Sans chocolat, on lit by Dedellia
Summary:

Image faite par mes soins

J'ai indiqué -16ans car certains textes particuliers le sont selon moi, mais la majorité reste tout public!

Ma participation pour le Calendrier de l'Avent 2018 selon la liste Dedejell (Dedellia et Jello Jaune).

Un recueil de textes variés parfois dans des univers liés, mais chacun contenant sa propre histoire.


Categories: Romance, Historique, Tragique, drame, Fantasy Characters: Aucun
Avertissement: Aucun
Langue: Français
Genre Narratif: Nouvelle
Challenges:
Series: Calendrier de l'Avent du Héron 2018
Chapters: 24 Completed: Non Word count: 13760 Read: 61136 Published: 24/11/2018 Updated: 24/12/2018
Story Notes:

Pour ceux et celles qui préfèrent lire des textes joyeux, voici ceux qui le sont le plus :

5 décembre

7 décembre

8 décembre

14 décembre

15 décembre

16 décembre

20 décembre

1. 1er décembre : 1939 by Dedellia

2. 2 décembre : La salle aux miroirs by Dedellia

3. 3 décembre : La nuit était papier - nous étions encre, Adonis : jeunes dans la nuit by Dedellia

4. 4 décembre : La chemise à carreaux by Dedellia

5. 5 décembre : L'orage by Dedellia

6. 6 décembre : Intrépide by Dedellia

7. 7 décembre : La forêt by Dedellia

8. 8 décembre : Le Louvre by Dedellia

9. 9 décembre : Crayon cassé by Dedellia

10. 10 décembre : Une lettre by Dedellia

11. 11 décembre : À l’élu de mon coeur (écrit au plus que parfait) by Dedellia

12. 12 décembre : L'avare by Dedellia

13. 13 décembre : Le chant des baleines by Dedellia

14. 14 décembre : Le soleil sur ma peau by Dedellia

15. 15 décembre : Te serrer dans mes bras by Dedellia

16. 16 décembre: Origami by Dedellia

17. 17 décembre : Il avait peur d'avoir peur by Dedellia

18. 18 décembre : Lorsque j’étais une oeuvre d’art by Dedellia

19. 19 décembre : Biscuit chinois by Dedellia

20. 20 décembre : Table ronde by Dedellia

21. 21 décembre : Marguerite by Dedellia

22. 22 décembre : Demain by Dedellia

23. 23 décembre : Reste-là by Dedellia

24. 24 décembre : Parapluie by Dedellia

1er décembre : 1939 by Dedellia
Author's Notes:

Thème : 1939
À la manière d'un journal intime, voici mon premier texte

1er janvier
Tante Anne est venue de Montréal pour nous voir et célébrer la nouvelle année. Toujours célibataire malgré les remarques de la famille, ça semble lui être égal. Elle profite plutôt de la fête pour danser avec chacun d’entre nous, ces neveux et nièces. On rit, on mange, on s’amuse. Mes cousines et moi en profitons pour échanger les dernières nouvelles depuis Noël. La fête dure jusqu’aux premières lueurs du jour. Quand je me couche dans mon lit, j’ai encore la tête qui tourne d’avoir trop dansé, mais je ne tarde pas à m’endormir sous le coup de la fatigue et de l’excitation qui est finalement retombée.

16 février
L’hôpital Saint-Michel-Archange a pris feu aujourd’hui. Il faisait beau et on pouvait voir l’épaisse fumée monter au ciel. Mère a un cousin qui y séjourne. C’est la première fois que j’entends parler de lui. Elle dit que sa famille n’aime pas parler de lui et sa maladie. Heureusement, il va bien comme tous les autres, ils ont réussi à évacuer à temps.

28 avril
Aujourd’hui, j’ai quinze ans, je suis presque une adulte. Tout le monde m’a souhaité un bel anniversaire et a voulu me faire plaisir. Mes parents m’ont gâtée plus que de raison, je crois qu’ils remarquent enfin que leur plus jeune enfant vieillit. Ma Mère a cuisiné mon repas préféré et personne n’a protesté. Jean-Marie est même revenu à la maison avec sa femme et leur enfant d’à peine un an pour «voir sa soeur préférée». Mes autres soeurs ont toutes protesté sous les rires de notre grand-frère. J’ai pu prendre dans mes bras Marcel, mon neveu, la première. Ses yeux écarquillés comme s’il voulait découvrir le monde et ses courts cheveux bouclés m’ont fascinée. Étais-je comme ça moi aussi à son âge?

11 mai
En me rendant à l’école, j’ai croisé Lucien et sa soeur qui se rendaient au marché. Lucille a dû arrêter l’école il y a deux ans lorsque ses parents ont décidé qu’il était temps qu’elle apprenne à s’occuper d’une maison. Elle n’est pas la seule, la plupart de mes amies ont été retirées des classes dans les dernières années. Nous ne sommes plus que trois dans ma classe. Ça me fait réaliser la chance que j’ai d’avoir des parents aussi ouverts. Même si Lucille dirait qu’il s’agit bien plus d’argent que de générosité, j’avoue que je ne sais pas. Qu’est-ce que l’argent a à voir dans mes études ?

1er juin
Je ne pouvais pas cacher ma joie aujourd’hui. Pas après avoir lu la nouvelle dans le journal. Presque quarante femmes vont prendre part au congrès du Parti Libéral pour la première fois. Ma grand-mère dit qu’elle ne pensait pas, quand elle avait mon âge, vivre assez longtemps pour que ce genre de chose arrive. Il y a de mauvaises langues qui critiquent bien sûr, mais je les ignore. C’est un grand pas pour les femmes et j’en suis fière! Je ne peux qu’imaginer ce qu’elles pourront faire pour nous toutes.

1er septembre
Je me réveille un matin au son de la radio qui crachote des mots bien trop horribles pour que je puisse les répéter, pour que je puisse y penser. Tout ce qu’on craignait depuis plusieurs mois est maintenant à nos portes, menaçant de nous engloutir nous aussi dans un flot de violences. J’ai peur de ce qui pourrait nous arriver, je ne peux qu’espérer qu’on soit épargnés de ce côté de l’océan. Mais je sais très bien que c’est du déni. L’Allemagne a envahi la Pologne… la guerre nous rejoindra bien assez tôt.

7 septembre
On n’est pas encore officiellement en guerre, mais le gouvernement a approuvé hier la censure en temps de guerre. Je ne suis pas certaine de ce que ça signifie. Père dit que c’est pour empêcher de dévoiler des informations sur les décisions militaires et ne pas détruire le moral de nous tous. Je ne sais pas pour les autres, mais pour moi, cette nouvelle m’a bien déprimée.

10 septembre
Ça y est. On est en guerre contre l’Allemagne. C’est ce dont tout le monde parle, c’est ce qui est dit en boucle à la radio. Au cas où on vivait dans un espace reclus, je suppose. Plusieurs parlent d’enrôlement. Ils disent que ça deviendra obligatoire, qu’on va obliger nos frères à aller à la guerre. Je crois qu’ils ont peurs, ils ne veulent pas perdre les leurs. Le journal La Patrie a déjà choisi son clan : pour l’enrôlement. Les autres journaux, je ne sais pas, je ne veux pas savoir, ils pourraient dire la même chose. Ils doivent être tous mariés et sans fils en âge pour penser ça. Moi je ne veux pas, j’ai peur pour Lucien : il aura dix-neuf ans bientôt, ils pourraient venir le chercher.

14 octobre
Jeudi, le Canada a fait son « premier emprunt de guerre ». À qui ? J’ai l’impression que tout le monde est en guerre. Les autres n’ont pas besoin d’argent? Je ne comprends rien. Je ne sais pas ce qui se passe, mais je déteste ce genre de nouvelles. Ça rend les choses plus concrètes.

24 octobre
Il y a des élections provinciales aujourd’hui. Père et Jean-Marie sont allés voter pendant que Mère restait à la maison, elle n’a pas le droit de voter au provincial, juste au fédéral. Elle dit qu’elle aura peut-être le droit un jour, mais qu’elle espère surtout que moi et mes soeurs gagnions ce droit. Mon frère et mon père disent que Duplessis est celui qui devrait gagner et tout le monde à la maison semble d’accord. J’espère qu’il va être élu.

26 octobre
C’est Godbout qui a gagné. Tout le monde était déçu en apprenant la nouvelle. Au moins, on parle d’autre chose que de la guerre.

11 novembre
Il y a eu un attentat contre Hitler plus tôt cette semaine. Il était déjà parti, d’autres sont morts et encore plus ont été blessés. Est-ce que c’est mal de me sentir déçue qu'ils aient échoué?

15 décembre
J’ai l’impression que chaque jour ont reçoit des nouvelles. La plupart, je ne les comprends pas. C’est peut-être mieux ainsi.

31 décembre
Cette année, tante Anne n’est pas venue pour le réveillon. Je ne peux pas m’empêcher de penser que c’est à cause de la guerre. On est loin, mais ça nous affecte tous. On ne sait pas quand ça va nous tomber dessus et c’est probablement le pire. Les rires sont plus forcés, mais alors que la soirée avance les gens y pensent un moins. Ou alors on s’y habitue. Dans une minute, ce sera une nouvelle année. Peut-être celle qui réglera tout. Du moins, je l’espère. Je m’appelle Madeleine Pelletier et l’année de mes quinze ans j’ai vu la guerre commencer.

End Notes:

À l'exception des proches de Madeleine, tout ce qui a été mentionné sont des événements réels de l'année 1939. J'ai tenté de représenter l'ambiance qui régnait parmi les Canadiens Français à l'époque, j'espère que vous aurez apprécié!

2 décembre : La salle aux miroirs by Dedellia
Author's Notes:
Thème : La salle aux miroirs
Un texte un peu plus poétique aujourd'hui
Deux danseuses se font face. Corps bien droit, tenue impeccable, cheveux tirés vers l’arrière. Tout chez elles exprime le stéréotype de la danseuse de ballet. Elles attendent, immobiles, que la musique les porte vers un autre monde. Un monde où seul le moment présent existe, où tout le reste s’efface. Laissant l’instinct et la concentration prendre le dessus sur les distractions et les réflexions.

Les notes se bousculent sans avertissement, c’est le signal. D’un même mouvement, elles s’éveillent et prennent vie sous l’effet de la danse et de la musique, comme si un courant électrique les traversent l’une et l’autre de concert. Elles tournent avec un synchronisme fascinant, se faisant face, se faisant dos, puis se faisant face à nouveau. Pour toujours se juger, pour toujours espérer être meilleure. Mais nulle ne ressort, nulle n’arrive à surpasser l’autre. Ce sont deux rivales, deux égales qui ne peuvent qu’espérer être meilleures que hier, car elles n’obtiendront rien de plus.

Les notes se font plus pressantes, les entrainant dans une course effrénée. Elles ne touchent plus le sol, elles le survolent, elles planent au-dessus du parquet de bois vernis. Ce sont des oiseaux qui dansent au printemps autour des fleurs qui bourgeonnent. Elles inspirent la grâce et la fluidité, pourtant, quelque chose cloche. Chaque fois qu’elles se font faces, leurs yeux se croisent, comme si elles cherchaient à déceler une faille dans leurs façades. Elles sont froides inexpressives, il manque la passion. L’amour de la danse. Depuis longtemps, l’envie d’être parfaite, l’envie d’être la meilleure a pris le dessus sur tout le reste. Ce n’est plus une passion, c’est une compétition contre tous les autres, mais surtout contre soi-même.

La danseuse s’arrête soudainement. Ce n’était pas assez. Ce n’est jamais assez. Elle s’effondre au sol, découragée. Seul témoin son reflet aux yeux rougis et aux yeux enflés. Son secret est bien gardé au moins.
End Notes:
À demain ! N'oubliez pas d'aller jeter un oeil aux autres calendriers ou comparer avec Jello ce qu'il advient de ces thèmes!
3 décembre : La nuit était papier - nous étions encre, Adonis : jeunes dans la nuit by Dedellia
Author's Notes:
Le thème est une citation aujourd'hui : La nuit était papier - nous étions encre, Adonis : jeunes dans la nuit
Candace était une véritable ombre dans la nuit. L’absence de lumière à l’exception de quelques fenêtres dans les hauteurs l’aidait bien sûr. Un peu plus loin devant, l’une des Flyers, ce groupe qui se pensait les rois de la ville, avançait en suivant les murs se pensant subtile. La pauvre. Candace la remarquait autant que n’importe quel passant, mais, après tout, rien ne lui échappait. L’autre était peut-être bien dissimulée pour les gens ordinaires en fait. Elle la fixa disparaitre au coin de la rue, s’assurant qu’elle ne s’attardait pas.

De son côté, Galadrielle approchait, elle aussi, du point de rencontre par une ruelle parallèle au chemin emprunté par Candace. Toute aussi subtile, personne ne remarqua sa présence pourtant imposante avec tout ce qu’elle transportait. Elle rejoignit Maxime qui était déjà là et tous deux attendirent leur comparse.

Candace ne prit que quelques minutes supplémentaires pour arriver à son tour. Ils se saluèrent d’un hochement de la tête, sachant très bien que tout bruit était un risque qu’ils se fassent repérer. Galadrielle ouvrit son sac et commença à distribuer les pinceaux et la peinture parmi eux, elle déposa le reste, sur le sol, plus accessible tandis que Maxime dépliait le plan qu’il avait lui-même fait et l’accrochait au centre du mur sachant très bien qu’ils le déplaceraient plusieurs fois pendant la nuit. Il attacha ses cheveux en une queue de cheval pour les retirer de son visage et se mit à l’oeuvre.

Il fallut plusieurs heures pour que le tout commence à prendre forme. Peu à peu, des immeubles modernes faisant contraste avec la ville où eux-mêmes se trouvaient commençaient à se détacher sur un ciel étoilé. Malgré la beauté et le luxe qui se dégageaient des bâtiments, il y avait une atmosphère lourde qui se dégageait de l’oeuvre, comme si les pinceaux des trois artistes les dépeignaient plus gris, plus sombres que ce qu’ils étaient vraiment. Ce ne fut que lorsque la nuit s’acheva qu’ils terminèrent leur peinture, le soleil serait le premier témoin de leur message mystérieux.

Ils étaient partis depuis un bon moment quand les premiers rayons du soleil touchèrent le haut de la peinture. Sous les étoiles peintes une à une, les édifices descendaient jusqu’au sol, en une magnifique illusion les faisant paraitre plus grands qu’ils ne l’étaient, mais ça ne s’arrêtait pas là. Au sol, à la base du mur, chacun des éléments qui figuraient sur les briques était aussi reflété sur le sol, dans une image et un réalisme impressionnant. Si ce n’était que d’un petit détail, on aurait cru que la ville se reflétait dans une mer bien calme. Le seul problème pour réfuter cette supposition était la couleur. Un rouge teignait le sol et par le fait même les structures d’acier qui s’y reflétaient. Le rouge de la défaite, le rouge de la conquête, le rouge du sang.
End Notes:
Voilà pour ce troisième texte! Il se passe dans un monde fictionnel de style science-fiction que j'ai créé dans le cadre du nano.
4 décembre : La chemise à carreaux by Dedellia
Author's Notes:

Thème : La chemise à carreaux
Ce texte se déroule dans le même univers que La nuit était papier - nous étions encre, de hier, mais les personnages impliqués ne sont pas les mêmes ce n'est donc pas nécessaire d'avoir lu pour comprendre.

Rating : -16 ans

Gabrielle était en retard, très en retard. Et elle le serait encore plus si elle ne trouvait pas sa veste dans les cinq prochaines secondes. Elle l’avait reçue avant-hier et l’avait déjà égarée. Elle ne pouvait PAS partir sans elle. Les Flyers pourraient très bien en tirer de mauvaises conclusions. Elle devait montrer qu’elle était fière de faire partie de leur groupe. Fière d’être l’une des leurs et de montrer leurs couleurs. Même si elle n’avait pas le droit de la porter pendant les heures de classe ou de repas à l’école, elle devait l’avoir avec elle le reste du temps. C’est ce que tous les autres faisaient. Il y avait bien celle sans manches, mais non seulement il faisait trop froid pour la porter, mais elle était encore humide en train de sécher.

Gabrielle savait que Lolly Pop en avait au moins une supplémentaire. Elle pouvait peut-être lui envoyer un message pour qu’elle lui prête jusqu’à ce qu’elle retrouve la sienne. Aussitôt cette idée lui eut traversée l’esprit, elle la repoussa. Ce n’était pas ainsi qu’elle ferait bonne impression. Elle ne pouvait pas être certaine que la jeune fille l’aiderait ou garderait le secret. Même si elle lui avait paru sympathique, il ne fallait pas oublier qu’elle était une figure de proue du groupe, les autres lui demandaient son avis régulièrement et allaient dans sa direction. Lolly Pop connaissait les ficelles du métier et, malgré son air angélique, n’hésitait pas à se mêler aux sales besognes. Elle avait convaincu bien des voyous de la laisser tranquille que ce soit avec ses mots ou ses points et elle n’avait pas de scrupules à envoyer les autres réclamer les paiements des retardataires ni à vendre de la drogue. Pas que ça dérangeait Gabrielle, elle n’était pas responsable de ceux qui décidaient d’en prendre. Elle n’aurait pas joint les Flyers si c’était le cas. Non, Gabrielle ne se pensait pas responsable, mais en voyant Lolly on pouvait penser qu’elle avait des valeurs plus traditionnelles et il ne fallait pas que ça l’influence à aller lui demander de l’aide.

- Mais où est cette fichue veste ?

Elle s’allongea sur le sol pour regarder sous son lit. Elle y avait accumulé bien des choses au fil du temps. Des vieux carnets de notes, des jouets et des jeux de société, des souvenirs divers… Elle étira son bras pour fouiller à tâtons parmi le fouillis. Sa main sentit soudain un tissu entre la poussière et les objets abandonnés. Elle le tira rapidement, soulagée, même si elle savait être arrivée au point où même courir la ferait arriver après la cloche. Toutefois, ce ne fut pas la veste qui se trouvait entre ses doigts.

La chemise à carreaux qu’elle venait de redécouvrir la laissa pantoise. Les souvenirs lui revinrent d’un coup. Sa soeur riant à la table de cuisine après l’avoir battue aux échecs, sa soeur endormie sur le canapé pendant un film, sa soeur délaissant ses amis pour venir s’assoir à ses côtés dans la cafétéria alors qu’elle était seule à sa table, mais aussi les souvenirs plus durs. Sa soeur en boule sur son lit, pleurant toutes les larmes de son corps, sa soeur fumant pour se défouler seule sur le balcon, sa soeur qui déroulait les manches de sa chemise pour cacher les marques sur ses bras, sa soeur…

Gabrielle ferma les yeux tentant de chasser l’image atroce. Sa soeur, sachant à quel point sa cadette trouvait la chemise jolie, lui prêtant pour une soirée entre amis. La jeune Gabrielle, heureuse que sa soeur lui fasse confiance partant en la portant fièrement. Gabrielle revenant le lendemain pour découvrir sa soeur absente, un policier à sa place. Sa soeur morte. Suicide.

Malgré les trois années passées depuis, les larmes vinrent facilement. Elle enfouit sa tête dans le tissu à carreaux cherchant une odeur celle de sa soeur bien vivante, mais après tout ce temps, il n’y avait plus rien. Tant pis pour la veste. Tant pis pour le reste. Elle voulait que sa soeur passe la porte et lui reproche d’avoir gardé son vêtement aussi longtemps. Elle voulait que sa soeur soit là dans sa chemise à carreaux…

End Notes:

À demain!

5 décembre : L'orage by Dedellia
Author's Notes:
Thème : L'orage
Petite dédicace à Jello, ma binôme, pour le prénom du personnage féminin ;)
Virginie était assise sur le canapé, elle écoutait le dernier épisode de sa série préférée. Normalement, elle devait attendre les rediffusions, car ses parents écoutaient le journal télévisé et son frère monopolisait la télévision du sous-sol avec ses jeux-vidéos. Mais leurs parents avaient quitté la ville pour quelques jours pour assister à un congrès les laissant tous les deux. Elle pouvait donc profiter tranquillement de sa soirée. Le son était plus fort qu’à l’habitude pour couvrir le vent violent et la pluie qui frappait la fenêtre comme des grêlons. Depuis quelques heures, le tonnerre résonnait au loin, se rapprochant de plus en plus.

Elle se leva à la pause publicitaire pour se faire du maïs soufflé au four micro-onde. Un éclair illumina le ciel alors qu’elle ouvrait la porte de l’armoire. L’adolescente fouilla au fond de l’étagère sachant très bien que Louis faisait tout pour les cacher et l’agacer. Le coup de tonnerre éclata alors qu’elle décalait la boite de biscuits pour voir s’il n’y en avait pas derrière. Il lui fallut finalement ouvrir le pot de pois chiches pour trouver un sac. Elle n’avait pas la moindre idée de ce qu’il avait fait des autres, mais ça irait pour ce soir. De la cuisine, elle pouvait toujours voir l’écran qui présentait, pour l’instant, une publicité de savon naturel. Vu le temps qu’elle avait perdu à chercher sa collation, elle craignait de manquer le début de son émission. Les pops du maïs qui éclatait résonnèrent dans la cuisine et il ne fallut que quelques secondes pour que l’odeur du beurre salé ne se repende dans la pièce. Elle entendit plus qu’elle ne vit son émission recommencer. Sautillant de joie, elle espéra que le four micro-onde accélère pour qu’elle puisse retourner rapidement dans l’autre pièce. Elle n’avait aucun problème à voir ou à entendre, mais préférait quand même s’asseoir confortablement.

Alors qu’il ne restait que quelques secondes à la minuterie du four micro-onde, il s’arrêta soudainement en même temps que la télévision et que toutes les lumières s’éteignaient. Quelques pops résonnèrent encore dans la maison bien plus silencieuse, la chaleur n’étant pas dissipée. Elle entendit, d’en bas, son frère jurer. Elle s’attendait à ce que l’électricité revienne en quelques secondes, mais elle dut se rendre à l’évidence après près de deux minutes à attendre sur place que ce ne serait peut-être pas de sitôt. Le coup de tonnerre assourdissant qui avait eu lieu entre temps et la pluie qui s’était encore renforcie avait probablement contribué à cette conclusion.

Louis avait dû déduire la même chose, puisqu’elle l’entendit monter les marches lentement. Il faisait assez noir pour qu’elle ait de la difficulté à voir devant elle, alors son frère devait sûrement revenir au rez-de-chaussée à tâtons. Elle se décida enfin à bouger, se trouvant stupide à rester sur place.

Avec des pas précautionneux, elle se dirigea vers la penderie où ses parents rangeaient les chandelles et les lampes-torches. La jeune femme s’étira sur la pointe des pieds pour saisir la boite en hauteur et la déposa sur le sol. Heureusement pour elle, sa lampe de camping qu’elle avait utilisé il y avait de cela quelques années en camp de vacances se trouvait sur le dessus de tout.

- Virginie…?

La voix de son frère la fit sursauter et elle eut besoin de quelques secondes pour parvenir à répondre :

- Je suis en train de chercher de quoi nous éclairer.

Elle entendit ensuite un bruit de collision. Son frère avait de toute évidence foncé dans une des chaises de la salle à manger. S’il dit quelque chose ensuite, elle ne l’entendit pas noyé dans le coup de tonnerre qui résonna. L’orage était juste au-dessus d’eux, pensa Virginie.

Elle alluma la lampe-torche, puis la dirigea vers le contenu de la boite. Il y avait assez de chandelles pour approvisionner une armée là-dedans. Elle prit le contenant à nouveau dans ses bras et retourna à la cuisine où son petit frère l’attendait en se tenant le genou. Elle ne put s’empêcher de pouffer devant sa maladresse. Il était peut-être excellent en jeux vidéo, mais son adresse dans la vraie vie était loin de l’être tout autant.

- C’est la chaise qui n’était pas à son endroit habituel, dit Louis pour se défendre.
- C’est ça, c’est ça, se moqua Virginie.

La lumière qu’elle avait pointée sur le contenu de la boite n’était pas assez puissante pour qu’elle remarque la grimace que son frère avait fait dans sa direction.

Elle sortit rapidement des chandelles et leur support de la boite et incita son frère à l’aider à trouver les allumettes. Il trouva leur boite, mais… vide… son contenu s’était répandu travers les chandelles. La première allumette qu’ils réussirent à récupérer leur permit d’allumer les chandelles sélectionnées et il fut ensuite plus facile de retrouver les autres et de les ranger à nouveau dans leur boite. Louis eut la bonne idée de la maintenir fermée avec un élastique. Ils éparpillèrent les chandelles dans la pièce pour qu’elle soit baignée d’une douce lueur, puis, ayant accompli cette mission, se regardèrent. Ils ne savaient pas trop ce qu’ils devaient faire ensuite. Ils ne pouvaient retourner à leurs activités précédentes et n’avaient pas tout à fait envie de se retrouver seuls dans une pièce à demi-éclairée par un temps pareil. Les flammes dansantes projetaient des ombres étranges sur les objets et les visages des deux jeunes. Rendant l’atmosphère qui était déjà lourde, un peu plus pesante.

- Ça te dirait de jouer au Scattergories ? dit Louis.

C’était le jeu auquel ils jouaient toujours avec leurs parents lorsque l’envie leur prenait de s’amuser en famille, ce qui arrivait plus rarement ces temps-ci, devait admettre Virginie. Ils étaient toujours si occupés.

- Ça me va si tu vas chercher le jeu.
- C’est moi qui ai proposé, tu peux bien faire un effort!
- Tu as peur ?
- Non, mais je ne vois pas pourquoi c’est moi qui dois y aller!
- On dirait que tu as peur, continua Virginie avec un sourire malicieux.
- Vu comme tu insistes c’est plutôt toi qui as peur!

Ils continuèrent à argumenter encore un peu, puis se décidèrent à y aller ensemble quand un coup de tonnerre plus fort que les autres leur fit pousser un cri terrorisé. Chacun tenant une chandelle, ils préféraient économiser les piles de la lampe torche pour les nécessités, ils descendirent les marches les menant au sous-sol.

Puis, Louis passa la sienne à sa soeur pour fouiller dans les bacs. Elle tenta de se mettre le plus près possible pour lui donner le plus de lumière sans toutefois être dans ses pattes. Le jeu rouge fut trouvé et ils remontèrent avec empressement.

Ils réarrangèrent les chandelles autour de la table, puis installèrent le jeu. Il ne fallut que quelques manches pour que le frère et la soeur oublient l’orage à l’extérieur. La compétition avait pris le dessus et seule la sonnette intégrée qui indiquait que leur temps s’était écoulé les faisait sursauter. Ils ne remarquèrent pas que les éclairs et le tonnerre étaient moins rapprochés et que le vent soufflait bien moins fort. Ce ne fut que lorsque les lumières se rallumèrent au-dessus de leurs têtes et que les deux téléviseurs se rallumèrent qu’ils réalisèrent que l’orage était passé. Jetant un coup d’oeil à sa montre, Virginie réalisa que plusieurs heures s’étaient écoulées. Elle avait oublié comme les soirées jeux étaient plaisantes et filaient comme l’éclair. Louis sourit à sa soeur. Ils soufflèrent les bougies mais les laissèrent en place, ils ramasseraient tout demain, il était temps de dormir.
End Notes:
C'était un texte un peu plus joyeux aujourd'hui, ce ne sera pas le seul, il ne faut pas s'en faire
6 décembre : Intrépide by Dedellia
Author's Notes:

Thème : intrépide

Je ne sais pas d'où m'est venue cette idée, je la trouve un peu étrange à dire vrai, mais bonne lecture quand même!

 

Tout commença un matin blanc. Sarah avait vu la neige tomber toute la soirée la veille et, en se réveillant, elle constata que la couverture blanche était encore plus épaisse que lorsque le sommeil avait pris possession de son corps. Elle remarqua rapidement par sa fenêtre de grandes traces de pas qui se rendaient jusqu’à son porche, puis revenaient sur eux-mêmes jusqu’à la rue. Se dirigeant vers sa porte d’entrée en se demandant si elle avait eu une visite matinale, elle réalisa que sa boite aux lettres était entrouverte. Prenant garde à ne pas mettre un pied dehors, elle s’étira pour saisir l’enveloppe gigantesque qui en dépassait. Il n’y avait pas d’adresse que ce soit la sienne ou celle de l’expéditeur, seulement son nom, indiquant que ce n’était pas le facteur qui était venu la déposer, mais plutôt quelqu’un qui était venu la lui porter directement. Sarah referma rapidement la porte et alla s’installer à la table de la cuisine.

Elle fit tourner la lettre entre ses mains, cherchant un détail particulier, mais ne remarquant rien au premier coup d’œil elle se décida à l’ouvrir. Une pile de feuilles s’y trouvaient, elle estima rondement leur nombre à dix.

La première ne comprenait qu’un logo qu’elle ne reconnaissait pas. Il était rouge et bleu et présentait un soleil explosif. La seconde était une liste de noms comprenant le sien. Elle ne reconnut personne et ils semblaient aussi bien masculins que féminins. La troisième contenait un peu plus d’informations :

 

Chère Sarah Desmeules,

Vous avez été sélectionnée pour participer à une expérience unique. Il s’agit d’une occasion qui ne se présentera pas deux fois, nous vous prions donc d’accepter. Bien sûr, nous savons déjà que vous accepterez de nous rejoindre, sans quoi nous ne vous aurions pas choisie. Vous avez été en effet analysée afin de savoir si vous conveniez au profil que nous recherchions et cela est le cas comme les neuf autres personnes que vous avez pu remarquer sur la feuille précédente. Afin de mieux comprendre ce que nous attendons de vous, veuillez lire les instructions sur la page suivante.

Veuillez accepter mes sentiments les plus distingués,

Au plaisir de vous rencontrer officiellement,

Théodora Lemels

 

Et la page suivante :

 

La firme Solis cherche depuis plusieurs années à repousser les limites du possible. Elle cherche à identifier les activités paranormales et comprendre ce qui est considéré comme une anomalie. En d’autres mots : la magie. De nombreux mystères ont été résolus depuis quelques années et d’autres encore se sont ajoutés. Il faut comprendre qu’en étudiant ces événements, il peut arriver qu’ils ne s’expliquent pas ou qu’ils cachent quelque chose de bien plus profond. C’est la beauté de la mission de l’entreprise…

 

La description s’éternisa sur la cinquième page répétant à quel point Solis était une entreprise merveilleuse et permettait l’enrichissement d’autrui nommant au passage quelques-uns de leurs exploits. De plus en plus intriguée, Sarah passa à la feuille suivante qui expliqua pourquoi il l’avait choisie, elle, ou plutôt elle et tous les autres. Ce n’était rien d'extraordinaire selon la femme. Oui, elle lisait son horoscope tous les jours, oui elle adorait les romans de fantasy, oui elle avait chez elle des livres traitant de magie ancestrale et des propriétés des plantes, mais ça ne faisait pas d’elle une éclectique qui voulait chasser la magie, n’est-ce pas?

Espérant en savoir plus, elle passa à la feuille suivante qui se révéla être uniquement des directions pour la rencontre puis un plan très détaillé. En dernier, une liste d'objets qu’elle devait amener s’étalant sur deux pages qui comprenaient une brosse à dents jusqu’à un bouclier renforcé portatif. Elle avait l’impression de partir en colonie de vacances, sauf qu'elle n’avait pas la moindre idée d’où elle pouvait trouver la moitié des éléments qui y figuraient. Qu’est-ce qu’une figurine à l’effigie du quatrième ogre venait faire dans cette convocation et qu’est-ce que c’était exactement ? Et c’est en se posant cette question qu’elle réalisa qu’elle avait déjà décidé qu’elle irait au rendez-vous. C’était probablement stupide, elle n’avait aucune preuve de ce qu’ils indiquaient, mais tout ça l’attirait. C’était un risque, mais elle aimait les risques.

Ne restait plus qu’à trouver aussi un miroir magnifiant, des jambières en laine, un stéthoscope… Cette témérité allait la tuer un jour…

 

End Notes:

Demain, un passage réel vers le fantasy!

7 décembre : La forêt by Dedellia
Author's Notes:
Comme thème, une petite image aujourd'hui de x6lili6th6x



N'est-elle pas magnifique?
Aujourd'hui, je vous plonge dans une histoire toute aussi féérique que cette image, bonne lecture!
Zola marche doucement. Ses pieds se posent avec grâce sur le sol humide et terreux de la forêt. La couverture feuillue au-dessus de sa tête baigne les alentours d’une douce lueur verdâtre. Elle-même est entourée du même halo lumineux ce qui lui donne un air féérique. Du bout des doigts, elle effleure les fleurs qui l’entourent. Aussitôt, elles semblent se dresser un peu plus droit, comme si elles voulaient plaire à la demoiselle. Leurs pétales semblent aussi plus doux, leurs couleurs plus vives… Avec pourtant un simple toucher... Des papillons multicolores volètent autour d’elle, espérant peut-être bénéficier eux aussi de la douceur enchanteresse qu’elle projette. Ils chatouillent ses joues et ses bras pâles comme l’écorce ces bouleaux avec leurs ailes soyeuses. Zola sourit devant leur insistance à obtenir ne serait-ce qu’un regard de plus que les autres. Si seulement Lelory pouvait être ainsi aussi, mais la jeune elfe semblait passer plus de temps à l’ignorer qu’à toute autre chose.

Zola soupire doucement. Bien sûr, Lelory a une vie occupée, bien plus le sienne, mais doit-elle passer chaque moment où elle la voit à l’ignorer? Que ces elfes d’eau peuvent être snobs parfois. N’aurait-elle pas pu s’enticher d’un elfe des forêts comme elle-même ou même un elfe d’air aussi têtes en l’air peuvent-ils être. Elle continue sa balade dans son habituel silence. C’est que l’elfe n’est guère bavarde, contrairement à ses confrères et consoeurs qui discutent allègrement avec les arbres, les animaux qui y séjournent ou tout autre vivant de la forêt. Elle préfère communiquer avec la nature par ses gestes et son attitude. Une caresse, un sourire… et la forêt comprend.

Elle arrive après de longues minutes au point des trois royaumes. Pas des royaumes selon les critères humains, il n’y a pas de monarque chez les elfes. Il s’agit plutôt des trois royaumes de la nature, celui des profondeurs des étendues d’eau, celui des étendues terrestres et celui de l’air. C’est le point central du monde, là où la magie est la plus forte là où les trois peuples peuvent se réunir. Elle s’assoit sur un large rocher, les jambes repliées contre son ventre et elle admire les alentours. Les elfes de l’air et leurs ailes translucides volètent au-dessus d’un lac brillant. Le soleil est plus visible ici, moins caché par les arbres millénaires. Elle ferme les yeux un moment pour sentir le monde autour d’elle avec ses sens. Comment les humains peuvent vivre aussi éloignés de la nature sans en souffrir ? Elle n’en a aucune idée.

C’est une éclaboussure qui la mouille des pieds à la tête qui la ramène au présent. Se tournant vers la source, elle remarque avec surprise que Lelory, de l’eau jusqu’au cou, l’observe avec un sourire malicieux. Sa bonne humeur se propage rapidement à Zola qui sourit à son tour. Quelqu’un là-haut l’a écoutée après tout.
End Notes:
ce texte a été écrit durant une nuit insolite où un personnage devait voir un de ses voeux se réaliser, je vous invite d'ailleurs à participer à la prochaine qui aura lieu le 5 janvier ;)
8 décembre : Le Louvre by Dedellia
Author's Notes:

Thème : Le Louvre

Ce texte est très court, j'ai quelque peu manqué d'inspiration

 

Chaque jour, je passe devant le Louvre, je fais un détour pour pouvoir le regarder. Parfois, je m’attarde, parfois je passe à toute vitesse, mais chaque jour, je l’admire. C’est un rêve qui prend forme depuis des années, qui me donne chaque jour la force de continuer. Il me pousse à dépasser mes limites à ne pas lâcher. J’imagine une de mes oeuvres à l’intérieur, j’imagine une exposition complète juste pour moi. J’imagine mon nom dans les programmes, les groupes scolaires devant écrire un travail sur mon art, une âme esseulée réconfortée par mes couleurs…

C’est ce qui me garde en vie et me donne espoir de réussir. C’est ce qui me permet de réussir, c’est ce qui me rendra éternelle.

 

End Notes:

Demain, un autre texte avec un lien avec l'art!

9 décembre : Crayon cassé by Dedellia
Author's Notes:
Thème : Cette image dégotée par ma géniale binôme :



C'est un texte un peu plus poétique, mais pas tout à fait
Comment dire que c’est terminé? Comment avouer que cet amour a disparu? Je ne sais pas. Je tente chaque jour de me convaincre qu’il n’y a plus rien, pourtant je ne peux qu’espérer qu’il revienne. Il n’est parti qu’en voyage, il reviendra demain. C’est ce que je me répète chaque jour et pourtant, depuis deux mois, il n’est toujours pas là. J’attends d’entendre la serrure tourner. J’attends un sourire qui ne vient jamais. Je suis seule, il n’y a rien à ajouter. Je suis seule! Mais il reviendra, n’est-ce pas? Il m’aime encore j’en suis sûre. Ça ne peut être autrement.

Sur le papier, je dessine encore et encore son visage. Il me tient compagnie jusqu’à son retour. Il est triste qu’on soit si loin, en colère s’il me voit perdre mon temps au lieu d’étudier, heureux quand je reviens à la maison, soulagé de me voir saine et sauf, affamé de ne pas avoir mangé depuis midi, endormi d’avoir passé toute la soirée à lire… Peu à peu, les expressions remplissent un mur de notre appartement, puis deux, puis une pièce entière…

Je le dessine en couleurs, en noir et blanc, en monochrome, je ne fais que le contour parfois et souvent les ombres. Je trace son visage de mémoire et parfois une photo m’inspire. Je le rajeunis, je le vieillis, j’illustre ma vie à ses côtés.

Il est partout autour de moi. Quand je me brosse les dents, il est là. Quand je cuisine, il est là. Quand j’écoute la télévision, il est là. C’est ce dont j’ai besoin, je n’arrive pas à être seule. Je n’arrive plus à être seule. Il me faut sa présence constante, comme s’il était toujours là. Mais rapidement son visage de papier ne devient qu’un élément du décor, il s’efface parmi d’autres, alors je recommence. Je le dessine souriant, riant, fâché, désolé, amoureux, fier, sérieux, timide, mais toujours présent. C’est ce qui est bien, je dessine ce que je veux et, dans mes rêves les plus fous, il est toujours là, amoureux…
End Notes:
Un texte d'un autre calendrier à suggérer pour la route ?
10 décembre : Une lettre by Dedellia
Author's Notes:

Thème : Une lettre (défi de forme)

Ce texte est lié à 1939 du 1er décembre, le contexte est le même franco-canadien, mais quelque années plus tard, alors que la guerre est un peu plus entammée.

 

19 mars 1942

 

Ma très chère Madeleine,

Tu ne peux imaginer à quel point les mots que je m’apprête à écrire sont difficiles pour moi, ou peut-être comprendras-tu en les lisant.

Je pars. Au moment où tu parcourras ces mots, je serai déjà parti. Je me suis engagé dans l’armée, je vais défendre ceux qui là-bas doivent plier sous les coups de gens qui se pensent supérieurs. J’ai mûrement réfléchi ma décision, je ne l’ai pas prise sur un coup de tête. Ici, je ne peux rien faire, je suis inutile. Je ne peux pas être à mon plein potentiel, je n’ai pas les possibilités de faire à ce que je veux. Je te vois chaque jour, inaccessible dans tes robes luxueuses et tes manières dignes d’une dame. Tu ne le remarques peut-être pas de tes yeux encore si naïfs, mais c’est un si grand avantage pour toi. Je ne mentionne pas ça pour que tu te sentes coupable, mais pour que tu comprennes ma décision. J’ai une possibilité de changer qui je suis, d’avoir une influence sur le monde et je ne peux que la saisir. La guerre finira bien un jour et avec un peu de chance je contribuerai à la victoire et tu seras libre de ne plus t’en faire.

Je ne sais pas si tu pourras m’écrire ou même si tu le voudras. J’aimerais tant que tu le fasses, mais je sais qu’il ne faut pas, ce serait égoïste de notre part à tous les deux.

J’ai écrit ses mots une dizaine de fois. Je n’en suis toujours pas satisfait, j’aimerais tant pouvoir exprimer tout ce qui se passe dans ma tête, mais je ne peux pas. Je n’y arrive pas et ce serait injuste pour toi. Ne m’attends pas, Madeleine. Oublie-moi et refais ta vie dès que cette ombre sera passée. Je ne t’oublierai pas et je ne pourrai m’empêcher de t’admirer de loin si je te revois un jour, mais je ne reviendrai pas te tenter, je te le promets. 

Prends soin de toi,

Lucien

 - - - - - - -

Lettre retrouvée sur le corps du soldat Lucien Carpentier, canadien décédé le 19 août 1942 à l’âge de vingt-et-un ans lors du Raid de Dieppe, Seconde Guerre Mondiale. Archives Canada.

 

End Notes:

J'espère que j'ai rendu cette lettre compréhensible, n'hésitez pas si vous avez des questions!

Plus que 2 semaines avant Noël!

11 décembre : À l’élu de mon coeur (écrit au plus que parfait) by Dedellia
Author's Notes:

Thème : À l’élu de mon coeur (écrit au plus que parfait)

Avec cette contraite presque aussi horrible que les livres d’horreur que ma binôme lit... ;) j’ai un peu tardé à écrire ce texte et ai finalement écrit quelque chose de potable (je crois)

Mes excuses aux beiges pour ce délai court de publication 

Nous avions eu tant de chance 

De nous rencontrer à l’autre bout du monde

Nous étions ensevelis sous Dieu et sa bienveillance

Qui nous avait permis des amours profondes

 

Nous étions tombés sous le charme

De la personne juste sous nous yeux

J’avais déposé les armes

Devant ton sourire franc et merveilleux

 

Tu avais bafouillé devant mon doux visage

Tu t’étais demandé comment m’aborder

Mon âme avait fait en toi des ravages

Et ton coeur avait semblé déborder

 

J’étais chamboulée tout autant

J’avais perdu tous mes mots

J’avais espéré que le temps

Nous rendrait plus normaux

 

Je t’avais tant désiré

Même après toutes ces décennies

Que je n’avais pu me recadrer

Cet amour, ainsi, ne s’était jamais fini

 

Nous nous étions aimé...

Tout simplement...

 

 

End Notes:

Voilà! 

12 décembre : L'avare by Dedellia
Author's Notes:

Thème : L'avare

Ce texte est le plus long de tout mon calendrier, après l'avoir écrit, j'ai décidé d'écrire des textes plus courts ;)

 

L’obscurité paraissait interminable devant Claude. Depuis plusieurs heures, il n’y avait que du noir, depuis longtemps l’entrée effrayante de la caverne était oubliée. Ici, on ne voyait rien, c’était d’autant plus terrifiant, puisque l’imagination lui jouait des tours. On pouvait facilement halluciner des ombres, des monstres, car le cerveau ne semblait pas comprendre ou être heureux de perdre le plus utilisé de ses sens. Les hallucinations sonores pouvaient arriver aussi, à plusieurs reprises Claude s’était demandé si l’eau entendue était réelle ou le reflet de sa tête perturbé par le silence. C’était peut-être ça le plus dérangeant : on ne savait plus si l’on devait de fier à nos sens si loin du soleil. Sa main droite sur la paroi à ses côtés, sa main gauche face a elle et ses pieds qui tâtaient le sol étaient pour l’instant ses seuls repères crédibles. Pourquoi avait-il décidé de s’aventurer dans cette grotte ? Et pourquoi s’acharner à avancer plutôt que de retourner sur ses pas ? Claude connaissait très bien la réponse.

 

Le désir d’aventure, le désir de trouver quelque chose qui ferait disparaitre tout le reste. La caverne commença à serpenter si les perceptions de Claude étaient bonnes. L’explorateur avait l’impression de marcher tantôt vers la droite, puis de revenir vers la gauche, il fallait parfois fournir plus d’effort comme si le sol était en pente. Puis parfois, il fallait retenir ses enjambées pour ne pas aller trop vite, perdre pied ou risquer de tomber dans un précipice. Après de longues minutes à serpenter, Claude crut commencer à percevoir mieux autour de lui. Était-ce son cerveau qui lui jouait des tours encore ? Mais plus il progressait, plus l’obscurité disparaissait. On pouvait apercevoir les parois de la caverne légèrement, devant, un peu plus claires, derrière, s’enfonçant dans une noirceur profonde. L’inégalité du sol devient visible, puis la paroi opposée à la sienne. Bien sûr, avec tous ces tournants, il était impossible de voir d’où venait la lumière, mais c’était un bon début.

 

Claude lâcha le mur de pierres, s’en tenant toujours près, mais n’ayant plus la nécessité de maintenir un contact. Il fallait quand même se méfier, il n’y avait aucun indice sur ce qui l’attendait. Enfin, si, mais les légendes ne comptaient pas comme une source valable. Même si c’étaient ces légendes qui l’avaient poussé à explorer la grotte. Des rumeurs de trésor merveilleux et de fortunes éternelles avaient fait leur chemin dans l’esprit de Claude qui avait épluché tous les textes anciens qui en parlaient. Les légendes tournaient toutes autour des mêmes éléments : une richesse infinie au bout de la caverne sans fin. On la disait sans fin, car quiconque avait tenté de s’y aventurer avait vécu d’étranges événements. Les premiers avaient essayé d’y entrer quelques heures, sans succès, ils y étaient retournés mieux préparés, prêts à y passer des jours. Certains s’y étaient risqués et n’étaient jamais sortis, on les avait crus morts longtemps jusqu’au moment où d’autres aventuriers et aventurières, disparus depuis autant d’années, étaient finalement ressortis. Ils avaient avancé pendant des mois et des mois sans jamais attendre la fin. Le faisceau de leurs torches s’était perdu dans l’obscurité, sans jamais atteindre l’ombre d’un point final. Les légendes disaient que les survivants et survivantes étaient embrouillés, l’obscurité autour d’eux - à l’exception de leurs torches et plus tard de toute technologie lumineuse - les avait rends fous.

 

D’autres s’étaient aventurés en bande et pour une raison qu’aucun ne comprenait ils s’étaient retrouvés séparés alors qu’ils pensaient se suivre et certains étaient revenus d’autres pas. Il y avait même des gens qui disaient avoir toujours suivi le tunnel, sans jamais retourner sur leurs pas, et s’étaient retrouvés à l’entrée même de la caverne où ils étaient entrés. Plusieurs avaient donc soupçonné que la caverne tournait sur elle-même. Ceux qui étaient sortis étaient simplement tombés par hasard sur le couloir qui les avait d’abord conduits à la caverne circulaire, mais ça n’avait pas tout à fait du sens. Bien sûr, ça pouvait expliquer pourquoi certains étaient prêts à jurer que la marche pour le retour avait été extrêmement brève et aussi que plusieurs criaient l’inverse. Comment expliquer toutefois que personne depuis toutes ses années n’avait rencontré quelqu’un vivant ou mort ?

 

Mais Claude avait cru remarquer une similitude dans les histoires, tous ceux qui y étaient entrés et avaient témoigné ensuite avaient une source de lumière quelconque. Il était impossible de vérifier si les gens qui y étaient encore étaient entrés sans lumière ou si leur lumière s’était éteinte, mais Claude avait confiance en sa théorie, aussi drôle soit-elle. Car, bien sûr, ceux qui n’avaient pas de lumière avaient bien plus de chances de se perdre ou de paniquer. Et il fallait être un peu fou pour s’aventurer dans le noir complet sans luminosité.

 

C’était donc pour ça que Claude avait tenté sa chance les mains vides. Pas même de nourriture, il y avait dans cette caverne une atmosphère qui semblait détester qu’on tente d’être vainqueur sur elle. Il fallait s’offrir à elle et espérer que tout aille bien. Avoir confiance dans les forces de la grotte.

 

La luminosité augmentant de plus en plus, Claude en vint à se demander s’il n’avait pas, comme plusieurs avant lui*, malencontreusement pris le chemin qui le ramenait sur lui-même*. Il ne voyait pas comment c’était possible, il s’en serait rendu compte non ? Mais en fait, c’était bien possible puisque la désorientation était forte. Mais il fallait espérer que ce ne soit pas le cas.

 

Et cet espoir dut porter ses fruits, car, après un tournant où la lumière était si forte que Claude dû fermer ses eux, une montagne énorme se dévoila. On aurait pu croire que la lumière venait directement de la pile gigantesque de joyaux, d’or et de bijoux tant leurs couleurs contrastaient avec le noir qu’il venait de quitter. En fait, chacun des articles reflétait la lumière venue du plafond la dupliquant dans une myriade de couleurs. Ledit plafond était illuminé par un énorme chandelier tout aussi doré que les lingots d’or sous lui. De longues flammes orangées montaient des chandelles effleurant les pierres justes au-dessus.

 

Claude s’approcha doucement, avec déférence et crainte. Pouvait-il réellement être le premier à rejoindre cet endroit ? Ça ne faisait que quelques heures depuis son entrée après tout. Mais il n’y avait pas d’autres explications à sa présence et ce qui se dévoilait sous ses yeux. D’autres avaient dû se rendre, mais n’avaient pas pu en sortir. Ce n’était guère rassurant. La montagne de richesses était à portée de bras maintenant, mais Claude n’osait pas y toucher, il commença à faire le tour lentement, l’observant de tous ses angles avant de prendre une décision. Il était venu pour ce moment, pourtant l’hésitation était là. Maintenant qu’il faisait face à tout ça, il doutait.

 

La décision s’imposa toutefois à lui quand il trébucha sur un gobelet orné de saphirs et s’affala sur le sol. Sa main droite amortit le choc tandis que sa gauche s’enfonça dans les pièces d’or. Le bruit résonna dans tout l’immense espace. Mais rapidement, un autre bruit se joignit au reste. Cela ressemblait à un sifflement d’air et cela venait de la direction opposée à l’endroit où Claude était entré. Un autre tunnel qui faisait face au premier, mais bien plus large et haut que celui d’où il venait. Il chercha des yeux un endroit où se dissimuler, s’enfoncer dans la montagne ne lui semblait pas être une idée excellente, mais retourner tout de suite dans l’obscurité lui aurait paru comme un échec. L’hésitation lui fit perdre les quelques secondes qui lui auraient permis de se cacher et il dut faire face à l’immense ombre qui sortit du tunnel. Au départ, il crut que les ténèbres se jetaient sur lui, mais des yeux jaunes lui firent vite réaliser qu’il s’agissait d’une créature bien vivante.

 

Un corps long et musclé qui se terminait par une queue d’abord large puis très fine, des ailes comme une chauve-souris et une tête… tout à fait terrifiante. Claude venait de se voir confirmer l’existence des dragons. La créature vola autour de la montagne, ce qui fit comprendre à l’explorateur pourquoi la pièce était aussi immense, puis se posa avec une étonnante grâce quelque part entre le sommet et Claude au sol.

 

— Que viens-tu chercher, petit humain ?

 

La voix rauque et forte fit grimacer Claude qui se boucha les oreilles.

 

— Je cherche à résoudre les légendes, dit-il toutefois.

— C’est la première fois que j’entends cette excuse, au moins sembles-tu assez brillant pour ne pas me mentir… Les menteurs ne survivent jamais longtemps.

 

Puis le dragon gronda dans ce qui ressemblait à un rire, des flammèches sortirent de ses narines et Claude s’éloigna doucement, craintif.

 

— Les humains sont tous les mêmes, cupides et avares… mais ce qu’ils ne savent pas, c’est que je le suis encore plus.

 

Il souleva ses lèvres pour dévoiler l’intégralité de ses crocs. Un frisson parcourut le corps de Claude et il sentit la sueur lui couler dans le dos. Allait-il le manger ?

 

— Oh, je ne veux pas te dévorer, dit le dragon. À moins que tu m’y obliges. Les humains ne sont guère la meilleure source de nutriments et mon appétit se satisfait de lui-même si je reste près de mon trésor. Vois-tu, ma source vitale et mon honneur sont liés à mon trésor, c’est pourquoi je ne peux laisser des fourmis voler ne serait-ce qu’une pièce d’or. Et plus je vieillis, plus je ressens le besoin de grossir mes possessions qui ne sont jamais suffisantes et plus j’ai besoin d’humains naïfs comme toi…

 

À ces mots, Claude commença à reculer doucement vers la sortie, ne quittant pas l’énorme bête des yeux, prêt à courir s’il le fallait. À nouveau, le dragon émit un rire rauque.

 

— Petit être stupide, n’as-tu donc pas compris ? Je contrôle ces tunnels, je peux laisser errer les gens des décennies, les mener à moi ou les faire sortir… Je pourrais te laisser errer pendant des jours dans les entrailles de la Terre jusqu’à ce qu’elles te fassent oublier notre rencontre... Te faire retourner à la surface pour alimenter ces théories et ces rumeurs que vous semblez tous croire et mettre en application… Ou te ramener à moi et prendre ce qui m’intéresse…

— Qu’est-ce que vous voulez ?

— Il y a quelque chose dans ta poche droite, à ton cou et à ton poignet gauche qui m’attirent incroyablement…

 

Par réflexe, Claude porta ses mains à son cou, comme pour cacher ses possessions, mais il savait bien que c’était trop tard. Il repensa à tous ceux qui n’étaient pas ressortis et aux paroles du dragon. Il jeta un regard derrière lui, de là où il venait, regrettant d’avoir espéré être plus fort que les légendes. Il ne prendrait pas de risques, il allait coopérer. Lentement, il retira le pendentif de son cou, détacha sa montre en or et sortit le couteau cérémonial en argent. Il les déposa devant lui et soudain le dragon cessa de porter attention sur lui. Il observait plutôt les nouveaux objets de sa collection avec une lueur d’adoration dans ses yeux qui ne le rendait pas moins terrifiant. Sachant qu’il n’aurait pas d’autre chance de s’échapper s’il restait, il tourna les talons et s’enfonça avec rapidité dans l’obscurité.

 

Plusieurs heures plus tard, Claude ressortit de la grotte désorienté d’avoir passé autant de temps dans le noir. Il jeta un œil à son poignet pour regarder l’heure et constata qu’il n’avait plus sa montre. Il se maudit de sa maladresse. Il regarda dans la caverne et ressentit un profond malaise qui ne pouvait s’expliquer uniquement par l’obscurité. Assurément, il ne retournerait pas la chercher. Les métaux resteraient dans l’antre de la Terre, là d’où ils venaient.

 

 

End Notes:

Finalement, il y a 2 avares dans ce texte, même si l'un d'eux l'est plus que l'autre!

13 décembre : Le chant des baleines by Dedellia
Author's Notes:

Thème : Le chant des baleines

Vous retrouverez ici les personnages du 7 décembre, l’image de la forêt, Zola et Lelory. 

Lelory ne pouvait que se questionner sur l’état mental de sa compagne. Zola avait décidé de partir parmi les humains pour apprendre comment ils vivaient et bien sûr Lelory avait accepté de la suivre. Elle venait d’achever son année des naissances, elle était donc libre pour quelques mois. Mais de là à rejoindre le monde des humains pour accompagner Zola? Elle devait complètement être folle. Folle amoureuse oui…

 

 

 

Au moins, elles y allaient sous couverture. Elles portaient depuis déjà quelques jours des vêtements humains et dissimulaient leurs traits atypiques sous de sombres capuche. Plus elles progressaient et plus les humains étaient nombreux. Intuitivement, Lelory marchait plus près de Zola se sentant plus en sureté, même si savait en cas de problème, elle risquait de leur être utile avec ses pouvoirs. Surtout qu’elles se rendaient en mer, ce qui rendrait Zola plutôt impuissante et Lelory encore plus forte.

 

 

 

L’elfe d’eau ne comprenait pas pourquoi Zola avait eu cette idée, ça ne lui ressemblait pas. Sa compagne passait la plupart de son temps en solitaire dans les bois, alors aller se fondre dans une foule d’humains…

 

 

 

Il leur fallut une semaine pour se rendre au port, elles arrivèrent le jour même du départ alors elles se contentèrent de s’installer sur la berge en attendant l’arrivée du navire. Zola ne parla pas beaucoup comme toujours laissant à Lelory le rôle de faire la conversation. Elle tenta de conserver une certaine retenue dans ses propos, évitant de mentionner quelque chose qui trahirait leur provenance. Elle parla de la petite Fabia qui grandissait bien et qui était très prometteuse et de sa mère qui venait de lui offrir une couverture tissée. Elles réarrangèrent leurs provisions, s’assurant d’avoir tout ce qui leur faudrait pour combler les lacunes des repas offerts sur la bateau. Les jugeant satisfaisantes, elles évitèrent de circuler sur le marché, restant plutôt près de l’embarquement.

 

 

 

Quelques heures plus tard, elles avaient mis pied sur le navire et intégré leur cabine commune. Zola semblait un peu pâle alors qu’elles s’éloignaient de la rive tandis que Lelory resplendissait. Jugeant que l’air marin pourrait lui faire du bien, elle tira sa compagne sur le pont. Heureusement pour elles, les autres passagers semblaient tout aussi peu enclins qu’elles à socialiser et l’équipage avait d’autres chats à fouetter. Personne ne leur prêta attention quand elles s’accoudèrent sur la balustrade en regardant l’horizon. Elles discutèrent, enfin Lelory discuta jusqu’à ce que l’heure du repas soit annoncée. Elles rejoignirent donc la salle à manger où elles s’isolèrent et, malgré l’heure peu tardive, les deux elfes se dirigèrent vers leur cabine. Elles tentèrent de reprendre leurs habitudes. Zola sortit une petite plante de ses bagages et médita et Lelory débuta un rituel marin qu’elle n’avait jamais tenté auparavant.

 

 

 

Les jours défilèrent de cette façon. Elles passaient la majorité de la journée sur le pont à regarder l’horizon, des membres de l’équipage les rejoignant parfois pour partager des informations sur la navigation et la mer, elles s’isolaient au repas et retournaient dans leur cabine sitôt le soleil tombé, s’adonnant à leurs activités elfiques.

 

 

 

Ce fut à l’aube du huitième jour que Lelory se réveilla en sursaut. Elle sentait une présence immense plus loin au nord dans les eaux profondes. Elle secoua Zola sachant au fond d’elle qu’il fallait qu’elles aillent sur le pont. L’elfe des forêts bougonna un peu en se frottant les yeux, mais quand elle entendit les explications, elle sembla beaucoup plus réveillée et un sourire illumina son visage.

 

 

 

Elles passèrent une tenue de voyage par-dessus leurs chemises de nuit et montèrent les marches trois à la fois jusqu’au pont. Juste à temps. La présence que Lelory avait sentie se manifesta devant leurs yeux. Mais ce ne fut pas ça qui les captiva. Le chant qui s’éleva des masses sombres les émerveilla. Un son grave et profond, qui semblait venir de partout à la fois. Des baleines. Lelory eut l’impression qu’elles étaient là pour elle et qu’elles lui parlaient directement. Elles chantaient dans une langue qu’elle ne connaissait pas, mais qu’une partie d’elle semblait comprendre. Elle ferma les yeux pour apprécier le moment tentant de sentir les ondulations de leur chant dans l’eau. Elles eurent droit à de longues minutes seules avec ce phénomène merveilleux, mais l’événement eut tôt fait de réveiller les autres occupants du bateau et de les précipiter sur le pont. Si tous gardaient respectueusement un silence total, le charme était rompu. Lelory se tourna vers Zola qui affichait toujours un sourire comblé. Comblée d’avoir vu sa bien-aimée aussi transportée.

 

 

 

— Merci, dit Lelory.

 

 

 

Elle comprenait maintenant pourquoi Zola avait voulu accomplir ce voyage. Pour elle, pour ce moment qu’elle lui dédiait.

End Notes:

Voilà, voilà! On en apprendra un peu plus sur cette année des naissances et le monde des elfes dans un texte plus tard ce mois-ci

14 décembre : Le soleil sur ma peau by Dedellia
Author's Notes:

Thème : Le soleil sur ma peau

Texte en lien avec 1939 du 1er décembre (il est d'ailleurs aussi sous forme d'un journal intime, mais bien plus court) et Une lettre du 10 décembre. Bonne lecture!

7 mai 1945

Enfin ! Enfin ! Enfin ! Je n’ai que ce mot à la tête, je suis si soulagée ! L’Allemagne a capitulé ! La guerre est finie ! Mère a pleuré de joie quand elle a entendu la nouvelle et je n’en étais pas loin. Je suis immédiatement sortie à l’extérieur et j’ai crié. Tout le stress des dernières années, l’adolescence que j’ai dû laisser derrière, la peur, les contraintes… tout est parti en même temps. J’ai tourné sur moi-même si vite que ma voix en était déformée et le paysage tout embrouillé. Mes pieds se sont emmêlés et je suis tombée sur le sol. Mon cri de joie s’est transformé en rire et je suis restée sur le dos sur l’herbe encore humide de la neige fondue les yeux fermés. Le soleil m’a protégée un peu de la terre froide sous moi. Mes bras étaient offerts à ses rayons et mon visage à sa caresse. Il a réchauffé mon corps et mon âme qui avait besoin de guérir. Je sentais la présence de Dieu là-haut soulagé de nous voir enfin en paix. Il y avait aussi celle de Lucien qui me regardait m’offrir à la nature, si loin, mais si près. En me concentrant, j’ai pu me rappeler son sourire, il y a de ça des années, avant qu’il ne parte au combat, avant même que la guerre ne commence. Les larmes ont coulé doucement sur mes joues à son souvenir, un rappel douloureux que même si la guerre est terminée, elle ne quittera jamais nos mémoires. Je suis restée là longtemps, j’y suis encore. Le soleil bouge au-dessus de moi, mais il m’enveloppe comme les bras d’un ami. Je suis vulnérable, mais je suis bien. Enfin.

End Notes:

Madeleine aura réussit à trouver un certain bonheur au bout du compte, j'espère que vous avez apprécié!

15 décembre : Te serrer dans mes bras by Dedellia
Author's Notes:

Thème : Te serrer dans mes bras

Ce texte est sous forme de drabble (100 mots exactement)

 

Tous les soirs où les monstres se cachent sous mon lit et que j’ai besoin d’un guerrier pour me protéger, tu es là. Ton corps doux et orange et tes longues oreilles pendantes font de toi mon préféré. Quand maman et papa ferment la porte derrière eux pour la nuit, m’abandonnant au noir qui fait peur, je peux te caresser et être réconforté. Je te murmure à l’oreille ma journée et te raconte des histoires merveilleuses. Tu m’écoutes jusqu’à ce que je m’endorme, et tu me protèges jusqu’au matin. Et quand je me réveille, tu es là, entre mes bras.

 

End Notes:

Et vous, qui était votre guerrier préféré lorsque vous étiez enfants ?

Ou alors c'est que j'ai été trop influencé par Toys Story ?

16 décembre: Origami by Dedellia
Author's Notes:
Thème : Origami
Ce texte se déroule dans le même univers que l’image de la forêt (6 décembre) et le chant des baleines (12 décembre), mais le personnage n’y est pas présent
Un oiseau volait dans le ciel clair. Pas un nuage, même à l’horizon, ne venait menacer son escapade. Il avait malgré cela un vol un peu saccadé comme s’il volait pour la première depuis longtemps. Blanc comme neige au dessus du parc, il survolait les têtes des enfants qui s’étiraient pour tenter de l’attraper, mais, avec une agilité surprenante vu son vol erratique, il évitait les petites mains d’un simple battement d’ailes. Il se laissait porter par les courants d’air ne faisant que rectifier maladroitement sa trajectoire.

Il semblait frêle, comme si un simple contact pouvait le déchirer. En fait, c’était presque vrai, ses ailes étaient si minces qu’on voyait la lumière du soleil à travers elles. Une de ses ailes avait un drôle d’angle, confirmant un accident expliquant sa trajectoire chaotique. En le voyant si loin d’elle, Cordélia eut un pincement au coeur, malgré tout le contrôle qu’elle avait sur lui, elle ne pouvait être certaine que tout irait bien. C’était risqué, mais il devait voler, c’était ainsi qu’il resplendissait et non pas lorsqu’il était immobile perché sur le bord d’une fenêtre.

Elle agita les doigts et l’oiseau réagit à son ordre, s’élevant un peu plus haut, plus près de son véritable univers. Les enfants s’exclamèrent en le voyant s’éloigner, déçus de perdre leur chance. D’un autre mouvement de sa main, elle le fit tourbillonner sur lui-même, ce qui attira de nouveaux cris, admiratifs, cette fois. Il était magnifique, tout simplement. Son petit protégé semblait de plus en plus à son aise, de plus en plus fluide dans son vol. Elle en était fière, c’était grâce à elle. Elle lui permettait de s’envoler un peu plus haut chaque jour, mais ils ne devaient pas abuser, ni l’un ni l’autre de ce vol magnifique.

Elle leva doucement son bras et tendit son poignet pour redresser sa main. Appelé vers elle, l’oiseau se rapprocha, puis se déposa dans sa paume ouverte vers le ciel. La sortie était terminée, ils reviendraient demain si le temps le permettait. Le contact de la peau de Cordélia sembla l’endormir et l’oiseau s’immobilisa, les ailes toujours déployées de chaque côté de son corps. La magie qui l’avait animé quitta son corps sans étincelle, sans bruit, et l’oiseau de papier redevint ce qu’il était, un simple origami.
End Notes:
Merci d’avoir lu!
17 décembre : Il avait peur d'avoir peur by Dedellia
Author's Notes:

Le thème est une citation aujourd'hui :Il avait peur d'avoir peur, James Dashner, le labyrinthe tome 4.

On retrouve les personnages de orage aujourd'hui!


 

Il attendait devant la maison hantée, hésitant. Il entendait des cris provenant de l’intérieur et des bruits étranges qui lui glaçaient le sang. Quand Sarah lui avait proposé cette activité, il s’était dit que ce serait le moment idéal de prouver qui il était. Sauf qu’il avait oublié qui il était à ce moment-là justement…

 

Vincent était horriblement peureux, il évitait toutes les situations où il risquait d’être terrifié ou de le faire sursauter. Il avait depuis longtemps abandonné la cachette, car l’appréhension le tuait qu’il se cache ou qu’il cherche. Le seul jeu où il tolérait d’être surpris était le Scattergories et uniquement car il était trop concentré à chercher des mots pour craindre la sonnerie.

 

Sa sœur Virginie avait compris depuis longtemps qu’il fallait éviter avec lui les situations effrayantes et l’en protégeait sans dire un mot. Il connaissait bien des frères et sœurs qui en auraient profité pour se moquer, mais pas elle. Il en était infiniment reconnaissant, mais malheureusement il ne fallait pas qu’il se dise que tout le monde connaissait sa situation.

 

- Tu viens? demanda Sarah.

- Oui, oui, bien sûr.

 

Il suivit son amie vers la file cherchant une excuse pour s’en sortir sans avoir à révéler son problème. Il pensa à une envie pressante, puis se dit que ça ne ferait que retarder l’inévitable… La maladie soudaine paraissait suspecte, mais….

 

- On prend une selfie ? demanda Vincent.

- Bonne idée!

 

Vincent se mit dos à la maison hantée pour qu’elle apparaisse sur la photo alors que Sarah faisait une grimace à la caméra. Le sourire un peu crispé de l’adolescent fut immortalisé aussitôt. D’un mouvement rapide, il mit la photo sur les réseaux sociaux.

 

-Voilà!

 

Les deux amis se remirent à discuter alors que la file devant eux diminuait peu à peu au fur et à mesure que leur tour approchait. Soudain, le téléphone de Vincent sonna et la voix de sa sœur répondit à son « allo? ». Il mit rapidement fin à la conversation, puis se tourna vers son amie :

 

- Je suis désolé, mais je dois y aller, petit problème familial, mais on se reprend d’accord?

 

Bien sûr, son amie comprit la situation et offrit de le raccompagner. À la maison, Vincent se précipita dans la chambre de sa sœur.

 

-Et alors, la maison hantée? lui demanda-t-elle avec un clin d’œil.

-Absolument fantastique, merci.

-Toujours là pour toi.

 

Il n’avait peut-être pas affronter ses peurs, mais il savait qu’il pouvait toujours compter pour sa sœur.

18 décembre : Lorsque j’étais une oeuvre d’art by Dedellia
Author's Notes:

Thème : Lorsque j’étais une oeuvre d’art

La main droite vers le ciel et la gauche déployée au bout d’un bras qui s’ouvre dans la direction opposée. La tête projetée vers l’arrière et les cheveux qui forment un arc au-dessus. Le dos arqué, une jambe tendue et l’autre pointée loin devant. Les couleurs du costume sont des flammes qui plutôt que de brûler font vivre. Chacune des fibres de son corps vivre, chaque parcelle d’elle est au bon endroit. Même si la photo est immobile, le mouvement transparait et transporte ceux qui la regardent. Tout est parfait. Une véritable œuvre d’art.



La musique s’est depuis longtemps arrêtée tant pour cette danse que pour toutes celles qui ont suivies. La photo n’est qu’un souvenir d’un talent passé. Il n’aura fallu qu’une soirée pour tout chambouler. Un saut qui s’étire dans le temps et dans l’espace qui déchire l’avant et l’après. La grâce et l’infinité de l’art d’un côté. La blessure et la finalité de l’autre. Une montée étincelante toute en souplesse vers les projecteurs qui me suivent de leur faisceau doré et une chute où rien ne va plus. Le sol arrive beaucoup trop vite, mon pied ne suit plus, il me lâche.



La foule se lève, mais pas pour m’acclamer. J’entends les cris stupéfaits, inquiets, ils ne peuvent pas s’adresser à moi, ils ne peuvent pas m’être destinés. On envahi ma scène, on s’adresse à moi. Je vais bien, j’ai envie de leur crier, je vais bien. Les jours passent, les médecins disent de me reposer, mais je ne peux pas. Je ne peux risquer de perdre ma place. Je m’entraine sur mon pied toujours un peu plus faible. Il ne supporte plus mon poids, mais je continue sur mon autre jambe. Les jours passent encore, mon pied est enflé, il ne bouge plus, même dans l’immobilité il hurle de douleur. Ou est-ce moi qui hurle? C’est fini. Je ne peux plus danser, mon pied n’aura plus jamais la grâce qu’il a un jour possédé, alors j’abandonne.



J’étais une étoile montante, j’étais destinée à briller, je brillais de mille feux. J’étais l’idole des jeunes danseurs, leur but à atteindre, le rêve dans leurs yeux. J’étais tout ce que je voulais tout ce qu’on attendait. J’étais la toile des peintres lorsqu’ils apposent enfin leur signature, la chanson qui résonne enfin à la radio, la statue enfin exposée dans un musée, l’œuvre qu’on admire encore après toutes ces années. J’étais une œuvre d’art.



Je regarde la photo et j’entends à nouveau le rythme à mes oreilles. Je me remémore la foule qui disparait et les projecteurs qui se fondent dans le décor. Il n’y a plus que la mélodie et mon corps qui se tentent l’un et l’autre. Serait-ce la musique qui suit chacun de mes pas ? La puissance de mes muscles, la beauté de mes mouvements, l’énergie qui circule dans mon corps. J’imagine les bouquets immenses qui me félicitent après chaque performance et les affiches plus grande que nature qui me représentent dans des positions incroyables. Les flashs des photos, les ovations, l’odeur des grands théâtres… Un sourire rejoint mes lèvres malgré moi.

End Notes:

Encore une fois, ce texte se rapproche un peu de la poésie. Plus qu’une semaine!

19 décembre : Biscuit chinois by Dedellia
Author's Notes:

Thème : Biscuit chinois

Petit drabble (texte de 100 mots aujourd’hui)

Nouveau clin d’oeil à ma binôme qui devrait comprendre d’où viennent les noms des personnages ;) 

Autour de la table, Erika, Audrey-Anne et les deux Virginie venaient de terminer leurs repas quand la serveuse leur apporta le dessert : un bol rempli de biscuits chinois en forme de demi-lune contenant une prédiction. Il était difficile de déterminer qui était la plus enthousiaste parmi elles. Elles ouvraient les biscuits les uns après les autres, les mangeant avec plus au moins d’enthousiasme, mais se délectant des messages. Ce fut Erika qui se saisit du dernier. Elle le cassa en deux et le bout de papier s’échappa. « Vous passerez une très belle journée ». Sans aucun doute! 

End Notes:

Voilà, je l’ai publié avec 3 jours de retard, mais je ne suis pas arrivée à faire autremebt. Pour les autres textes, ice n’est pas ma procrastination qui est en cause 

20 décembre : Table ronde by Dedellia
Author's Notes:

Thème : Table ronde

Non, il n'y a a pas de Roi Arthur dans ce texte ;)

 

Assis en cercle autour de la table circulaire, tous se scrutent. Ils cherchent à déceler le bluff sur le visage de leurs adversaires et à prédire leurs cartes, mais ils sont tous d’excellents acteurs, il est difficile de deviner. Max commence à miser, beaucoup plus qu’aux manches précédentes. Les yeux de Fabien et Laurie s’écarquillent malgré eux. Oserait-il vraiment y aller aussi haut pour un simple bluff ? Ou alors il joue avec eux… Laurie jette un regard à son jeu, elle n’hésite pas, elle égalise la mise. Max sourit légèrement, mais elle est trop intelligente pour tomber dans son jeu, par contre Fabien semble y croire. Ils le voient hésiter, ses yeux passent de l’un à l’autre de ses adversaires trop vite pour qu’on n’y décèle pas une nervosité. Il scrute la mise au centre de la table, un amas coloré, et son propre tas, beaucoup plus petit. Il aurait suffisamment pour suivre, mais à quel prix ? Il dépose ses cartes à plat, il déclare forfait.

Le sourire de Max s’allonge et celui de Laurie ne bouge pas. Les deux se fixent sans dire un mot, ils font monter la tension. Finalement, ils abaissent leurs cartes d’un même mouvement, figures et chiffres vers le haut. Un visage est défait, l’autre est triomphant. Une main se tend vers la mise et récupère la récolte. Les bonbons sont à Laurie et la défaite est à Max.

 

End Notes:

PLus que 5 jours avant Noël, mon dernier examen se déroule aujourd'hui, suffit de croiser les doigts!

21 décembre : Marguerite by Dedellia
Author's Notes:

Thème : Marguerite

On retrouve le petit univers des elfes. Le personnage de Cordélia, une elfe d'air, dans Origami (16 décembre) reprendra le rôle de narration et Lelory, une elfe d'eau, du Chant des baleine (13 décembre) et l'image de la forêt (7 décembre) sera également présente.

Vous en apprendrez également plus sur le rituel des naissances, soit comment les prêtresse naissent. Les prêtresses sont des elfes de chacun des éléments qui ont un contact beaucoup plus étroit avec leur élément et qui arrivent à le manipuler. Elles sont donc au centre de la communion avec la nature.

Cordélia venait de se réveiller d’une sieste quand l’appel avait résonné en elle. Ou alors, c’était l’appel qui l’avait réveillée. Elle n’était pas certaine et n’avait pas le temps d’y réfléchir : une prêtresse de la forêt allait naitre dans les prochaines heures, voir les prochaines minutes et elle devait être sur place pour l’accueillir.

 

Depuis des années, des siècles. La tradition était la même. C’était encré en elles, au plus profond de leurs entrailles. Chacun des clans elfiques, que ce soient les elfes de la forêt, de l’air comme elle-même ou de l’eau, voyait son cercle des prêtresses s’agrandir d’une nouvelle âme chaque année. Les prêtresses étaient les elfes qui entraient en communion avec leur élément au point le plus intense. Si chaque elfe pouvait communier avec son élément et le ressentir, les prêtresses pouvaient le contrôler, le guérir, l’utiliser. Cordélia était une prêtresse de l’air. Et elle était celle qui était désignée pour les trois naissances de l’année. La nouvelle prêtresse de l’eau avait vu le jour il y avait trois mois. La petite se portait bien et Cordélia était fière de l’avoir accueillie dans leur monde. Chaque naissance d’une future prêtresse devait être guidée par une représentante de chacun des clans.

 

La plus grande difficulté venait du caractère imprévisible de ces naissances. On ne savait qui étaient les parents ou plutôt la mère jusqu’au moment où le travail avait commencé. L’appel résonnait alors dans toutes les prêtresses, quels que soient leur âge, leur provenance et leur localisation actuelle. Il avait donc fallu instaurer un processus rigoureux pour s’assurer du bon déroulement de la naissance. Il ne fallait pas que toutes les prêtresses des environs s’y rendent, mais il fallait s’assurer qu’il y ait le nombre requis. Il avait donc été déterminé qu’une année de garde serait attribuée à chacune. Pendant cette année, la prêtresse devait s’occuper des trois naissances qui y auraient lieu. La dernière naissance était toujours celle de leur propre clan. Ainsi, Cordélia effectuerait sa deuxième assistance, tandis que le clan aquatique aurait une nouvelle représentante et que la prêtresse de la terre effectuerait sa dernière naissance.

 

L’appel la guida plus loin dans la forêt, heureusement, la mère ne semblait pas partie en voyage auquel cas, il aurait peut-être été difficile d’arriver à temps. Il y avait des histoires de naissances en pleine mer où il avait été impossible de rejoindre la mère. Depuis, on s’assurait qu’il y ait toujours au moins une prêtresse lors de ses voyages car la présence d’une d’entre elles pouvait sauver la vie de la mère et de la petite elfe même si le rituel n’était pas complet. Le souvenir de ces histoires la fit frissonner et elle accéléra sa course.

 

Les elfes de la forêt avaient une drôle de façon de vivre. Les sentiers étaient inexistants, il fallait circuler entre les arbres en se contorsionnant et il faisait très sombre. Si elle ne savait pas où elle allait, elle aurait rebroussé chemin depuis longtemps, mais l’appel était fort et elle savait être dans la bonne direction.

 

Elle croisa un elfe sur son chemin et le héla pour qu’il la guide à travers ses arbres. Les elfes de la forêt arrivaient mieux qu’elle à voir les meilleurs endroits où passer et ils arrivèrent rapidement. Aussitôt, elle le congédia d’un remerciement, personne ne pouvait assister au rituel, c’était sacré.

 

Hest, la prêtresse des elfes forestiers était déjà présente, c’était son territoire après tout. Elle était agenouillée près de la mère, lui murmurant des encouragements. Ça ne devait pas être facile d’apprendre le jour même de son accouchement que tout ce qu’on avait prévu était chamboulé : que d’autres personnes s’assureraient de donner naissance à leur fille, puis repartiraient avec elle pour l’élever. Bien sûr, la prêtresse à naitre pourrait retourner voir sa famille de temps en temps, mais elle passerait la majorité de son temps avec les siennes.

 

Lelory arriva finalement à bout de souffle, Cordélia la connaissait déjà pour l’avoir croisée de nombreuses fois et elle était contente de la revoir dans ces circonstances. Elles se joignirent alors à Hest qui se décala pour se retrouver aux pieds de l’elfe qui se prénommait Rose tandis que ses comparses se dirigeaient chacune d’un côté de la future mère. Cordélia entonna le chant d’accueil et appela à elle son élément par des gestes lents. Lelory l’imita, alors un vent parfumé vint secouer les vêtements des quatre occupantes tandis que des filets d’eau se déplaçaient avec fluidité au-dessus de leur tête.

 

De manière plus subtile, Hest fit éclore des fleurs sur le sol tout autour d’elles. Cordélia crut voir du blanc du coin de l’œil, mais n’y prêta pas plus attention. Tout son corps et chacune de ses pensées étaient concentrés sur le monde autour, Lelory faisait de même et Hest recueillait leur énergie pour la transmettre à celle qu’ils attendaient tous.

 

Elle perdit la notion du temps. Elle ressentait pour la deuxième fois une sensation de plénitude incroyable. Sans voir, elle savait trouver les trois autres femmes dans la pièce et la quatrième petite vie à longueur de bras qui se rapprochait peu à peu de leur monde. Elle la sentait aussi sûrement qu’elle sentait le sol sous ses genoux et les trois éléments autour d’elle. Le rituel des naissances les rapprochait, elle sentait l’air, son élément, qui tournait, mais aussi l’eau qui dansait et venait leur frôler le visage. Chaque brin d’herbe, chaque fleur, chaque arbre à proximité, elle les sentait aussi sûrement que si elle les contrôlait.

 

Aussi doucement que si on avait soufflé sur une plume, leur lien cessa. Chacune reprit conscience de son corps et perdit tout le reste. Dans ses bras, Hest tenait une petite elfe à la peau brune comme la terre après la pluie et les yeux noirs comme du charbon. Cordélia ressentait déjà sa force malgré son tout jeune âge. Elle se l’imagina dans plusieurs années, courant à travers les arbres qui s’écarteraient doucement sur son passage.

 

Rose la regardait les yeux pleins d’eau. Elle savait ce qui allait suivre. Hest lui tendit alors la petite et elle s’empressa de la serrer dans ses bras. Elle lui chantonna quelque chose à l’oreille, comme si elle voulait laisser sa marque. Les trois prêtresses travaillèrent de concert pour s’assurer du bien être de la femme et de remettre en ordre la petite hutte pour lui laisser quelques instants encore. Puis, vint le temps de partir. Les yeux de Rose papillonnèrent pour chasser les larmes, mais Cordélia remarqua la fierté qu’il y avait malgré tout sur son visage. C’était difficile, mais sa fille allait devenir quelqu’un d’important.

 

— Comment s’appelle-t-elle ? demanda Hest d’une voix douce.

 

Rose regarda autour d’elle, son regard s’attardant sur les fleurs qui avaient poussé pendant l’accouchement.

 

— Marguerite.

 

Hest sourit devant le nom.

 

— Un très bon choix.

 

Elle tendit à nouveau les bras vers la femme qui lui rendit le précieux enfant. Lelory ouvrit une couverture et en enroula la petite. Cordélia se pencha une dernière fois vers Rose, prit ses mains, et les embrassa.

 

— Elle reviendra vous voir vite.

 

Elles quittèrent la hutte, faisant signe à la famille, qui attendait à l’extérieur, qu’elle pouvait maintenant retourner auprès de Rose. Grâce à Hest, la route pour quitter la demeure fut plus aisée, les arbres s’écartaient subtilement de leur chemin et se replaçaient ensuite sans bruit. Il ne fallut que quelques minutes pour que le petit groupe rejoigne le cercle des prêtresses de la forêt. Cordélia y pénétrait pour la troisième fois depuis sa naissance.

 

Les quelques elfes qui s’y trouvaient leur firent une haie d’honneur alors qu’elles se dirigeaient vers le centre du cercle, à l’infirmerie. La petite y serait alors prise en charge. Elles s’arrêtèrent devant la porte. Marguerite se trouva alors dans les bras de Cordélia qui fit tourner son doigt afin d’attirer un léger vent qui chatouilla la petite. La bénédiction de l’air. Lelory la prit ensuite à son tour et deux larmes se détachèrent de ses yeux tombant sur le visage de Marguerite. Elles glissèrent en serpentant sur sa peau fine, se propageant bien plus que la quantité d’eau n’aurait dû le permettre. La bénédiction de l’eau. Finalement, Hest reprit pour la troisième fois la jeune elfe et franchit la porte juste après avoir incliné la tête à ses deux comparses.

 

Elles partirent du cercle chacune de leur côté, le sourire aux lèvres. Cordélia était fière de ce qu’elle avait accompli. Mais surtout heureuse d’avoir accueilli Marguerite de la même manière qu’elle-même avait vu le jour.

End Notes:

Noël se rapproche, je suis officiellement en congé des fêtes (même si je travaillerai, l'Important c'est d'être en pause d'études pour 3 semaines)! Et vous ?

22 décembre : Demain by Dedellia
Author's Notes:

Thème : demain

Un poème aujourd’hui dont je ne suis pas tout à fait satisfaite, quelque chose cloche, mais je ne sais pas quoi... Mais bonne lecture quand même!

Je fixe mon regard vers l’horizon

Sans regarder derrière toutes ses saisons

J’ai la force de vivre

Je suis intuable

Mon nom ne sera jamais dans les livres

N’en suis-je pas moins formidable?

J’ai une autre chance demain

Je tiens mon futur entre mes mains

Mon passé dans un coffre fortifié

Ce n’est pas sur lui qu’il faut se fier

Je le dis, je le proclame

Notre vie est demain

Je le sais au fond de mon âme

Comme écrit sur un parchemin


Je marche sans hésiter sur le pont

Regardant l’autre rive sans ciller

Je peux m’attarder un instant sur les harpons

Avec mes yeux, ce paysage, le déshabiller

Mais aussitôt mon regard se porte

Bien loin de cette autre berge morte

Celle d’où je viens que je tente d’oublier

Même si elle voulait me supplier

Je le dis, je le répète

Notre vie est demain

J’en ai été stupéfaite

Mais j’ai trouvé mon chemin

Pour être heureuse, oublier le passé

Et ainsi moins se tracasser


23 décembre : Reste-là by Dedellia
Author's Notes:

On retrouve Madeleine du 1er décembre (1939), 10 décembre (une lettre) et 14 décembre (le soleil sur ma peau).

Pour rappel, la guerre a commencé a commencé alors qu'elle avait 15 ans, un jeune homme qu'elle aimait bien y est mort, puis la guerre s'est terminée.

Thème : Reste-là

« Reste-là… » C’est ce que j’ai fait toute ma vie.

Je suis restée là alors que Lucien est parti à la guerre. Je suis restée là alors que le monde s’écroulait autour de moi. J’ai attendu des années sans agir, car c’est ce qu’on attendait de moi, car c’est ce qu’on m’avait dit. 

« Reste-là ! » Comme une poupée dont le rôle est de sourire, comme une statue qui ne doit pas bouger. J’étais là pour être admirée dans mon silence, pour rester passive durant les événements. Je les ai écoutés, je n’ai rien compris.

« Reste-là. » Assise sur les bancs de l’église ou sur ceux de l’école, le résultat est le même. Je reste là sans protester les laissant me gorger d’idéaux qui ne sont pas les miens. Je les gobe sans broncher, car je ne sais rien faire de mieux.

« Reste-là. » C’est ce qu’on veut de moi aujourd’hui. Mon père m’a accompagnée le long de la longue allée de l’église. Il n’a rien dit, mais lorsqu’il m’a abandonné devant l’autel, c’était implicite. Dans ma longue robe de mariée, je regarde le prêtre prononcer des mots qui forgent peu à peu mon destin. Je reste là à l’écouter alors que le voile de mes cheveux semble de plus en plus lourd. Comme une ancre qui coule à chacun de ses mots, qui me fixe sur place, qui colle mes pieds au sol. Bientôt, je ne pourrai plus bouger. Si je garde ce voile, cette promesse devant Dieu, je resterai là à jamais. Je ferme les yeux m’imaginant le jeter au sol et m’enfuir sous les yeux stupéfaits de tout le monde. Mes pieds ne touchent plus le sol, je plane vers les grandes portes de l’église. À l’extérieur, je m’envole, je virevolte ! Le soleil m’accueille dans ses bras comme un vieil ami. Je m’enfuis pour toutes les fois où je n’ai pas pu. Pour toutes les fois où j’aurais dû. Je souris… Mais je reste-là, car c’est ce qu’on m’a appris… Oui… je reste-là…

End Notes:

J'aurais aimé que Madeleine prenne l'initiative de s'enfuir ou de refuser le mariage, mais ce n'est pas du tout dans la personnalité du personnage.

Demain, promis, le texte sera plus joyeux pour la fin du calendrier!

24 décembre : Parapluie by Dedellia
Author's Notes:

Déjà le dernier thème, ce qui est plutôt cocasse, c'est que je l'ai écrit parmi les premiers lors d'une nuit insolite. Trouverez-vous l'oxymore que je devais inclure?

Thème : parapluie

La pluie tombait avec fracas sur les carreaux du petit appartement d’Émilie. Les vents faisaient frémirent les arbres quelques étages plus bas et le froid faisait sentir sa présence sur les carreaux qui s’embuaient doucement. C’était une journée pour boire du café et lire un bon livre emmitouflé dans une couverture épaisse. C’est ce que l’étudiante avait d’abord tenté de faire comme le prouvait l’épais livre d’aventure ennuyante abandonné sur la table du salon.

 

Ce n’était tant la lecture qui lui était insupportable que l’envie de bouger. Elle avait envie de sautiller, de courir et de danser. Le mieux qu’elle pouvait faire ici était de marcher de long en large de la pièce, ce qu’elle avait eu le temps de faire et de s’en ennuyer. Bon, il fallait dire que ce n’était pas bien difficile de s’ennuyer en marchant dans son salon. Elle regarda à nouveau par la fenêtre, sentant une idée venir. La trouva ridicule, mais….

 

— Pourquoi pas ? se dit Émilie.

 

Elle enfila un pull en laine et saisit son parapluie déposé contre le mur. Elle ignora l’ascenseur et dévala plutôt les escaliers, portée par une énergie enfantine.

 

Aussitôt à l’extérieur, elle ouvrit son parapluie et respira l’air particulier qui venait dans les averses. Tenant le manche à deux mains, elle pirouetta sur elle-même. Le vent lui projetait des gouttes d’eau venant de tous les sens, mais elle n’en fit cure. Elle se mit plutôt à courir évitant les rubans d’eau qui couraient sur le sol de longs sauts enthousiastes. Émilie sautillait sur le trottoir laissant son parapluie rebondir à chacun de ses pas, exposant sa tête aux éléments. Les passants, pressés de se mettre à l’abri, lui jetaient des regards perplexes.

 

Après quelques minutes de cette danse euphorique, elle était complètement trempée. Son parapluie était complètement inutile, mais elle l’utilisait comme accessoire pour se défouler s’imaginant être une Mary Poppins française. Elle était libre comme l’air, enfin.

End Notes:

Et voilà! C'est terminé!

Joyeux Noël et n'oubliez pas d'aller voir les autres calendriers maintenant que le congé des fêtes est réellement présent!

Cette histoire est archivée sur http://www.le-heron.com/fr/viewstory.php?sid=1819