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Notes d'auteur :
Vieux Lyon, un 22 décembre. La neige se met à tomber d'un coup. Pas d'autre choix pour Antoine que de trouver un endroit où se mettre à l'abri et on dirait que la chance est avec lui...
La neige s’est mise à tomber d’un coup dans le vieux Lyon. De gros flocons lourds et humides accompagnés d’un vent à décorner les boeufs. Dehors, justement, la rue du Boeuf se vide à la vitesse de l’éclair.

Antoine presse le pas et ouvre la porte de la première boutique sur son passage pour se mettre à l’abri.

Il peste, passe sa main dans ses cheveux pour enlever les flocons et, enfin, lève les yeux pour voir où il se trouve.


Un salon de thé à l’aspect un peu british. Tout de suite, Antoine se détend - ça aurait pu être pire. Il regarde autour de lui. La pièce est plutôt petite mais une pancarte près d’un escalier indique qu’il y a une autre salle au sous-sol. Cinq tables rondes en bois d’un autre âge font face au comptoir et, contre le mur en pierres, à l’angle de la vitrine, un vieux canapé molletonné invite le client à venir s’asseoir et à déguster sa boisson tout en observant la rue et ce qui s’y passe.

L’appel est trop tentant et Antoine se dirige vers le canapé avant de s’y affaler, avec un brin de retenue quand même.

Là, bien calé dans les coussins moelleux, Norah Jones en fond sonore, le jeune homme se laisse hypnotiser par les flocons qui tombent sans discontinuer. On dirait du coton. Des dizaines de milliers de morceaux de coton froids et humides largués par avion sur toute la ville. Pour une fois il n’a pas le réflexe de sortir son téléphone pour voir s’il a reçu des messages et il s’en étonne, un fin sourire aux lèvres. Ce moment n’était pas prévu au programme et tombe à merveille.


Un grand jeune homme vient prendre sa commande. Antoine s’amuse intérieurement. Ce type, avec sa carrure longiligne, ses cheveux roux et sa monture noire se marie parfaitement au décor. Il lui propose les différents thés de la carte mais Antoine le regarde d’un air désolé, il n’aime pas le thé.

Greg - c’est tout du moins le nom inscrit sur son badge - le rassure : il vient de trouver la juste mesure d’un nouveau cacao aromatisé parfait. Antoine se laisse tenter ; avec cette météo, rien de tel qu’un chocolat chaud. Le serveur lui explique la recette. Du chocolat et une boule à thé à laisser infuser avec des morceaux de cannelle et des zestes d’orange.

Il repart vers le comptoir et Antoine reprend sa contemplation de la rue qui blanchit, petit à petit. C’est très rare qu’il neige aussi fort ici, et certainement que demain matin tout aura disparu, mais Antoine s’en moque, à trois jours de Noël, la ville va être parée de ses plus belles couleurs.

Il imagine déjà la nuit qui tombe et les flocons qui, voletants sous les réverbères, scintillent de mille feux. Il visualise la grande roue, quelques rues plus bas, sur la place Bellecour, toute illuminée. Peut-être ira-t-il ce soir, qui sait, faire un tour dans une des nacelles et prendre de l’altitude pour profiter de sa ville de lumière.

Il ignore si c’est l’effet de ce temps hivernal ou de la musique qui passe, ou encore de l’odeur de cannelle qui commence à arriver jusqu’à ses narines, mais pour la première fois depuis longtemps, Antoine se sent en harmonie totale avec lui-même.

Au bon endroit au bon moment.

Et il se dit que c’est le plus important.

Note de fin de chapitre:
Un invité surprise a imposé sa présence dans cette nouvelle. Des fois, il se passe vraiment des trucs bizarres dans ma tête !
J'en profite pour souhaiter un bon anniversaire à ma copine modo, Norya !
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