne qui dégage une aura particulière, qui vous fait sentir bien. L’homme à côté de moi venait de descendre et la dame a pris sa place. Elle trainait derrière elle un vieux caddie à roulettes bleu duquel sortait… Un chien ! Un petit bichon blanc.

J’ai souris immédiatement et quand elle m’a regardé avec un air malicieux en me présentant Roméo, huit ans, quelque chose a fait tilt… Je n’avais plus froid, l’hiver avait disparu. Cette dame était le petit coup de bonheur de ma journée, j’en étais certaine. On a bizarrement échangé de choses et d’autres, comme si nos sièges inconfortables avaient été remplacés par des canapés moelleux et que nous prenions le thé, bien installées dans un salon.

Le destin semblait me sourire pour la première fois depuis des mois. En l’écoutant me parler de la vie de son chien, j’oubliais mes soucis, ma séparation récente et la culpabilité que tout cela entrainait. Je vivais au présent et cela faisait du bien. Roméo écoutait, depuis son caddie et me fixait avec ces deux perles vertes émeraude. De temps en temps, la dame sortait une friandise de sa poche qu’elle lui tendait. Ces deux-là formaient un duo aussi unique que complice.


Le trajet ne m’a jamais paru aussi court. La dame me dit qu’elle devait se rendre à la Part-Dieu mais qu’elle n’avait pas envie de prendre le métro. Je n’en revins pas… J’allais moi aussi dans cette direction, même s’il fallait que je descende deux arrêts plus tôt.

Nous sommes donc sorties au même endroit et avons attendu un autre tram, toujours en bavardant. Elle pointait du doigt la chevelure d’une femme, la chemise d’un homme et tapotait sur mon bras en me demandant de regarder à quel point ces personnes avaient du goût. Pas une mauvaise pensée, pas un mot plus haut que l’autre. Elle était souriante, un vrai rayon de soleil dans cette journée froide et grise.


Quand le tram s’est finalement arrêté là où je devais descendre, j’ai décidé de l’accompagner jusqu’au bout et elle a semblé ravie.

Nous sommes donc arrivées près de la Part-Dieu et avons traversé la gare à pied, elle tirant toujours Roméo dans son caddie. Elle m’a avoué adorer jardiner et bricoler - c’était d’ailleurs suite à un aller-retour chez Mr Bricolage qu’elle s’était retrouvée à côté de moi dans le tram - avant de me demander : « Et vous ?! Je parle, je parle, mais qu’aimez-vous ? Que venez-vous faire en ville cet après-midi ? ».

Un peu impressionnée, je lui ai dit que je rejoignais des amies avec qui j’écrivais. Elle a voulu en savoir plus, je lui ai donc tout raconté. Mes petites nouvelles cachées dans mon ordinateur, les histoires dans ma tête, celles sur papier, Bleu Horizon, Le Héron… Même mon projet avec Elsa et Harrison.

Je n’oublierai jamais sa réaction. Elle m’a demandé mon nom pour se souvenir, si un jour elle le voyait sur un roman…


Quand nos chemins se sont séparés, elle m’a émut aux larmes. Sans que je lui parle de tout le reste, elle semblait avoir compris que les fêtes à venir ne seraient pas les plus belles que j’ai connues.

Elle m’a regardé avec un sourire franc et, posant sa main sur mon bras, m’a fait un des plus beaux compliments auxquels j’ai eu le droit.

« En plus d’être jolie, vous avez une belle âme, mademoiselle Laura. J’ai été ravie de faire ce voyage avec vous. »

Elle est partie comme elle était arrivée, Roméo dans son petit charriot bleu, son sac Leroy Merlin à la main. Je me suis retrouvée un peu bête, là, en direction de la rue Paul Bert, mais beaucoup plus légère.
Note de fin de chapitre:
Je profite des notes de fin pour tous vous remercier pour vos lectures et vos retours que ce soit ici ou sur facebook ou par sms ou mail ou.... Enfin, vous voyez de quoi je parle quoi ;) Merci à tous !
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