Gabriel Dublais est mort by MelHp7
Summary:


Photo de Mental Floss (Pinterest) | Montage de moi



Dans la brie, en Seine-et-Marne, le très peu commode Commisaire Vibero est proche de la retraite quand une nouvelle affaire lui tombe sur les bras : il doit s'en dépétrer...

Categories: Policier, Thriller, Espionnage, Tragique, drame Characters: Aucun
Avertissement: Violence physique
Langue: Français
Genre Narratif: Nouvelle
Challenges:
Series: Aucun
Chapters: 1 Completed: Oui Word count: 7244 Read: 785 Published: 26/07/2018 Updated: 01/08/2018

1. Nouvelle by MelHp7

Nouvelle by MelHp7
1



Aujourd’hui, Gabriel Dublais est décédé. Un type pas plus grand que la moyenne, bien habillé, un peu bobo sur les bords. Il faisait tâche dans le paysage. Trente trois ans, d’après sa carte d’identité. Son corps gisait parmi les débris de planches, dans un cabanon abandonné en pleine cambrousse. La dépouille était vraiment repoussante et c'était peu de le dire. Il n'y avait qu'à regarder la tête de mon brigadier pour comprendre que la scène n'était vraiment pas belle à voir. Les yeux exorbités de la victime lui donnaient un air de martyr, comme s’il avait attendu la mort après une torture aussi longue qu’insupportable. Son avant-bras gauche présentait une fente profondément rougie. Un trou béant dans sa jambe droite me permettait de voir le sol poussiéreux. De ces deux blessures s’étaient écoulées des quantités de sang incalculables. L’hémorragie avait l’air d’être la cause de la mort. Mais c’est le boulot de Gilles de trouver les raisons, moi je n’étais là que pour observer. La seule chose que je peux diagnostiquer c’est l’heure approximative à laquelle le coeur de Gabriel s’est éteint. Aucune odeur de pourriture, à peine une mouche ou deux qui voltaient au-dessus de ses cheveux gras, du sang tout juste coagulé : ça avait eu lieu vers 11h00 ce lundi 13 novembre.

C’est un gamin un peu perturbé qui l’a retrouvé, vers 16h00 dans la même journée. Il a prévenu la police, c’est vrai, mais il ne ressemblait pas à un bon campagnard de la brie. Il n’a pas tout de suite voulu dire pourquoi il se trouvait au mauvais endroit au mauvais moment. Quand je lui ai fait comprendre qu’il était le premier témoin mais aussi le premier suspect dans l’affaire, il a tout de suite avoué son statut de dealer. Cette vieille bicoque lui servait de cabanon de stockage pour sa came. Il vient là environ toute les deux à trois semaines. Le reste du temps il refourgue la drogue à ses petits camarades de lycée ou à des défoncés dans les petits patelins aux alentours. D’après nos fichiers, il a des antécédents de jeune délinquant. Une main courante et une plainte. Mais bon, ça ne fait pas de lui un tueur.

Le couteau suisse récupéré à dix centimètres de la main droite de la victime me laisse penser qu’il lui appartenait. C’est rare qu’un assassin laisse l’arme du crime sur son lieu de travail. Quant aux bouts de métal découverts sous ce qui lui restait de jambe, il s’agit seulement des éclats de la balle qui lui a troué la peau, rien de plus. Pas d’indice supplémentaire. Juste de quoi identifier le corps, ce qui n’est pas si courant. Des chercheurs retourneront sur le terrain demain, parce qu’à cette heure-ci, il fait déjà nuit. Le terrain est vaste, il s’étend sur plusieurs hectares de champs. Il reste un tas de coins à fouiller.

Mais moi, concrètement, tout ça m’ennuie plus qu’autre chose. Des oeuvres de maniaco-psychopathe, j’en ai vu dans ma carrière, et j’avoue en être fatigué. Les employés de mairies se lassent de remplir toujours les mêmes formulaires, de faire le recensement de la population tout les cinq ans, et bien moi je me lasse de devoir résoudre toujours les mêmes affaires. Avec la retraite qui approche, j’aurais aimé un peu de fantaisie. Voilà que je traîne à mon bureau de commissaire jusqu’à 21h00. Ma vie se résume à rédiger des rapports comme celui-ci. Malheureusement, je n’ai pas le choix et je n’ai plus trop mon mot à dire.




2




Moi qui me faisais une joie de rentrer enfin chez moi, vue l’heure qu’il est. Mais il a fallut que Gilles me tombe dessus. Il vient de me passer un coup de fil en disant qu’il avait du nouveau concernant le cadavre qu’on lui avait livré aujourd’hui. Il avait dû avoir le temps de décortiquer le corps et d’en faire quelques analyses. Si Gilles m’appelle alors que la nuit est déjà bien tombée c’est qu’il a une information importante à me donner, dans le cas contraire il m’aurait laissé pioncer.

C’est pourquoi je n’ai pas hésité une seconde à prendre ma vieille Peugeot pour le rejoindre. On compte à peu près quinze à vingt minutes de route entre le commissariat et le laboratoire du médecin légiste. Il n’y a que dans le noir que le trajet paraît plus long. Au moment où je suis arrivé sur le parking de l’hôpital, je voyais déjà une silhouette immobile dans l’encadrement de la porte d’entrée. La faible lumière qui en sortait dessinait les courbes de la personne, et je l’avais reconnue tout de suite, ce bon vieux Gilles.
- Pas trop fatigué, Tom ? il demande.
Je souris. Lui, c’est est un homme de nuit, il a l’habitude, tellement l’habitude que ses yeux ne sont plus que des cratères craquelés dans lesquels ont a enfoncé de force des globes troués. Inutile d’ajouter que son crâne est dégarni, et que le peu de cheveux qui lui restent sont aussi gris que les miens.
- Tu ne m’as pas fait venir pour me taper la causette, alors fais-moi entrer.
Il me rend mon sourire, puis me tourne le dos pour entrer dans cette espèce de préfabriqué minable qui servait de morgue. On entre dans le couloir froid et confiné qui mène aux casiers dans lesquels on a entreposé des morts. C’est toujours une sensation bizarre, une sensation à part, de traverser cette pièce vide de vie mais pourtant pleine de monde. Je suis Gilles qui navigue dans cet atmosphère lourde comme un poisson dans l’eau, et je sais où l’on va. On passe une porte métallique gelée que je n’ose pas tenir plus de deux secondes dans ma main. Elle se referme derrière moi dans un claquement dérangeant mais je ne regarde que lui qui s’installe derrière le brancard.
A l’instant, je remarque qu’il n’a pas quitté ses gants en latex blanc. C’est donc pour ça qu’il ne m’a pas serré la main devant la porte. A vrai dire, j’aurais évité cette poignée de main de toute manière. Je sais très bien qu’il avait le nez dans le cadavre quelques minutes avant que j’arrive et même une fois lavées, les mains restes sales. J’étais très bien de mon côté, je n’avais pas à me salir les mains moi, j’étais l’observateur, et celui à qui on rend des comptes.
- Très bien… ton homme est décédé suite à une hémorragie externe.
Qu’est ce que je disais…
- La première plaie, qui a été provoquée entre 8h00 et 8h30, c’est ce trou dans la cuisse droite. J’ai retrouvé une balle de gros calibre dans les fibres musculaires, un fusil à pompe qui date des années 1980. Pas sûr qu’on trouve encore de ces bestiaux-là sur le marché officiel. La faible dispersion d’éclats indiquent que le coup a été tiré à bout portant, peut-être même que le fusil était en contact avec la jambe quand on a appuyé sur la gâchette.
Il fait une pause sans lâcher le corps inerte des yeux. Peut-être qu’il réfléchit.
- La seconde, l’ouverture superficielle de l’avant-bras gauche, a été produite environ quinze minutes plus tard. C’est bien le couteau suisse retrouvé par terre qui a causé cette coupure. A en voir l’emplacement du couteau quand vous l’avez trouvé, le sens d’ouverture de la peau, du bas vers le haut, et le fait que la victime est droitière, j’en ai déduis qu’il se l’est infligé lui-même.
- Comme… pour un suicide en pleine campagne, un beau matin ?
Sans sérieux aucun, je croise les bras sur ma poitrine, les sourcils froncés. Ce n’était pas rare qu’un gars de la campagne s’ouvre les veines pour mettre fin à sa vie miséreuse. Mais tout de même.
- D’après-moi il a voulu abréger ses souffrances. La balle de fusil dans la jambe, ça fait de gros dégâts mais ça ne tue pas sur le coup, ça c’est sûr.
Oui, logique.
- Un règlement de compte ? il demande, comme un ami trop curieux.
- C’est possible… Mais vu la tenue que portait ce type quand on l’a pêché, j’en doute.
Le soupire qui sort de ma bouche est incontrôlé. Il sert sur un plateau toute la lassitude des années d’enquêtes qui s’accumulent et qui traînent sur mon dos. Les meurtres sont les plus lourds à porter, et j’en compte un bon paquet. L’inspiration qui me sert à récupérer tout l’air que j’ai laissé s’échapper, me ramène à la situation présente. Et je n’ai qu’une envie, c’est de soupirer à nouveau.
- Autre chose ?
- Oui. Les analyses toxicologiques ont révélé que Dublais était bourré de morphine. J’ai aussi retrouvé des traces de cocaïne en poudre sous ses ongles. Monsieur Dublais était au bord de l’overdose.
En bref, ça n’est pas net du tout. Un homme qui avait l’air bien rangé, un peu chic, venait de mourir dans des circonstances plus qu’étranges.

Finalement ce meurtre n’était pas aussi banal qu’il en avait l’air. C’est ça qui m’a redonné envie de considérer cette enquête. Après cette visite à la chambre mortuaire dans laquelle j’étais entré en faisant le deuil de ma carrière, j’étais ressorti avec la détermination d’un nouveau commissaire. J’ai filé tout droit à Coulommiers pour regagner mon appartement en centre-ville. Je savais que j’allais bien dormir. Il le fallait car dès 7h00 le lendemain j’avais l’obligation de me pointer au commissariat.




3




Pendant que mes collègues et d’autres recrues étaient parti faire la battue entre Jouy-sur-Morin et La Ferté-Gaucher moi j’avais pris rendez-vous chez Mme Dublais. Il se trouve que cette femme a déclaré la disparition de son mari hier vers 23h30. On a pas eu à faire le rapprochement. Ce n’était pas difficile avec une description pareille. Alors ce matin mon boulot c’est d’apprendre à cette pauvre dame qu’elle est veuve et de la cuisiner pour connaître le fin mot de l’histoire. Oui parce que, mes collègues de nuit ont jugé trop immoral de dire à cette femme que celui qu’elle avait déclaré disparu était en fait un corps inerte qu’elle ne verra probablement que pour certifier son identité. Et bien sûr, c’est toujours à moi qu’on demande ce genre de chose. Ce n’est pas parce que j’ai du tact, je le sais bien, c’est simplement parce que je suis le seul du service qui n’a pas peur de dire la vérité.

En arrivant devant la porte en bois massif de la maison des Dublais, je ne me sens pas bien fier. On ne sait jamais comment les gens peuvent réagir à une telle nouvelle. De mon point de vue ça n’est jamais aussi dévastateur que du point de vue de ceux qui aiment.
Je frappe du revers de la main, et j’attends un peu. J’ai toujours une phrase similaire à dire à chaque fois. La porte s’ouvre, c’est là que j’interviens.
- Bonjour madame. Commissaire Vibero, de la police nationale. Je peux entrer ?
J’attends rarement l’approbation de l’hôte, tout ça ce n’est que formalité. Je montre tout de suite mon intention de forcer le passage, peu importe l’air dépité qu’il peut avoir, même si cette femme-là avait plutôt l’air anxieux.
- Vous avez retrouvé mon mari… ?
Vous savez comme moi qu’un commissaire qui se pointe tout seul devant chez vous ce n’est pas pour vous annoncer une bonne nouvelle ma petite dame. Sa phrase avait sonné comme un dernier appel à l’aide désespéré mais pourtant il sonnait faux. Un gars aussi peu expérimenté que mon brigadier aurait perdu contenance et aurait fait l’énorme bourde de présenter le fait comme une catastrophe nationale. Sur quoi, la femme du défunt se serait certainement mise à hurler de douleur et à juger la police responsable.
Je laisse le silence s’installer. C’est lui qui allait parler pour moi. Il a dû s’écouler quasiment une minute pour qu’elle ose enfin bouger. Bien sûr que j’ai vu les deux larmes déborder de ses yeux et mourir sur ses grosses joues grasses, mais je n’ai rien dit.
- Que lui est-il arrivé ? demande-t-elle, d’une voix plus aiguë encore, alors qu’elle se laisse tomber sur le seul gros fauteuil en cuir du salon.
Je sens qu’elle s’en remet à moi comme l’unique détenteur des réponses à toutes ses questions, et c’est comme ça que ça doit marcher. Je fais comme elle, je suis le mouvement, parce que c’est empathique de se mettre à la même hauteur que l’autre, je prends place sur le canapé vide.
- On est presque sûr que votre mari a été assassiné.
J’attends que sa première réaction passe avant de continuer. Un choc à la fois, sinon je vais devoir me dédoubler et jouer le psychologue en même temps que l’enquêteur. En fait, elle reste de marbre. Je crois qu’elle n’en revient pas. Mais habituellement, les femmes qui apprennent qu’elle sont soudainement veuve plaquent leur main devant leur bouche grande ouverte.
- Il est mort il y a 24h00. On l’a retrouvé au bord d’un champ, à Montigny.
- Il y a 24h00 ? Comment se fait-il que je n’ai pas été mise au courant plus tôt ?!
Elle hurle, c’est normal. Je trouve complètement con d’avoir attendu ce matin pour le lui annoncer. C’est comme repousser le malheur à plus tard en pensant qu’il s’atténuera. Et moi je devais assumer la décision de mes collaborateurs, sinon c’était comme faire part au public que le commissariat de Coulommiers est désorganisé. Si on commence à se décrédibiliser… Alors je fais ce que je sais faire le mieux, mentir.
- Il fallait d’abord s’assurer qu’il s’agissait bien de votre mari, vous comprenez. On n’annonce pas ce genre de chose aux gens sans certitudes.
Là, elle ne sait pas quoi dire. Parce qu’elle sait que j’ai raison. Mais ce qu’elle ignore, c’est qu’on connaissait le nom de la victime depuis 18h00 hier. Passons, je ne veux pas m’éterniser moi.
- Seriez-vous d’accord pour répondre à quelques questions ? Étant données les circonstances, j’ai besoin d’éclaircir certains points, vous comprenez, n’est ce pas ?
Elle fait oui de la tête en reniflant bruyamment, le visage légèrement de trois quarts, comme si elle évitait mon regard.
- Où et quand avez-vous vu votre mari pour la dernière fois ?
Je la vois qui se met à réfléchir. Mais au lieu de fixer son visage gras, je sens mes yeux vriller vers la cheminée. Elle est allumée. Le bois y brûle depuis un moment c’est sûr, je ne ressens aucune humidité dans l’air. Sur le rebord en pierre qui est un peu noirci par la combustion, j’aperçois un cadre photo. En plissant les yeux je reconnais Mme Dublais et Gabriel, la victime. Sauf qu’il y a une troisième personne au milieu.
- Hier matin, avant qu’il parte au travail. Je me lève toujours la première car je commence tôt à la boucherie, mais on a le temps de se voir quand même, ici.
J’ignore si elle a compris que j’étais également là pour observer.
- N’avez-vous rien remarqué d’inhabituel dans son comportement ?
- Non.
Sa réponse avait été plus brève que brève.
- Enfin… son téléphone a sonné ce matin-là. C’est rare qu’on l’appelle le matin, et encore plus rare qu’il y réponde. Mais en ce moment Gabriel est bizarre - était bizarre…
« Bizarre » est le genre de qualificatif qu’un flic ne peut pas laisser passer. Gabriel était bizarre ? Alors il y a nécessairement un lien, direct ou indirect, avec sa mort, et je me chargerai de découvrir ce qu’il est. Ce qui était bizarre aussi dans tout ça, c’est que la femme Dublais avait déjà essuyé toutes ses larmes.
- Est-ce qu’il vous a dit en quoi consistait cet appel ?
- Ah ça non. Gabriel ne me parlait jamais de son travail. Tout ce que je sais c’est qu’il est parti un peu plus tôt que d’ordinaire, il était pressé.
Autrement-dit, cet homme cache des mystères. C’est exactement pour cette raison qu’à ce moment là je me lève. Les bras croisés derrière le dos, je me mets à faire quelques pas d’un air innocent, alors que mes yeux de vicieux sont déjà braqués dans les quatre coins de la pièce. Cette fois je vois mieux la photographie sur le cheminée. Entre Gabriel Dublais et sa femme trône un petit garçon qui sourit à pleine dents. Il doit avoir sept ans. Si je devais faire une approximation, je dirais que la photographie date d’un an, tout au plus, le cadre brille encore et le verre ne comporte aucune rayure.
- Qu’est-ce que vous voulez dire par : « Gabriel était bizarre » ? Vous pouvez me précisez ça ?
En reposant une question de la sorte, j’attire son attention sur autre chose que ma petite ronde.
- Peut-être que c’est moi qui ait un problème, mais j’ai eu l’impression, plusieurs soirs, qu’il rentrait dans un état second.
- L’alcool ?
Je prêche le faux pour entendre le vrai. Oui parce que Gilles m’en a déjà beaucoup appris.
- Il ne sentait jamais l’alcool. Non je dirais… la drogue. Mais j’ai du mal à y croire. Gabriel a toujours été quelqu’un de droit, de sérieux. Vous savez je l’ai connue adolescente et c’était le genre de garçon qui faisait la morale aux débauchés.
Si elle n’avait pas été pas en capacité de me voir, j’aurais certainement sourit. Sans connaître la victime, j’avais tout de suite vu en elle ce côté propre sur lui, très éthique et irréprochable. Tout le contraire de ce qu’inspirait Julia Dublais en fait. Cette femme à l’allure brutale. En admettant que je la croise par hasard dans la rue, j’aurais tout de suite l’idée de la décrire comme une roturière qui survit dans sa campagne.
- Pensez-vous qu’un événement ou quoique ce soit ait pu le pousser à consommer des substances illicites ?
Je devais paraître totalement détaché à chaque fois que j’ouvrais la bouche, mais délivrer un interrogatoire c’est tout un art. J’aurais également pu lui affirmer que son mari se droguait - et c’est peu de le dire - mais qui sait si ce n’est pas elle qui le droguait ? Alors elle pourrait prendre cette information et la tourner à l’envers pour me duper. Quand on est flic on envisage toutes les possibilités. Et puis faut l’avouer, la corpulence et les manières de cette femme m’ont tout de suite alertées, comme si elle avait le profil idéal de celles qui commettent les crimes passionnels.
Elle ne répond pas. Je crois que j’ai touché un point sensible. Je me tourne vers elle, le regard insistant. Elle m’a tout l’air de se décontenancer. Qu’elle crache le morceau ! Au lieu de cela, elle se mord l’intérieur de la joue, je le vois même de mon emplacement.
- Vous savez, tout est important pour l’enquête, j’ajoute pour la faire passer aux aveux.
- Oui. Mais je ne vois pas en quoi cela pourrait avoir un rapport avec la mort de mon mari.
C’est à moi de décider si oui ou non ça me sera utile.
- Il se pourrait bien que… que le…
Sur le moment j’ai l’impression qu’elle va se mettre à pleurer à chaude larme. Elle se retient.
- Le décès de notre fils a été une très mauvaise passe pour tous les deux.
Bingo !
C’est comme ça que j’ai fait le rapprochement entre Gabriel sérieux et Gabriel camé. C’était clair comme de l’eau de roche. La seule chose qui clochait c’est que cet élément me poussait à repenser l’acte de suicide. La mort d’un enfant sur la conscience est le genre d’accident qui peut vous détruire au point que vous souhaitiez le rejoindre. Pourtant, en voyant Julia Dublais, je ne voyais ni une veuve, ni une femme endeuillée.
- C’était il y a quinze mois. Après un petit accident il a dû... se rendre à l’hô-hôpital. Là-bas les médec-in-ins lui ont découvert un cancer... de dernière phase. Il est parti trois semaines plus tard.
Elle a craché ces mots entre trois toux de désespoirs et un reniflement puissant. Cette fois les larmes coulent sur son visage aussi vite que l’eau tombant d’une falaise. Mais moi j’ai besoin de réfléchir. Ce gamin est mort il y a un an et trois mois. Difficile de relier cet aspect de la vie de Gabriel à son présumé meurtre. Non, le suicide était vraiment la seule piste que je voyais se dessiner.
Ou alors…
Finalement, Julia y est peut-être pour quelque chose. Elle est tout à fait capable de tenir un fusil, et peut-être même qu’elle sait chasser. Terrassée par la mort de son seul fils, celui qui la sortait de sa vie morose, elle en a voulu à la seule personne qu’elle côtoyait au quotidien. Ça me paraît évident. Quand on a mal, on se défoule. Qui de mieux placé que Gabriel, son mari, pour subir les coups ? Pour la drogue, facile. Elle l’aurait mis dans ses repas, sans qu’il ne s’en rende compte et…
- Vous étiez obligé de me poser toutes ces questions ?
Tout d’un coup la femme enrobée est devant moi et semble m’agresser comme un chien enragé. Les yeux rouges de larmes, la peau de son visage toute humide, elle ne m’inspire rien d’autre que du dégoût mais je reste droit, je ne cille pas.
- Madame, je vous en prie, calmez-vous.
Je prend une voix tranquille, presque suave.
- Ce que vous venez de m’apprendre est primordial au contraire. Vous ne vous en doutez peut-être pas, mais ça apporte beaucoup à l’enquête.
Oh oui, et ne t’inquiète pas que tu seras bientôt au courant de sa tournure.
Je prends le risque de poser ma main sur l’épaule gauche de Madame Dublais. D’un air faussement attristé, je reprend la parole avant qu’elle me hurle dessus.
- Ne vous en faites pas, je ne vais pas vous embêter plus longtemps. Je vous convoquerai peut-être au commissariat un peu plus tard, quand on sera plus avancés. J’ai encore besoin de vous.
J’en profite pour me diriger vers la sortie. Elle me suit du regard mais je sens qu’elle est trop touchée pour me retenir ou me balancer un autre reproche. La lassitude la prend à la gorge, ou bien est-ce le remord ? Moi je prends la porte. Sans montrer la moindre gêne, je salu la dame et sors de sa maison dont l’odeur commence à devenir insupportable. Tout ce bois vernis et ces tapisseries, ça m’angoisse.

Ma voiture m’attendait dans la cours boueuse de la propriété Dublais. Sans attendre j’ai grimpé dedans. J’éprouvais l’irrésistible envie de me frotter les mains comme on le fait après une affaire bouclée. Néanmoins, à ce moment là, quelque chose me disait que j’étais encore loin de la vérité. Alors je me suis contenté de rentrer au commissariat en espérant que mes gars aient avancé sur le terrain. Quand je suis arrivé dans mon bureau, 11h00 avait déjà sonné. Le temps passe vite, c’est dingue. Moi qui pensais que je pourrais me recueillir sur mon dossier pour y réfléchir sereinement…




4




- Commissaire, on a du nouveau, affirme Gourdier comme l’aurait fait un sergent de l’armée en pleine mission de guerre.
Je lève les sourcils pour qu’il continue. Au lieu de l’ouvrir tout de suite il balance deux-trois photographies sur le bois recouvert de documents de mon bureau. En me penchant dessus je vois deux véhicules bien différents.
- Là c’est l’utilitaire de la victime. Elle est comme neuve et elle appartient à la société CMV Expertise. Gabriel Dublais y était comptable depuis cinq ans.
L’officier fait glisser une autre photographie sur le dessus. Cette fois je vois un tas de ferraille mal conservé dans les teintes marrons ou grises qui git dans un fossé. Le véhicule à l’air totalement embourbé dans la terre trempée. En fond on ne peut voir qu’un boisement dégarni.
- Ça, c’est la camionnette qu’on a retrouvée à environ cinq cent mètres de la scène de crime. Gérald a vérifié la plaque. C’est un véhicule qui a été déclaré volé il y a à peine quarante huit heures. Il appartenait à un fermier du hameau de Pinebart à Jouy-sur-Morin. Le siège conducteur est tâché de sang séché. Il y en a même jusque sur les pédales et sur le volant.
D’accord. Je vois pas comment Julia Dublais pourrait avoir fait ça. Au fur et à mesure qu’on avance, le papier se noircie et j’y vois de moins en moins clair.
- Ah, et on a retrouvé un téléphone portable sur le siège passager de la camionnette. Un technicien est dessus pour le déverrouiller.
- Merci, Fred.
Gourdier me fait un signe de tête, le signe qui veut dire « Y a pas de quoi » alors que je sais très bien qu’il pense plutôt « J’ai juste fait mon job ».

Moi j’attends qu’il sorte de la pièce. Il faut que je recolle tous les morceaux et c’est pas sûr que je m’en sorte tout seul. Je saisi le téléphone fixe du commissariat.
- Brigadier, j’ai besoin de toi dans mon bureau. Maintenant.
Je raccroche bien gentiment après que Gérald ait dit « Oui » sans trembler. Sur le bureau, les images des véhicules me font de l’oeil. Elles reluisent comme des preuves toutes neuves qui ne mènent pourtant qu’au tourment. Si Gabriel Dublais s’est suicidé, je le jure que j’irai hurler sur sa tombe qu’il aurait mieux fait de faire ça comme tout le monde : avec une vieille chaise et une bonne corde bien solide.
- Vous m’avez demandé commissaire ?
Je relève les yeux vers Gérald Trussaut, et je sens ma main droite se desserrer lentement, ce qui me donne une impression étrange de libération. Comme chaque fois que je le voyais, sa jeunesse m’éclatait à la figure et me renvoyait, comme le ferait un miroir diabolique, mon image de vieux flic. Ils étaient loins les jours durant lesquels j’exécutais aveuglément les ordres de mon supérieur hiérarchique. Le temps où je coupais mon travail de ma vie privée. Aujourd’hui les deux sont trop étroitement liés, ma gorge en est presque nouée.
- Je pense que le meurtre de Dublais est connecté avec ses problèmes familiaux. Son gamin est mort à cause d’une maladie. Tu vérifieras ça. La femme Dublais, si elle y est pour quelque chose ce n’est qu’inconsciemment et indirectement.
Il hoche la tête, vu son statut ici, on ne lui demande que ça. Mes narines se gonflent. Mais Gérald doit en avoir l’habitude maintenant, il voit ça dès que les théories folles se profilent dans mon esprit tordu. C’est là que je me demande si je vaux vraiment mieux qu’un de ces tueurs. Le téléphone fait un boucan pas possible et déjà que j’avais du mal à me concentrer, c’était vraiment pas le moment. Mon bras part aussi vite qu’une balle de revolver et attrape le combiné.
- Commissaire Vibero…
C’est Gilles. J’entends dans sa voix qu’il n’a pas vraiment dormi cette nuit.
- C’est le sang de la victime qui recouvre l’intérieur de la camionnette. 
Je ne peux réprimer un grognement. Pas de nouvelle piste, rien qu’un noeud de plus sur la corde de l’enquête.
- Si tu veux mon avis, vu la disposition du sang dans le véhicule ça veut dire que la victime était aux commandes. Il n ‘y aucune autre empreinte dans ce vieux débris à part celles du propriétaire. 
Je remercie le légiste, il raccroche. J’avais presque oublié la présence de mon brigadier qui était resté planté là, juste devant la porte, depuis qu’il était entré. Tout se complique à chaque nouvelle information. Je pose mes deux coudes sur le bureau et plonge ma tête entre mes deux mains abîmées. Je me fiche du jugement de Gérald qui est certainement en train de prendre peur. Si même le commissaire chargé de l’enquête est perdu, en général c’est très mauvais signe pour la suite. Mais au bout d’un moment, le savoir là, en train de regarder ma nuque ou les posters de Hitchcock juste derrière moi, ça m’oppresse.
- Vas voir Steven pour savoir s’il a pu trouver quoique ce soit dans le téléphone portable. Et si le Petit Briard vient encore toquer à la porte de ton bureau dit leur bien d’aller se faire voir. On a d’autres chats à fouetter que des journalistes assoiffés de sang.
- Bien monsieur.
Ce que j’aime chez Gérald c’est qu’il ne s’éternise jamais. Et puis, on ne peut pas lui reprocher de parler pour ne rien dire. Quand la porte se referme dans un grincement je prends une grande inspiration avant de plonger dans le grand bain. La photographie de l’utilitaire possède un détail dont aucun de mes collègues m’a fait part. Avec la loupe je peux voir des tâches de sang sur l’asphalte. Faut dire qu’elles sont assez importantes, mais surtout elles sont étrangement éparpillées. C’en est trop. A quoi mènent tous ces indices sans lien ? Mon incompréhension me rend violent, à tel point que je sens ma main lancer cette fichue loupe contre le mur droit. J’en obtiens rien, pas même un soulagement.

J’ignore si c’est à cause du vacarme du verre brisé ou une simple coïncidence mais la minute d’après, Steven est entré dans mon bureau suivi de Gérald. Je pencherais pour la seconde hypothèse en voyant leur visage dépourvu de toute inquiétude. Ils ont plutôt l’air de détenir une vérité que je ne peux même pas imaginer. Je me redresse d’un seul coup, les yeux écarquillés par la surprise.
- Alors quoi ?




5




- Le cellulaire appartenait à la victime, commissaire.
Steven dépose le smartphone enveloppé dans un sac en plastique sur mon bureau. Mais je ne peux pas m'empêcher de fixer le technicien. Inutile que je regarde cet appareil, je n'y comprendrais rien de toute façon. Je veux juste qu'on m'explique ce que ce truc apporte à l'enquête.
- Il a fallut le recharger pour pouvoir l'analyser mais il n'était pas éteint quand on l'a trouvé. Les seules empreintes que l'on a révélées dessus sont celles de Gabriel Dublais
- Bien... et ?
- On a découvert des sms étranges, qui font référence à des versements d'argent. Les cyber-enquêteurs ont découvert des rentrées d'argent régulières sur le compte de M. Dublais. Des sommes de plus en plus importantes échelonnés dans le temps depuis un peu plus d’un an. Le tout proviendrait d'une seule et même société basée en Suisse. 
Les mimiques me reprennent et je soupire pour éviter de les faire transparaître. Mentalement, je fais une pause, les doigts appuyés sur la tempe pour faire le vide dans la pièce. Mais je me rends vite compte que je manque d’éléments pour reconstruire le contexte. Steven à l’air d’avoir compris qu’il lui faut intervenir.
- On pense sérieusement que ce gain d’argent est relié à une application de son téléphone. Play the Game. Lorsque j’ai tenté de lancer le jeu un message s’est affiché automatiquement, il disait : « Game Over ».
- Et qu’est-ce qu’un jeu virtuel vient foutre dans cette histoire de meurtre ?
- Tout l’argent qui a été crédité au fur et à mesure pendant les 14 mois recensés à été débité d’un seul coup hier à 18h00.
- Alors… le jeu serait une sorte de maître chanteur ? Dublais meurt, le jeu s’arrête et l’argent disparaît ? 
Steven n’a pas besoin de hocher la tête, je lis dans ses yeux qu’il confirme ma version. Ça devait avoir l’air totalement con comme raisonnement vu de l’extérieur, mais quand on est flic depuis autant de temps que je le suis, on sait que la réalité d’un crime s’approche sans mal le scénario d’un Spielberg. N’empêche que tout ça reste assez vague. Il me faut plus de précisions, plus de preuves en somme.

Après cet entretien, j’ai viré tout le monde de mon bureau. J’ai passé un coup de fil aux cyber-enquêteurs qui m’ont assuré terminer d’extraire toutes les informations de cette application tordue dans les deux heures. Ce que j’ai fait en attendant de recevoir cet e-mail ? Un bon vieux schéma mural. J’ai pu relier la mort du filston Dublais avec le début de la dépression de Gabriel et son plongeons de ce piège à con qu’est Play The Game. C’est en traçant ces lignes que je me suis demandé si la veuve Dublais ne jouait pas un rôle dans tout ça. Quelque chose m’a fait penser qu’elle était au courant et qu’elle n’a rien empêché.

De : Steven Gallet
A : Jean Vibero
Le : 14 novembre 2017, 15:07

Voilà le rapport détaillé des versements et retraits d’argent fait sur le compte de Gabriel Dublais en lien direct avec l’application Play The Game.

Septembre 2016 : Total des crédits > 50€
Octobre 2016 : Total des crédits > 130 €
Novembre 2016 : Total des crédits > 230€
Décembre 2016 : Total des crédits > 310€
Janvier 2017 : Total des crédits > 390€
Février 2017 : Total des crédits > 470€
Mars 2017 : Total des crédits > 550€
Avril 2017 : Total des crédits > 630€
Mai 2017 : Total des crédits > 710€
Juin 2017 : Total des crédits > 790€
Juillet 2017 : Total des crédits > 870€
Août 2017 : Total des crédits > 950€
Septembre 2017 : Total des crédits > 1 030€
Octobre 2017 : Total des crédits > 1 110€
Novembre 2017 : Total des crédits > 290€
13 novembre 2017 : débit > 8 510€

J’ai réussi à pirater l’application via le téléphone de la victime afin de récupérer au moins son historique. Quatre fois par mois, Gabriel recevait une notification lui demandant de réaliser un gage en échange de quoi il se verrait verser de l’argent. Le tout premier gage était quelque chose de très simple banal et sans danger. M. Dublais a dû se laisser tenter. Il s’agissait d’abord d’envoyer un simple message d’invitation à un numéro qui lui était inconnu contre cinq euros. Il l’a fait et a bien reçu l’argent sur son compte lorsqu’il a présenté la preuve de son fait (c’est-à-dire une capture d’écran), alors il a continué. Chaque fois qu’il recevait un nouveau défi, il avait une semaine pour le réaliser, envoyer une photo témoin, et au terme de ce laps de temps il voyait son compte bancaire gonfler de manière proportionnelle au niveau du défi relevé.

Alors j’imagine moi-même le scénario meurtrier de cette application malsaine. A un moment donné les défis qui s’affichaient sur son écran de téléphone ne devaient plus être de simples jeux. La semaine dernière la notification a dû demander à Gabriel Dublais de subtiliser la camionnette des fermiers de Jouy-sur-Morin, celle qu’on a retrouvée non-loin du corps. J’imagine qu’il a mit du temps avant de réussir son coup. Je pense qu’il s’y est pris à plusieurs reprises et ça confirmerait ce qu’a rapporté l’enquête de voisinage. Quelqu’un rodait autour du domaine Armand la semaine dernière, et paf, la camionnette disparaît. Quant à lundi matin, il n’a pas dû recevoir un coup de fil. Il a simplement mimé un appel téléphonique mais il devait s’agir du défi de la semaine. Julia Dublais a forcément remarqué l’angoisse grandissante de son mari, pourtant elle n’a pas fourré son nez dans ses affaires.

Le défi de lundi 13 novembre s’est avéré être texto : « Après le vol, quel est le pire des maux qui briserai les 10 commandements ? Vous l’avez deviné ! Vous allez devoir tuer de votre propre initiative. Peu importe votre victime. Une somme exceptionnellement plus importante vous sera versée et le jeu pourra alors se terminer. »

Je vous envoi le détail des défis

Pour la faire courte, dans le détail des défis j’ai vite compris pourquoi Dublais avait le sang blanc. L’application a demandé pendant trois semaines à ce que Gabriel teste trois drogues dures. Il ne lui en fallut pas plus pour devenir complètement accros, le pauvre mec. Et dire que c’est un foutu programme informatique qui a engendré la descente aux enfer de ce type.

Lundi 13 novembre, Gabriel a reçu cette fameuse notification lui demandant naturellement de commettre un meurtre pour toucher le pactole. Mais même la drogue ne fait pas de vous un criminel si vous êtes assez bon pour discerner le bien du mal. Ce type là a résisté. Pas longtemps certes, mais il a résisté. Qu’est-ce que vous auriez fait à sa place ? Vous auriez affronté la colère d’un jeu virtuel ? Qui sait ce qui se cache derrière cette application ? Alors Gabriel a décidé de se suicider. Il a prit le fusil de chasse du beau-père, il la foutu sur sa guibolle, en plein sur une route de campagne, il a tiré et s’est troué la peau une fois. Le sang a giclé. Il a hurlé comme un porc qu’on égorge. Mais ça n’a pas suffit. Le bougre n’a pas été capable de foutre sa vie en l’air, même en s’imaginant être responsable de la mort de son fils. Un vrai dégonflé. Il a grimpé dans la camionnette volée, a étalé le fluide rouge partout par la même occasion, et il a roulé, peut-être pour aller à l’hôpital. M’enfin, c’est difficile d’enfoncer la pédale quand les nerfs et les muscles sont touchés. Alors un peu plus loin il est descendu du véhicule et s’est réfugié dans cette cabane minable pour souffrir à l’abri des regards indiscrets. Le sang coulait difficilement. Un peu trop lentement à son goût. Pour abréger ses souffrance, il s’est tailladé l’avant-bras, juste pour accélérer le processus. Ce con n’a même pas pensé à prendre une photo de son corps meurtrie avant de rendre l’âme. Il aura fait tout ça pour rien : l’argent lui a été reprit.

Et dans ce genre de cas, qui est-ce qu’on blâme ? Un pauvre gars qui s’est suicidé parce qu’on le faisait chanter, qu’on le harcelait ? Ou un inconnu masqué, planqué derrière un système informatique ?

Mais qui est derrière les commandes, putain !?

La frustration de cette enquête a été si grande que j’ai tout plaqué cette semaine-là. Commissaire Vibero n’est plus, il est trop vieux pour cette connerie de nouvelle technologie.
End Notes:
J'espère que les notes d'humour noir et que le côté tragique et sombre de cette histoire vous aura plu ! Sachez que le coeur de cette nouvelle provient d'un texte que j'ai écrit pour le Calendrier de l'Avent du Heron 2017 (c'est le premier texte de mon recueil...)
Cette histoire est archivée sur http://www.le-heron.com/fr/viewstory.php?sid=1759