Jalousie Capillaire by Charliz
Summary:

 

Vénérée princesse égyptienne, Néférourê jouit de tous les plaisirs que la vie peut offrir. 

Enfin, presque tous... 

 

Jessicath


Categories: Historique Characters: Aucun
Avertissement: Aucun
Langue: Français
Genre Narratif: Nouvelle
Challenges:
Series: Aucun
Chapters: 1 Completed: Oui Word count: 724 Read: 1051 Published: 23/09/2018 Updated: 29/09/2018
Story Notes:

Hello la compagnie ! 

J'avais envie de me replonger dans la vie de mon personnage, créé lors d'AVC. 

Ca a donné un court texte, j'espère qu'il vous plaira ! :D 

Bonne lecture ! 

 

Pour info : Néférourê et sa soeur Mérytrê sont des personnes historiques, filles d'Hatchepsout et Thoutmosis II, si vous vous intéressez à l'Egypte Antique ;)

1. Jalousie Capillaire by Charliz

Jalousie Capillaire by Charliz

 

« Méry ! »

Sa petite sœur courait, son rire brisant le calme divin des abords du Temple, se fichant bien de ce qu’on pourrait bien penser d’elle. Sa perruque s’envola dans son élan, révélant son crâne nu, à l’exception de l’unique petite tresse qui définissait les enfants. Mérytrê n’avait que huit crues et n’avait pas encore perdue tous les avantages de la jeunesse.

Néférourê, elle, n’avait jamais connu ces avantages. Elle était princesse, future reine. Sa vie appartenait aux Dieux et courir après sa petite sœur en ces lieux saints aurait mis en péril son lien avec les divinités.

Alors que la plus jeune ramassait sa perruque sur le sol avant de reprendre sa ronde folle, l’ainée jeta un regard inquiet vers l’entrée de la cour. Si Ahmed la trouvait dans cette tenue, Mérytrê aurait le droit à une correction exemplaire…

« Viens ! l’appela cette dernière

- Calme-toi Méry… On ne peut pas décemment-

- Oh, excuse-moi de m’amuser, Madame la future Pharaon !

- Je ne serais jamais Pharaon, tu le sais bien.

- Si j’étais à ta place, j’aurais demandé à devenir Pharaon.

- Si tu étais à ma place, tu aurais détruit toute la dynastie de nos ancêtres avec tes maladresses ! »

Elle lui tira la langue.

« Lorsque Mère vient nous rendre visite, tu deviens à chaque fois plus agaçante qu’un scribe. »

Néférourê retint de justesse une remarque acerbe et immature, tournant le dos à sa sœur pour quitter les lieux. Après tout, dans moins d’une crue, sa sœur deviendrait adulte. Il fallait qu’elle apprenne à se tenir. 

Le soleil brulait son crâne sous l’épaisseur de sa perruque et la lourdeur de la couronne de l’épouse des Dieux ; la princesse étouffait. Quelques minutes de marche seulement séparaient le Temple de l’Académie où étudiait tout jeune adulte de la Haute Dynastie. Elle pourrait demander qu’on lui prépare un bon bain de lait d’ânesse pour délier les nœuds qui s’étaient formés dans son dos.

Elle accéléra le pas, la tête droite mais le regard fixé sur le sol pour ne pas croiser le regard des quelques étudiants qui vaquaient à leurs diverses occupations dans la cour. Néférourê sursauta au moment de s’engager sous l’Arche qui permettait de pénétrer dans l’Académie, et manqua de rentrer dans un homme qui la dépassait de plusieurs têtes. Elle releva les yeux, croisa le regard d’Itseni, se sentit violemment rougir. 

« Maitresse. » souffla-t-il en s’inclinant jusqu’au sol.

Néférourê se reprit en vitesse, redressant le buste et le menton et expirant longuement pour apaiser les milles couleurs qui teintaient son visage.

Itseni n’était pas son professeur, son titre ne lui permettant de recevoir que l’enseignement d’Ahmed, mais elle connaissait bien le jeune homme, encore célibataire malgré son âge avancé. Milles contes et mythes circulaient sur lui, à l’Académie, et malgré son éducation sévère et solitaire, l’adolescente ne pouvait empêcher ses fantasmes d’emplir ses rêves.

Et puis après tout… Une fois en âge, elle serait en droit de choisir son époux, n’ayant pas de frère avec qui s’unir.

Il s’effaça pour lui libérer le passage comme l’exigeait l’étiquette et alors Néférourê remarqua le jeune fille qui ne devait pas cumuler beaucoup plus de crues qu’elle, tapie dans l’ombre de la haute stature d’Itseni.

La gamine ne se présenta pas et ne baissa pas ses yeux émerveillés vers le sol sableux qui recouvrait la totalité d’Héracleion. Elle était plus grande, plus fine. Son teint doré brillait au soleil et de longs cheveux sombres tombaient en cascade sur ses épaules frêles, épais et souples.

Cheveux, pas perruque.

Un puissant sentiment de malaise saisit la princesse. La nouvelle étudiante était sublime, simple, élégante, et avait ce que Néférourê ne possèderait jamais.

Chez eux, les cheveux étaient rasés pour éviter les poux et soulager de la chaleur. Néférourê était trop précieuse pour risquer de souiller son sang ou d’attraper une vilaine maladie. Le jour de sa neuvième crue, on lui avait rasé l’unique tresse qui coiffe le crâne des enfants et elle avait perdu toute chance d’un jour pouvoir plonger sa main au milieu de ses mèches soyeuses.

D’où venait-elle ? Qui lui avait permis de garder pareil atout ?

La jalousie la saisissait tout entière. Elle se détourna et s’élança vers ses appartements : si elle le lui demandait, Ahmed pourrait exiger que l’adolescente se sépare de cette chevelure sublime.

 

Personne n’avait le droit d’insulter l’Epouse des Dieux. 

 

End Notes:

J'espère que vous ne regretterez pas d'être passé par ici et que vous avez autant apprécié votre lecture que moi-même, j'ai aimé l'écrire ! 

N'hésitez pas à me laisser un commentaire : bon ou mauvais, je suis preneuse de tous les retours constructifs :) 

A bientôt ! 

Cette histoire est archivée sur http://www.le-heron.com/fr/viewstory.php?sid=1786