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Notes d'auteur :
Noël et les jours qui précèdent, c'est une succession d'odeurs qui embaument les narines ou nous ramènent à l'enfance.
D’abord il y aura l’odeur de la poussière, celle qui te remontera doucement aux narines quand tu ouvriras le vieux carton aux mille trésors resté toute l’année au grenier. Guirlandes, boules de toutes les couleurs, santons, étoiles et tant d’autres choses encore.
Tu seras projeté en arrière, tu te remémoreras tes premiers sapins, tes premières décorations, fabriquées à l’école quand tu étais enfant et que tout était simple. Peut-être même que tu en retrouveras une ou deux, là, tout au fond.

Viendra ensuite les effluves du sapin encore nu, posé comme tous les ans, dans le salon. Tu seras allé le chercher quelques heures plus tôt, en rentrant du travail et tu l’auras sorti de ta petite voiture avec peine, avant de le monter chez toi sans manquer bien-sûr de respirer à plein nez les odeurs de suie et de soupes chaudes que tes voisins auront cuisiné. Tu grimaceras un peu, quand le froid, en rentrant dans tes narines, aura gelé tes sinus au passage mais qu’importe, le mois de décembre est ton mois préféré, celui que tu trouves magique. Le mois de tous les possibles.

Ou presque.

Après quelques semaines, ce sera l’heure de l’élaboration du menu. Tu ouvriras tous tes livres de cuisines ; ceux qui sentent le vieux et dont certaines pages sont collées d’avoir trop servis et les nouveaux que tu auras acheté pour l’occasion.

Tu partiras au marché, achèteras la plus jolie volaille et les légumes les plus colorés. Pour leur faire plaisir, parce qu’ils le méritent.

Tu rentreras chez toi, presque impatient, à l’idée de commencer à cuisiner.
L’oignon te fera pleurer, un peu, mais ça t’arrangera bien. Tu pourras y noyer quelques larmes - des vraies - parmi ce foutoir humide et salé. Tu le feras revenir dans du beurre et te délectera un instant de cette odeur que tu aimes tant.

La dinde, au four, commencera à rôtir et les premiers invités arriveront en s’exclamant du fumet que l’on sentira depuis les escaliers.

Le repas se déroulera à merveille. Un beau repas de fête comme on en redemande. Du bon vin, des rires, des cadeaux à la pelle sous le sapin. Du bonheur, simplement. La soirée battra son plein et petit à petit le festin se terminera.

Les invités partiront les uns après les autres. D’abord ta soeur et ton beau-frère, et puis tes parents.

Sans un mot, ta mère posera sa main sur ton épaule et ton père te prendra dans ses bras. Ils savent que tu veux être fort et que tu le seras.

Le nez dans le cou de ton père, tu respireras à pleins poumons et l’odeur de son après-rasage te rappellera ses étreintes, lorsqu’il te consolait alors que tu étais enfant.

Tu débarrasseras la table, lanceras le lave-vaisselle et puis tu iras te coucher.

Tu tourneras dans ton lit avant de trouver le sommeil, quelques heures plus tard, quand le soleil commencera à pointer dans le ciel. Tu maudiras un peu ce premier Noël post-rupture et ce fragment de magie en moins. Tu ne pourras pas t’empêcher de ressasser les courses, le choix et la décoration du sapin sans sa présence pour la première fois en cinq ans. Tu te sentiras seul, parce que c’est humain.

Si toutes ces odeurs de l’hiver t’entourent et te plaisent, aucune ne te manquera plus que son parfum à elle.

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