Encore et encore by Fleurdepine
Summary:


Tu comptes les chances qu'il te reste
Un peu de son parfum sur ta veste
Tu avais dû confondre les lumières
D'une étoile et d'un réverbère
Et ça continue encore et encore
C'est que le début d'accord, d'accord...


Olivia, Violette, une histoire d'amour triste qui se répète.


Textes écrits dans le cadre du Sur Votre 31 organisé par Almayen et sa bibliothèque de fictions. 


Source : Francis Cabrel (ptdr) et Simeon Solomon


Categories: Tragique, drame, Contemporain, F/F Characters: Aucun
Avertissement: Aucun
Langue: Français
Genre Narratif: Poésie (prose), Roman
Challenges:
Series: Aucun
Chapters: 10 Completed: Non Word count: 3092 Read: 1438 Published: 18/01/2022 Updated: 22/01/2022
Story Notes:

Désolée.... J'ai pas pu m'en empêcher...

Violette et Olivia sont de retour. C'est un peu ma solution de facilité, j'espère que vous me pardonnerez hahaha.

C'était vraiment pas prévu du tout en plus, je vous promets !

BREF, donc voilà, reprise du Sur votre 31 par la superbe Almayen

1 jour = 1 prompt
Il faut envoyer un MP à Almayen pour lui communiquer le lien du chapitre et le prompt en question.
On peut écrire en retard, dans cinq ans, il faut juste suivre l'ordre des prompts.

Je voulais retenter cette expérience que j’avais adorée en juillet dernier, mais cette fois j’y vais un peu à la one again x) Donc j'écris au jour le jour et j'aimerais faire au moins 3 recueils, comment dire que je risque d'étendre le projet sur plusieurs mois ? :')

Je vous recommande d'avoir lu au préalable 31 jours pour expédier la douleur. 

Le prompt 1 est Début
Bonne lecture !

1. 1er janvier - Début by Fleurdepine

2. 2 janvier - Maux by Fleurdepine

3. 3 janvier - Musique by Fleurdepine

4. 4 janvier - Accident by Fleurdepine

5. 5 janvier - Caprice by Fleurdepine

6. 6 janvier - Cascade by Fleurdepine

7. 7 janvier - Expert by Fleurdepine

8. 8 janvier - Règle by Fleurdepine

9. 9 janvier - Soulagement by Fleurdepine

10. 10 janvier - Courage by Fleurdepine

1er janvier - Début by Fleurdepine

 

Fool me.
Au début, je t’aimais déjà.
A la fin, je t’aimais encore.
Le début, je parle des premières phrases échangées. Des mots banals entre deux étrangères. Des mots dérisoires qu’on écrit par hasard, en se demandant si peut-être… peut-être que l’autre saura saisir la perche. Dès ces mots-là, je t’aimais déjà.
Quand je parle du début, je parle donc du rien, du néant, de toi et moi qui nous apprenons.
Dès le début, je t’aimais déjà.
Et je ne trouve pas de fin à notre histoire. C’est pourquoi je continue de l’écrire.
Sue me.

 

 

2 janvier - Maux by Fleurdepine
Author's Notes:

Jour 2 : Maux
Point de vue d'Olivia !

 

Tu ne connais pas les nombreux maux qui m’écrasent. Tu crois les deviner. Ça te ferait peur, si seulement tu savais.

Tu ne connais que mes mots, ceux qui mentent, qui te rassurent pour que tu me fiches la paix quand j’ai besoin de solitude.

Violette, tu ne pourras jamais me faire aller mieux. C’est dans ma nature d’aller mal. Ça ne changera pas - tu ne me changeras pas.

Mes maux sont comme une deuxième peau.
Et peut-être que je les aime bien, près de moi, et alors ? J’ai décidé de les épouser, avec le temps, j’ai accepté qu’ils s’emparent de moi pour ne former plus qu’un. Ce sont mes maux, ça m’appartient.

Ne cherche pas à me guérir. Ce n’est pas une blessure que l’on peut panser avec un simple bandeau ou, justement, de simples mots.

Impossible. Impossible et un peu prétentieux ?

Je veux que tu me laisses être dans mon lit, dormir et rêver, écrire et pleurer.
Je veux que tu me laisses gérer et aimer mes amertumes et mes souffrances.

(mais je veux quand même que tu restes dans un coin, pas trop loin, au cas où)

 

 

End Notes:

Merci d'avoir lu !

3 janvier - Musique by Fleurdepine
Author's Notes:

Jour 3 = Musique
Point de vue de Violette !

 

Les musiques que je préfère :

- Toutes les chansons de Barbara.
- Le son du bouzouki
- celui du violon
- et de l’accordéon.
- Ton rire
- Tes soupirs
- Tes hoquets
- Les carillons de Notre-Dame.
- Le grondement du tonnerre
- Puis Les quatre saisons de Vivaldi. Surtout l’hiver.
- Les aiguilles qui chantent le temps qui passe.
- Tes légers ronflements lorsque tu as un peu trop bu.
- I wanna hold your hand - les Beatles
- She’s lost control - Joy Division
- Summerwine - Nancy Sinatra - et la reprise de Lana - et celle de Clara.
- Pomme, Dalida, Billie Eilish, Lady GaGa…
- Le bruit de la mer
- Le bruit de la ville
- Le bruit des feuilles mortes.
- Les cris de l'enfance à la pause de midi ; 
- Les cris des mouettes.
- Le cri de Munch.
- Le chant des cigales.
- Ta voix qui fredonne sous la douche.
- Tes gémissements pendant l’amour.
- Les battements de ton cœur qui me disent : Je t’aime.

 

End Notes:

On va dire que c'est simple mais efficace :')

4 janvier - Accident by Fleurdepine
Author's Notes:

Ola !

Merci à ma Cachou d'amour pour tous ses commentaires <3 

On se retrouve avec le Prompt 4 = Accident.
Et un nouveau point de vue Olivia (j'ai décidé d'alterner un chapitre sur deux : pdv Violette, pdv Olivia) 

Bonne lecture !

 

 

Olivia, sur son matelas, les yeux fixant le plafond, réfléchit souvent.

Comme personne ne peut l’atteindre physiquement dans sa tour d’ivoire, elle invente un public, des amis, des univers où tout ce qu’elle aime est réuni.

Elle débat avec eux.

Et elle en arrive à des conclusions.

Surtout lorsqu’elle se retrouve vraiment seule, dans ses couvertures.

Notre amour était un accident, Violette.

C’est un constat clair et net.

Comme si les lois de l’univers n’avaient pas prévu qu’il arrive et que, malgré tout cela, malgré la TVA etc., la rencontre avait eu lieu et, contre toute nature, elle s’était développée.

Même Olivia n’avait pas pu lutter.
Pourtant, elle avait senti que ça n’aurait pas dû se passer ainsi.
Qu’elle n’aurait pas dû se laisser aller dans cette spirale si tentante mais si toxique.

C’était un regrettable accident.
On en reparlera peut-être encore dans vingt ans. Peut-être pas.
Car il y a des accidents qui sont insignifiants. Et il y en a d’autres qui nous marquent à jamais.
Celui-là a été relativement violent pour Olivia. Elle a connu pire, toutefois. Il s’ajoute à la longue liste des accidents qui l’ont menée jusque là. LÀ. Violette ne compte pas plus qu’une autre : elle fait partie des choses qui l’ont condamnée, et écrasée, petit à petit, alors qu’elle y croyait. Il y en a eu tant avant Violette, et il y en aura après elle. Violette n'est qu’un accident parmi une succession d’accidents qui composent sa vie. Sa vie. Une suite d’accidents. Sa vie elle-même est un accident. Elle n’aurait pas dû être. En étant, elle a peut-être déclenché tous les malheurs qui s’abattraient sur elle. Certainement.

Les accidents deviennent toujours des obstacles, à un moment ou un autre, et elle préfère tirer un trait dessus pour ne plus jamais en entendre parler.
Les plus coriaces reviennent à la charge.
Il y a une longue liste d’accidents avant Violette et leur amour n’est pas en peloton de tête. C’est bête.

 

 

5 janvier - Caprice by Fleurdepine
Author's Notes:

Hello !

Ce chapitre a été écrit très rapidemment car je devais filer. On retrouve Violette, cette fois-ci, avec le thème Caprice. La fin aurait dû être autrement, mais je retoucherai sûrement en février !

Merci encore à toutes les personnes qui me suivent et me laissent des commentaires <3

Bonne lecture !

 

 

Mon amour, le temps passe et il me fait réaliser que tu étais un amour passager.
C’est affligeant.
Si même toi tu t’effaces, alors quel est le sens de la vie
Tu me le dis
Imaginez
Avoir autant pleuré et avoir cru que le monde n’existerait plus jamais, puis réaliser que ce n’était qu’une amourette, un béguin, un flirt, une passade, un caprice.
Quelle ineptie.
Avoir mis au centre de son monde une personne, l’avoir glorifiée, idéalisée et aimée, puis finir par l’oublier.
S’être sentie morte, s’être abîmée, s’en être payée des nuits blanches à cœur qui bat à cœur battant, pour ne plus rien garder.
Avoir écrit des tonnes et des tonnes de vers en prose, de déclarations d’amour, avoir rédigé même tout un recueil, un prologue et un épilogue pour qu’il ne reste qu’un papier à moitié vide.
Je ne pensais pas que ce jour arriverait.
Même si on m'avait prévenue, comment y croire ?
Je pensais que tu serais là pour toujours - et dans un sens, tu es là, pour toujours. Sinon j’arrêterais de parler de toi. Je n’aurais pas recommencé un nouveau recueil. Je ne me demanderais plus comment tu vas, si ta mélancolie est encore là. Mais tu es devenue presque commune. Mon cœur ne s’affole plus, mon estomac ne se retourne plus, mes yeux ne se mouillent plus.
Toi, l’être exceptionnel pour qui j’aurais tout donné, tu n’es plus qu’un récit.

Balzac disait : « Ce qui semble caprice, aux yeux des gens sans âme, m'a toujours semblé la raison du cœur » et je crois que c’est vrai.

Ce n’est pas parce que cette passion était irréfléchie, soudaine, obstinée, instable et éphémère qu’elle n’était pas sincère.


Caprice. (Sentiments) Affection, inclination vive, subite et passagère pour une personne.


Avant je pouvais réaliser chacun de tes caprices pour un sourire. Alors que notre histoire ait été un caprice, je peux peut-être y croire. Il me faut quelques minutes, un peu plus…

 

 

End Notes:

On se retrouve pour le prochain chapitre avec Olivia :)

6 janvier - Cascade by Fleurdepine
Author's Notes:

Voici le texte du jour 6 : Cascade avec le retour d'Olivia :)

Bonne lecture !

PS : Olivia n'est plus la même Olivia qu'au début.

 

 

Elle fait souvent ce rêve où elle est dévêtue et libre.

Comme une déesse en son royaume, majestueuse, elle se promène le long des sentiers fleuris.

Sa poitrine, abondante et lourde, respire après des années d'incarcération.

Elle est plus belle que jamais. Elle se sait exempte de tout ce qui l’a maintenue enfermée, prisonnière, malheureuse, depuis qu’elle est née - elle est réanimée.

Il n’y a plus rien qui compte que son rapport à la nature et le temps présent.

Le temps présent.

Ni contraintes, ni tracas. Seulement vivre. Comme Violette lui expliquait, lorsqu’elle montait sur scène, quelque chose de l'ordre de l’hyperprésence et de la vérité (l’endroit de la vérité précisément). C’est cela qu’elle ressent alors qu’elle suit la voie de son cœur.

Le lieu est une forêt imaginaire.

Elle avance doucement, sur la pointe des pieds. L’air du vent ne la fait pas frissonner. Il ne fait ni chaud ni froid. Il fait.

Le tableau d’Olivia dévêtue traversant la forêt enchantée semblerait érotique ; pour elle, il ne s’agit que de la reconquête de son corps, de ses complexes et de ses cicatrices qu’elle épouse, qu'elle panse et qu’elle referme.

Souvent, lors de ce voyage chimérique, elle arrive jusqu’à la cascade des plaisirs. D’autres fois, ses pieds la mènent ailleurs, dans un val, près d’une fontaine, au creux d’un arbre centenaire.

Aujourd’hui, la cascade est au bout du chemin.

Elle s’en approche avec toujours autant de grâce et de légèreté, profitant de chaque impression que la nature lui autorise, saisie par la beauté de ce qui est.

Et quand elle atteint la cascade, elle répond à son appel, se laissant simplement fondre à l’intérieur.
Elle ferme les yeux, retient sa respiration et disparaît.
Pour être réparée.
Comme si elle se lavait de tout, des saletés et faux espoirs, du poids du passé et la peur du lendemain, de ses échecs et ses désillusions. L’eau de la cascade la purifie.
Enfin, elle vit.


Et si je dois mourir, que ce soit dans ce bain.



Elle fait souvent ce rêve où elle est dévêtue et libre.

 

End Notes:

Merci d'avoir lu :)

7 janvier - Expert by Fleurdepine
Author's Notes:

Et on se retrouve avec Violette sur le thème Expert, j'ai totalement changé de style et je me suis aventurée dans d'autres contrées, j'espère que ça vous plaira !


Bonne lecture à vous !

 

Parce qu’il y a certainement un problème quelque part pour que les années passent et que ses histoires soient toujours aussi pathétiques.

Alors un jour, elle va voir un "expert de l’amour". Ils se sont beaucoup développés récemment, dit-on, les résultats sont excellents, dit-on encore, et peut-être est-elle à ce point désespérée pour essayer. En tout cas, elle n’a plus rien à perdre.


« Mademoiselle...

— Non, madame.

— Vous avez un gros cœur, avec des petits trous dedans, et quelques cicatrices. Il faudrait l’opérer.

— N’y-a-t-il pas d’autres options que l’opération ? De quelle maladie suis-je atteinte ?

— De l'une des pires qui existe. Vous êtes incapable de trouver le bonheur en amour, même s'il était sous vos yeux. Vous refusez de vous respecter. Vous êtes détériorée à l'intérieur. En outre, vous avez tendance à tout ingurgiter en dedans, ce qui fait continuellement souffrir votre cœur. Bientôt, il pourrait cesser de battre.

— Alors opérez-moi. Mais ça ne changera rien au fait que je suis foutue. Et tout recommencera. Encore et encore. Vous ne réglez que les conséquences. Je pensais que vous m’apporteriez une solution.

— Je n'en ai pas.

— Aucune ? Même pas de recommandations ? »


Violette sent la panique l’envahir. Si même l’expert ne peut pas l’aider... Violette va défaillir.

Pendant ce temps, l’expert, très pragmatique, réfléchit. Il sort un tableau sur lequel il dessine des tonnes de schémas, engendre des calculs, efface et recommence.


«  Peut-être, mais c'est très risqué… Peut-être pourriez-vous apprendre à vous distancier des personnes que vous aimez, à ne pas laisser reposer votre santé sur les épaules d’un seul être, c’est beaucoup trop lourd à supporter. Peut-être pourriez-vous apprendre à doser vos sentiments. Apprendre à doser, tout simplement. Et faire la différence entre les rêves et la réalité.

— D’accord. Comment fait-on ?

— Je peux vous indiquer des médicaments. Très efficaces, avec un taux de réussite à 79%. Sinon, c’est un mode de vie. C’est se faire violence pour ne pas craquer, c’est sortir de sa tête quand l'esprit s’emballe, c’est… compliqué, ça peut également nécessiter une opération, si vous souffrez trop.

— Si je comprends bien, reprend Violette, je dois me faire opérer dans tous les cas. Ou souffrir. Il n’y a aucune autre option.

— Nos cliniques proposent des opérations de plus en plus sécurisées.

— Et, après ça, je pourrais aimer correctement ? Et je serai aimée en retour ?

— Oui, à 87%. Votre dossier est bon.

— Mais l’amour ?

— Comment ça, l’amour ?

— On peut le réparer et le rendre meilleur avec ces opérations, pour qu’il puisse ensuite fonctionner comme avant ? Alors il ne dépend que d'interventions extérieures ? Que d'une performance cardiaque optimale ?

— En grande majorité, oui. Mais, je vous le disais tout à l'heure, il y a aussi la possibilité de travailler sur vous : c'est plus compliqué et la plupart de nos patients choisissent l'opération.

— Monsieur, vous qui en êtes un expert, que comprenez-vous de l’amour ?

— L’amour est une énigme pour beaucoup d’entre nous. Nous commençons seulement à le quantifier et l’analyser. Il réside encore beaucoup d’inconnues. Je peux vous dire qu’il est propre à chaque personne. Et je peux vous assurer qu’avec un cœur amélioré, vous n’aurez plus à autant souffrir. Il sera donc plus simple, pour vous, de vous engager.

— Promis juré ?

— Je le jure sur le serment d’Hippocrate qui m’a baptisé. »


Violette hésite. Elle veut réparer son cœur plus que tout au monde, en même temps elle l'aime abîmé, en même temps elle n'a jamais cru aux réparations physiques qui pouvaient améliorer un comportement. Sera-t-elle capable d'aimer les bonnes personnes après cela ? De s'ouvrir, de ne plus se braquer, se bloquer, de ne plus avoir peur ? De ne plus être stupide, en manque perpétuel d'affection, égocentrique et naïve ?

Elle venait dans ce lieu pour être guidée mais, comme disait son ancien psy, ne pas attendre d'un expert qu'il soit metteur en scène.


«  Alors, signez-vous les papiers ?

— J'ai besoin d'un temps de réflexion.

— Bien entendu. Pour indication, l'opération coûte environ 1000 euros. La séance d'aujourd'hui sera de 160 euros.

— Tout de suite. »

Elle paie ce qu'elle lui doit et s'en va. Elle ne reviendra pas.

Elle part en courant, traumatisée par son refus, par l'idée d'être opérée, par le fait d'être condamnée, par cette expérience.

Elle préfère souffrir encore que de régler médicalement un problème sémantique. (Mais peut-être est-elle folle)

Elle court dans un café pour tenter d'oublier cette entrevue et que son cœur déconne et qu'elle est foutue.

 

 

8 janvier - Règle by Fleurdepine
Author's Notes:

Thème 8 = Règle
Point de vue Olivia

 

Règle numéro une : je suis une boîte fermée - difficile à ouvrir. (Comme Alice : Don’t open, dead inside)

Règle numéro deux : Interdiction de parler de moi.

Règle numéro trois : jevaismaljevaismaljevaismal

Règle numéro quatre : Comprends-moi sans me demander.

Règle numéro cinq : En fait, je ne veux même pas y penser.

Règle numéro six : Et quand je veux, je disparais.

Règle numéro sept : Ne me retiens pas si je pars.

Règle numéro huit : Ne cherche pas à me voir.

Règle numéro neuf : Moi et mon chat.

Règle numéro dix : J’ai peur. Ne me force pas.

Règle numéro onze : Il faut lire à travers les lignes.

Règle numéro douze : Toutes les règles se ressemblent sauf celle-là : j’ai tellement besoin que tu viennes près de moi mais j’ai peur que tu me prennes ma liberté, j’ai tellement besoin d’être aimée mais j’ai peur d’être incomprise. S’il te plait, parle-moi, ne m'abandonne pas, comprends-moi. Ou alors, je te tournerai le dos à jamais.

Règle numéro treize : En moi et pour toujours : le vide. Impossible de le combler.

Règle numéro quatorze : Mais tu peux essayer.

Règle numéro quinze : interdiction de parler autrement que subtilement.

Règle numéro seize : fais-moi oublier la vie, le temps qui passe, la mort, mon avenir de merde, mon trou à rat, mon cœur brisé, la réalité…

Règle numéro dix-sept : ne parlons jamais du concret (cf : règle numéro quinze, mais celle-ci est plus explicite)

Règle numéro dix-huit : ce qui se dit entre nous doit rester entre nous.

Règle numéro dix-neuf : il faut dix jours de silence après quatre soirs de discussion.

Règle numéro vingt : s’il y a du champagne, prends ma part.

Règle numéro vingt-et-une : ne me complimente pas trop car je pourrais en mourir.

Règle numéro vingt-deux : si je te dis « adieu », c’est « adieu ».

Règle numéro vingt-trois : oublie de souhaiter mes anniversaires.

 

9 janvier - Soulagement by Fleurdepine
Author's Notes:

Un peu léger par rapport à d'autres textes du premier SV31, je l'ai écrit pendant une nuit d'écriture Black Out Poetry organisé par Sifoell, et le thème était :
  

Thème 9 = Soulagement
Pdv Violette

 

 

Ne meurs pas.
Disparais juste pendant un long moment.

Un an.
Deux ans.
Mille ans.

Peu importe mais, dès que tu reviens, prends-moi dans tes bras. Fort. Et peut-être pourras-tu sentir mon cœur qui bat.

Te prendre dans les bras.
Moi je ne le ferai pas.
Moi je ne peux pas.

Si j’ai parlé de ton mépris, de ta méchanceté, et si j’ai voulu t’enterrer, mes bras s’ouvriront tout de même.
N’en doute pas Une seconde N’aie pas peur ; ils seront là.
Même dans trois mois ou dans deux ans. Même dans tes rêves les plus monstrueux. Même quand tu croiras que je t’ai oubliée. Ou que tu croiras que je te rejetterai. Je ne te rejetterai pas. Même si je le devrais, je ne le ferai pas. Même si je t’ai vraiment oubliée, mon corps t’acceptera - mon corps ne veut que toi. Mon corps, lui, se souviendra.

Alors s’il te plaît.
Fiche-moi la paix.
Ne meurs pas.
Disparais juste pendant un long moment.
Et reviens-moi.

Cela me soulagera comme je suis soulagée que tu sois partie de moi.
De l’intérieur de moi.
Pas de toutes les parties de moi
mais de la majorité de moi
Enfin tu vois.

Et quand tu reviendras,
avec du recul
de la maturité
avec toi, sincère
et disponible
et moi équilibrée
indépendante
et raisonnable
Tout aura changé. Tout sera simplifié. Tout deviendra léger.

Jamais amantes, simplement confidentes.
Après ton retour.

C’est pourquoi, s’il te plaît

Ne meurs pas.
Disparais juste un long moment.

 

 

End Notes:

Merci d'avoir lu !

10 janvier - Courage by Fleurdepine
Author's Notes:

Thème 10 = Courage
point de vue Olivia

 

Je cherche mon courage
dans mon âge
dans ma cage
dans les pages
de mon livre préféré.

Il prend la forme d’un nuage. Blanc, au-delà du gris. Un nuage si haut qu’il faudrait se blesser pour l’atteindre. Et moi, j’ai peur de quitter mon cocon confortable. Mon coconfortable (c’est son nom).
Même si je suis une rêveuse, j’évite les nuées trop lointaines.

Et puis je trouve le courage dans ma rage, une fois que tu m'as prise en otage dans tes filets et que je veux oublier ton visage, une fois que je veux prendre large, quitter ton nuage pour redevenir volage, partir quelque part en voyage... puis mourir à la nage.

Parce que tu aimais la mer.

Un jour je retrouve ce courage dans ma rage.

ALORS JE TE CRACHE LES MOTS LONGTEMPS CONTENUS EN MOI. J'AIMERAIS QUE TU NE SOIS JAMAIS ARRIVÉE DANS MA VIE. J'AIMERAIS RETOURNER SUR MON NUAGE PERSONNEL, IL ETAIT PLUS PETIT MAIS C'ÉTAIT LE MIEN, IL ÉTAIT MODESTE MAIS J’Y ÉTAIS BIEN. JE NE VEUX PLUS DE GRANDES CHOSES COMME CE QUE TU M'AS PROMIS, JE VEUX RETROUVER LE RAS ET LE RISIBLE. OUBLIE MOI OUBLIE MOI OUBLIE MOI.

Tu dis que c’était tout l’inverse.
Que j’ai eu peur, que j’étais lâche.
Mais quel est cette vertu, qui permet de fuir quand il est temps, de fuir le merveilleux avant d’être engloutie ? De refuser un bonheur pour respecter ses limites ?

C’est cela, Violette, le courage.

 

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