Poëze by Seonne
Summary:

 

Le manoir domine le petit village de Cusson-sous-Poëze.

Jusqu'à ce soir, Vauquelin n'y avait jamais mis les pieds. Malheureusement, il n'est pas sûr d'en ressortir.

 

– Participation au concours Le Parchemin Hanté de Roxane –

 

© Church Grim par IreneHorrors


Categories: Horreur, Concours, Thriller psychologique Characters: Aucun
Avertissement: Contrainte (chantage, viol...), Gore, Violence physique
Langue: Français
Genre Narratif: Nouvelle
Challenges:
Series: Aucun
Chapters: 5 Completed: Oui Word count: 17963 Read: 1339 Published: 26/02/2022 Updated: 23/03/2022
Chapitre 5 by Seonne

Vauquelin était impressionné. L’autorité de la fillette était telle que personne n’osa broncher ni la contredire. L’air semblait plus dense ; l’atmosphère, plus lourde. L’orage s’était enfin calmé, dehors. N’aurait-elle pas pu laisser la paix revenir également à l’intérieur de la demeure ?


Au fond de lui, l’apprenti docteur brûlait lui aussi de savoir ce que les deux femmes avaient à dire.


Contre toute attente, ce fut Alethea qui prit la parole la première. Plutôt, elle commença par se lever, ouvrit la bouche et fut vite arrêtée par Cateline :


— Vous n’êtes pas obligée, Alethea. Vous n’êtes pas obligée de parler. Si vous ne…


La tendresse avec laquelle les deux femmes se regardaient frappa Vauquelin. Comment avait-il pu ne pas le remarquer auparavant ? Il jeta un coup d’œil circulaire autour de la table : était-il le seul surpris par cette révélation ? Christabella et Rosanna Marshall ne bronchèrent pas en voyant Alethea effleurer la joue de sa dame de compagnie, puis y déposer un baiser. L’Anglaise l’avait prévenu : elle savait que tous recelaient des secrets.


Alethea hocha la tête de gauche à droite, tout doucement. Alors, Cateline se rassit, sans lui lâcher la main pour autant. Allait-elle réussir à parler ?


— Est-ce que ça va aller ? s’inquiéta tout de même sa sœur.


— C’est… Je… Je suis un monstre.


Alethea luttait contre les larmes. Vauquelin pouvait apercevoir ses yeux humides, pleins à craquer de pleurs amers. Ses lèvres tremblotaient. Elle qui avait déjà des difficultés à parler…


Pourtant, sa voix paraissait plus claire.


— Non, la coupa Rosanna Marshall. Je ne peux pas te laisser dire une chose pareille, Alethea. Tu n’es pas… Ce n’est pas de ta faute, d’accord ? Les événements de ce soir… Tous ces… tous ces morts, c’est ce qui a dû te perturber, pas vrai ?


— Tout est de ma faute, marmonna de plus belle Andrée Lémieux, recroquevillée sur sa chaise. Si je n’avais pas cru bon de…


— Ne vous y mettez pas, vous aussi. Nous avons pourtant établi que…


— Silence !


Christabella s’était relevée. Les poings sur les hanches, elle les toisait comme une maîtresse d’école face à une classe dissipée.


— Laissez Alethea parler. Et si elle ne veut pas, eh bien, elle pourra se rasseoir.


Rosanna Marshall s’adossa contre son dossier et croisa ses bras sur sa poitrine. Vauquelin tenta de capter son regard. Pourquoi tenait-elle tant à protéger Alethea ? Elle semblait très proche des deux sœurs… Ou avait-elle quelque chose à cacher, quelque chose qu’Alethea risquait de révéler ? Désespéré, voyant qu’elle l’ignorait avec superbe, Vauquelin se détourna. Il devenait aussi suspicieux que l’adolescente.


— J’ai tué Guiscard, reprit Alethea de sa voix claire et chancelante, si différente du ton éthéré qu’elle avait pu employer plus tôt dans la soirée. Je l’ai poignardé et ce n’était… ce n’était… ce n’était pas bien. Non, non, non – oh ! Je suis une horrible personne…


Elle se remit à pleurer et Cateline bondit pour la prendre dans ses bras. Personne n’osa la couper à nouveau : on attendit qu’elle se calme pour reparler. Christabella gardait le même air strict sur la figure et personne n’avait à cœur de la contrarier.


— Je suis désolée, Belle, je crois que tu l’aimais beaucoup. Mais il… Il n’était pas celui que tu pensais. Que je pensais…


— Il se trouve que la plupart des personnes présentes ce soir se sont révélées être très différentes de ce que j’avais en tête, constata la petite, maussade.


— Guiscard, il… Je suis désolée. J’avais promis de le garder pour moi, mais tu as le droit de le savoir. Papa ne s’est pas… Notre père, il n’est pas mort de façon volontaire.


— Ne me dis pas que Guiscard l’a empoisonné et pendu par la suite comme Jehanne !


— Pas exactement. C’est… Après la mort de maman, il est devenu très colérique. Il pouvait s’emporter pour un rien, casser des vases et claquer les portes à tout-va… Il changeait d’avis comme de chemise. Et Guiscard… Sa fille était fiancée à Bertram depuis longtemps, déjà. Mais Papa… Il a commencé à se voir des ennemis partout. Je ne sais pas… Peut-être se sentait-il coupable de la mort de Maman, après tout. Alors, il… Il a convoqué Guiscard. Pour rompre le contrat – ils se seraient battus. Je ne sais pas exactement… Nous ne saurons jamais ce qu’il s’est passé avec exactitude. Toujours est-il que c’est Guiscard qui lui a passé la corde au cou. Ils en sont venus aux poings et, dans la bagarre, il a étranglé Papa. Alors, il a masqué son geste et…


— Et comment peux-tu savoir une chose pareille, si je peux me permettre ?


Alethea ne voulait manifestement pas répondre, mais ses yeux la trahir. Un regard dérobé en direction de Rosanna Marshall, qui fulminait toujours. Christabella leva les yeux au ciel et soupira avec véhémence.


— Rosanna ? Il va falloir passer aux explications.


— J’étais très amie avec Jeustène, d’accord ? Ce n’est pas un crime, si ? explosa-t-elle. Guiscard – c'était un homme intéressé et violent, mais il s'en est beaucoup voulu. Après la mort de votre père. Alors, naturellement, il a tout dit à sa fille. La pauvre petite… c’était un poids bien trop lourd à porter. Je me suis toujours demandé si ce n’était pas pour cela que sa santé avait fini par décliner. Toujours est-il que… Qu’elle me l’a confié.


— Et tu n’as jamais jugé bon de nous en parler avant ?


— Bon sang, Belle ! Je t’aime comme une sœur, mais mets-toi à ma place quelques instants ! J’étais moi-même très jeune, quand elle m’a mise au fait de cette histoire – à peine plus âgée que toi. Je ne vous connaissais pas encore bien, du moins, pas comme aujourd’hui.


— Et elle me l’a dit, à moi.


La douceur de la voix d’Alethea calma les esprits.


— Elle me l’a dit car elle se sentait coupable de taire le secret. Et j’ai promis, j’ai promis de ne rien raconter. J’ai promis de le garder pour moi mais… Tout est si flou, parfois. Comme si ma tête était remplie de nuages. Et dans l’orage, il y a plein d’éclairs – d’autres images qui me traversent l’esprit. Des souvenirs ou des… ou des choses que l’on m’a racontées. Il y avait déjà tout ce sang, tous ces morts… je pensais que… je pensais que c’était Maman. Maman qui demandait justice pour elle, pour tout ce qui est arrivé à notre famille. Alors il… Guiscard… Il fallait bien qu’il paye, lui aussi, non ?


Elle se rassit en pleurant à chaudes larmes. Cateline passa un bras autour de ses épaules.


— Je suis un monstre, murmura-t-elle à nouveau.


Un silence retomba sur l’assemblée. Personne ne savait trop comment réagir – car la brutalité avec laquelle Alethea avait poignardé Guiscard était tout à fait terrifiante. Mais n’était-elle pas malade ? Ne pouvait-on pas imputer sa cruauté à sa fragilité ? À sa confusion manifeste ? Et la culpabilité qui semblait l’écraser…


Au moins se repentait-elle de son méfait. Vauquelin lui trouvait un air plus sain, moins dérangé. Était-ce la mort de Cullen de Monchy qui avait débloqué son esprit embrouillé ? Elle avait parlé avec plus de clarté que pendant tout le reste de la soirée. L’apprenti eut une pensée pour son maître qui gisait toujours dans l’entrée, sous le portrait de Mme Almaïde Poëze De Vandes. Le docteur avait eu raison de dire qu’elle était un cas intéressant. Elle était métamorphosée.


Rosanna Marshall troubla enfin le silence en se raclant la gorge.


— J’imagine que c’est à moi de parler, désormais.


Christabella fut la seule à réagir, en hochant la tête en guise d’approbation. Les autres se contentaient de retenir leur souffle.


— Eh bien, je n’ai pas… Je me sens bien ridicule, désormais. Avec toutes ces histoires de fantômes, je croyais pouvoir… Gentian ne valait pas mieux que les autres, loin de là ! Non, il était comme les autres, comme tous les hommes – sans rancune, docteur, ajouta-t-elle à l’adresse de Vauquelin. Un sale petit…


Elle s’interrompit et massa ses tempes comme si elle peinait à réfléchir.


— Je sais à quoi cela ressemble. À une justification, à des excuses… Mais il faut me comprendre. Vous savez tous qu’il pouvait être – oui, même vous, docteur – très colérique. Gentian est un enfant gâté qui n’a jamais eu l’habitude qu’on lui refuse ce qu’il désirait. Et je… Eh bien, il est de notoriété publique que j’ai entretenu certains rapports avec lui. Avec Cullen et Bertram, également. Je ne m’en suis jamais cachée et ils l’ont tous su, chacun participait de son plein accord. Cependant, il a fallu que… qu’il fasse l’un de ses caprices. Gentian me voulait pour lui seul.


Elle guettait les réactions de Christabella. L’adolescente restait de marbre : était-ce parce que rien ne pouvait plus la surprendre, ou parce qu’elle avait soupçonné ce secret-là aussi ?


— Et ce soir, il… Je ne sais pas si ce sont les morts qui ont excité son esprit détraqué, il était si… Enfin, peu importe. Il m’a suivi tandis que je montais m’occuper de Bertram. Je pensais qu’il souhaitait seulement m’empêcher de prendre soin de son rival, qui restait mon ami malgré notre passif. Mais ce n’était pas le cas. Gentian m’a rattrapé en haut des escaliers. Il m’a plaquée contre le mur pour m’empêcher d’aller plus loin, juste à côté de l’immense miroir qui trône sur le palier. Il voulait que…


— Prenez votre temps, miss Marshall.


Vauquelin lui tapota la main avec maladresse. Une petite voix lui soufflait qu’il ne s’agissait peut-être que d’une comédie. Peu lui importait : si Rosanna n’était qu’une actrice, son jeu le touchait en plein cœur. Et il avait bien connu Gentian Francarnon : il savait qu’il s’agissait d’un homme sanguin et violent. L’apprenti ne comptait plus le nombre de vases, poteries et assiettes brisés au cours des disputes qui avaient opposé le père et le fils, durant les mois passés chez le docteur.


— Je lui ai tenu tête. À mes yeux, il n’était qu’un enfant. Tout cela n’était qu’un caprice puéril. Il m’a dit que… que si lui ne pouvait pas m’avoir, alors personne ne m’aurait. Il était si menaçant : c’était une menace de mort, je vous le dis ! Et je ne me démontais toujours pas, alors il a cogné du poing dans le miroir. Les morceaux brisés se sont répandus partout, il m’a lâchée et je suis tombée par terre, sous le choc. Et puis il… il s’est jeté sur moi. J’étais terrifiée. J’ai… J’ai attrapé un bout du miroir cassé, par reflexe. Je voulais me défendre. Je n’ai jamais voulu…


Elle prit une profonde inspiration pour calmer sa voix qui tremblait.


— Je ne voulais pas le tuer. Juste me défendre. Par malchance, le bris de verre s’est fiché en travers de sa gorge. Il était sidéré, il a basculé et il a dévalé les escaliers. La suite, vous la connaissez. Quand je vous ai retrouvés en bas, j’ai… Oui, j’ai menti. J’étais terrifiée de révéler ce qu’il s’était passé. Le docteur Francarnon ne m’a jamais appréciée, il aurait tôt fait de me faire condamner à l’échafaud. Mais je le répète, je le promets : je n’ai jamais voulu faire de mal à quiconque. Je n’ai fait que me défendre.


Elle les dévisagea tous, chacun leur tour.


— Ma petite Belle… est-ce que tu me croies ? Pourras-tu me refaire confiance un jour ?


La jeune fille haussa les épaules et poussa un profond soupir.


— Il n’y aura jamais personne pour te contredire, n’est-ce pas ? Dans le doute, je préfère me fier à ta version. Je ne pense pas que tu sois fondamentalement une mauvaise personne, Rosanna. Je crois que… Oui, je te crois.


On aurait pu s’attendre à des effusions de joie, à un soulagement ostentatoire des différentes protagonistes. Mais non. Une fois de plus, un silence lourd retomba sur la pièce. Quelle heure de la nuit était-il ? Celle du coucher était passée depuis trop longtemps, et ils étaient tous épuisés.


Une question tiraillait toujours Vauquelin, mais il n’osait pas la poser. Andrée Lémieux lui épargna cette peine :


— Alors, que dirons-nous, demain, à la police ?


Autour de la table, il restait six personnes. Plus de la moitié des protagonistes de la soirée avaient péri. Et sur les six survivants, trois avaient participé à la boucherie qui s’était déroulée sous le toit du manoir Poëze.


Trois meurtrières se trouvaient autour de la table. Et peut-être était-ce parce qu’il avait le cœur trop sensible, mais Vauquelin ne supportait pas l’idée d’envoyer ne serait-ce qu’une d’entre elles en prison.


— Eh bien, Mamade Zenaida, c’est vous qui nous en fournirez la réponse.


*


La Normandie a toujours été une région superstitieuse. Si vous visitez certains de ses monuments, encore aujourd’hui, on vous contera l’histoire des fantômes qui les peuplent.


Et si, par hasard, vous passez un jour par Cusson-sous-Poëze, peut-être vous contera-t-on la nuit tragique d’un solstice d’hiver, il y a près de deux siècles, durant laquelle une dame blanche a décimé la moitié de la maisonnée. L’ombre de Mme Almaïde Poëze De Vandes, innocente héroïne, tragique malgré elle, continue de planer au-dessus du village. Elle n’est pas crainte, pour autant. Car en cette nuit funeste, il semble qu’elle ait fait justice – en ôtant la vie de coupables et de menteurs, de gens ayant des méfaits à dissimuler.


Un valet qui projetait de ruiner son patron. Une cuisinière qui avait causé la mort de son ancienne maîtresse. Un jeune notaire violent qui abusait des femmes. Un médecin corrompu. Un majordome assassin. Un fils rongé par la haine. Un ami de la famille qui s’était révélé être un traître, coupable des pires horreurs sur une jeune fille sans défense. Et un homme de cirque, dont le passé révélait de sombres forfaits – alcool et irascibilité ne font pas bon ménage.


Des six personnes ayant survécu au drame, aucune ne fut inquiétée. Les rapports de police prouvaient bien la brutalité de ces meurtres et l’horreur qui avait sévi – comment aurait-on pu soupçonner ces jeunes femmes, cette petite fille ou ce chétif apprenti médecin ? Tous avaient bien vu la dame blanche, de leurs propres yeux. Si certains remirent en cause leur parole, ils finirent par céder à l’explication la plus convenante.


À ce jour, Mme Almaïde Poëze De Vandes est toujours considérée comme la Sainte-Patronne et bienfaitrice de Cusson-sous-Poëze. On dit qu’elle protège ses habitants des vices et des mauvaises âmes.


*


— Docteur, Andrée ? On vous attend !


Vauquelin Courtenay répondit qu’il descendait et prit le temps de terminer la phrase qu’il écrivait. Il reposa sa plume et laissa les pages étalées, le temps que l’encre sèche. Son manuscrit prenait forme. Bientôt, il pourrait le soumettre aux regards de l’Université de Médecine de Paris. Un article sans prétention, sur les maladies infectieuses qui sévissaient dans sa campagne normande – et la façon dont il était parvenu à diminuer considérablement les fluxions de poitrine. Il ne le faisait pas par vanité, non. Il le faisait pour permettre de sauver d’autres vies.


Andrée l’attendait à la porte de leur chambre. Elle devait se trouver au petit salon de lecture, de l’autre côté du palier – quand on l’avait mise face à la bibliothèque, elle s’était révélée une lectrice invétérée. Il lui proposa son bras et ils descendirent ensemble les escaliers. Au bas des marches, ils croisèrent Christabella, les bottes encrotées et les cheveux défaits.


— Docteur ! s’écria-t-elle en posant sa grosse malle de voyage. Quel plaisir de vous revoir. Ma chère Andrée, ton ventre s’arrondit chaque jour un peu plus.


La jeune femme leur claqua une bise sur chaque joue et se précipita dans le salon, sans prendre garde que ses chaussures salissaient le carrelage impeccable. Les futurs parents ne purent retenir un sourire attendrit. La petite fille du manoir Poëze avait poussé à toute vitesse mais n’avait pas perdu son tempérament d’aventurière.


À table, ils s’assirent à leur place, en bout de rangée. Lorsqu’elle rentrait à la maison, Christabella présidait toujours – une drôlerie, considérant qu’elle était la plus jeune. Rosanna Marshall avait pris sa chaise habituelle du dimanche. Alethea était assise à ses côtés. Le siège libre qu’elle avait gardé fut vite utilisé : Cateline les rejoignit, amenant la grosse saucière.


— Vous êtes juste à l’heure, Christabella.


— Comme toujours.


— Eh bien, je suppose que nous pouvons commencer à manger en écoutant vos dernières aventures.


—  Tenez-vous prêtes, car il y aura beaucoup à dire.


— Comme toujours.


Comme souvent lorsqu’elle s’adressait à leur petite assemblée, Christabella accordait au féminin. Elle avait décidé que la majorité l’emportait : après tout, le docteur était le seul homme. Il ne lui en tenait pas rigueur. Cela lui était bien égal.


Ils écoutèrent religieusement les péripéties de la jeune fille à Heidelberg. À l’instar de Vauquelin, elle suivait désormais un cursus de médecine : et, bien sûr, elle avait choisi la plus renommée des universités allemandes. Sous le pseudonyme de Belenus Poëze, elle avait bataillé pour rejoindre les rangs des brillants étudiants, ses cheveux coupés assez court pour passer pour un garçon. Cela lui réussissait plutôt bien.


En son absence, l’administration de la maison était confiée à Rosanna Marshall. Après de longues discussions, elle avait été nommée tutrice de Christabella jusqu’à sa majorité. Un rôle qu’elle prenait très au sérieux.


Alethea et Cateline vivaient toujours sous le toit du manoir Poëze et en étaient les gardiennes. Les rentes leur permettaient de vivre sereinement. Mais il restait encore trop de pièces vides : alors Vauquelin et Andrée Lémieux avaient été invités à disposer du deuxième étage. Le docteur y avait installé son cabinet ; et l’ancienne médium y donnait des cours de lecture aux enfants du village.


Et tous vivaient en harmonie, dans leur drôle d’équilibre.


*


Personne ne retint les années florissantes du manoir Poëze : entre hôpital et école, la demeure connut bien des visiteurs et fit le bonheur de nombre d’entre eux. Seule la nuit des huit morts, en ce solstice qui vous été conté, marqua les esprits.


Je ne saurais vous dire pourquoi on préfère ainsi retenir la morbidité plutôt que la félicité qui s’en est suivie. Peut-être parce qu’après tout, superstitieux ou non, nous aimons nous faire peur et frissonner en nous remémorant les plus sombres périodes de notre histoire ?

End Notes:

Comme promis, voici la liste (non-exhaustive) des tropes utilisés dans cette histoire.

Personnages :

Décors : Thèmes/artefacts : Et peut-être d'autres mais c'est déjà pas mal ! J'espère que cette histoire vous aura plu, je ne suis pas tout à fait satisfaite / convaincue par le dernier chapitre (et c'est aussi un peu pour ça que j'ai tant tardé à le publier par rapport au reste de l'histoire...). N'hésitez pas à laisser un petit commentaire avec vos retours (constructifs !) ♥

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