Ivresse by QueenOfDarkness
Summary: L'ivresse a cela de beau que le jour même vous semble lendemain, et la vie éternelle. Puis vient le réveil, gueule de bois et nausées, que je camouflerai avec une autre gorgée. Les nuits de Paris sont les plus belles, mais elles me coûtent une vie. Qu'importe, il me restera toujours la prochaine pour payer, et le cycle recommencera quand j'aurai expié.
Categories: Inclassable Characters: Aucun
Avertissement: Aucun
Langue: Aucun
Genre Narratif: Nouvelle
Challenges:
Series: Aucun
Chapters: 1 Completed: Oui Word count: 539 Read: 1387 Published: 29/04/2011 Updated: 02/05/2011

1. Chapitre 1 by QueenOfDarkness

Chapitre 1 by QueenOfDarkness
L'alcool carmin se mêlant dans mes veines au flot vermeille du sang, j'oscille, l'esprit embrumé, titubant dans la brume des petits matins de Paris. J'entends la Seine à mes côté, je sens le froid des pavés sous mes pieds.

Un poème en musique que je récite bien trop fort pour troubler le sommeil de ceux que la nuit n'a pas attendris, je les méprise et ils m'ignorent, la rage me prend et je crie. Un cri modulé, comme un appel auquel seul les pigeons répondront. Déchéance, je suis seule dans l'aurore, alors que le crépuscule vient seulement, me semble-t-il, de s'achever.

Balbutiante, chancelante, je vacille dans la rue, sous le regard des pierres qui se moquent, dans leur carcan de béton , emprisonnées et privées de vie, alors qu'elles auraient pu surplomber une immensité comme les gargouilles, si seulement les mains qui les ont taillées avaient su les caresser. J'éclate de rire puis éclate en sanglots, les nerfs à fleur de peau comme un perce-neige au milieu de l'hiver.

Les chaussures à la main, je cours et savoure le bruit étouffé de mes pieds sur le pavé, gourmandise qui témoigne de ma liberté, ça et mes cheveux défaits qui n'ondulent pas dans le vent inexistant, les matins de Paris sont calme et brumeux. Moi, je suis la belle Hystérie, pour un rien j'exulte ou je hurle, dans le silence trop pesant pour mon coeur fragile et mon corps frêle.

Une odeur monte des confins du voile de brouillard, des lève-tôts préparent le levain, j'adore l'odeur du bon pain. Je pensais qu'il était tard, en réalité il est tôt. Le vin me fait oublier le temps, et le temps bien plus tard me fera oublier ou délaisser le vin. Marché équitable s'il en est un, en tout cas les adultes, si souvent adultères, semblent le penser au fil de leurs raisonnement pour se raisonner, bien qu'il me semble que leurs morales ne leur fait que perdre chaque jour davantage la raison.

Ni point ni virgule à ma tirade, l'oxygène m'écoute et je continuerai à déblatérer jusqu'à ce que viennent les policiers, s'ils sont eux aussi assez sobres de sommeil pour m'arrêter. L'ivresse a cela de beau que le jour même vous semble lendemain, et la vie éternelle. Puis vient le réveil, gueule de bois et nausées, que je camouflerai avec une autre gorgée. Les nuits de Paris sont les plus belles, mais elles me coûtent une vie. Qu'importe, il me restera toujours la prochaine pour payer, et le cycle recommencera quand j'aurai expié.

Réincarnation pour le poids de mes péchés, à la pareille me menace une carte de crédit bourrée de dettes que je ne peux rembourser. Mais pour l'instant, je ne veux que danser, et la rosée du marin est l'écrin de mes pas chaotiques et survoltés. Enfin, à mon arrivée, je me jette sur le lit et m'endors comme une enfant, tout en sachant que la journée servira à compenser pour la prochaine nuit.
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