Bribes d'histoires by ninipraline
Summary: Textes courts, écrits en réponse à l'atelier éclair 10

Trois petites histoires décousues, autour des rendez-vous que l'on craint et de rencontres, qu'on aurait préféré éviter



Crédits : Image par AnnaER de Pixabay
Categories: Projets/Activités HPF Characters: Aucun
Avertissement: Aucun
Langue: Français
Genre Narratif: Aucun
Challenges:
Series: Atelier éclair 10 - Jeu du hasard
Chapters: 3 Completed: Oui Word count: 896 Read: 2326 Published: 23/06/2022 Updated: 03/07/2022

1. Le rendez-vous by ninipraline

2. Contrôle des billets by ninipraline

3. Chambre 505 by ninipraline

Le rendez-vous by ninipraline
Author's Notes:
La phrase :
"Enfin, elle était arrivée devant la tenture qui cachait la porte.", France Hodgson Burnett, Le jardin secret

Les contraintes tirées au sort
Contrainte a : Votre texte devra comporter un paragraphe qui sera composé d’un acrostiche : HASARD.

Contrainte d : Vous devrez faire une mise en abyme avec le livre (par exemple : un perso le lit, le titre est repris…).

Contrainte g : Un personnage devra à un moment ou à un autre jouer à un jeu de hasard
Enfin, elle était arrivée, devant la tenture, qui cachait la porte.

Helena savoura longuement la satisfaction du premier pas réalisé.

« Allons, se dit-elle, il ne restait plus qu’à soulever la tenture, passer la porte et… »

Selon les rumeurs et les bruits de couloir, après ce et, elle pouvait ; au choix : mourir dans d’atroces souffrances, dévorée par un monstre cruel et particulièrement laid ; ou rencontrer la conseillère pédagogique, dont tous disaient le pire, mais que personne n’avait jamais rencontré.

« Allons, se répéta-t-elle, avec un regard désespéré sur la convocation, qui l’amenait ici, et qui indiquait toujours ce lieu, nous ne sommes pas dans le jardin secret, mais dans la réalité : aucun cousin malade ne m’attend derrière cette porte. »

Rentrer sans frapper, disait l’écriteau orange encadré de baguettes de cuivre, sur la porte verte qu’Helena venait de découvrir en soulevant la tenture et en pensant qu’ils avaient bien fait, de si bien la cacher.

« Doucement, s’ordonna-t-elle fermement, alors qu’elle sortait un dé de sa poche, si je fais autre chose qu’un six, je m’en vais. »

Le dé roula ; Helena dut courir derrière ; s’arrêta : sa face montrait deux rangées de trois points.
Contrôle des billets by ninipraline
Author's Notes:
« Allons ! Montre ton billet, petite ! » continua le Contrôleur, en regardant Alice d’un air furieux. (Lewis Carroll, anthologie ; Alice au pays des merveilles et De l’autre côté du miroir)
Contrainte b : Vous devrez utiliser un champ lexical d’au moins 5 mots différents. (exemple : champ lexical)
Contrainte e : Vous devrez terminer (ou commencer) votre texte avec une citation du même auteur.
Contrainte h : Vous devez vous priver d’une lettre de l’alphabet de votre choix (sauf : HJKQWXYZ)_sansG
« Allons ! Montre ton billet, petite ! » continua le Contrôleur, en regardant Alice d’un air furieux.
Son billet, elle en avait un Alice, elle était juste pas du tout réveillée et l’arrivée surprise, et surtout vociférante du préposé à la vérification des titres de transport, la terrorisait.
Maladroitement, elle fouilla valises et sacs, certaine d’avoir enfourné le précieux laissez-passez dans une des poches d’une besace, sacoche ou autre fourre-tout qui contenaient ses affaires.
« Le voilà, dit-elle en tendant le carton composté à la station, voilà mon ticket de transport, j’ai bien tout fait comme il faut.
— Eh bien, c’est pas trop tôt, ronchonna méchamment la casquette officielle des représentants des services ferrés, tout le monde croit qu’il est seul dans le train. Tout le monde a une sale mentalité dans ce train. Tout le monde s’est mis d’accord pour frauder. »
Serrant les dents, Alice ne répondit pas, elle pensait très fort, qu’elle n’était pas ce Toulemonde dont parlait si durement l’employé. Elle n’avait rencontré personne avant ce contrôle.
Elle se contenta donc de reprendre son ticket, enrichi d’un nouveau trou. Billet qu’elle remit précautionneusement dans la poche du cartable, dont elle l’avait tiré à la demande du cerbère.
Pourquoi s’en prendre à elle, cela n’avait aucun sens, elle l’avait son billet. Ce n’était pas parce qu’elle était encore mineure qu’on pouvait la traiter ainsi. Cela n’avait décidément aucun sens.
Le Contrôleur sortit, laissant l’enfant seule, presque en larmes. Alice avait été naïve de croire qu’elle pourrait faire ce trajet, seule. Elle était trop innocente pour un monde bien trop cruel.
Le journal, posé devant elle, se moqua ouvertement d’elle en lui offrant une citation de Lewis Carroll : « Si le monde n’a aucun sens, qu’est ce qui nous empêche de lui en donner un. »
Chambre 505 by ninipraline
Author's Notes:
Vous vous apercevrez bien vite que votre chat essaie de vous dresser à ouvrir les robinets à sa demande. (Pam Jonhson-Bennett, comment penser chat)
Contrainte c : Vous devez écrire un texte dans un genre différent de celui du livre dont est issue la phrase.
Contrainte f : Vous devrez insérer les couleurs de l’arc-en-ciel.(rouge-orange-jaune-vert-bleu-indigo-violet)
Contrainte i : Lancez un dé (le dé de votre choix, à condition qu’il comporte des chiffres ou des nombres) le nombre désigné par le dé devra avoir de l’importance dans votre texte. (5)
« Vous vous apercevrez bien vite que votre chat essaie de vous dresser à ouvrir les robinets à sa demande. »
Le prospectus, remis par la société protectrice des animaux lors de sa demande d’adoption, tremblait entre ses doigts.
Rouge de honte et de l’effort qu’il avait fait pour monter les cinq étages de l’hôtel, Hugo, le caleçon sur les chevilles et l’oreille contre la porte, restait assis sur la cuvette à écouter les bruits dans la chambre, imprudemment louée pour un cinq à sept dont il ne voulait pas.
Le jeune homme imaginait la jeune femme entre le couvre-lit et les rideaux orange de la cinquième chambre de l’étage. Combien de temps resterait-elle, avant d’abandonner et quitter les lieux ?
Dans le miroir, ses yeux jaunis par l’abus de nuits blanches et de cigarettes, le regardaient, agrandis par la panique. Il n’était qu’un lâche. Lâche de ne pas avoir refusé ce rendez-vous, organisé par les collègues. Lâche de ne pas s’expliquer avec la belle.
La tête pleine, des films noirs du cinéma de minuit, il imaginait vert de peur, qu’elle ne voit pas les cinq billets sur la table de nuit, qu’elle ne les prenne pas et qu’elle sorte, les mains vides, expliquer à son julot, que le monsieur avait dérangé pour rien.
Le claquement doux de la porte se fit entendre. Hugo colla un peu plus son oreille contre la porte. Une minute, deux minutes, bientôt cinq, la dame était sûrement sortie. Le jeune homme tendit les mains vers son caleçon bleu.
La braguette de son jean indigo refermée, il sortit de la salle de bain, non sans s’être grondé, de ne pas s’être lavé les mains. La chambre était vide, et sur la tablette, à la place de ses billets, une carte violette et un mot : dommage.
Cette histoire est archivée sur http://www.le-heron.com/fr/viewstory.php?sid=2381