Elle by Avel
Summary: Participation à l'atelier d'écriture #8 - Folie

Rêve

Je me suis égaré dans un rêve. Je ne trouve plus la sortie.

Article « Folie », Encyclopedia Universalis, DE WAELHENS Alphonse : « en elle-même l’imagination n’est ni vraie ni fausse. Elle devient nuisible quand elle se substitue au réel. Le fou est un rêveur qui ne se réveille pas et n’arrête plus de rêver »

Contraintes :
Narration au présent
Categories: Contemporain, Projets/Activités HPF Characters: Aucun
Avertissement: Aucun
Langue: Français
Genre Narratif: Nouvelle
Challenges:
Series: #8 - Folie
Chapters: 1 Completed: Oui Word count: 874 Read: 1885 Published: 02/07/2012 Updated: 02/07/2012

1. Chapitre 1 by Avel

Chapitre 1 by Avel
Elle voit des yeux bleus, dans l’obscurité. Elle sent ses baisers, sur son ventre, et puis son jean qui glisse. Elle l’étreint, encore, elle se serre à lui, se desserre, se serre encore.

Elle a des amis, un ami, un amant. Il lui susurre des mots doux, elle répond à son oreille « je t’aime ». Elle sent des doigts dessiner des volutes sur sa peau. Elle sent ses doigts caresser ses seins, elle sent sa main prendre possession de sa poitrine, elle rit au toucher de l’index sur les mamelons. Elle rit et rigole.

J’essaie d’imaginer ses impressions, ces impressions. Je force mes sens à ressentir un toucher là où il n’y a rien. Je force mon esprit à éprouver du plaisir, là où elle en ressent. J’imagine qu’avoir un amoureux est plaisant. Elle est gentille, elle partage tout avec moi.

Elle rencontre ses amis, ils rient, et vont boire un thé avec une pâtisserie. Là ils discutent de tout et de rien, de leurs vies bien remplies. Leurs rires emplissent le salon de thé, mais ils n’en ont cure. D’ailleurs les autres sourient quand ils les voient. Ensuite ils font les magasins et essayent des tonnes d’habits farfelus pour s’amuser. Parfois ils sortent le soir, et se retrouvent dans un bar. Boivent de la bière dans une ambiance tamisée.
Ils l’appellent aussi. Quand ils ont des problèmes, ou bien pour rien, juste pour converser durant plus d’une heure.

Moi j’écris en buvant du jus d’orange, avec pulpe, toujours avec pulpe. J’ai des amis aussi, à peu près cent d’après ce que renvoie mon écran. On parle régulièrement, enfin je tape sur le clavier. On a dit qu’on se verrait.
Parfois j’écris dans un carnet, quand j’ai des soucis. C’est long d’écrire.

Elle m’emmène avec elle partout. Elle est partie en vacances, en Irlande. Elle a parlé anglais à longueur de temps, elle a noué plein de rencontres. Elle a vu les collines vertes, elle a vu la mer et les falaises. Elle s’est perdue dans le brouillard, mais elle rigole quand elle le raconte. Elle va aux îles Fidji avec son copain. Ils vont voir l’eau turquoise, ils se prélassent sur le sable. Il la chatouille, et elle rit, elle rit et lui dit d’arrêter. Elle nage dans l’eau claire, elle le charme en exhibant son maillot de bain. Ils visitent aussi les villes. Elles sont multicolores, et les gens au teint basané sont très gentils. Elle aime découvrir le monde. Elle est très cultivée.

Je voyage de temps en temps. De chez moi à chez mes parents. Là-bas je peux parler, je raconte ma semaine durant le déjeuner dominical. Elle m’accompagne parfois. Mes parents l’apprécient.

Elle est à l’aise avec les gens, et les enfants l’adorent. Elle leur conte des légendes, des histoires qui les font rêver. Assis en tailleur, ils l’écoutent avec les yeux qui pétillent, et lui demandent chaque fois de nouvelles histoires. Elle n’a pas besoin d’élever le ton, jamais, ses phrases sont douces et son public attentif. Souvent, les lundis, ils restent lui raconter leurs aventures du week-end, et elle leur sourit, ils rient tous ensemble.

Je fais du baby sitting régulièrement. Mais toujours avec de très jeunes enfants. Il faut respecter la dose de lait, l’heure du coucher, très tôt. Lorsque la maman me donne l’enfant qu’elle a dans les bras, il se met à chaque fois à brailler. Alors j’essaie de le bercer en chantant, je lui dis que ce n’est rien, que maman et papa vont revenir. Je ne sais pas ce qu’il comprend, mais il finit par se calmer. Je le pose dans son parc pour chauffer son repas, ensuite il doit se coucher, parfois il pleure. Moi, je lis ou je regarde la télévision.

Elle profite de la vie à fond. Elle aime la nature et randonne aux vacances. Elle se débrouille seule, son sac sur le dos, elle bivouaque et fait des feux de camp. Elle me dit de l’accompagner.

Je n’aime pas marcher, j’ai mal aux pieds. La nuit il me faut mon lit, mon pyjama et mon oreiller. Et je ne veux pas l’ennuyer.

Elle aime aussi tester de nouvelles choses, des choses à sensations.
Elle m’encourage, me dit qu’il faut que je me dépasse. Elle me sourit. Elle a le harnais, une chose bien moche d’ailleurs, et me rassure en disant que tout est sécurisé, qu’il ne m’arrivera rien. Elle saute la première. Elle vole, tout est vert autour, les arbres sont luxuriants, et puis l’eau qui brille. Je souris. C’est si beau. Elle dit que c’est l’expérience d’une vie. L’eau est comme un tableau impressionniste, avec des touches de pinceau. Je respire. L’air est frais, il emplit mes poumons. Je vole, je ris ! Je
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