Sous le regard de l'hêtre by Carminny
Summary:

Montage à partir d'images libres de droit


Un meurtre dans une colonie de vacances et puis quoi encore ? Augustine a peur qu'on ne la croie pas mais les faits sont indéniables. Qui a bien pu tuer Monique ?

Prologue écrit dans le cadre de la Boîte à flemme : 5 minutes avant...
Rétrospective 3 (en 6ème position) écrit dans le cadre de la Boîte à flemme : La première fois

Categories: Projets/Activités HPF, Policier, Thriller, Espionnage Characters: Aucun
Avertissement: Discrimination (racisme, sexisme, homophobie, xénophobie)
Langue: Français
Genre Narratif: Roman
Challenges:
Series: Les Boîtes à flemme : le retour, Plus d'un cas pour Augustine Pinson
Chapters: 14 Completed: Oui Word count: 18359 Read: 10846 Published: 11/05/2021 Updated: 05/10/2021
Rétrospective 6 : Veillée by Carminny
Author's Notes:

Bonne lecture !

– Au marché de Padi-Pado, je voudrais acheter des bananes et un pull, annonça Grégoire.

L’animateur affichait avec un large sourire confiant. Augustine trouvait son optimisme incroyable. Aucun des jeux précédents n’avaient réussi à capter l’attention du groupe très longtemps et il continuait à leur proposer des jeux à astuce. La valise à remplir, l’île déserte et compagnie, il allait bientôt avoir fait le tour.

– Au marché de Padi-Pado, je voudrais acheter des chatons et des pâtes, fit Serge d’une voix ennuyée.
– Au marché de Padi-Pado, je voudrais acheter du camembert et de la salade, récita Fabienne en cachant mieux sa lassitude.
– Au marché de Padi-Pado, je voudrais acheter du blé et des artichauts, s’agaça Monique.
– Au marché de Padi-Pado, je voudrais acheter une caméra et des betteraves, participa Maximilien avec un semblant d’enthousiasme.
« Au marché de Padi-Pado, je voudrais acheter des endives et des fleurs » inscrivit Augustine sur son ardoise avant de la montrer.
– Au marché de Padi-Pado, je voudrais acheter un bus et un train, fit Amandine blasée.
– Au marché de Padi-Pado, je voudrais acheter des saucisses et des épinards, asséna Martine. On ne peut pas faire autre chose, vous voyez bien qu’on connaît tous l’astuce.

Le regard d’Augustine se posa sur Grégoire qui rougissait et lançait des regards de demande d’aide à Natalie, assise en face de lui. Visiblement il n’en recevrait pas puisqu’il s’excusa.

– Comment ça se fait que vous connaissez tous ces jeux ?
– Tout simplement parce qu’aucun d’entre nous en est à sa première colo, expliqua Amandine. Monique et son groupe viennent ici même plus longtemps que tu es animateur. Et la grande majorité n’est pas venue de son plein gré mais parce que nos parents ne veulent pas nous avoir dans les pattes. Comme chaque année. Donc vos jeux, on les fait chaque année. Même Simone, qui est quand même la plus petite de ce groupe, a une demi-douzaine d’année d’expérience.

Il y eut un murmure d’approbation tout le long de la tirade de la rousse. Augustine savait exactement qu’elle avait

– Je suis pas la plus petite, protesta Simone. C’est Augustine !
– Je parlais en âge pas en taille, asséna Amandine, rappelant aux autres pourquoi elle était souvent seule pendant les temps libres.
– Oui mais quand même, ronchonna la benjamine.

Ce n’était pas très sympa mais c’était connu que les enfants voulaient grandir le plus vite possible. C’était donc normal que Simone ne voulait pas être la plus jeune. Et franchement cela ne la dérangeait pas plus que ça d’être petite. Mais elle aurait préféré rester ignorée parce qu’elle savait bien qu’une pique suivrait.

– La muette ne compte pas, Simone, tu le sais bien.

Voilà. Au moins c‘était fait.

– Sylvie, ce n’est pas gentil. Excuse-toi immédiatement chez Augustine.
– Désolée, marmonna l’adolescente vaguement en direction de la plus petite tout en lançant des regards lourds de sens à Martine.
– Bon, enchaîna Grégoire sans attendre de réponse de la part d’Augustine. Qu’est-ce que vous voulez faire si les jeux typiques de colo ne vous plaisent pas ?

Honnêtement, Augustine ne pensait pas que c’était une bonne idée de demander. De toute façon, ils choisiraient un jeu stupide qui ne se concentrerait que sur des rumeurs ou des querelles amoureuses. Ah moins évidemment que Grégoire et Natalie n’imposent un autre jeu classique des colonies de vacances. Ils n’avaient pas encore essayé de reconnaître une musique ou jouer aux radios ou encore à l’assassin et détective. Rien de tout cela n’améliorerait la soirée. Pourquoi les veillées étaient-elles obligatoires ? Elle aurait préféré grimper sur son arbre ou observer les autres de loin ou lire peut-être le livre qu’Amandine cachait sous son matelas.

– Et maintenant c’est enfin l’heure du jeu qu’on attendait tous..., commença Sylvie.
– Action ou vérité ! compléta Martine avec un grand sourire.
– Dans vos rêves, décida Grégoire. Ce jeu ne fait que poser des problèmes depuis toujours. Je pense qu’on devrait plutôt jouer aux mimes.
– C’est une excellente idée, les mimes, renchérit sa collègue avec un grand sourire tellement forcé qu’on pouvait deviner qu’elle n’était pas convaincue elle-même.

D’ailleurs, Augustine voyait bien que ses camarades étaient tout aussi enchantés qu’elle à cette idée. Non, pas tout autant. Franchement les mimes, elle les pratiquait depuis un peu plus de sept ans. Elle savait se faire comprendre la plupart du temps. Alors elle avait du mal à voir en quoi c’était un jeu, en quoi c’était drôle. Enfin, après il y avait aussi des gens qui pensaient que se moquer des autres était amusant. Les mimes, c’était quand même mieux.

– Les mimes, c’est nul, décréta Monique d’un ton ennuyé. On devrait au moins raconter des histoires de fantôme…
– Moi, je pense qu’on devrait quand même tenter un action ou vérité, fit Jérôme doucement. Grégoire, tu pourras intervenir si ce n’est pas correct.
– Ça pourrait marcher comme ça, non ? donna son assentiment Natalie.
Grégoire pris entre les deux feux faisait un peu pitié à Augustine. En même temps, elle s’inquiétait un peu des questions ou des actions qu’on allait lui imposer. Elle n’aimait pas être forcée. Il ne lui restait qu’à espérer que les autres l’oublient, ce qui était directement plus improbable quand Monique était dans la pièce. Martine et Sylvie jubilaient rien qu’à l’éventualité du jeu et ce n’était pas bon signe d’habitude.
– D’accord mais mon véto est non-négociable, plia l’animateur. Hors de question que nous ayons un deuxième départ en une semaine. Nous ne pouvons pas nous le permettre.
Augustine ne pouvait être que d’accord. En face d’elle, Jérôme affichait un air sombre. Il lui rappelait de plus en plus quelqu’un mais elle ne voyait pas qui. La condition de Grégoire ayant été acceptée, Monique envoya Mireille chercher une bouteille vide et le jeu commença par l’échange de rumeurs prévisibles.
– Est-ce que tu as déjà trompé Serge ? était la vérité que devait avouer Fabienne. Réponse évidemment oui. Pourquoi Augustine s’en étonnait-elle encore ? Et surtout pourquoi les autres avaient besoin de poser la question pour le savoir ?
– Nager nu dans le lac ! décida le conseil pour l’action de Pierre.

Au grand malheur d’Augustine, elle se vit désigner bien trop rapidement, cela n’augmentait pas ses chances de passer plusieurs fois elle le savait théoriquement. En plus, c’était Maximilien qui avait tourné la bouteille. Ce n’était pas le pire mais il faisait quand même parti du groupe d’amis de Monique donc elle se méfiait. Vu ce qu’ils avaient donné comme gage avec l’approbation de Grégoire, elle n’allait pas choisir action.
« Vérité », inscrivit-elle donc sur son ardoise.
Elle entendit distinctement le juron de Sylvie qui avait dû préparer une horreur et écouta les différentes propositions qui fusaient vers son tortionnaire. La plupart était simplement quelconque mais Augustine n’avait aucune envie de répondre à celle sur l’origine de son mutisme. Cela ne concernait personne. Apparemment aucun ne pouvait proposer de question personnalisée parce qu’ils ne la connaissaient pas assez. Tant mieux.

– Jusqu’à quand as-tu dormi avec ton doudou ? Quoi ?! se justifia Maximilien. Je ne vais quand même pas lui poser une question sur une relation amoureuse ! Son père est pasteur !

Au moins un qui en savait un tout petit peu sur elle. Les murmures qui s’élevèrent se turent et Augustine inscrivit un cinq sur son ardoise. Beaucoup avait changé quand elle avait cinq ans. Peut-être même trop. Mais elle ne les laisserait pas se rapprocher plus que ça de son passé. Ils n’y avaient pas de place pour de la curiosité.

End Notes:

Avez-vous trouvé la petite info qui aidera l'enquête ? ^^

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