La disparition de Gallinda by Catie
Summary:

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Miek'el est catastrophé. Gallinda a disparu et la fin du monde approche ! Ils vont tous mourir !
A moins que...

 

Participation à la troisième épreuve du concours Plumes en Folie 3


Categories: Humour, Science-Fiction Characters: Aucun
Avertissement: Aucun
Langue: Aucun
Genre Narratif: Aucun
Challenges:
Series: Plume en Folie 3 : La Revanche des Plumes
Chapters: 1 Completed: Oui Word count: 1948 Read: 45 Published: 10/10/2021 Updated: 10/10/2021

1. Chapitre 1 by Catie

Chapitre 1 by Catie
Author's Notes:

Voici mon texte écrit en réponse à la troisième épreuve de Plumes en Folie 3, concours organisé par l'équipe de modération du Héron ! Il répondait aux contraintes suivantes :

- Contrainte principale : La fin du monde approche, les dirigeants se réunissent pour essayer de l'éviter / un groupe de personnes essaie de s'en sortir/s'échapper. Le dénouement est libre.

- Contrainte bonus : Ecrire dans le registre de l'humour

Bonne lecture !

— C’est la fin du monde ! Nous allons tous mourir !

L’assistance regarda avec perplexité l’homme entrer dans la pièce en courant, à bout de souffle.

— Vous voilà enfin, Miek’el, dit l’Impératrice avec impatience. Pourquoi avez-vous donc convoqué le conseil ?

L’individu ainsi nommé se raidit, dans l’espoir de se donner un air digne, et redressa ses lunettes d’un geste mal assuré. La peau bleue de son visage était recouverte d’une fine pellicule de sueur, due à sa course dans l’escalier de mille deux cents marches qui menait jusqu’à la salle du conseil. Seules ses longues oreilles fines, qui s’élevaient dix centimètres au-dessus de ses cheveux telles des antennes, trahissaient sa nervosité, s’agitant sans discontinuer.

— Je suis navré de l’attente, Votre Altesse. Je rassemblais des preuves !

D’un air théâtral, il lâcha sur la table la pile de dossiers qu’il transportait et qui s’éparpillèrent aussitôt dans tous les sens. Miek’el s’empressa de ramasser les feuilles volantes, sous les regards goguenards des autres. Il avait toujours le chic pour se tourner en ridicule aux moments les  plus inopportuns.

— Des preuves de quoi, au juste ? demanda l’Impératrice.

— Et bien, de la fin du monde !

— De quoi parlez-vous donc ? soupira Le Vicomte d’un air las.

— Je ne vois pas comment je pourrais être plus clair, s’impatienta Miek’el, la fin du monde approche !

Autour de lui, il ne récolta que des sourires amusés, des regards moqueurs et des toux un peu gênées. Il en était scandalisé. Pas une des dix personnes présentes ne le prenait au sérieux !

— Miek’el, vous êtes mon Ingénieur en chef, intervint l’Impératrice, et vous avez ma pleine confiance, mais cela ne vous donne pas le droit de nous convoquer ainsi pour des raisons si futiles.

— Futiles ? répéta-t-il, s’étranglant presque. Je vous dis que nous allons tous mourir, et vous estimez cela futile ?!

Les regards blasés qu’ils lui retournèrent auraient pu être comiques, dans une toute autre situation. Il se tourna vers l’Impératrice, qui forçait le respect malgré sa taille menue. Sûrement son aura naturelle. Ou le collier de dents qu’elle portait au cou, une pour chaque personne qu’elle avait tuée. Vraiment compliqué à savoir.

— Je vous en supplie, votre Altesse, écoutez-moi.

L’intéressée poussa un profond soupir mais lui fit signe de poursuivre. Soulagé, Miek’el se tourna vers le reste du conseil, un mélange hétéroclite de personnages aux peaux violettes, grises, bleues, oranges ou roses. Des représentants fidèles du berceau d’asile qu’était Othea PZ34, seule véritable terre d’accueil de ce système solaire.

— Bien, commença Miek’el en s’éclaircissant la gorge. Comme je vous le disais, c’est la fin du monde.

— Oui, on avait compris, l’interrompit La Baronne en roulant des yeux au ciel. Autre chose ?

— Gallinda a disparu.

Cette fois-ci, la réaction ne se fit pas attendre. L’Impératrice se redressa sur son siège, bien plus attentive que quelques secondes auparavant. Ses conseillers, eux, hurlaient leurs questions avec la délicatesse des pachydermes de l’ancien temps.

— Comment ça disparue ?

— Elle a quitté son axe de rotation ?

— Un contact a pu être établi avec eux ?

Miek’el leva les mains pour faire cesser le feu d’interrogations.

— La planète Gallinda telle que nous la connaissions n’existe plus. Nos émissaires envoyés en repérage à la suite d’un message d’alerte nous ont fait parvenir un rapport alarmant. Il semblerait qu’un gaz, de nature inconnue, ait été libéré dans l’air. Mortel, il paraît avoir tué toute la population, et il commence même à se répandre dans l’espace ! Nous sommes les prochains !

Ce fut encore un brouhaha de questions, de protestations, de cris. Seule l’Impératrice se taisait. Son visage n’était qu’un masque impassible, qui rendait Miek’el nerveux rien qu’à la regarder.

Gallinda PZ48 était la seule planète voisine à moins d’une journée de trajet avec les vaisseaux de tourisme. Elle avait davantage de technologies, d’ingénieurs, de mécaniciens, de médecins. Comment allaient-ils faire, sans leur métal pour construire leurs matériaux, sans ces délicieux fruits qui constituaient la majeure partie de leur alimentation ?

— Je ne comprends pas comment cela peut être possible, intervint l’Impératrice.

Aussitôt, le silence se fit dans la salle. Plus personne ne paraissait douter des dires de Miek’el, et la peur se lisait sur les visages.

— Je ne peux pas répondre à cela, votre Altesse, répondit l’ingénieur, mais j’ai ici des preuves indiquant que nous ne sommes pas loin de subir bientôt le même sort. J’ai également amené une liste de potentielles actions à mettre en place pour éviter la catastrophe.

— Nous vous écoutons.

Ah là, bien sûr, tout le monde était pendu à ses lèvres ! Miek’el aurait pu faire un commentaire, mais il s’abstint, car la  seule chose qu’il avait en tête était « je vous l’avais bien dit ! » et on évitait de dire ce genre de choses à l’Impératrice si on n’avait pas envie de se faire décapiter. Alors il garda gentiment sa rancœur et il commença à leur exposer les chiffres qu’il avait sous les yeux, la vitesse de propagation du gaz, son taux de létalité, et bien d’autres éléments fastidieux qui firent naître des regards vitreux. Jusqu’à ce qu’il se souvienne que s’il ne se dépêchait pas, lui aussi allait y passer. Alors il rangea rapidement ses papiers, avant que quiconque ne trouve une question idiote à lui poser.

— Et pour finir, un indice qui aurait dû me faire sauter le problème aux yeux il y a bien plus longtemps : nous allons bientôt fêter notre nouveau millénaire, annonça-t-il avec emphase.

— Et alors ? répliqua Le Duc.

— Et alors tout le monde sait que c’est un signe de fin du monde, ironisa La Marquise.

— Vous n’avez pas besoin d’être si condescendante, lui répliqua-t-il en essayant de prendre de la hauteur, ses oreilles s’agitant avec énervement.

— Je suis moqueuse, nuance. Ne me dites pas que vous croyez à ces sornettes ? Vous auriez donc les mêmes croyances que ces idiots d’humains d’il y a cinq cents ans, sur ce rebut de planète qu’ils appelaient la Bière ?

— La Terre, corrigea La Baronne avec tact.

— Peu importe. Ils s’étaient tous focalisés sur cette date, ils en étaient devenus tous paranos, et pour quoi ? Pour finir par détruire leur globe à cause de la pollution. Ce sont des superstitions inutiles !

Devant son ton catégorique, Miek’el décida de  remballer ses savants calculs. Il n’avait pas le temps de convaincre les hermétiques, l’heure pressait !

— Peu importe, coupa-t-il, le fait est que nous allons tous y passer, et il est l’heure de passer au plus important !

— Qui est ? demanda La Comtesse.

— Et bien, notre survie !

— Mais nous ne pouvons pas éviter cette catastrophe ?

— N’avez-vous pas écouté un mot de ce que je viens de vous dire ?

— Si, mais je n’ai rien compris.

— Il n’y a aucun moyen de l’empêcher ! En revanche, j’ai dressé un plan d’évacuation et une liste de règles de sécurité…, dit-il en leur montrant le fruit de son travail.

— Quelle est la règle numéro trois ? intervint Le Baron en se penchant, les yeux plissés.

— Méfiez-vous des toilettes.

— Mais pourquoi donc ? s’exclama-t-il, choqué.

— Je ne sais pas, j’ai retrouvé ces règles dans nos archives provenant de la Terre et…

— Je croyais que nous avions établi qu’il s’agissait d’idiots ? Ils n’ont survécu à aucune apocalypse !

— Oui, mais…

— Excusez-moi.

Les débats s’interrompirent, et ils se retournèrent tous vers la petite femme à la peau grise qui venait de les interrompre. Ses joues prirent une teinte vert foncé sous leurs regards.

— Je suis désolée de vous déranger, Votre Altesse, mais j’ai une télécommunication pour vous.

— Entre donc, Ekka, dit l’Impératrice avec impatience.

Son assistante parcourut la salle jusqu’à lui donner le gadget rond, sur lequel clignotait une lumière bleue.

— Il a dit que c’était urgent.

— Qui ça ?

— L’Empereur de Gallinda.

Le silence se fit dans la pièce. L’Impératrice dévisagea Ekka comme si elle avait un bout de cerveau en moins.

— Pardon ?

— L’Empereur… De… Gal-lin-da, répéta Ekka en détachant chaque syllabe, comme si elle parlait à une demeurée.

— J’avais compris je voulais dire… Laissez-nous !

Elle arracha l’intercom des mains de son assistante, qui fuit la pièce à petits pas rapides. Puis l’Impératrice appuya sur le bouton bleu, et le portrait de l’Empereur se projeta devant elle.

— Ah te voilà enfin ! s’exclama-t-il.

— Que signifie tout ceci Agmak ? s’impatienta l’Impératrice.

— De quoi parles-tu ? répondit l’autre, penaud.

— De ta planète qui a disparu, bougre d’imbécile !

— Ah, ça ! Juste un petit contretemps, rien de bien méchant.

— Un petit contretemps ? siffla l’Impératrice entre ses dents.

— C’est parce que je voulais… C’est-à-dire que…

— Agmak…

— Et bien disons que… J’ai comme qui dirait fait une petite bêtise ?

— Une bêtise ?

— Une petite de rien du tout.

— Une bêtise qui impliquerait la fin du monde n’a rien de petit ! finit par hurler l’Impératrice.

— Comment est-ce que…

— Explique-toi, somma-t-elle, intransigeante.

— Je… Bon, très bien… Pour tout t’avouer, c’est parce que j’ai fait construire un vaisseau spatial. Il y a eu un petit accident, une explosion, rien de bien méchant. Enfin, jusqu’à ce qu’on s’aperçoive qu’on avait créé un gaz mortel qui allait tous nous tuer. J’ai dû évacuer Gallinda sur le vaisseau tout juste terminé. Et puis bon, il m’a fallu trouver une solution pour empêcher que ça ne se répande dans l’atmosphère. Ça a été un peu juste, d’ailleurs, j’ai cru que je n’allais pas y arriver ! Je m’en serai voulu de causer la mort d’une personne aussi charmante que toi. Et du monde entier au passage.

Il tenta un sourire, mais l’Impératrice resta de marbre.

— Agmak, est-ce que tu es en train de me dire, bougre d’imbécile, que tu as failli provoquer la fin du monde POUR UN VAISSEAU SPATIAL ?

— Regardez ! s’exclama soudain Le Duc.

L’ensemble du conseil se tourna vers les immenses vitres qui donnaient sur l’immensité spatiale, dans la direction supposée où se trouvait Gallinda, bien qu’elle soit bien trop lointaine pour qu’ils puissent la voir. Suspendu dans le ciel, un immense vaisseau en forme de…

— Mais qu’est-ce que cet engin Agmak ? s’offusqua l’Impératrice. On dirait un… un…

— Un appareil mâle reproducteur, intervint Miek’el avec tact.

— Quoi ? Mais non ! Pas du tout ! protesta l’Empereur, maintenant rouge écrevisse. C’est une banane !

— Une banane ?

La voix de l’Impératrice, dangereusement calme, provoqua des frissons dans l’assemblée. L’Empereur parut le sentir, car il se ratatina sur place.

— Ma chère, c’est ton fruit préféré n’est-ce pas ? J’ai voulu… Enfin je pensais…

— Laisse-moi me répéter Agmak, et tu sais à quel point je déteste cela. Tu as donc failli provoquer la fin du monde pour construire un vaisseau spatial phallique qui est en réalité une banane ? Est-ce que tu te paierais ma tête ?

— Non c’est juste que… Et bien… Je voulais que ce soit une surprise ! Un cadeau !

— Et quelle surprise ! s’emporta l’Impératrice.

Si l’Empereur avait été présent, elle en aurait fait du haché menu, Miek’el en était persuadé. Mais le souverain prit tout le monde de court en se mettant soudain à genoux.

— Ma chère Nivua, il va sans dire que tout n’a pas tourné comme je l’espérais ! Cependant, je suis sincère dans mes actes maladroits, et je te le demande officiellement ici et maintenant : accepterais-tu de m’épouser ?

Incapable de prononcer un mot, l’Impératrice paraissait suffoquer. Tout le monde était sous le choc. Miek’el, lui, s’effondra sur une chaise, soulagé. Peu importait la suite, du moment qu’ils n’allaient pas mourir !

— Punaise, s’ils se marient ces deux-là, ce sera vraiment la fin du  monde, marmonna La Duchesse.

Là, il ne pouvait pas lui donner tort.

 

End Notes:

Merci pour votre lecture, n'hésitez pas à laisser une petite review pour donner votre avis !

PS : La mention des toilettes dont il faut se méfier fait bien évidemment référence à Bienvenue à Zombieland !

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