Lilychx dans : "Les ombres du Manoir" by Lilychx
Summary: Participation au concours "Les ombres du Manoir" proposé part SunonHogwarts et Catie.

Suivez moi dans la découverte du manoir au travers de 5 textes courts aux ambiances et aux contraintes toutes différentes !
Categories: Fantastique, Témoignages, Biographies, Projets/Activités HPF Characters: Aucun
Avertissement: Aucun
Langue: Français
Genre Narratif: Nouvelle
Challenges:
Series: [Concours] Les ombres du Manoir
Chapters: 5 Completed: Oui Word count: 4838 Read: 4592 Published: 15/11/2020 Updated: 13/02/2021
Story Notes:
REGLES ET DEROULEMENT :
- Au cours du concours, vous serez amené.e.s à vous déplacer de pièce en pièce. 5 au total.
- 1 pièce est égale à 1 texte. Cinq textes en tout, donc.
- Avant le début de la partie, quand nous clôturerons les inscriptions, nous vous répartirons aléatoirement sur les 5 pièces. A la fin de chaque tour, vous changerez de pièce, dans un ordre défini dès le début. Tout ce qui se passe durant le concours n’a aucune incidence sur l’ordre dans lequel vous passez par les pièces. Tout le monde passera par les 5 pièces.
- A 1 pièce correspond 1 thème, c’est à dire 1 prompt à respecter durant l’écriture de votre texte.
- En plus de cela, il y aura des contraintes d’écriture. Les contraintes ne sont pas les mêmes d’une pièce à l’autre, mais leur niveau de difficulté reste le même. Une pièce n’est pas censée être plus dure qu’une autre.
- A chaque tour, le niveau augmente, et une contrainte se rajoute. Plus on avance dans les niveaux, plus les contraintes sont compliquées (pas de panique, on est restées sur du basique pour les premières).
- Les contraintes s’accumulent. C’est-à-dire que si au niveau 1 je me trouve dans la pièce B, j’écris sur la contrainte 1 de la pièce B. Si au niveau 2 je suis dans la pièce C, j’écris sur les contraintes 1 + 2 de la pièce C. Si au niveau 3, j’ai été envoyé.e dans la pièce A, je dois écrire sur les contraintes 1 + 2 + 3 de la pièce A. Etc.
- Les pièces ne conditionnent pas le lieu d’écriture et n’influencent pas les textes, seuls le prompt et les contraintes sont à prendre en compte pour l’écriture.
- Vous pouvez choisir de faire une histoire suivie ou des OS séparés, auquel cas il faudra les publier au sein d’un même recueil sur les sites.
- Le concours est ouvert à l’original ou la fanfic Harry Potter.
- Les participations sont individuelles.
- Entre deux tours, vous avez deux semaines pour écrire et poster.
- Rating -18 autorisé.
- Vos textes doivent faire entre 500 et 2000 mots chacun.

1. Mémoire de guerre by Lilychx

2. L’héritage by Lilychx

3. Rituel by Lilychx

4. Orageuse by Lilychx

5. Vivre pour mourir by Lilychx

Mémoire de guerre by Lilychx
Author's Notes:
Premier tour :
Un second groupe, composé de @Carminny, @lilychx, @Selket, @Wapa, @Layi et @Ivanhoe, a eu envie de se faire des frayeurs et se voit maintenant enfermé dans les cachots ! Il y fait froid et les toiles d'araignées y règnent...

Cette fois-ci, nos braves visiteur.euses devront écrire sur le thème Souvenirs prisonniers et la contrainte Votre chapitre doit se dérouler à l'aurore.

Pour mon premier texte dans le cadre de se concours je vous propose une petite balade en forêt durant laquelle Lucien raconte ses souvenirs de guerre à son petit-fils.

Le texte fais 834 mots selon http://compteur-de-mots.net/

Merci à Ella c pour la correction.
Mémoire de guerre



Mon grand-père est venu me tirer du lit à l’aube. Il voulait qu’on aille tous les deux, très tôt, à la cueillette des champignons. J’étais légèrement bougon, mais j’aimais faire plaisir à Lucien. Je me suis donc levé et habillé chaudement. Si tôt un matin d’automne, il ne devait pas faire bien chaud dehors. J’ai enfilé mes bottes en caoutchouc pour ne pas avoir les pieds trempés par la rosée abondante du matin.

Puis nous sommes partis sans prendre de petit-déjeuner. On avait des gâteaux secs plein les poches et un thermos de café rangé dans mon sac. On marchait dans la forêt depuis moins d’une heure et notre panier était déjà assez fourni en champignons divers quand un “crac” sonore retentit. Mon grand-père disparut devant moi, aspiré par le sol.

Ce devait être une vieille planque de la guerre. Il y en avait beaucoup dans le coin. Elles servaient autant à se cacher qu’à y enfermer les ennemis.

Prudemment, je me suis penché au bord du trou.

- Grand-père ?! Est-ce que ça va ?

Je n'ai pas eu de réponse. La lumière en ce début de journée avait du mal à parvenir jusqu’au fond de la fosse. J'entendais mon grand-père respirer. Un souffle saccadé, paniqué. J’ai sorti la corde qui se trouvait dans mon sac, une habitude que j’ai prise en me baladant dans nos forêts chaotiques. Comme dit mon père : “On ne sait jamais quand on va avoir besoin de se sortir d’un ravin !”. Je l’ai attachée rapidement à un arbre tout proche. Puis je suis descendu à mon tour sous terre. C’était oppressant.

Une fois en bas, Je suis venu face à Lucien. J’ai compris qu’il sanglotait, je ne l'avais jamais vu pleurer. Posant une main sur son épaule, je l’ai questionné du regard.

- Tu sais, gamin, quand j’avais à peu près ton âge, j’ai dû faire la guerre.

Je hochais la tête, j’avais vu des vieilles photos où il portait l’uniforme. Mais il n’avait jamais voulu m’en parler.

- Un matin comme celui-ci, alors que le jour se levait à peine, George et moi, on nous a envoyé en mission de reconnaissance. Je me souviens encore de l’odeur du sous-bois humide, l’étrange lueur du petit matin peinant à filtrer à travers le feuillage épars de l'automne. On était encore insouciants. On venait tout juste de s’enrôler et on était excités à l’idée d’être enfin sur le terrain, de se battre pour notre pays, pour notre liberté. On ignorait seulement le prix de cette liberté.

Il a fait une pause et s’est installé plus confortablement, le dos contre le mur froid et humide. Je me suis installé à ses côtés en silence. J’avais compris que c’était cet endroit qui le faisait parler de son passé. Qui faisait ressurgir des souvenirs qu’il avait du mal à exprimer.

- On est tombés dans une embuscade. Un bataillon ennemi était là à nous attendre, tapis dans les bois. Ils pensaient tomber sur notre unité complète, mais nous n’étions que deux. Alors ils nous ont enfermé dans une cache. Une cache comme celle-ci, complètement obscure. Des murs et un plancher de béton sous le niveau du sol, accessible uniquement par une trappe au plafond s’ouvrant exclusivement depuis l'extérieur. Ils nous ont gardé enfermés pendant des jours. Nous nourrissant à peine, nous donnant tout juste assez à boire pour nous maintenir en vie. Et chaque jour, ils descendaient pour essayer de savoir où se planquait le reste de notre unité. Au début ça allait encore, mais au fur et à mesure de notre silence, ils ont commencé à nous torturer. George est mort sans rien dire sous les coups de nos geôliers. A la suite de cet évènement ils m’ont laissé croupir des jours, sans eau ni nourriture et avec pour seule compagnie le cadavre de George.

Mon grand-père pleurait. Je l’ai pris dans mes bras, conscient que rien que je puisse dire ou faire n'apaisera sa douleur.

- C’est à l’aube de ce qu’il m’a semblé être une éternité que je fus libéré de ma prison souterraine. Le pâle soleil d’hiver réchauffa un peu mon corps meurtri. Il était le reflet de mes sentiments, heureux d’être libre, mais faible et triste d’avoir perdu un ami.

On est sorti du trou tous les deux, non sans difficulté. Par la suite, il ne me parla plus jamais de la guerre. Et je ne lui ai jamais demandé de m’en dire plus. J’ai mené mes propres recherches et j’ai appris que mon grand-père avait été retenu prisonnier presque deux mois et que sur ces deux mois, il a passé environ six jours sans boire ni manger en compagnie du cadavre de George.
End Notes:
Merci beaucoup de m'avoir lu !
J'espère que se petit texte vous à été agréable à la lecture. N'hésitez surtout pas à me dire ce que vous en avez pensez.
L’héritage by Lilychx
Author's Notes:
Second tour :
Le groupe de @Carminny , @lilychx , @Selket , @Wapa , @Layi et @Ivanhoe s'est précipité dans la pièce 4 ! Votre course effrénée vous amène jusqu'à la serre. Un délicieux mélange d'odeurs et de couleurs vous envoûte, mais vous restez sur vos gardes...

Votre thème : Exquise fragrance.
Vos contraintes :
- votre chapitre doit se dérouler au crépuscule.
- votre chapitre doit se dérouler par un temps venteux.

Pour 1 point supplémentaire, vous pouvez faire mention de l'un.e des personnages suivant.e.s :
- Dorea Black.
- Cassandre (original).
- Laetita (original).
- Harry Potter.
- Silvère (original).

Tout en se baladant dans sa propriété fraichement acquise le personnage se retrouve submergé par des odeur qui l'emmène visiter des émotions qui ne sont pas les siennes.

Mon texte fait 720 mots selon http://compteur-de-mots.net/

Merci a Tiiki pour la correction. Et bien-sûr un grand merci à Xuulu pour la création du personnage de Silvère et de son atteler !
L'héritage


J'ai hérité de cette demeure un peu par hasard. Il n’existe plus d’héritier direct. On m’a remis les clés ce matin même. J’ai directement sauté dans mon véhicule personnel pour avaler les kilomètres qui me séparaient de mon nouveau bien. Heureuse de quitter ma ville. Cette caverne d’acier où seules les odeurs de plastique, de bitume et de poussière flottent. Saturant nos appareils olfactifs, nous empêchant de profiter pleinement de notre organe.

Le vent s'est levé et le soleil décline déjà lorsque j’arrive sur le sentier menant à la maison, donnant une clarté étrange à l’environnement. J’ai toujours adoré ce moment de la journée. Il est, à mes yeux, magique. Ça commence toujours par un moment de flottement, quand le soleil tombe et qu’un parfum d’hésitation qu’on appelle crépuscule se lève. Les dernières lueurs du jour sont avalées par l’horizon. J’aime cet instant, voir le changement dans l'atmosphère. À se demander comment peut se faire ce petit miracle quotidien, ce perpétuel mystère qui fait qu’en quelques secondes, on passe du côté obscur de la Terre. Les rues se vident et les villes reprennent leur souffle. Ce moment d’obscurité met en lumière nos fissures.

C’est vrai que la faune nocturne dans nos villes de béton et d’acier est assez particulière. Il y a ceux qui travaillent, ceux qui sortent pour voir les putains ou boire un verre, oublier la misère de leur vie, oublier leur pathétique destin. Dans la nuit qui s'annonce, la journée qui vient de s’achever s’y reflète.

Ici, on entend les créatures du jour qui cherchent leur refuge pour la nuit, tandis que celles de la nuit s’éveillent tranquillement pour aller en chasse, faisant résonner la nature d’une symphonie unique et merveilleuse.

Devant moi se dresse mon héritage. Je sors de mon véhicule pour m’approcher. C’est une maison entourée d'un terrain, comme on n'en fait plus depuis des décennies. La bâtisse est vieille et délabrée, mais pas dénuée de charme. Ce qui me frappe, c’est l’odeur de cèdre et d’orange charriée par le vent. Cette odeur m’envoûte, tranche avec les fragrances ternes et mornes de mon quotidien et me pousse à m'approcher de sa source. Je tombe sur une orangeraie jouxtant une serre redevenue sauvage. Toutes ces fragrances, émises par les variétés de plantes, font chavirer mes sens.

Je finis par tomber sur un atelier. Je m’y réfugie pour échapper au vent qui se fait de plus en plus fort. C’était sûrement le lieu de travail d’un parfumeur. Une espèce de joyeux bordel organisé. Un millier de flacons en verre répandus sur des étagères, des bureaux, des armoires, une bibliothèque, et pour la plupart vides. Séchés par le temps. Tout y est poussiéreux. Je m'assois devant l’orgue à parfums. Des notes sont étalées dans tous les sens. Des recettes signées “Silvère”.

Mon regard est attiré par un petit flacon d’environ 100 ml doté d’un bouchon de liège. Autour du goulot, une petite ficelle maintient une étiquette. Paroxysme. C’est le nom qui a été inscrit d’une écriture élégante. Le flacon est vieux et légèrement trouble, mais il reste quelques gouttes dans le fond. J'ouvre, une odeur de mousse de chêne m'enveloppe, mélangée à des notes de vétiver, de girofle, de pamplemousse et une subtile fragrance de yuzu.

Cette Exquise fragrance m’emporte aussitôt dans une autre temporalité. Et bientôt le vent qui fait rage dehors devient l’écho de ma colère intérieure.
Mais cette colère, cette rage, ce n'est pas la mienne. Je comprends que c'est celle de Silvère. L’homme qui a créé ce parfum subtil. L'homme à qui appartient cet atelier.

Cette colère a quelque chose de réconfortant pour moi. Tout comme ces odeurs qui m'enveloppent. Je devine que personne n’a osé démolir ce lieu où on retrouve les fragrances et les émotions historiques, depuis longtemps oubliées par mes contemporains. Peut-être pourrais-je transformer ce lieu en musée ? Pour permettre aux citadins de se souvenir de ce qu’est un parfum. De se souvenir de l’intensité des émotions qui nous habitaient autrefois.
End Notes:
Merci beaucoup de m'avoir lu !
J'espère que se petit texte vous à été agréable à la lecture. N'hésitez surtout pas à me dire ce que vous en avez pensez.
Rituel by Lilychx
Author's Notes:
Déjà un grand merci pur toutes vos reviews du texte précédent elles m'ont fait énormément plaisir !

Le groupe de @Carminny, @lilychx et @Layi s'est précipité dans le salon, où les portraits de famille paraissent de plus en plus inquiétants et grimaçants, paraissant dévisager les importun.es du haut de leurs cadres en argent.

Thème : Délicate ascendance
Contraintes :
- Votre chapitre doit se dérouler l'après-midi.
- Votre chapitre doit se dérouler par un temps ensoleillé.
- Vous devez insérer une citation de votre choix sur le thème de la famille.

Le rituel d'une famille de sorcière le jour de Noël.

638 mots selon http://compteur-de-mots.net/ sans compter la citation de Victor Hugo.

Merci a Xuulu pour la correction !
Aie dans les veines le doux lait de ta mère, et le généreux esprit de ton père ; sois bon, sois fort, sois honnête, sois juste ! Et reçois, dans le baiser de ta grand-mère, la bénédiction de ton grand-père. Victor Hugo


C’étaient les quelques mots qui accompagnaient le cadeau. Ma mère fait ça chaque fois qu’elle doit offrir un présent important. Elle cherche une citation désuète ayant un rapport, même lointain, avec le présent. Elle dit que ça lui ajoute un petit quelque chose.

Le cadeau en lui-même est un petit pochon fait d’un tissu vert aux reflets de bronze. On pouvait voir qu’il était doublé d’un velours fin violet sombre. Un ruban jaune agrémenté d’une petite plume tachetée retenait le présent fermé. Autour de moi, se tenaient ma mère et ma sœur. Un magnifique sourire accroché à leurs lèvres.

On était le vingt-cinq décembre au beau milieu de l'après-midi. Et la tempête de neige du matin avait finalement laissé place à un grand soleil illuminant les montagnes alentours. On aurait dû fêter Yule quatre jours avant, mais nos emplois du temps et la météo nous avaient empêchés de nous retrouver plus tôt. On avait donc profité des festivités de Noël pour se retrouver toutes les trois un peu à l'écart du reste de la famille.

Regroupés en cercle dans le jardin, la neige nous montait jusqu’aux genoux et le soleil n’était pas assez puissant à cette époque de l’année pour nous réchauffer. Nous expulsions de la buée à chaque respiration, emplissant l’air qui nous entourait d’un million de petites gouttes qui se transformaient en paillettes au contact de l'air froid et scintillant sous l’éclat du soleil pâle de l’hiver.

Ma mère regarda autour de nous pour s’assurer qu’aucun voisin ne nous épiait. Même si plus grand monde, actuellement, croyait en ces choses ni ne faisait la chasse aux sorcières, il était tout de même délicat de pratiquer nos rituels en plein après-midi. Mais nous n’avions pas le choix. J'étais enceinte de mon premier enfant et il devait recevoir la magie de nos aïeules. Nous aurions aimé que ma grand-mère puisse se joindre à nous pour que le lien magique soit d’autant plus puissant, mais elle n’avait pas pu entreprendre le voyage à temps.

C'était la première fois depuis on ne savait plus combien de générations que le premier-né de la famille serait un garçon. C'est la première fois que nous pratiquions ce rituel pour un mâle. Et on ne savait pas si les ancêtres seraient enclins à le bénir comme le reste de son ascendance.
Après tout? la sorcellerie est surtout une histoire de femmes dans notre famille. Et il serait certainement très délicat d’y introduire un homme. Les habitudes après autant de générations à éduquer des sorcières seraient très dures à changer. Pourtant, former un sorcier n’était pas si différent. Mais peut être que ma grand-mère y verrait un affront fait à notre ascendance. Il n’y avait toujours eu que des femmes dans la famille. Les seuls hommes étaient les pièces rapportées, le mari sans une once de magie. Là pour assurer une descendance et non la descendance en elle-même. Et moi, pourtant, m’affranchissant de toutes les règles tacites de la famille, je donnerais naissance à un garçon.

Le cœur battant en harmonie avec ma mère et ma sœur nous incantions pour attirer tous nos ancêtres morts et toutes les forces de l’univers. À la fin de l’incantation, le pochon s’ouvrit délicatement. Une lumière d’une intensité encore jamais vue dans la famille jaillit. Elle était douce et chaude, elle resta en suspens entre nous pendant quelques instants avant de venir se loger au creux de mon ventre. Je sentis en moi mon fils se remplir de la magie de nos ancêtres. Il était heureux et moi aussi.

Ce serait un sorcier doux et puissant comme son père.
End Notes:
J'espère que ce petit texte vous a été agréable à lire. Je sais que le thème principale est pas suffisamment présent mais j'ai eu beaucoup de mal à trouver de l'inspiration pour ce texte là. J'espère que je 'en sortirais mieux pour le prochain.
Orageuse by Lilychx
Author's Notes:

Le groupe de @Carminny , @lilychx , @Wapa et @Layi s'est précipité dans la pièce 2 ! Avec un soulagement qui sera de courte durée, vous vous rendez compte que vous avez atterri dans la bibliothèque.

Votre thème : Douce évasion.
Vos contraintes :
- votre chapitre doit se dérouler le matin (entre le lever du soleil et midi).
- votre chapitre doit se dérouler par un temps pluvieux.
- vous devez insérer une citation de votre choix sur un thème donné (l'imagination).
- les émotions suivantes et leurs champs lexicaux sont interdites : sérénité, apaisement, joie, bonheur, extase.

Le texte fais 1035 mots selon http://compteur-de-mots.net/

Merci pour toutes vos super review ! Et pour tous ceux et celles qui voulait en savoir plus sur les personnages et l'ambiance du texte précédent : "Rituel" et bien je compte développer se monde et ses personnage dans une histoire plus longue !


Meric à @Tiiki pour la correction !
Orageuse


La chaleur était étouffante sous les toits et le martèlement des gouttes de pluie sur la tôle était assourdissant. Il était impossible pour Judith de se concentrer sur ses révisions. La matinée était déjà bien avancée, mais il restait deux heures avant de pouvoir déjeuner. Deux heures de torture mentale, à essayer de comprendre les diagrammes alambiqués du professeur Martin. Il fallait impérativement que Judith les connaisse sur le bout des doigts, car elle savait que l’examen qui aurait lieu le soir même serait sur ces fichus diagrammes.

L’humidité faisait gonfler les cheveux de la jeune femme. L’air était empli d’électricité statique qui interagissait violemment avec les ustensiles magiques qui encombraient le minuscule appartement de la sorcière, créant autour d’elle des arcs bleu et violet.

Et plus Judith s’impatientait sur les diagrammes, plus la tension électrique était palpable dans l’air. Quelle idée avait-elle eue de prendre cette option ! Tous l'avaient pourtant prévenue : même avec ses dispositions naturelles à maîtriser la foudre, les cours du professeur Martin sur la conduction électrique dans la magie étaient parmi les plus compliqués. Et rares étaient les élèves qui parvenaient à finir le cycle proposé par l'exigeant professeur. Mais la jeune femme se refusait à abandonner. Elle exigeait d’elle-même une moyenne la plus haute possible et il était hors de question qu’une simple option fasse baisser son excellence ne serait-ce que d’un point.

Elle tapait nerveusement du bout de ses doigts le bois de son bureau au même rythme effréné que la pluie qu’elle voyait tomber par la minuscule et unique fenêtre de sa chambre de bonne. Un espace d’une douzaine de mètres carrés dans lequel tenaient, plus par les lois de la magie que celles de la physique, un lit, un espace d'hygiène, une plaque de cuisson et un bureau.

À l’extérieur, on n'était pas loin du déluge et cela ne l’arrangeait pas. Elle aurait aimé pouvoir aller prendre l’air pour remettre ses méninges en place. Mais l’air était tellement chargé en électricité qu’elle s'attendait à tout moment à ce que l’orage éclate. Et vu la conduction de son corps, elle attirerait la foudre en si grande quantité qu’elle serait incapable de la canaliser et serait rapidement perdue dans le courant.

Pourtant, si elle ne voulait pas devenir folle, il fallait qu’elle s’évade de ces diagrammes et de cet environnement, ne serait-ce que quelques instants.

Les yeux de la jeune femme se posèrent sur la petite boîte en métal posée sur le coin du bureau. C’était une très mauvaise idée. Elle le savait. Mais c’était la seule solution qu’elle avait pour s'accorder l’évasion mentale dont elle avait en cet instant si désespérément besoin.

Tant pis pour les risques. Elle saisit la boîte et s’allongea sur son lit. Elle ouvrit le couvercle et un message en lettres lumineuses apparut devant ses yeux : “Donnez des ailes à votre imagination, mais essayez de garder les pieds sur terre, car même les oiseaux ont besoin de se poser pour se nourrir et construire leurs nids. ”**

Un message de mise en garde. Elle savait que les doses d’imagination étaient une magnifique manière de s’évader de son quotidien et permettaient de trouver de l’inspiration en toutes occasions, mais elles étaient également très addictives et faisaient complètement perdre la notion du temps.

Elle programma son réveil pour qu’il sonne une heure plus tard. Une heure de cette douce évasion devrait suffire. Elle attrapa les diagrammes du professeur Martin et avala une pilule d’imagination. Le monde s'effaça pour ne laisser que le bruit de l’eau ruisselant sur le toit et les diagrammes danser autour d’elle.

Les couleurs étaient bleues et violettes, très vives, presque aveuglantes. Des spirales envoûtantes tournoyaient autour de Judith. Son cerveau était en train de divaguer dans une douce cacophonie d'idées, libérant un à un les verrous du blocage mental qu’elle avait sur les diagrammes du professeur Martin.

Sa magie s'activa d'elle-même dans cet état second, son esprit s’évadant totalement de l’espace et du temps. C’était ça, la clé des diagrammes. S’affranchir en douceur de ces concepts archaïques du temps, de l’espace et du corps, et ne s’attacher qu'à la magie et à l'électricité présentes dans toutes choses, vivantes ou non vivantes, pour accroître sa puissance.

Judith comprenait enfin les principes que le professeur Martin tentait vainement d’expliquer avec ses mots et ses schémas, mais qu'il était impossible de comprendre sans en avoir fait soi-même l’expérience en pleine conscience. Sans cette douce évasion de son esprit. Mais comme il était interdit de consommer des drogues au sein de l'université, le professeur ne pouvait pas donner la clé à ses élèves, et c'était pour cela que si peu d'entre eux parvenaient à maîtriser ce cours.

Le réveil sonna, et il fut temps pour Judith de revenir à la réalité. La pluie était moins forte à présent, et l’électricité statique se dissipait peu à peu comme si l’évasion par l’imaginaire de la jeune femme l’avait consommée.

Elle se redressa lentement, encore dans le vague, la bouche pâteuse et les muscles raides. Bien que la dose fut très faible, elle avait été suffisante pour lui laisser une drôle d’impression. Comme si elle avait dû laisser s'échapper une partie de son esprit.

Elle se leva et sortit de son minuscule appartement, descendant rapidement les cinq étages qui la séparaient de l’extérieur. Elle n’avait plus peur de l’orage à venir, elle était libre maintenant que son esprit et sa magie avaient compris.

Le contact de l’eau sur son visage tendu vers le ciel lui était agréable. Et d’un coup, elle sentit s'abattre la foudre sur elle. Alors, avec une simplicité enfantine, elle la laissa doucement s’évader à travers son corps pour rejoindre la terre.

Puis, comme si de rien n’était, Judith se remit en route pour trouver de quoi déjeuner.

End Notes:

**Citation de Gilberto Araújo de Alcântara

Merci pour votre lecture !

Vivre pour mourir by Lilychx
Author's Notes:

Le groupe de @Carminny, @lilychx et @Layi s'est précipité avec un peu trop d'enthousiasme dans la chambre de la pendue. L'atmosphère glauque et morose vous donne la chair de poule et vous fait froid dans le dos : vous avez hâte de pouvoir sortir d'ici au plus vite…

Votre thème : Mortelle issue.
Vos contraintes :
- votre chapitre doit se dérouler la nuit.
- votre chapitre doit se dérouler par un temps brumeux.
- vous devez insérer une citation de votre choix sur un thème donné (la mort).
- les émotions suivantes sont interdites : peur, terreur, appréhension, stress.
- Vous avez deux éléments, un type de personnage et un objet. L’un doit avoir une place centrale dans le texte, l’autre doit avoir une certaine importance mais ne peut être mentionné que trois fois maximum : à vous de choisir lequel. OBJET : Une corde. PERSONNAGE : Un.e jeune marié.e.

Note du texte : Merci pour toute vos reviews ! Je suis désolée pour tout.e.s ceux.celles qui espéraient en savoir un peu plus sur mon univers magique, mais pour ce dernier texte je suis partie sur autre chose. Pas de magie aujourd’hui.

Mon texte fait 1 312 mots selon http://compteur-de-mots.net/

Merci a @Xuulu pour la correction !

Vivre pour mourir


J’avais tout pour vivre heureux. Mais l’appel de la montagne a été plus fort que le bonheur.

Je me suis marié il y à peine quarante-huit heures à la femme la plus extraordinaire qu’il m’ait été donné de rencontrer. Et pourtant, au lieu d’être au creux de ses bras chauds, je suis là, dans la nuit et le brouillard. J’ai bêtement cru, et mon entourage avec moi, que notre lien, cette corde tendue entre elle et moi, serait suffisant pour me retenir au fond de la vallée.

Mais qu’est-ce qu’un simple amour, face à l’imposant sentiment d'immortalité que m'insuffle l’ivresse des sommets ? Et pourtant, combien de fois m’est-il arrivé de pleurer de rage et de douleur ? Combien de fois ai-je perdu la mémoire, la voix et tout jugement parce que je n’en pouvais plus ? La montagne a ses propres règles qu’elle ne dévoile pas, et nous, simples mortels, cherchons en vain à en comprendre les méandres. Pour atteindre une certaine gloire, ton nom inscrit pour l’éternité dans les mémoires*. Arriver au bout, arriver au sommet même quand tu as perdu tout espoir. Combien de fois j’ai pensé : encore quelques heures ! Une autre montée ! La douleur n’existe pas, c’est dans la tête. Contrôle-la, domine-la, élimine-la et continue.

Je suis égoïste. La montagne est égoïste, il faut être égoïste pour savoir lutter et souffrir, pour aimer la solitude et l’enfer.

Je m’arrête, je tousse, j’ai froid, je ne sens plus mes jambes, j’ai des nausées, je vomis, j’ai mal à la tête, des bleus plein le corps, du sang qui coule de la plaie ouverte à l’arrière de mon crâne… Est-ce que vous avez mieux à me proposer ?

La douceur de mon foyer ? Les caresses de ma femme ? Ma femme ? Je l’ai laissée à peine notre union consommée. Je suis partie à la lueur de l’aube naissante, sans rien dire à personne. Je suis parti sans corde, sans crampon, sans piolet. Habillé légèrement j’ai grimpé, grimpé, comme poussé par une force immuable. Puis la nuit est tombée, le soleil s'est couché derrière les pics effilés et les parois enneigées. J’ai vu les derniers instants de lumière, quand le ciel se teinte de rouge, virgule en harmonie avec les arbres roux de l’automne. Peu à peu, au rythme de mes pas, la lumière a complètement disparu à l’Ouest, tandis que l’obscurité s'est emparée du ciel. J’ai trébuché plusieurs fois avant de chuter lourdement. Ma tête a frappé un rocher. Je me suis relevé et j’ai continué à marcher. Toujours vers le sommet. Incapable de me dire qu’il était temps de revenir auprès des miens. Avec la lumière, la chaleur a disparu aussi, la température baisse et je sens que mes joues et mon nez deviennent froids au contact de l’air. La nuit est maintenant bien là. Et le brouillard a fait rapidement son apparition.

J’ai toujours aimé être en montagne la nuit. Mais aujourd’hui, pour la première fois, je sens mes yeux lourds, mon esprit plane dans un monde obscur et pesant.

Le brouillard se déchire pendant quelques secondes, me laissant apercevoir un spectacle fantasmagorique. Les aiguilles rocheuses plâtrées de neige fraîche s'effilent vers le haut dans une perspective irréelle, se perdant dans un ciel étoilé. Comme taillées dans un bloc de marbre pur reflétant la lueur de la lune. Quelques secondes fugaces qui font battre mon cœur. Mais le brouillard reprend aussitôt ses droits, m'enfermant dans une chape d'obscure humidité.

La mort, le danger, quand on les affronte journellement, on les chasse de ses pensées, ou bien on ironise**.

J’ai toujours su que ce serait en montagne que la mort viendrait. Et c’est d'ailleurs la mort que je veux. Mourir vieux dans un hospice, très peu pour moi. La montagne, j’ai choisi d’en faire mon métier. Chaque jour je grimpe, chaque jour je mets ma vie en danger. J’avais promis de changer de métier une fois que j’aurais rencontré l’amour de ma vie. Et c’est ce que j’ai fait. Je suis devenu un simple charpentier. Mais voilà qu’aujourd’hui la montagne m'a rattrapé. C’est un peu comme dans la chanson de Renaud, “c’est pas l’homme qui prend la mer, mais la mer qui prend l’homme”. Sauf que dans mon cas, c’est la montagne et non la mer.

Sous mes pieds, le terrain a changé. Je sens que ça glisse, que c’est froid. Dans l’obscurité et le brouillard, j’ai du mal à savoir où je suis. Je pose la main au sol et je sens la glace. Je suis arrivé au glacier. Et c’est vrai que, maintenant que j’y prête plus attention, j'entends la glace craquer. En temps normal, je me serais arrêté et j’aurais cherché un abri pour passer la nuit et redescendre aux premières lueurs de l’aube ; mais mon corps avance mécaniquement, mon esprit s'envole loin de moi.

Je fini par glisser et tomber dans le fond d’une crevasse. Le choc est rude et chasse tout l’air de mes poumons. Ma tête résonne comme un millier de tambours. Je sais qu’aucune corde ne tombera du ciel pour me sortir de là. Et cette crevasse sera mon tombeau de glace.

Comme disait Platon : Mourir n'est pas mourir, mes amis, c'est changer. La vie est le combat, ma mort est la victoire. Et cet heureux trépas, des faibles redouté. N'est qu'un enfantement à l'immortalité.

Je sens mon corps m’abandonner, je ne sens plus le froid, je ne ressens plus aucune douleur, je suis prêt à embrasser cette nouvelle aventure qui s’offre à moi.

 

Rubrique des faits divers du 10 octobre 1995

 

La fuite du jeune marié
Ce weekend, dans la commune de Chamonix, une bien étrange situation s'est produite. 48h seulement après son mariage, Christophe Ravanel a déserté son domicile sans dire un mot à personne.

 

 

Rubrique des faits divers du 20 octobre 1995

 

Le marié disparu
10 jours après l’étrange disparition de Christophe Ravanel, des recherches ont été menées. Il semblerait que des témoins l'aient vu partir en montagne, mais qu’il n’en soit jamais revenu. Des battues regroupant plus d’une centaine de citoyens et d’une trentaine de guides de haute montagne parcourent actuellement le massif.

 

 

Rubrique des faits divers du 30 novembre 1995

 

Arrêt des recherches
Les premières neiges stoppent les dernières unités de recherche dédiées à la disparition de Christophe Ravanel. Ce dernier est déclaré mort.

 


Rubrique des faits divers du 16 août 2020

 

Macabre découverte
La semaine dernière, lors d’une course sur le Glacier des Bossons, le guide de haute montagne Thomas Ducroz a découvert un corps dans une crevasse basse du glacier. Il n’est pas rare que ce dernier dévoile des corps bien des années après les avoir engloutis. T. Ducroz a immédiatement prévenu les secours qui sont venus récupérer le corps.

 


Rubrique des faits divers du 24 août 2020

 

Mortelle Issue
Après des analyses et la réouverture des dossiers de disparitions, il s’avère que le corps découvert dans le glacier des Bossons la semaine dernière par T. Ducroz soit celui de Christophe Ravanel. 25 ans après la disparition du jeune marié, nous savons enfin ce qui lui est arrivé. Au vu des vêtements qu’il portait, il semblerait que ce dernier soit parti sur un coup de tête en montagne et se soit perdu sur le glacier lors d’une nuit brumeuse de l’automne 1995. Sa famille a pu récupérer le corps et lui donner une sépulture.

 

End Notes:

*Dans les vallées de haute montagne les morts ou disparus en montagne deviennent les ‘immortel”. Des gens dont tous connaisse le nom même des décennies après leur mort. Leur histoire est transmise de génération en génération pour que le nom ne tombe pas dans l’oubli et que les jeunes générations apprennent à se méfier de la montagne.

 

** Citation sorti du livre “La peau de bison” écrit par Roger Frison-Roche

 

Merci d’avoir lu mon recueil jusqu’au bout ! J’espère que ce petit moment passé dans mes différents univers vous a plu et vous a donné envie de peut-être en lire plus… Si c’est le cas, ne vous inquiétez pas je ne compte pas m’arrêter d'écrire !

Cette histoire est archivée sur http://www.le-heron.com/fr/viewstory.php?sid=2052