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Notes d'auteur :
Mille et une nuits ce soir. Mille et une nuits que je me bats contre la douleur et les doutes. On est loin des contes et des rêves d’Orient ... Et pourtant...
Je ne sais pas ce que ça me fait de me dire que Noël n’aura pas lieu cette année.

Que ma vie va s’éteindre, probablement aussi silencieusement que passent et repassent les avions, haut, si haut, dans le ciel étoilé.

J’ignore tout de ce qui m’attend et j’ai peur, un peu.

Je suis seul. Seul dehors, alors qu’il fait nuit.

Je suis assis sur la grosse pierre gelée, en haut de la colline, à quelques centaines de mètres de chez mes parents. J’ai conduit presque une heure et arrêté la voiture là même où j’ai passé des après-midi à jouer, lorsque j’étais gamin. D’ici, je domine toute la ville et ses lumières.

Ses belles lumières… Silencieuses et pleines d’espoir, depuis mon refuge temporaire… Combien de cris et d’abandons cachent-elles en fait ?

J’ai fuis cinq minutes.

Le froid caresse mes cheveux et me glace le bout du nez. Je grelotte mais ce n’est pas important. Je respire à grands poumons cet air pur, j’essaye d’ignorer la peur de tout ce qui m’attend dans quelques temps… Quelques semaines, quelques jours…

Quand ma vie sera fichue pour de bon.

Mille et une nuits ce soir. Mille et une nuits que je me bats contre la douleur et les doutes. On est loin des contes et des rêves d’Orient. Ce soir, je ne rêve que d’être encore assis sur cette pierre dans un mois, quand résonneront dans les rues les chants de Noël et quand mon père, fier d’avoir cuisiné pour la seule fois de l’année, posera une dinde énorme sur la table avant de la découper.

Ce serait une chouette histoire, je le sais. Nous tous, réunis pour Noël. Mais je sais que rien de tout cela n’aura lieu. Que je serai avec eux, certes, si mes espoirs sont bons, mais qu’ils ne me verront pas. Qu’ils ne me verront plus.

C’est une course contre la montre. Une course que je vais perdre, quoi qu’il se passe.

Je suis en sursis depuis de longues semaines. Mais je sens que la vie me quitte petit à petit. Je suis d’ailleurs étonné d’être bien, ce soir. Comme s’il s’agissait d’un dernier souffle avant la fin.

J’aimerais qu’il neige. Sentir juste une dernière fois les flocons effleurer ma peau. Sortir bien emmitouflé avec mes parents pour une promenade d’hiver. Rentrer le nez gelé puis prendre un chocolat chaud, comme lorsque j’étais enfant. Comme si de rien n’était.

J’aimerais que la vie me fasse ce dernier cadeau. Qu’elle me donne encore un peu de temps, qu’on rajoute encore des soirées à ces mille et une nuits passées. Qu’elle me laisse profiter d’un dernier Noël avec eux. Que je puisse les serrer fort, une dernière fois.

Et puis après, partir en paix.
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