Le déménagement by lalaulau38
Summary:
 
Crédits : Maestro : Procidis ; sushis : falcatraz ; montage : Vegeta

J’ai un nom barbare, à première vue. Je m’appelle Cellule Souche Hématopoïétique, mais tous mes amis m’appellent Cel’, donc vous pouvez en faire de même. J’ai grandi dans le corps d’une jeune femme française de vingt-cinq ans. J’étais heureux, on était toute une colonie qui passait nos journées à fabriquer des lymphocytes et à assurer leur bonne circulation dans les nombreuses autoroutes de notre hôte. Pour résumer, tout se passait bien...
 
Participation au concours de Vegeta, "Il était une fois la vie"

Categories: Humour, Aventure Characters: Aucun
Avertissement: Aucun
Langue: Français
Genre Narratif: Nouvelle
Challenges:
Series: Aucun
Chapters: 1 Completed: Oui Word count: 960 Read: 2039 Published: 13/04/2014 Updated: 15/04/2014

1. Veilleurs de vie by lalaulau38

Veilleurs de vie by lalaulau38
On dirait que j’ai vécu ici toute ma vie, mais que les choses soient claires ! Ce n’est pas le cas ! Je n’ai emménagé que récemment ! Je peux d’ailleurs me la péter sans honte mais vous n’avez aucune idée du bordel auquel on a assisté lorsque Cerveau, le système central de notre nouvelle habitation a compris que tout s’était bien passé et qu’il a transmis le message aux organes présents…
- Merci ! criaient les uns.
- Bienvenue ! renchérissaient les autres.
Et moi, entouré de tous mes semblables, je me sentais à la fois fier et perdu dans ce tout nouvel environnement. Je regardasi autour de moi et restai ébahi devant un si beau spectacle.
Des lymphocytes tout neufs gambadaient à droite, à gauche, me remerciant au passage.
Cerveau lui-même était surexcité, et je le sentais, heureux comme jamais. Il avait repris espoir.
Je n’étais pas ici depuis longtemps – je n’avais d’ailleurs jamais demandé à venir – mais tout dans ce nouvel endroit semblait mieux fonctionner en ma présence, alors je me sentais vraiment important, contrairement à mon ancien logement où le système central ne pensait jamais à moi, puisque tout allait bien.
Vous l’aurez sans doute compris ; j’ai déménagé il y a peu. Ou plutôt, on m’a foutu dehors sans ménagement. Remarquez, c’était pas mon genre de faire des pieds et des mains pour rester, et puis le système central de mon ancien domicile était tout excité à l’idée que je parte pour la bonne cause, comme il disait, donc à moi, ça m’allait !
J’ai un nom barbare, à première vue. Je m’appelle Cellule Souche Hématopoïétique, mais tous mes amis m’appellent Cel’, donc vous pouvez en faire de même. J’ai grandi dans le corps d’une jeune femme française de vingt-cinq ans. J’étais heureux, on était toute une colonie qui passait nos journées à fabriquer des lymphocytes et à assurer leur bonne circulation dans les nombreuses autoroutes de notre hôte. Pour résumer, tout se passait bien. Je n’avais même pas idée de l’importance de mon rôle au sein du Corps, ma ville de naissance. On était sous les ordres du système central et les informations passaient sans qu’on s’en rende compte. Il fallait qu’on fasse fonctionner les autoroutes ? On les faisait fonctionner. Il fallait qu’on fabrique des lymphocytes ? On les fabriquait. On avait notre petite vie tranquille en fait, et pour tout dire, ça m’allait bien.
Corps a grandit. Dès ses dix-huit ans le système central s’est mis à nous envoyer des signaux un peu bizarres quatre fois par an. Pourtant en bonne santé, on enfonçait une aiguille dans le bras de Corps et, alors que les Globules et le Plasma prélevé sans ménagement appelaient à l’aide, le système central ne réagissait pas. Pire que ça, il trouvait cela normal, nous précisant que c’est lui qui demandait à ce que Corps se déplace et aille se faire prélever. On a bien cru que Corps et le système central montaient un plan pour nous éliminer en plein, mais on a fini par se rendre à l’évidence que même en perdant des membres de Sang, l’entreprise à qui appartiennent les Globules et le Plasma, tout allait bien. Système central était même en forme après le prélèvement, comme heureux d’avoir fait quelque chose de bien. Enfin, c’est ce qu’il nous faisait ressentir en tout cas.
Quelques années ont passé, Corps a fêté ses vingt-quatre ans au rythme des quatre kidnappings de Sang par an. Un matin, Système Central nous a envoyé une information capitale. Corps était heureuse mais mes voisins, les autres habitants de la Moelle Osseuse et moi, faisions moins les malins. Une terrible nouvelle venait de nous arriver. Si Corps était tellement aux anges, c’est parce qu’elle venait de s’inscrire je ne sais où dans l’espoir que quelques uns de mes semblables et moi-même… Déménagions !
Comment Corps pouvait-elle nous demander une chose pareille à nous qui étions présents et actifs pour son bien être depuis tant d’années ? Système Central essayait de retenir toute sa joie en nous expliquant qu’il n’y avait qu’une chance sur un million qu’on parte un jour, mais quand même, je n’étais pas très serein. Au fur et à mesure d’explications, je me suis fait à l’idée de ce départ probable pour la bonne cause.
L’eau  a coulé sous les ponts et les années se sont succédées à la vitesse de l’éclair.
Un matin, le système central a de nouveau émis des signaux de surexcitation nous faisant comprendre que quelque chose nous concernant était en train de se passer. Nous avons du faire nos adieux à nos amis en vitesses, sous les applaudissements de tous les habitants de Corps, qui après avoir été avertis par le système central, nous souhaitaient bon vent et espéraient que notre mission soit une réussite.
Le reste est un peu flou… Nous avons pris place dans le transport en commun qui devait nous emmener à destination, un grand bus transparent appelé « poche ». Après avoir traversé le monde, nous sommes ensuite arrivés dans un nouvel environnement très… vide. Tout semblait propre autour de nous, si ce n’est ces horribles cellules qu’il nous arrivait de croiser, qui étaient usées et difformes.
Je compris la cause de notre emménagement ici lorsque nous nous sommes remis au travail sans même nous en rendre compte. Notre nouveau patron, Cerveau, paraissait de plus en plus heureux et même rempli  d’espoir alors qu’il nous voyait fabriquer tout ce sang propre et sain.
Petit à petit, Nouveau Corps retrouva la forme et se remis en marche. Cerveau attendit encore un peu avant d’annoncer la grande nouvelle à tous les organes présents, mais ce ne fût qu’explosion de joie lorsqu’il fit clignoter dans  chaque cellule de notre nouvelle habitation les cinq lettres d’un espoir enfin conquis, les cinq lettres du mot…
 
Guéri. 
End Notes:
Merci à vous d'avoir lu jusqu'ici ! :) 
Vous avez maintenant un choix, ou plutôt deux... (Ou même trois !) qui s'offrent à vous ! 
- La petite critique lanceuse de tomates
- Si vous avez envie de vous investir pour, vous aussi, faire déménager vos cellule et guérir un malade, un petit tour sur le site des donneurs de moelle et une préinscription sur le registre vous rendra plus heureux, vous verrez ;)
- Les deux ;)
 
A votre bon coeur !
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