Petit croco en vadrouille by Caroliloonette
Summary:

Recueil d'histoires pour ma participation à "A Vos Claviers 3"

Petit croco en vadrouillePhoto personnelle modifiée par mes soins
Categories: Projets/Activités HPF Characters: Aucun
Avertissement: Aucun
Langue: Français
Genre Narratif: Aucun
Challenges:
Series: A Vos Claviers ³, Les crocodiles de Kèdjougou
Chapters: 3 Completed: Oui Word count: 3706 Read: 11661 Published: 03/08/2018 Updated: 27/08/2018

1. Défi 3 : Retour en enfance by Caroliloonette

2. Défi créatures 3 : Escapades nocturnes by Caroliloonette

3. Défi 4 : Vacances en famille by Caroliloonette

Défi 3 : Retour en enfance by Caroliloonette
Author's Notes:
Voici ma participation pour le Défi 3 d'AVC 3 dont les contraintes sont les suivantes :

♥ Votre personnage devra TOMBER : tomber amoureux, tomber dans les pommes, tomber des nues, tomber de haut, tomber à genoux, tomber bien bas, tomber la chemise  , etc.


♥ Le verbe TOMBER ne pourra apparaître qu'une fois maximum dans votre texte (sous n'importe quel(le) temps/conjugaison)


♥ Vous devez écrire minimum 100 mots consécutifs sur la douleur que ressent votre personnage lors de son atterrissage physique ou émotionnel. -> consécutifs = en un ou plusieurs paragraphes, non coupés par des dialogues, etc.


♥ Contrainte de mots :500 à 1500 mots

Lola lisse ses cheveux longs cheveux châtains avec soin. Face, profil droit, profil gauche. Son reflet dans le miroir ne la satisfait pas encore. Elle doit être parfaite. Elle balaie du regard son bureau, transformé pour l’occasion en étalage de cosmétiques.

- Tu t’es pas donné autant de mal pour ton rencard avec Esteban, se moque Justine en regardant les vêtements abandonnés sur le sol.

- C’est pas pareil, c’est ma mère, j’veux pas la décevoir !
- Pas sûre que la touche de rouge à lèvres change grand-chose.

Lola pince légèrement ses lèvres. Face, profil droit, profil gauche. Elle sourit, elle est satisfaite.

- La dernière fois elle a trouvé que j’avais mauvaise mine alors…

Elle s’arrête lorsqu’elle s’aperçoit que Justine à son casque sur les oreilles. Allongée sur son lit, les bras glissés sous sa tête, elle semble perdue dans ses pensées.

- Tu disais ? crie-t-elle en retirant son casque.
- Rien, oublie !
- C’est quoi le programme ?
- On va au resto, celui dans lequel on allait quand j’étais petite. Et c’est mon anniversaire, alors je… j’suis trop contente, ajoute-t-elle en sautillant. J’pensais pas qu’elle demanderait l’autorisation pour me voir aujourd’hui. C’est mon anniversaire, c’est le plus beau des cadeaux qu’elle pouvait me faire. Ça fait longtemps qu’on ne s’est pas vues en plus. Les dernières fois elle n’avait pas pu car… Enfin c’est pas grave, c’est derrière tout ça. Désormais c’est aujourd’hui qui compte et je dois être à la hauteur.
- Hé meuf, pense à respirer quand tu parles, tu viens de me filer un mal de crâne, abusé ! Et p’tit conseil, calme-toi ! Ça fait des mois qu’t’as pas vu ta reum, va pas l’effrayer en débarquant comme une furie dans le resto !

Presque un an que ces deux adolescentes de dix-sept ans partagent une chambre dans la maison d’enfants. Autant de temps nécessaire pour qu’elles se tolèrent, s’apprivoisent. Justine reproche à Lola de trop montrer ses émotions quand cette dernière lui reproche d’être une blasée de la vie. Justine qu’elle soit triste ou heureuse, elle tire toujours la même tête. La vie semble glisser sur elle sans l’affecter. A l’inverse, Lola vit tout à fond ; premier baiser de son OTP dans sa série favorite, sortie du nouvel album de son groupe fétiche, déception amoureuse…
Lola attrape sa veste et glisse son portable dans son sac à main.

- Hé, minute ! Tu me ranges tout ton bordel avant de te casser !

Lola ramasse tous les vêtements qui traînent et les balance en vrac dans son placard.

- J’ai dit « rangé » !
- T’es vraiment relou toi, c’est mon placard, t’as pas à foutre ton nez dedans alors oublie !

Elle s’éclipse avant que Justine réponde. Qu’elle se retrouve un mec et vite, elle sera moins sur son dos comme ça ! Elle fait un crochet par le bureau des éducs pour leur signaler son départ. Mariam l’avertit que toutes les courses pour le dîner sont faites. Ce soir, ils fêteront son anniversaire avec les jeunes restés au foyer pour le week-end. Lola a choisi le menu, ce sera burger/frites et brownie/crème anglaise. Mais en attendant, elle s’apprête à fêter cet événement avec la personne la plus chère à ses yeux. Mariam sourit en voyant la jeune fille toute guillerette quitter le bureau.

Elle visse ses écouteurs dans ses oreilles, elle fredonne sa chanson favorite du moment en rejoignant l’arrêt de bus. L’endroit est désert, comme bien souvent. Il faut dire que la maison d’enfants est paumée à la périphérie de la ville. Une chance pour eux que cet arrêt de bus existe !

Une vibration lui indique la réception d’un sms. Je ne peux pas venir. Cinq mots. Cinq mots qui brisent le coeur de Lola en milliards de morceaux. Aussitôt son sourire s’évanouit. La douleur lui prend le ventre, les tripes, la gorge. Je ne peux pas venir. D’un geste brusque elle arrache les écouteurs pour ne plus entendre cette musique trop joyeuse. Je ne peux pas venir. Le portable percute le sol à une telle vitesse qu’il ne survivra pas. Ses poings se serrent, elle tremble. Elle pousse un cri de désespoir mais personne ne lui répond. Elle est seule. Seule avec ces cinq mots qui ne passent pas. Seule avec sa peine et sa frustration. Je ne peux pas venir. Cinq mots qui anéantissent sa perspective de passer un heureux anniversaire. Pour une fois… juste pour une fois.

Elle s’en veut d’avoir cru aux beaux discours de sa mère qui disait vouloir passer plus de temps avec elle. Une fois de plus elle y a cru. Une fois de plus elle est tombée dans le panneau. Elle s’en veut d’être aussi bête et naïve. Elle tape des poings sur le banc, ça fait mal mais ce n’est rien comparé à la pointe qui lui transperce le coeur. Elle s’en veut tellement d’avoir placer tant d’espoir dans cette rencontre.

Elle se dégoûte car elle sait pertinemment que la prochaine fois, elle se fera de nouveau avoir. Jamais elle ne trouvera la force de repousser sa mère. A chaque nouvelle tentative de rapprochement maternel elle y croit. Elle a besoin d’y croire. Elle la déteste, « Elle », pour jouer avec ses sentiments et piétiner son coeur sans remord. Ce n’est pas la première fois et ça ne sera pas la dernière. Ce n’est pas la première fois et ça fait un peu plus mal à chaque fois. Lola se demande jusqu’où elle supportera la douleur.

Le bus marque l’arrêt, Lola s’engouffre dedans sans adresser un bonjour au chauffeur qui lui signifie. Elle ne se retourne même pas. Elle n’est pas d’humeur. Elle s’installe au fond. Le bus est presque vide, seuls un grand-père et son cabas à roulette et une jeune mère et son bébé sont présents. Les yeux de Lola se portent sur le bébé qui dort dans son landau. Il semble apaisé et heureux. Lola l’envie. Elle ne l’a encore jamais avoué à personne mais c’est son plus grand souhait. Redevenir un bébé et pouvoir recommencer sa vie. Mais ce n’est pas possible, elle le sait. Lorsqu’une première larme sillonne sa joue droite, elle ne trouve pas la force de stopper les suivantes.

Défi créatures 3 : Escapades nocturnes by Caroliloonette

Comme tous les soirs, Gino marque un premier arrêt à l’angle de l’avenue de la plage et de la rue de l’albatros. Il adore cet emplacement qui offre une vue imprenable sur l’océan. Le bruit des vagues s’échouant sur la plage résonne dans ses oreilles et l'odeur des embruns mélangée à celle des pins lui chatouille les narines. Le bruit, l’odeur, la sensation du vent frais sur sa peau ; même en fermant les yeux Gino sait qu’il se trouve proche de la mer.

Le soleil s’est noyé dans l’océan depuis une bonne heure déjà. L’animation nocturne des environs de la plage bat son plein. Les amoureux, installés sur les bancs du remblai, profitent de la fraîcheur de la soirée. Les plus sportifs ne rechignent pas face à une dernière promenade, les pieds dans l’eau. Les moins frileux s'amusent avec les vagues. Les plus téméraires s’aventurent dans la dune baignée par le clair de lune. Les groupes de jeunes munis de leurs enceintes, investissent la plage pour une bonne partie de la nuit. Chacun vaque à ses occupations.

Mais lorsque la musique annonçant l’arrivée du marchand de glaces carillonne, tous convergent vers un seul et même endroit. Un seul !


*****

Seul à bord de sa camionnette Gino enchaine les boules de glace. En pot ou en cornet, il y en a pour tous les goûts ! A chaque nouvel arrêt pièces et billets s’accumulent dans la caisse.

Lorsque les vacanciers profitent de leurs congés estivaux, Gino sillonne le littoral avec sa camionnette chargée de glaces. C’est sa dixième saison, il a commencé dés l’obtention de son permis de conduire. Au fil des ans il s’est constitué sa clientèle. Chaque été la file d’attente s’étire un peu plus. Il retrouve avec joie les habitués, il les voit grandir, vieillir. Et puis il y a toujours les curieux qui intrigués par la douce musique viennent à sa rencontre.

Cela fait dix ans que son sourire, sa bonne humeur, sa gentillesse et sa disponibilité sont le gage de sa réussite. Lorsque les enfants rejoignent leur appartement souriant et sautillant tout en dégustant l’une de ses glaces, cela fait fondre son petit coeur de marchand ambulant. Et c’est dans ces moments-là qu’il se souvient pourquoi il aime autant ce métier qui lui grignote une bonne partie de ses soirées estivales.

Victime de son succès, il songe à prendre un associé pour le prochain été.


*****

Eté rime parfois avec orage. Ce soir ce dernier joue les trouble-fêtes dans la tournée de Gino. Il maintient tout de même son périple. Il sait pertinemment que les plus courageux, ou les plus gourmands peut-être, ne se laisseront jamais intimider par quelques éclairs et coups de tonnerre. Même si Gino sait que son escapade sera moins fructueuse, il aime les soirs d’orage.

Il roule les fenêtres ouvertes, il tourne à droite sur l’avenue qui mène à la plage. Un magnifique éclair transperce le ciel sombre au dessus de l’océan. Il observe les abords de la plage délaissés par cette nuit orageuse. Plus que quelques mètres avant son point de chute préféré. Il lance la mélodie annonciatrice de sa venue qui se dissipe dans le ronronnement de l’orage. Le vent se lève et s’insinue dans la forêt de pins avoisinante.

Nouvel éclair. Gino coupe le moteur et passe à l’arrière de sa camionnette. Tandis que le tonnerre gronde, ses fidèles habitués effectuent un sprint depuis leur appartement, protégés sous leur capuche ou leur parapluie. L’ambiance est légère et détendue. Gino à plus de temps pour échanger avec chacun d’eux. Et c’est pour cette raison qu’il apprécie les soirs comme ça.


*****

Ça fait plusieurs soirs qu’elle se trouve-là, au dernier arrêt de sa tournée. Dés le premier regard il l’a trouvée très jolie. Adossée au lampadaire, elle reste en retrait, l’observe de loin. Parfois elle le gratifie d’un timide sourire. Depuis que son regard a croisé le sien, elle occupe continuellement ses pensées. Il ne sait pas si c’est de l’amour mais ce qui est sûr c’est qu’il meurt d’envie de la connaître un peu plus. Chocolat, non caramel. Gino n’est pas concentré sur ce qu’il fait. Sa belle inconnue vient de rejoindre la file d’attente. Il a du mal à décrocher son regard d’elle. Il a peur de la voir s’évaporer comme les soirs précédents.

Lorsqu’elle atteint enfin le comptoir, il ne reste plus personne. Il est quasi certain qu’elle a fait exprès d’être la dernière, ce qui n’est pas pour lui déplaire. Sa voix est rauque et tremblante lorsqu’il s’adresse à elle. Il se sent stupide mais son sourire chaleureux l’encourage.

Au moment de payer son cornet passion il lui manque quelques centimes. Il lui propose d’apporter la somme manquante le lendemain.

Le coeur de Gino bat plus fort lorsqu’elle lui promet d’être présente au rendez-vous le jour suivant.

End Notes:
Merci à vous d'avoir lu !

Pour le premier double-drabble j'ai choisi Mami Wata pour le thème de l'eau, pour le deuxième Ogum Zobla pour la réussite, pour le troisième Hevioso pour l'orage et le dernier Erzulie Freda pour l'amour.
Défi 4 : Vacances en famille by Caroliloonette
Author's Notes:
Voici ma participation au défi 4 d'AVC3 dont les contraintes étaient les suivantes :
- Une chanson : In the end de Linkin Park
- Une langue morte : le latin
- Un.e artiste : Auguste Rodin et Camille Claudel
- Une science : l'archéologie
- Une époque : Empire Romain
- Un vêtement : un débardeur
- Une ville : Pompéi
devront être mentionnés. L'un de ces sept éléments devra avoir une importance capitale.

- Un personnage devra briller par son absence
- Le texte sera écrit à la troisième personne
- Le texte fera 1000 mots minimum
- Dans la première ou la dernière phrase le mot fin devra apparaître.

Pomp?i
Photo personnelle modifiée par mes soins

Clic. Une nouvelle photo du forum dans la boite. Clac. Voilà le temple de Jupiter immortalisé. Le sourire aux lèvres et les yeux émerveillés, Elsa mitraille tout ce qu’elle voit. Enfin, elle foule les pavés de Pompéi. Depuis le temps qu’elle en rêve. Elle se souvient de ses cours de latin en collège et de sa fascination pour cette cité ensevelie de l’Empire Romain. Puis, l’espoir d’un voyage en Italie trop vite envolé faute de financement. Pompéi attendra.

24 août 2018, Pompéi est toujours là, Elsa est émue d’être enfin ici. Elle se retourne pour observer le Forum sous un autre angle. Les groupes de touristes ne désemplissent pas de l’ancien centre de la vie quotidienne de la ville. Anglais, japonais, espagnol, allemand, français et même des langues qu’elle ne reconnaît pas. Elle observe les vestiges des colonnes qui se dressent de part et d’autre de la place. Elle imagine le travail colossal d’archéologie que cela a demandé pour mettre à jour les 22 hectares visitables aujourd’hui. Elle tente d’esquisser dans sa tête, le Forum, tel qu’il devait être en 79 ap. J.-C. juste avant l’éruption. Très certainement marqué par le tremblement de terre de 62, mais moins endommagé qu’aujourd’hui.

Elle se retourne une nouvelle fois et immortalise le temple de Jupiter avec en arrière plan le Vésuve endormi qui veille depuis tant d’années. Le Vésuve qui observe son chef-d’oeuvre.

- Maman, il fait une chaleur à crever, se plaint la mélodieuse voix d’Ophélie.

Elsa pose les yeux sur sa fille de 15 ans qui tient sa casquette à la main. Oui, il fait chaud, oui, il est difficile de trouver des coins d’ombre à Pompéi. Elle a bien conscience de tout ça, mais ce n’est certainement pas son adolescente de fille qui va lui gâcher ce moment. Son moment avec sa ville.

- Remets ta casquette ma chérie ! lui intime-t-elle.
- J’ai trop une tête de gland avec !
- Tu as le choix entre la tête de gland et l’insolation.

Ophélie bougonne mais repose sa casquette sur sa tête au grand soulagement d’Elsa.

- Maman, on peut aller voir l’amphithéâtre ? quemande son fils Léo.
- On te suit mon chéri, on cherchera un coin là-bas pour s’installer et manger nos sandwichs.

Le jeune garçon de 10 ans ouvre le plan de la ville, ses yeux font des allers-retours entre ce dernier et les différents vestiges des monuments qui se trouvent autour d’eux.

- Il faut aller là-bas, désigne-t-il en pointant un endroit à l’autre extrémité du Forum. Il faut prendre la via dell’ab…bon…danza et tout au bout à droite le vicolo dell’ anfiteatro. Ah ça veut dire amphithéâtre, j’suis sûr !

Elsa ignore les yeux d’Ophélie qui se lèvent vers le ciel et sourit tendrement à son fils.


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Leur pique-nique englouti, ils restent quelques instants allongés sur la pelouse pour se reposer avant de reprendre leur escapade dans l’ancienne cité romaine.

- Maman, pourquoi papa il n’est pas venu avec nous aujourd’hui ? se renseigne Léo.
- Il a beaucoup de travail tu sais mon chéri.
- Il est pas censé être en vacances ? s’étonne Ophélie les écouteurs vissés sur ses oreilles.

Elsa ne répond pas à cette question qui n’en est pas vraiment une. Si Léo est encore trop petit pour percevoir tout ce qui se joue entre ses parents, elle sait que sa fille n’est pas dupe. Elle a perçu les tensions croissantes qui entachent leur séjour. Stanislas ne cesse de se plaindre depuis leur arrivée à Naples. La ville est trop sale, les gens conduisent mal, les Napolitains parlent trop fort. Tout est un prétexte pour geindre.

Et lorsqu’il ne se plaint pas de leur destination de vacances, c’est son travail, trop pénible, trop usant, qui revient sur le devant de la scène. Mais elle, elle ne peut pas comprendre, selon lui, puisqu’elle aime son travail. Elle aime être professeure d’arts plastiques. Elle adore emmener ses élèves au musée pour qu’ils s’inspirent des sculptures d’Auguste Rodin ou de Camille Claudel lors de leur cycle de céramique. Elle aime la spontanéité de ses sixième, un peu moins l’esprit contestataire de ses quatrième, mais elle les aime quand même.

Oui elle adore ses élèves, oui elle aime son métier, oui elle a droit aux vacances scolaires, et tout cela sonne comme un reproche dans la bouche de Stan. Elsa ne retrouve plus le Stan dont elle est tombée amoureuse 17 ans plus tôt. Elle n’en perçoit pas la moindre trace dans cet être aigri et blasé qu’elle croise au quotidien. Ils sont arrivés au bout de quelque chose, elle le sent. Elle le sait. Et ça lui fait mal.

Stan passe son temps au téléphone. Elle se demande encore, comment elle a fait pour le traîner jusqu’à l’aéroport Charles de Gaulle pour qu’il monte dans l’avion avec eux. Employé par un grand cabinet d’avocats parisien il s’occupe de grosses affaires. Quel père de famille fantastique il fait à préférer avoir le nez plongé dans ses dossiers plutôt que de passer du temps avec ses enfants ! Cela ne peut plus durer comme ça !

Et il ose dire qu’il fait cela pour sa famille. Mais ce n’est pas d’un fantôme de père qui les inonde de cadeaux pour se faire pardonner dont leurs enfants ont besoin.

- Tu écoutes quoi ma chérie ? - Tu vas connaître, c’est une vieille chanson !

Ophélie retire l’un de ses écouteurs pour le glisser dans l’oreille de sa mère. « I tried so hard and got so far but in the end it doesn’t even matter I have to fall to lose it all but in the end it doesn’t even matter ». La voix de Chester Bennington résonne dans sa tête. In the end, une chanson vieille de 17 ans en effet. Elle remercie silencieusement sa fille de lui rappeler qu’elle n’est plus toute jeune. Stan était fan de Linkin Park lorsqu’ils s’étaient rencontrés. Ophélie doit certainement tenir sa passion du groupe californien de son père.


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A chaque nouvelle fontaine, Léo s’arrête pour s’asperger d’eau. Il fait tellement chaud que son débardeur a le temps de sécher entre deux points d’eau. Ces derniers sont nombreux dans la via di nola. Elsa se souvient que c’était les seules sources d’eau pour la ville. Elles coulaient en continu, et lorsqu’elles débordaient, l’eau s’écoulait dans les ruelles, emportant sur son passage les détritus abandonnés.

- Maman, comment on dit bonjour, merci et au revoir en latin ? questionne Léo.
- Ce n’est pas ce genre de choses qu’on apprend en latin Léo.
- Mais j’croyais qu’t’avais appris le latin quand t’étais au collège ?
- Hey franchement le gnome, t’es juste débile ou tu l’fais exprès ?
- Ophélie, ton langage !
- Non mais sérieux, il raconte n’importe quoi et j’devrais rien dire ?
- Tu veux vraiment que je te rappelle le nombre d’âneries que tu as pu sortir quand avais son âge ?

Cela a le don de clouer le bec d’Ophélie, ce qui permet à Elsa d’expliquer à son fils que le latin est une langue morte et qu’on ne l’étudie pas de la même façon que l’anglais. Ils longent un énième Thermopolium avant d’emprunter la via consolare pour rejoindre la Villa des Mystères.

Elsa regarde ses enfants et se dit qu’elle est heureuse comme cela avec eux. Elle culpabilise légèrement de se sentir plus heureuse quand Stan n’est pas là dernièrement. Est-ce de sa faute à elle si leur relation semble avoir atteint un point de non retour ? En partie peut-être, mais pas entièrement. Il n’a rien fait non plus pour réduire le fossé qui s’est creusé entre eux au fil des années. Toute conversation est source de quiproquos, d’incompréhensions, mais pourtant une dernière explication s’impose, elle le sait.

Sa relation avec lui est encore plus détruite que la ville qu’elle parcourt. Et ça lui fait mal quand elle y pense. Elle espère simplement qu’Ophélie et Léo se relèveront de tout ça.


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Le 24 août 79, Pompéi vivait ses derniers instants qui la figèrent à tout jamais.

Le 24 août 2018, la visite de Pompéi touche à sa fin pour le trio, tout comme leur séjour en Campanie et les vacances scolaires. Si tout cela rend Elsa un peu triste, c’est une autre fin, proche, qui lui laisse un goût amer dans la bouche.

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