Le Gouffre by Mikoshiba
Summary:

 

Je me promenais
Je connaissais cet endroit comme ma poche
Du moins je le pensais

En m’éloignant de la falaise
En m’éloignant du bruit rassurant de la mer
Du chant des mouettes et des embruns iodés
J’ai trouvé ce gouffre

 

Crédit image : Ivan Bandura sur Unsplash
(libre de droits)


Categories: Tragique Characters: Aucun
Avertissement: Aucun
Langue: Français
Genre Narratif: Poésie (prose)
Challenges:
Series: Aucun
Chapters: 7 Completed: Oui Word count: 869 Read: 2010 Published: 09/04/2020 Updated: 02/05/2020
Story Notes:

Voici sept petits poèmes, sept courts chapitres qui ont refusé de me laisser tranquille tant que je ne les avais pas écrits.

1. I by Mikoshiba

2. II by Mikoshiba

3. III by Mikoshiba

4. IV by Mikoshiba

5. V by Mikoshiba

6. VI by Mikoshiba

7. VII by Mikoshiba

I by Mikoshiba

 

Je me promenais
Je connaissais cet endroit comme ma poche
Du moins je le pensais

En m’éloignant de la falaise
En m’éloignant du bruit rassurant de la mer
Du chant des mouettes et des embruns iodés
J’ai trouvé ce gouffre

Je ne l’avais jamais remarqué
Je ne l’avais encore jamais vu
Pourtant, à son aspect, il était impossible de douter
Qu’il était là depuis longtemps

Des herbes hautes le cachaient
Peut-être avais-je un jour aperçu au loin son obscurité
Et l’avais-je attribuée à autre chose
Sûrement

Mais alors que j’étais juste devant
Il m’attirait
J’avais l’impression de le connaitre
Mais je ne l’avais encore jamais vu

 

End Notes:

Merci d'avoir lu cette étape de découverte !

II by Mikoshiba

 

Pourquoi m’attirait-il autant ?
Pourquoi me semblait-il aussi familier ?
Je décidai d’en faire le tour
Pour mieux pouvoir le cerner

Ses bords étaient encombrés
Des herbes sèches poussaient anarchiquement
Au milieu de pierres grises acérées

Je longeais précautionneusement le précipice
Il était beaucoup plus grand que je ne l’avais pensé
Et extrêmement profond

Je n’arrivais pas à voir le fond de l’abîme
Qui semblait à la fois proche
Et à la fois très loin sous mes pieds

Peut-être était-ce dû à l’ombre
L’ombre sombre, noire, impénétrable
Qui semblait le remplir presque intégralement

Mon parcours terminé
De retour à mon point de départ
Le gouffre me semblait toujours aussi imprécis
Mais encore plus familier qu’avant

 

End Notes:

Merci de votre lecture :)

III by Mikoshiba

 

Soudain une envie irrésistible me prit
Celle de voir le gouffre le plus précisément possible
J’en oubliais alors complétement ma promenade initiale
Et entrepris de suivre de nouveau le précipice

Cette fois-ci en revanche
Je me rendis utile
J’arrachai les herbes sèches
Je ramassai un nombre incalculable de papiers

D’emballages en plastique
De sachets de gâteaux
De bouts de bois apportés par le vent

Je fis le tour du gouffre
Et le nettoyai comme s’il était une maison
Et non un trou dans la lande

Puis je fis un tas avec les branches
Les herbes et les papiers
Et craquai une allumette

 

End Notes:

Merci pour votre lecture, j'espère que le poème vous a plu :)

IV by Mikoshiba

 

Aidé par les rayons que dardait le Soleil
Et par le vent froid qui soufflait
Le tas de bois s’embrasa rapidement

Un corbeau téméraire s’approcha
Et chaparda quelques brindilles
Sans doute pour renforcer son nid

J’étais exténuée
Assise par terre
Je puisai un certain réconfort auprès du brasier

Je ne vis pas le temps passer
Sûrement m’étais-je endormie
Aussi, ma surprise fut considérable
Quand au-dessus de moi j’aperçus les étoiles

Je n’étais pas très rassurée
D’être au milieu de nulle part
Au beau milieu de la nuit
Près d’un gouffre sans fond

Je me relevais cependant
Le feu faisait briller d’une lueur pâle et froide
La roche tout autour du gouffre
Et soudain je compris

 

End Notes:

Merci pour votre lecture !

On se rapproche doucement des étapes finales...

V by Mikoshiba

 

Dans l’obscurité ambiante
Les rochers pâles qui entouraient le gouffre
Le dessinaient parfaitement

Semblables à la peau brillante et argentée
Qui borde une cicatrice
Et la rend plus visible encore

Le gouffre noir m’apparut alors
Dans toute sa netteté
Dans tous ses détails

Et je compris
Je compris pourquoi
Il m’avait l’air aussi familier

Ce gouffre, je le voyais tous les jours
Je le portais en moi constamment
Dans ma poitrine

Pourtant, cette fois-ci
Il était bien réel
Et plus net qu’il ne l’avait jamais été

Alors
Je m’éloignai du bord
Retournai dans la pénombre

Enlevai un à un tous mes vêtements
Puis courus
Et sautai.

 

End Notes:

Merci d'avoir lu ce poème !

On approche de la confrontation finale...

VI by Mikoshiba

 

Ma chute sembla durer une éternité
L’obscurité environnante était si épaisse
Que même les étoiles disparurent

Je tombais, flottais et volais tout à la fois
Dans cette atmosphère dense
Je ne voyais rien

Mais je ressentais tout
L’odeur sucrée d’un parfum
Une main large sur mes reins

Une voix menaçante laissant un goût amer
Une peur lourde qui resserre le cœur
Un sol froid jonché d’éclats de verre

Un couloir blanc sans fin
Des poumons oppressés
Un avenir inexistant

Une ambiance menaçante
Un vide si étouffant
Et rien, absolument rien à quoi me raccrocher

J’étais seule, entourée par le vide
Oppressée par tant de souvenirs
Qui me fouettaient me happaient me repoussaient
M’emplissaient me vidaient sans aucun ménagement

Était-ce moi qui me déplaçais
Au milieu de tout cela
Ou bien étais-je suspendue immobile
Au centre d’un tourbillon ?

Puis, tout s’accéléra autour de moi
Les sensations elles-mêmes devinrent floues
Tout s’accéléra
Et je me réveillai

 

End Notes:

Quels sont vos pronostics pour le réveil ?

VII by Mikoshiba

 

Je me réveillai dans un bain chaud
Enveloppée par une douce lueur de bougies
Je me réveillai dans des draps propres
Un chat ronronnant sur le ventre

Je me réveillai dans un champ d’herbes folles
Bercée par le bourdonnement des insectes
Je me réveillais dans une forêt
Les pieds dans l’eau fraîche d’un ruisseau

Je me réveillai au soleil dans une chaise longue
Un livre passionnant à la main
Je me réveillai au restaurant avec des amis
Nos plats préférés arrivant à notre table

Je me réveillai au son d’une musique entraînante
Prise par l’envie soudaine de danser
Je me réveillai devant une assiette de macarons
Accompagnée de la parfaite tasse de thé

Je me réveillai à l’odeur du pain frais
Au goût de la confiture de mirabelles
Au son des grillons dans la fraicheur du soir

Je me réveillai sous un ciel étoilé
Les larmes aux yeux devant tant de majesté
Heureuse, libre et purifiée

 

End Notes:

Et voilà. C'est fini.

Extérioriser ce "voyage", ce cheminement, m'a fait beaucoup de bien. Accepter l'obscurité, lui donner vie, pour rendre réelle à son tour la lumière, c'est une chose que j'ai l'habitude de faire dans ma tête, mais le fait de concrétiser par l'écriture est encore plus fort, bien plus que je ne l'aurais cru.

J'espère que ce recueil vous aura plu, n'hésitez pas à me dire ce que vous en avez pensé !

Cette histoire est archivée sur http://www.le-heron.com/fr/viewstory.php?sid=1974