Cascade by WarmSmile
Summary:

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Crédits : ArtsyBee sur Pixabay, montage par mes soins.

 

Personne ne peut réellement quitter son clan, c'est une règle absolue.

 

Participation au concours 'A vos claviers cube'

d'ExtraaTerrestre et de The Night Circus.

 


Categories: Romance, Fantastique Characters: Aucun
Avertissement: Aucun
Langue: Français
Genre Narratif: Nouvelle
Challenges:
Series: A Vos Claviers ³, Les textes mouillés d'Hérodote
Chapters: 6 Completed: Non Word count: 6278 Read: 15259 Published: 22/06/2018 Updated: 27/08/2018

1. Chapitre 1 by WarmSmile

2. Chapitre 2 by WarmSmile

3. Chapitre 3 by WarmSmile

4. Chapitre 4 by WarmSmile

5. Chapitre 5 by WarmSmile

6. Chapitre 6 by WarmSmile

Chapitre 1 by WarmSmile

Paulin contempla la maison traditionnelle japonaise qui se dressait devant lui, oscillant entre l'admiration et la fatigue. Le jeune homme n'était pas d'ordinaire chanceux, avoir gagné un lot lors du tirage au sort de son centre commercial l'avait laissé surpris.

Le jeune homme avait glissé le papier avec son nom et ses coordonnées tout en estimant à zéro la possibilité de gagner. Lorque Paulin avait été contacté pour être informé qu'il avait été sélectionné, le jeune homme avait en premier lieu songé à un canular. Paulin n'était également pas superstitieux, il avait donc simplement souri en constatant que l'annonce était tombée un vendredi 13.

Le jeune français franchit donc épuisé le seuil du machiya. Après un premier vol France-Tokyo puis un second entre Tokyo et Osaka avant un passage dans le Shinkansen afin de rejoindre Kyoto, Paulin ressentait le besoin de se reposer.

Après avoir complété les formalités à l'accueil et déposé ses bagages dans sa chambre, le jeune homme décida de parcourir rapidement le lieu avant de passer se rafraîchir. 

Le choc culturel était là, du tatami au futon en passant par la structure en bois de la demeure. Tandis que Paulin quittait la cuisine qui était librement accessible aux visiteurs, un homme le percuta avant de le contourner sans un mot d'excuse.

Paulin n'eut pas le temps de l'interpeller, il ne put que noter la grande taille de l'homme avant de se retrouver de nouveau seul. Le jeune homme claqua sa langue contre son palais en signe de mécontentement avant de décider que cela ne valait pas la peine de chercher plus loin.

Le jeune visiteur continua d'explorer les lieux avant de se retrouver dans un petit jardin. Il resta immobile lorsqu'il entendit les brides d'une conversation, trois voix résonnant près de lui, deux masculines et une fémine. Paulin remarqua que la femme possédait un accent asiatique.

- Un nouvel échec, voilà où nous en sommes ! Nous avons cherché dans tous les lieux qui avaient une signification à ses yeux !

- Je ne suis pas d'accord, je pense que nous touchons au but, je le sens. Retournons en France, c'est bientôt votre anniversaire de mariage. Essayons le lieu de la cérémonie, nous avons tous passé du temps dans cette clairière, particulièrement près de la chute d'eau, nous pourrions nous croiser là-bas.

- Messieurs, nos clans sont alliés depuis plusieurs siècles, ayez confiance en nos tentatives d'aide. La personne que vous recherchez viendra jusqu'à nous, n'ayez aucun doute à ce sujet. En attendant, prolongez votre séjour parmi nous .

- Nous vous sommes reconnaissants de votre aide et vos connaissances en la matière sont vastes mais il reste si peu de traces.

- Le temps aura fait son œuvre de son côté, c'est indéniable et l'oubli aura balayé ses souvenirs mais au fond il restera un lien, certes ténu mais existant. Personne ne peut réellement quitter son clan, c'est une règle immuable.

- Les règles ont toujours des exceptions. J'ai donné ma parole à ceux restés chez nous de régulièrement donner des nouvelles, veuillez nous excuser, nous allons nous retirer pour la soirée.

Paulin se précipita vers l'intérieur de la bâtisse, inquiet de se retrouver sur le chemin des deux hommes. L'homme espéra ne pas être tombé dans un repère de mafieux.

Le jeune français entra dans sa chambre avec l'intention de ne pas en ressortir dans l'immédiat, il aurait aimé pouvoir prendre un bain après un si long voyage mais la fatigue et une pointe d'inquiétude firent pencher la balance, Paulin s'allongea dans l'espoir de se reposer avant de partir à la recherche de la salle d'eau.

Paulin se réveilla au son d'une voix féminine l'informant que le repas était prêt. Le jeune homme laissa échapper un cri de surprise, la vision d'une femme âgée en kimino penchée au-dessus de lui l'effrayant avant de se souvenir qu'il n'était plus en France.

Paulin suivit son guide, plus dans le but de ne pas vexer son hôte plutôt que par la faim. Il y avait foule dans la pièce principale, une douzaine d'hommes et de femmes d'origine asiatique se tenaient immobiles, portant des vêtements modernes.

Il n'était cependant pas le seul caucasien, l'homme qui l'avait bousculé plus tôt dans la soirée était installé à l'écart, picorant dans son assiette sans réellement se nourrir. Paulin l'imita, déconcerté par le contenu de son assiette.

Le silence régnait avant que l'hôtesse ne prenne la parole, s'adressant au colosse.

- Jeune homme, est-ce un tatouage que j'aperçois près du col de votre chemise ? Pourrais-je le voir de plus près ? C'est si rare d'en apercevoir dans notre pays.

L'interpellé écarta les pans de tissu après avoir déboutonné quelques boutons. Paulin faillit lâcher le verre qu'il tenait en apercevant  un cercle rouge semblant onduler sur la poitrine de l'homme.

- Madame, vous faites erreur, je n'ai pas de tatouage.

Paulin entendit ses voisins chuchoter discrètement à propos de l'âge avancé de la propriétaire des lieux. Le jeune homme n'arrivait pas à détourner le regard de l'homme. Quelques instants plus tard, le cercle se brisa avant d'onduler, formant le chiffre 13. La couleur du tatouage évolua également, prenant une couleur proche de celle du sang tout en battant au même rythme régulier que celui d'un cœur.

Le verre du jeune français glissa d'entre ses doigts, Paulin n'avait pourtant pas touché à la bouteille de saké qui était à disposition près de lui. Il s'excusa auprès de l'hôtesse des lieux avant de saisir sa serviette et d'éponger l'eau rependue.

Lorsqu'il balaya le lieu du regard, le colosse n'était plus là mais la femme lui sourit, une lueur étrange éclairant son regard, donnant ainsi la chaire de poule à Paulin.

- Le chiffre 13 est spécial, n'est-ce pas ?

Paulin sursauta avant de se lever et de retourner dans sa chambre tout en priant pour que sa vision ne soit que le fruit de sa fatigue.

 

 

 

 

 

Chapitre 2 by WarmSmile
Author's Notes:

Citation : Victor Hugo dans ‘Mille chemins, un seul but' : ‘aimer, c’est avoir dans les mains un fil pour toutes les épreuves, un flambeau pour tous les chemins, une coupe pour tous les fleuves !’.

 

Alaric observait son tatouage dans le reflet du miroir en pied tout en affleurant du bout des doigts le contour du chiffre 13. Deux décennies à rechercher une personne avait épuisé sa patience. Ambre lui manquait terriblement et constater que son tatouage perdait progressivement son opacité le rendait fou de colère.

Les siècles qu’ils avaient passés en couple lui garantissait que la magie soit encore active quelques années mais l’idée même que le chiffre représentant Ambre au sein du clan soit en voie de disparition lui était insupportable.

Ce tatouage était la preuve de son lien avec sa moitié. Aussi longtemps qu'il porterait ce symbole, Ambre serait capable de venir le chercher dès le premier jour de sa prochaine réincarnation. Et lorsqu’ils étaient ensemble, le tatouage revêtait le même symbole qu’une alliance.

Alaric désespérait de contempler de nouveau le visage d'Ambre, certain que son apparence serait inchangée au moment de cette prochaine rencontre. Le numéro 13 était l’unique immortel au sens traditionnel du terme suivant la loi de l’équilibre, un gain contre un sacrifice.

Ambre n’avait pas gagné la capacité de se réincarner comme les 12 autres membres du clan mais la possibilité de les retrouver à travers le monde entier en échange de l’impossibilité de se reposer.

Les premiers siècles, ils avaient caché le numéro 13 mais le temps passant et le nombre de menaces diminuant, le clan avait relâché sa surveillance. Alaric avait alors commencé à voyager afin de participer à la fructification des affaires commerciales du clan.

L’homme n’avait alors pas compris qu’il mettait son union en péril, sa moitié chérissait sa petite vie casanière et sa patrie natale, la France.

Certains d’entre eux associaient le départ d’Ambre à de la désertion. La vérité était différente, c’était lui le déserteur. Alaric avait oublié de plus en plus souvent de revenir à la maison.

Et il ne lui restait plus que des souvenirs. Depuis des années, il rêvait que de pouvoir déguster de nouveau les petits plats d’Ambre, d’entendre son rire et de sentir son corps sous ses doigts.

Parfois, la nuit, il rêvait de sa première vie, de ces fois où il introduisait Ambre sous sa tente de soldat malgré l’interdiction de laisser entrer des civils dans le campement.

L’histoire entière était sa faute, la sorcière l’avait repéré et désiré pendant l’une de ses rondes dans le château de son seigneur. Devant ses refus répétés, elle avait l’avait asservi de force au cours d’une rencontre dans un village, entraînant onze personnes présentes par hasard ce jour-là en plus d’Ambre.

Alaric avait continué de lui résister même après l’enchantement, la magie de la sorcière avait ses limites, elle ne pouvait pas se passer de son consentement. Pendant des siècles, ils avaient été sa milice privée, avant qu’Ambre ne réussisse à détruire l’emprise qu’elle détenait sur eux.

Alaric revint à la réalité et se détourna du miroir lorsque son estomac se rebella une nouvelle fois. Alaric pouvait encore sentir le goût de ce plat japonais qu’il avait avalé au cours du dîner.

L’ancien soldat se dirigea vers son sac afin de pouvoir extraire un bonbon, le goût de la confiserie l’aidant à oublier sa brûlure d’estomac. Un frisson le traversa au moment où il remonta la fermeture éclair, attirant son attention vers la fenêtre.

Après s’être approché, il constata qu’elle était légèrement ouverte. Alaric scruta alors le jardin et surveilla plus particulièrement l’oiseau qu’il pouvait voir voler. Lui, au contraire, se sentait comme un oiseau en cage depuis la disparation d’Ambre. L’ex-soldat observait les rayures de l’épervier japonais lorsqu’il entendit un bruit.

Il ouvrit entièrement la fenêtre avant de se pencher, Glenn se tenait sous sa fenêtre, le frère d’Ambre semblant déambuler dans les allées du jardin. Alaric pensa alors à la réflexion de son compagnon de voyage. Effectivement, son anniversaire de mariage approchait.

L’ancien soldat se souvenait parfaitement de chacune de ces cérémonies. Retrouver la mémoire de toutes ses vies à chaque renaissance était réellement un trésor. Sans elle, il ne pourrait pas revenir complètement à chaque renaissance. Et c’était de nouveau grâce à Ambre qui sacrifiait à chaque fois une partie de sa propre mémoire en échange de ce gain.

De ces cérémonies, il se remémorait le sourire de sa moitié tandis qu’il avançait sur le sentier, chaque fois dans un corps différent tandis qu’Ambre demeurait identique.

Il y avait également le son provenant de la cascade, l’odeur parfumée des glaïeuls d’eau et la douceur de l’herbe sous ses pieds nus. Sur son assiette, il trouvait toujours une petite note d’Ambre contenant la même citation de Victor Hugo : ‘aimer, c’est avoir dans les mains un fil pour toutes les épreuves, un flambeau pour tous les chemins, une coupe pour tous les fleuves !’. C’était à chaque fois un merveilleux rappel qu’Ambre avait bien l’intention de venir le chercher dans sa prochaine vie.

Alaric vivait dans son corps actuel depuis quarante ans. Il voyait parfois ses parents qui avaient donné naissance à sa réincarnation actuelle, cependant sa fidélité allait à son clan, le lien avec sa famille de naissance étant par conséquent ténu.

Sur ses vingt-deux années de mariage, il n’avait connu Ambre qu’uniquement deux petites années. Il avait réellement déserté son foyer, se reposant sur ses souvenirs pour soutenir sa vie amoureuse. C’était sa plus grande erreur depuis sa rencontre avec la sorcière.

Alaric inspira avant d'expirer afin de revenir pour la deuxième fois de la soirée à la réalité, déçu de ne rien sentir ni de rien entendre de spécial mais certain qu’il n’arrêterait jamais les recherches.

 

 

 

Chapitre 3 by WarmSmile
Author's Notes:

Ce chapitre contient un élément de l'intrigue que j'avais soigneusement caché pendant les deux premiers chapitres dans l'espoir de vous surprendre ^^.

 

Adresse de l'expéditeur :

confidentielle

Hôtel X

Alaric X

X

14XXX XXXX

 

Le 17 janvier 1998

 

 

Alaric,

 

J'imagine précisément ce que tu me diras la prochaine fois que nous nous verrons, tu lèveras les yeux au ciel tout en m'assénant que je suis de nouveau romantique au-delà du raisonnable, qu'un simple appel pour te remercier aurait suffit au lieu d'une lettre. Sais-tu ce que je te répondrai ? Que tu as commencé le premier avec ce cadeau, que les mots s'envolent et que je désire que tu te rappelles de mes remerciements.

Sois rassuré, les glaïeuls d’eau que tu m'as offert ont bien pris racine dans notre jardin. Elles me rappellent le premier jour de notre rencontre. Les environs du champs dans lequel je semais était recouvert de ces fleurs, et toi qui marchais au milieu d'elles, t’époumonant parce que je ne me précipitais pas assez vite afin de te rejoindre tandis que tu avais l'ordre de rassembler les fermiers pour les mener dans l'enceinte du château dans la crainte d'une prochaine bataille.

Les fleurs étaient peut-être un détail indigne d'être retenu au milieu de cette dangereuse situation mais je me souviens du parfum florale qui flottait autour de toi lorsque je t'ai rejoint.

C'est aussi la présence de ces glaïeuls d’eau auprès de la cascade qui m'a fait choisir ce lieu pour chacune de nos cérémonies d'union. Et je contemple notre jardin tandis que j'écris ces quelques mots.

Aussi, j'ai une anecdote à partager avec toi, elle ne devrait pas manquer de te faire grimacer. La semaine dernière, j'ai fait un arrêt dans notre nouvelle maison secondaire afin de récupérer l'un de mes pulls favoris que j'avais oublié après mon dernier passage et j'ai entendu une curieuse discussion entre deux de nos voisines tandis que je fermais la porte d'entrée.

Ainsi, je t'informe que le voisinage pense que ta femme te trompe avec un amant qui ne manque pas de toupet de passer en plein jour sur le lieu du crime. Rassure-toi, je te suis toujours fidèle. Il est fort probable que ce soit le malentendu habituel.

Cependant, je préfère te demander confirmation. As-tu bien pensé à préciser à notre voisinage que j'étais un homme au moment où tu as préparé l’emménagement ? Pourquoi faut-il que le prénom d'Ambre soit mixte ? Et surtout, pourquoi, contrairement à l'époque où nous sommes nés, ce nom soit-il maintenant plus porté par des femmes que par des hommes ?

Mais je m'éloigne de l'objet de cette lettre, merci Alaric pour ton cadeau. J'attends ton retour de voyage d'affaire et j'espère que tu recevras bien cette missive à ton hôtel, reprend des forces après ce long voyage en avion avant de pouvoir faire les derniers kilomètres jusqu'à chez nous.

A ton retour, nous organiserons un repas afin de réunir notre famille. Glenn manquera bien sûr malheureusement à l'appel. Je souffre de cette période où je ne peux pas lui parler. Mon seul réconfort est que sa famille actuelle s'occupe bien de lui. Il aura bientôt deux ans et grandit bien, c'est là le plus important.

J'ai hâte de te voir, à bientôt.

 

Ambre

 

 

 

 

Chapitre 4 by WarmSmile
Author's Notes:

Et voici le second élément surprise de l'intrigue ^^.

 

 

Malorsie, sorcière de son état, sourit en parcourant la lettre qu'elle tenait entre ses mains. Elle aimait la relire régulièrement, le doux goût de la victoire demeurant intact même après une vingtaine d'années.

Le repas que le numéro treize avait tant souhaité au retour d'Alaric n'avait jamais eu lieu. Et Ambre n'avait jamais revu son précieux petit frère. Cela avait été si aisé, elle avait toujours su qu'il commettrait une erreur un jour ou l'autre.

Elle n'avait eu aucun mal à s'approcher de lui tandis qu'il était en train de s'approcher d'une boite-aux-lettres dans une rue déserte, elle n'avait eu besoin que d'un chiffon imbibé de chloroforme et le tour avait été joué sans même avoir recours à la magie. Et le clan n'avait jamais pensé que le départ d'Ambre n'était pas volontaire.

Souriant toujours, Malorsie glissa soigneusement le courrier dans son coffre-fort avant de prendre le chemin de la cave. Elle descendit l'escalier sans se presser avant de lancer un léger sortilège à la porte tout en sifflotant son air de musique classique préféré.

Le passage s'ouvrit de lui-même, la laissant entrer dans une grotte. Ambre reposait à même le sol dans la même position que la dernière fois qu'elle était passée lui rendre visite. Ces dernières années, elle avait alterné des somnifères et de légers poisons pour le maintenir dans un état d’inconscience.

Malorsie se pencha et avant de faire glisser ses ongles sur la joue d'Ambre. Comme à chaque fois qu'elle posait les yeux sur lui, la sorcière ne put pas s'empêcher de se remémorer le jour où elle avait perdu face à lui, bien des siècles auparavant.

Alaric n'avait jamais été sien mais rien ne l'avait empêché d'en faire à sa guise. Depuis le premier jour après leur rencontre, Malorsie avait suivi l'homme qu'elle convoitait.

Les premiers siècles, le clan était resté uni, vivant ensemble, conscient qu'elle pouvait exiger n'importe quoi d'eux. Malorsie s'était en effet servie des treize hommes afin d'accumuler une petite fortune et elle s'était fait un malin plaisir à les maintenir séparer le plus possible.

Et sa plus grande joie avait été de s'introduire dans la chambre du couple pendant qu'Alaric dormait afin de tenter de l'approcher à sa guise. Ambre ne pouvait pas dormir mais il restait parfois dans le lit à ses côtés mais ce n'était pas toujours le cas.

Lorsqu'Ambre la surprenait dans la pièce, il n'hésitait jamais à l'affronter physiquement. Elle employait alors la magie pour le repousser, le blessant souvent sévèrement au passage. Ambre ne pouvant pas mourir et étant enchaîné à son corps pour l'éternité, chaque victoire avait été la bienvenue même si elle devait payer le contre-coup d'avoir utilisé la magie à mauvais dessin.

Et le bruit avait toujours terminé par réveiller Alaric qui rentrait alors dans une colère noire. Il était magnifique dans ces moments-là, cela n'avait jamais manqué de lui rappeler le soldat qu'elle avait admiré sur le champ de bataille.

Malheureusement, Ambre s'était rapidement mis en travers de son chemin, ne s'éloignant plus de la chambre après l'avoir surprise plusieurs fois. Cela n'avait en rien entamé sa détermination. Malorsie avait provoqué bien des imprévus qui avaient forcé Ambre à s'éloigner de sa demeure pendant la nuit et Alaric ne pouvait pas se passer éternellement de dormir.

Mais, une nuit avait été celle de trop, Ambre l'avait attendue et lui avait jeté un sort. L'homme n'était pas un sorcier mais il avait réussi à en apprendre les bases, surprenant ainsi Malorsie. Cette dernière avait compris par la suite qu'elle ne pouvait plus physiquement s'approcher du clan sans s'évanouir.

Elle avait cherché pendant des décennies le gain qu'elle avait reçu en compensation de cette perte puisqu'il était ainsi que la magie fonctionnait. Malorsie avait menacé d'autres sorciers afin de trouver la réponse et avait terminé par savoir qu'elle ne pouvait plus approcher les membres du clan à l'exception de la personne qui avait lancé le sortilège et qu'elle pouvait localiser à volonté.

Dès cette découverte, elle avait élaboré un plan afin d'enlever Ambre mais des décennies avaient été nécessaire pour le mettre en œuvre, l'homme n'étant que rarement seul. La sorcière n'avait pas pensé que les membres du clan graviteraient réellement autour du numéro treize. N'étaient-ils pas à la base des inconnus sans points communs ?

Malorsie avait conscience d'être impulsive. La création du clan avait résulté de ce trait de caractère. C'était arrivé le jour où Alaric avait refusé ses avances après qu'elle ait appris par hasard plusieurs heures plus tôt l’existante d'Ambre en entendant une conversation entre plusieurs soldats.

Piquée au vif, la sorcière s'était précipitée dans l'enceinte du château où elle savait qu'Alaric était en train de travailler. Malorsie avait lancé le sortilège dès que l'homme avait été à proximité.

Et il lui avait peu importé de connaître l'identité des douze autres personnes qui allaient former le clan, laissant le hasard décider de qui serait dans le périmètre immédiat du sort. Elle n'avait pas imaginé qu'Ambre serait quelques couloirs plus loin.

Malorsie continua de laisser ses ongles courir sur la peau de son prisonnier. L'homme avait payé au prix fort de lui avoir interdit d'approcher Alaric. La colère l'avait emportée quelques pas supplémentaires sur le sentier de la guerre et elle pouvait sentir son sang bouillir rien qu'au souvenir du lendemain de sa défaite.

Mais, à l'heure actuelle, il y avait plus grave à ses yeux. La sorcière devait admettre qu'elle était en train de perdre la guerre. Malorsie appréciait particulièrement cette époque, l'invention des moyens d'espionnage les plus sophistiqués avait changé sa vie.

Son obstination lui avait servi, il avait difficile de localiser Alaric qui n'était finalement pas dans la résidence où elle avait enlevé son rival. Même cela lui avait demandé des années pour que ses mercenaires réussissent à trouver comment s'introduire à l'intérieur de la maison du clan sans être remarqué, elle était en possession d'images de sa cible.

Malorsie avait compté sur le fait que le temps œuvrerait en sa faveur, qu'Alaric finirait par oublier Ambre et qu'elle parviendrait à modifier le sort lancé afin d'être physiquement capable de l'approcher.

Mais elle avait beau être une sorcière, elle était tombée de haut ces derniers jours. Elle devait se résoudre à ce que ses espoirs restent vains. Elle avait menacé une grande partie des sorciers foulant cette terre sans obtenir de résultat, contrairement à la dernière fois.

Et elle était surtout peinée depuis qu'elle avait visionné les dernières images en date d'Alaric. En plus de ne pas avoir touché à une seule affaire d'Ambre comme si ce dernier allait revenir le soir même utiliser sa brosse à dents, il avait prévu un nouveau voyage en Asie afin de tenter de retrouver son compagnon.

La douleur générée par cette découverte avait détruit une partie d'elle. C'était comme si Alaric avait tendu sa main pour lui arracher le cœur de la poitrine. Et elle avait alors l'impression de suffoquer lentement.

Lorsque Malorsie pensait à cette situation ces derniers jours, que les battements de son cœur accéléraient jusqu'à ce qu'elle ait l'impression qu'il se cognait contre ses côtes et que ses poumons refusaient d'inspirer de l'air, la sorcière se retrouvait ainsi terrassée par cette émotion forte.

Elle devait alors se forcer à inspirer avant de lentement expirer jusqu'à ce qu'elle retrouve son calme. La douleur refluait alors temporairement jusqu'à sa prochaine manifestation.

Puis, d'autres émotions prenaient également le relais de la douleur, la jalousie et la colère se mélangeaient aussi au maelström de ses sentiments. Que pouvait bien avoir cet homme de plus qu'elle ? Ambre était un homme banal, même pire que cela, il ne pouvait pas être considéré comme un beau spécimen de la gente masculine. Et Malorsie savait qu'Alaric était capable de désirer une femme, il ne s'en était pas privé au cours de sa première vie avant cette rencontre maudite avec ce fermier.

C'était la goutte de trop à ses yeux. Malorsie avait décidé qu'elle valait mieux que ça, qu'elle méritait un homme qui ne pense qu'à elle. La décision était donc prise, elle allait tourner la page. Il ne lui restait plus qu'à se débarrasser du clan.

Concernant Ambre, l'homme devait conserver son immortalité ainsi que sa possibilité d'échanger des souvenirs, il n'avait cependant jamais été mentionné qu'il devait être relié au clan de la Cascade. Elle pouvait créer un nouveau clan et y insérer Ambre.

Quant au déséquilibre crée par son départ, il suffirait d'y introduire un nouveau numéro treize. Et afin que le clan de la Cascade ne vienne pas réclamer vengeance, il suffirait de déclencher un nouveau cycle de réincarnation. Et cette fois-ci, Ambre ne serait pas là pour les réunir et leur rappeler leur passé.

Malorsie fixa son regard sur les douze coffres en bois contenant chacun une fiole d'un puissant poison. Mais elle devait d'abord se soucier de l’exécution de la première étape du plan, elle se pencha donc sur Ambre et commença à réunir sa magie.

 

 

 

 

Chapitre 5 by WarmSmile
Author's Notes:

 

 

 

 

Ambre ne savait plus depuis longtemps dans quel siècle il se trouvait mais l'homme n'avait pas totalement perdu ses repères.

Il avait appris que l'immortalité créait sa propre échelle des événements. La linéarité n'était plus de mise mais certaines constances dirigeaient sa vie. Ainsi, son passé était son futur.

Ambre était le frère de Glenn, le compagnon d'Alaric et le numéro treize du clan de la Cascade. C'était son identité, ce qu'il était au plus profond de lui.

Son avenir, l'homme le connaissait, la sorcière pouvait bien tenter de lui voler sa vie, elle était vouée à perdre.

 

Perdre, c'était inimaginable à ses yeux. Ambre avait tenu et il luttait toujours. Dans les rares moments où il était conscient, il se réfugiait dans ses souvenirs.

Et pendant ses moments d'inconscience, les poisons le maintenant léthargique, l'homme délirait. Ainsi, dans ses passages-là, il ne sentait pas seul. Ambre s'imaginait sentir l'odeur des glaïeuls et entendre la voix des siens.

Il allait devoir continuer de lutter contre la douleur mais Ambre savait qu'il serait un jour de nouveau en parfaite santé. Lorsqu'il serait de nouveau libre, son corps allait juste avoir besoin de temps pour guérir.

 

Guérir, Ambre en avait besoin afin d'assurer son rôle. Il luttait de toutes ses forces pour reprendre totalement conscience, talonné par la peur que l'un des siens se soit réincarné en son absence.

L'homme était attaché à chacun d'entre eux, de son frère qu'il avait élevé à plusieurs occasions aux membres les plus distants. Il ne pouvait pas supporter que l'un d'entre eux soit peut-être isolé sans possibilité de rejoindre le clan, perdu sans souvenirs.

Sa volonté nourrie par ses émotions, Ambre tenta de s'étirer.

 

S'étirer lui sembla difficile, ses membres répondant difficilement à sa volonté. Puis, Ambre sentit une main glisser sur sa joue. La répulsion le saisit, conscient que son ennemi se trouvait non loin de lui. L'homme haït la sensation des ongles de Malorsie contre sa peau.

Malgré son état de faiblesse, il sentait son esprit plus clair que d'ordinaire. Lorsqu'un souffle de magie en provenance de la sorcière le toucha, Ambre sut qu'il devait réunir ses forces pour se lancer dans la bataille avant que Malorsie ne remporte la guerre.

 

 

 

 

Chapitre 6 by WarmSmile
Author's Notes:

 

Une chanson : 'Leave a light on'

Une langue morte : latin

Un artiste : Tom Walker

Une science : médecine

Une époque : Moyen-Age

Un vêtement : chemise

Élément capital, une ville : Kyoto

 


Je pensais réussir à rejoindre le chapitre où l'explication de ce qu'il arrive à Paulin et à Ambre est totalement expliqué avant la fin du concours mais il faudra finalement deux chapitres supplémentaires pour en arriver là. Je vais tâcher de les écrire au plus vite. En attendant, voici une partie du dénouement ^^.

 

 

 

Dès que les premières veloutes de la magie de Malrosie l'effleura, Ambre sut que le sort allait échapper au contrôle de sa créatrice. Dans ses veines, il pouvait sentir une seconde magie se réveiller et le parcourir.

Et pour la première fois de nombreuses années, l'homme sentit ses douleurs physiques s'évanouir mais son esprit n'était pas aux commandes, poussant Ambre à tenter de se débattre contre les deux emprises différentes tout en essayant de faire refouler la panique.

Ses options étant limitées, l'immortel cessa de lutter contre le second sortilège en espérant pouvoir échapper à Malorsie avant d'affronter ce nouveau problème. Son esprit sembla passer au second plan, refoulé dans un petit espace, son corps commençant à se mouvoir indépendamment de sa volonté tandis qu'il observait les événements en simple spectateur.

Malorsie laissa les mots s'écouler lentement de sa bouche, précisant ainsi en des termes clairs ce qu'elle souhaitait. La magie n'acceptant que des consignes précises, la sorcière formula sa requête de lier Ambre à un autre clan dont elle demandait simultanément la création.

La litanie prononcée dans un latin parfait résonna jusqu'aux confins de la grotte. Malorsie aurait pu s'exprimer en français mais elle avait toujours considéré cette langue ancienne bien plus digne d’interagir avec la magie. Et cela lui rappelait l'époque du Moyen-Age où elle était née et pendant laquelle elle avait étudié cette langue.

Concentrée sur tâche, la sorcière ne remarqua pas les changements qui étaient en train de s'opérer chez son ennemi. La chemise de l'homme, malgré son épais coton, ne suffisait pourtant pas à obstruer totalement la lueur qui s'échappait de son torse. Si elle avait pris garde, Malorsie aurait vu que le tatouage d'Ambre vibrait. Le cercle s'était brisé pour former les douze chiffres du clan.

Le regard d'Ambre était fixe et son visage figé mais le reste de son corps avait recouvré sa mobilité. Perdue dans ses incantations, Malorsie lutta trop tard contre la main qui enserra son poignet. L'éclair de magie qu'elle reçut la plongea dans l'inconscience en quelques secondes.

Le corps d'Ambre continua de se mouvoir indépendamment de sa volonté. L'homme sentait son tatouage s'agiter et il avait reconnu les symptômes d'un second sortilège, reconnaissant l’œuvre d'une deuxième sorcière.

Il se vit s'avancer vers l'entrée de la grotte dont il franchit librement l'ouverture. Ambre avança à pas réguliers dans un salon puis vers une porte d'entrée sans réellement remarquer le décors, sa conscience emplie de l'espoir de pouvoir sortir et revoir les siens.

Ambre n'avait aucune d'idée d'où il se trouvait et la vaste étendue d'herbe s'étalant devant lui ne le réconforta pas. Il était capital qu'Ambre puisse rejoindre la ville la plus proche. Cependant, l'homme n'avait aucune d'idée de la direction que son corps prenait et il ignorait le but de la seconde sorcière.

L'homme marcha lentement, ressentant le contact du vent sur sa peau et aveuglé par la lueur du soleil qu'il n'avait pas vu depuis bien longtemps. Malgré sa vision floue, ses pieds continuèrent d'avancer selon la volonté du sortilège.

Ambre pensa à Alaric et Glenn et espéra qu'il pourrait les revoir prochainement. Les kilomètres défilèrent jusqu'à son arrivée sur un sentier entouré de bambous. Ambre n'avait que rarement voyagé, heureux de sa vie sur le sol français mais il avait par le passé rendu visite à d'autres clans et d'autres numéros 13.

Il se souvenait de la forêt d'Arashiyama, près de Kyoto qui était également une ville tenue par une sorcière depuis de nombreux siècles. Son espoir s'en trouva renforcé de se trouver à proximité d'alliés mais la déception de ne pas se savoir en France, là où son clan devait être, était tout aussi grande.

Ambre avait besoin de revoir Alaric au plus vite. Le couple n'a jamais été séparé aussi longtemps. Et cette question l'obsédait, où était son compagnon ? Etait-il bien en sûreté, loin d'ici ? Si son compagnon avait su ce à quoi il pensait à l'instant, Alaric aurait ri, lui qui avait été soldat dans de nombreuses vies n'avait jamais craint la sorcière.

Ambre éloigna ses pensées de son amant qui lui manquait tant. L’inquiétude prenant le dessus, avait-il une apparence lui permettant de passer inaperçue auprès des personnes qui croiseraient bientôt sa route ?

La réponse allait malheureusement lui être donnée bien plus vite qu'il ne l'aurait souhaité. Quelqu'un avançait en sens inverse sur le chemin, c'était un homme caucasien et un touriste s'il pouvait en juger selon l'appareil photo serré dans la main de l'inconnu.

Ambre espéra que l'homme le dépasse sans s'occuper de lui. Cependant, l'inconnu le repéra rapidement et s'approcha de lui, son visage marqué par l'inquiétude.

- Monsieur ? Vous n'avez pas l'air d'aller bien ? Avez-vous besoin d'aide ?

Le fait que l'homme se soit exprimé en français le déstabilisa. Il s'était attendu à entendre de l'anglais, la langue la plus rependue à l’étranger parmi les voyageurs. Mais Ambre ne devait absolument pas voir un médecin, la science ne pouvait rien pour lui.

Malorsie reprit conscience rapidement, la fureur l'animant. La sorcière se laça à la poursuite d'Ambre, se servant du fait qu'elle avait le pouvoir de le localiser. Et contrairement à sa cible, elle était en pleine forme malgré la réception de la récente surcharge magique.

Elle courut en utilisant d'amples foulées et en étant aidée par sa connaissance des lieux. Malorsie arriva rapidement à la lisière de la forêt. La sorcière savait qu'elle pénétrait sur le territoire d'une de ses consœurs mais la colère lui avait fait perdre son discernement.

Lorsqu'elle vit Ambre, elle ne prit pas le temps de s'arrêter et se jeta sur lui, comptant sur le poison qui l'affaiblissait depuis des années. Malorsie s'aperçut de la présence d'un autre homme qu'uniquement lorsque l'inconnu essaya de la maîtriser.

Ce n'était pas la première fois que Malorsie se battait et elle n'utilisait que des coups bas tout en se moquant éperdument de la gravité des blessures infligées. Quelques minutes plus tard, les deux hommes étaient au sol.

Malorsie saisit Ambre par sa chemise, soulevant son buste du sol afin d'être certaine que son massage soit entendu. Elle remarqua alors que son ennemi était sous l'effet d'un autre sortilège. Malorsie rit, certaine d'être plus forte que la sorcière de Kyoto.

- Jamais tu ne reverras Alaric. Dans sa prochaine réincarnation, tu ne seras plus rien à ses yeux. D'ailleurs, il n'est même pas là ! Crois-tu qu'il ait passé du temps à te rechercher ? Il a tourné la page depuis bien longtemps.

L'éclair de défi qu'elle vit dans les yeux d'Ambre malgré son regard fixe contribua à alimenter sa colère. Ses tentatives de mensonges avaient échoué. Elle le relâcha brutalement avant de saisir l'inconnu.

- Puisque nous avons de la compagnie, autant en profiter ! D'une pierre deux coups ! Regarde-le bien ! Cet homme possédera bientôt toute ta vie.

Ambre sentit la magie se réunir dès que la sorcière commença son incantation. La brûlure vint en premier, son tatouage semblant s'attaquer à sa peau. Et il pouvait voir le tee-shirt de l'inconnu rougeoyer.

Ambre rassembla son sang froid, il baignait dans la magie dans un moment où elle était pure et pendant lequel les sortilèges commençaient à peine à se former. Le sort de la sorcière de Kyoto s'évapora, se dissolvant dans le courant de magie.

Malorsie avait toujours joué avec les limites, Ambre décida donc d'abattre ses deux uniques cartes. Il n'était pas né sorcier mais la magie était une entité propre jugeant de la validité d'un sort avant de l'accepter.

Il savait que les sortilèges ne permettaient pas de retour en arrière et Malorsie tentait de modifier un contrat depuis bien longtemps passé. Et ni Ambre, ni l'inconnu n'avaient donné leur accord.

L'homme pensa le plus clairement possible, espérant que la magie prenne bien compte de ces éléments avant d'accepter le nouvel équilibre. Le courant de magie commença à ralentir avant de redoubler d'intensité.

Malorsie se sentait grisée par la magie vibrant autour d'elle, chevaucher cette puissance à l'état pur était une sensation incroyable. La sorcière ne comprit que trop tard qu'elle était en train de perdre le contrôle. La magie se retourna contre elle en quelques secondes, la plongeant dans l’inconscience.

Dès que la sorcière s'écroula, Ambre se déplaça lentement vers l'inconnu, talonné par la crainte que son ennemie ne se réveille aussi rapidement que la première fois. L'homme était paniqué, essayant maladroitement de soulever son tee-shirt.

Ambre emprisonna ses mains dans les siennes avant de prendre la parole, cherchant son souffle, la douleur qu'il ressentait au torse étant insupportable. Les mots qui sortirent de sa bouche furent prononcés avec peine.

- Comment t'appelles-tu ?

L'homme tourna son visage vers lui, son souffle également laborieux.

- Paulin.

Ambre fixa Paulin tout en pressant légèrement ses mains.

- Paulin, il faut que nous nous partions d'ici.

Ambre se leva à grande peine avant de rechuter à terre. Après plusieurs tentatives, il arriva à se maintenir debout. L'homme aida alors Paulin à faire de même avant de faire quelques pas en se soutenant mutuellement.

La chance semblait commencer à lui sourire lorsqu'il constata que Paulin ne contestait pas sa décision et se laisser guider sans qu'ils ne croisent pas d'autres personnes à l'intérieur du parc. Les kilomètres suivants relevèrent de la torture mais Ambre n'était pas homme à se laisser facilement abattre. Il avait traversé d'autres situations aussi pires par le passé et son espoir de revoir bientôt Alaric demeurait intact.

Les deux hommes étaient au milieu d'une petite ruelle déserte lorsque Ambre s'aperçut de la présence d'une autre personne, son frère se tenait au bout de l'allée. La dernière fois qu'il l'avait vu, Glenn n'était qu'un bébé mais il aurait reconnu cette démarche et ce regard n'importe où.

Les genoux d'Ambre ployèrent, entraînant également Paulin dans sa chute et l'homme accueillit les ténèbres avec sérénité.

Il sortit de son sommeil à cause d'un trop plein d'agressions sensorielles. L'homme entendait une légère musique en plus de la voix de son frère qui semblait au téléphone tout en ressentant la morsure de la brûlure.

Ambre apprécia ensuite le contact du coton sur ses jambes et la douceur du matelas sous ses muscles endoloris par la douleur. Puis, il s'aperçut que Paulin était allongé à ses côtés. Et en dernier, l'homme sentit l'odeur des glaïeuls sur son oreiller lorsqu'il tourna la tête en direction de son frère. L'homme se rappela du parfum qu'il avait offert à son compagnon pour les grandes occasions qui avait la même senteur.

Glenn venant de se tourner vers lui, Ambre laissa échapper un mince filet de voix.

- Glenn, ça va ? Où est Alaric ? Est-il en France ?

Glenn marcha jusqu'à lui à pas lents, le regard braqué le torse nu d'Ambre, une expression peinée sur le visage avant de prendre délicatement sa main dans sa sienne après avoir tendu le bras vers la table de nuit.

- Je vais éteindre la musique, je ne pouvais pas supporter le silence pendant que j'attendais ton réveil. Je l'aime bien ce morceau, il me fait penser à toi. Je trouve que 'Leave a light on' est approprié, c'est toujours ce que tu as fait pour nous, laisser une lumière allumée afin de nous ramener chez nous. Oui, cette chanson de Tom Walker est réellement indiquée. Désolé, je suis inquiet, je divague un peu. J'étais en train de faire un tour pour me dégourdir les jambes et tout d'un coup, mon tatouage m'a brûlé brièvement. Et une heure plus tard, par hasard, je tombe sur vous. Nous t'avons tellement cherché, Ambre. Je ne sais pas où est Alaric. Il ne dit plus rien à personne depuis bien longtemps, il s'est absenté ce matin sans rien dire. J'ai laissé un message sur son répondeur.

Ambre hocha la tête, assimilant toutes ces informations. Il aurait posé des questions sur son tatouage et sur l'état de santé de Paulin mais l'épuisement l'emporta de nouveau. Avant de s'endormir, Ambre sourit, l'heure de la fin de sa séparation d'avec les siens avait sonné.

 

 

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