Les petits robots marron by Ocee
Summary:


Dans une galaxie fort fort lointaine, Al Yen avait trouvé le bon filon pour redonner envie aux gens de ne plus fermer l’oeil et, surtout, de garder la tête haute ! Son accroche commerciale était imparable : « Avec un Robeau d’Al Yen sur votre tête, détournez les regards de vos claquettes ! Pour la première fois depuis que vous marchez, les gens vous parleront sans regarder vos pieds ! »

Participation à l'épreuve 2 du concours le Seigneur des Plumes - Le retour du Héron


Montage maison réalisé à partir d’une photo libre de droit

Categories: Projets/Activités HPF, Humour, Science-Fiction, Conte, Fable, Mythologie Characters: Aucun
Avertissement: Aucun
Langue: Français
Genre Narratif: Nouvelle
Challenges:
Series: Le Seigneur des Plumes - Le Retour du Héron
Chapters: 1 Completed: Oui Word count: 1476 Read: 1022 Published: 17/02/2018 Updated: 19/02/2018
Story Notes:
Épreuve 2 - On conte sur vous

Vous devez écrire un conte.

Contrainte : Vous ne pouvez pas utiliser d'animaux.

1. Épreuve 2 by Ocee

Épreuve 2 by Ocee
Les petits robots marron



Dans une galaxie fort fort lointaine, sur une planète fort fort… euh, lointaine… il était une ferme… sans animaux. Parce qu’il n’y avait absolument aucun animal dans cette galaxie en fait. C’était une ferme de robots. Oui, voilà. Des robots. Mais pas n’importe quels robots ! Ceux-là avaient le pouvoir de se répliquer comme par magie - on appelait ça de la permascience mais peu de monde la comprenait sur cette planète alors inutile de vous enfumier l’esprit avec des détails techniques.

Donc, le fermier/magicien/scientifique - peu importe, retenez le métier qui vous plaît mais, avant que j’oublie, sachez que cet extra-terrestre s’appelait Al Yen - qui possédait cette exploitation robotique, élevait d’adorables petits robots réplicateurs. Ces robots avaient une seule fonction : ils étaient jolis. Et, croyez-moi, sur cette planète où tous les habitants étaient moches, c’était une fonction très utile ! Les indigents n’en pouvaient plus de se regarder dans l’oeil quand ils se rencontraient tellement leurs visages étaient désolants.

Alors, Al Yen avait trouvé le bon filon pour redonner envie aux gens de ne plus fermer l’oeil et, surtout, de garder la tête haute ! Son accroche commerciale était imparable : « Avec un Robeau d’Al Yen sur votre tête, détournez les regards de vos claquettes ! Pour la première fois depuis que vous marchez, les gens vous parleront sans regarder vos pieds ! »

Comment ? Ah, oui, oui, tous les habitants portaient des claquettes, il faisait vraiment chaud sur cette planète et c’était agréable d’avoir ses deux orteils à l’air.
Pardon ? À quoi ressemblaient ces robots Robeau ?

Ma foi, comment vous expliquer à vous, petits Terriens si terre à terre, à quoi ressemblaient ces merveilles de technologie. Hum… imaginez une sorte de casquette en forme de pyramide, ou plutôt de cône à bourrelets, avec deux yeux qui pouvaient battre des cils. Plusieurs coloris existaient mais les Robeau qui avaient le plus de succès étaient les marron.

Plaît-il ? Un peu comme l’emoji caca ? Je… sans doute. Attendez, je dois mettre mes données de la Voie-en-lait à jour. Voie-en-lait, Voie-en-lait… ah, voilà. Système lunaire. Satellite secondaire… Terra, la voilà ! Systèmes de communication primitifs. Première génération : Smileys. Deuxième génération : Emoji (en attente de téléchargement depuis 2 saisons du programme intergalactique de gestion spatiotemporelle Star Truc). Ah ! Je savais bien que j’avais loupé des épisodes. Voyons voir ça… *téléchargement révolu* Donc : emoji, emoji… emoji caca ! Mais oui, ça y ressemble ! N’est-ce pas qu’ils sont jolis, hein ? Caca, ah ! ah ! Vous me ferez toujours rire mes petits terre à terre, si vifs d’esprit !

Mais revenons à nos moutons. Enfin, à nos beaux robots, souvenons-nous, il n’y a pas d’animaux dans cette galaxie. Al Yen avait donc mené son petit commerce bon train. Tout se passait bien jusqu’au jour où sa nouvelle voisine vint le voir… sans le Robeau qu’il lui avait offert la veille ! Sacrilège ! C’est qu’elle était vraiment laide alors il le lui avait donné de bon coeur en espérant grandement qu’elle en ferait usage. Même ses pieds lui donnaient la nausée, c’était pour dire ! Il ne savait plus où regarder en lui parlant. Bien sûr, tout le monde n’était pas aussi altruiste que son ami Ali Gateau qui, lui, avait accepté avec une franche reconnaissance son robot et le portait dès lors quotidiennement, mais, n’aurait-elle pas pu faire un effort, quand même ?

- Al, tout va bien ? Vous semblez incommodé, lui demanda-t-elle une fois les salutations faites.

- Rien de grave, ne vous inquiétez pas, chère voisine, juste une poussière dans l’oeil.

- Oh, comme c’est gênant, je vous comprends, notre oeil est si fragile. J’ai un cousin, Al Binos, il n’en pouvait plus des agressions extérieures alors il a inventé un monocle de protection à ventouse qui fait fureur, la Cyclopette. Mais les inventions, ça vous connaît, n’est-ce pas ? enchaîna-t-elle d’un ton malin. Je venais justement vous parler du cadeau que vous m’avez fait hier.

- Vraiment ? Quelque chose ne va pas avec ? Je peux vous l’échanger avec plaisir !

- C’est très gentil mais, voyez-vous, je l’ai donné à mon ami Al Gerbe qui est venu me rendre visite hier soir. Il est féru de technologie et la capacité réplicante de votre petit robot l’a fasciné. Je le lui ai donc offert afin qu’il puisse l’étudier et faire tous les calculs qui l’amuseront.

- Un confrère ici, sur Khagna ? Ça alors ! Je serais curieux de savoir s’il parvient à percer mon secret de fabrication, c’est très compliqué ! s’enthousiasma Al Yen.

- Ah bon ? C’est marrant, il semblait persuadé que ses amis Algo Rythme et Alberto Instinct avaient travaillé sur un projet similaire durant leurs études sur la planète Polytek…

- Madame Zion…

- Vous pouvez m’appeler Alu, voyons !

- Alu, ces insinuations me font de la peine. Je vous assure que mon invention vient de cette mocheté de tête, dit-il en pointant l’un de ses quatre doigts postérieurs vers sa propre caboche. En guise de bonne foi, je vous offre même un nouveau Robeau, tenez !

- Vous êtes vraiment généreux, Al ! dit-elle tout en gardant le robot dans ses mains. Je me demande comment vous gagnez votre vie si vous donnez vos Robeau au lieu de les vendre et s’ils se dupliquent tous ensuite…

- Ah, ah ! Vous nous avez bien regardés ? Nous sommes tellement hideux ! Il m’a suffi de le vendre dans un seul quartier de la planète pour faire fortune immédiatement. Il y a même eu une pétition pour que le Robeau soit déclaré d’utilité publique ! Mais je n’en demande pas tant ni plus. Un minion d’Al Bandi a bien essayé de m’approcher pour faire affaire ensemble afin d’y intégrer un programme de vieillissement accéléré mais je lui ai dit d’aller se faire voir dans la Voie-en-lait. Ce ne sont pas des méthodes, ça non ! Je travaille d’ailleurs sur une nouvelle version du Robeau encore plus résistante dans le temps. 10 saisons de Star Truc, ce n’est pas assez quand nous pouvons en vivre 100 !

- J’en reste sans voix. Ce serait extrêmement bienveillant… et lucratif au lancement !

- Les chiffres ne m’intéressent plus Alu, je vous assure. Seul compte le bien-être de mon oeil ! À ce propos, que diriez-vous de poser enfin ce Robeau doré sur votre tête ? Il sera éblouissant sur vous, j’en suis sûr !

- Eh bien… je… d’accord, n’eut-elle pas le coeur à refuser, piquée par le sous-entendu.

Après cet échange pour le moins inattendu, Al Yen était un peu attristé. Si Alu Zion et Al Gerbe se mettaient à répandre cette rumeur qu’il courrait après l’argent, cela entacherait l’image de ses Robeau, eux qui étaient tant aimés et utiles à la société. Ce serait un désastre oculaire si les gens se mettaient à rejeter leur Robeau par terre. Il devait trouver une idée pour empêcher cela !

Il se rendit donc au milieu de son troupeau robotique pour les admirer et y puiser l’inspiration. Et c’est lorsqu’il vit l’un de ses Robeau se répliquer sous son oeil que, poops, la solution lui vint : il allait proposer à Al Gerbe de travailler avec lui ! Ainsi, ce dernier n’aurait plus de raison de vomir sur sa réputation et, en combinant leurs efforts, ils arriveraient plus rapidement à peupler les têtes de Robeau durables. Il pourrait même lui proposer de garder toutes les graines qu’ils gagneraient si c’était ce qui l’intéressait. Lui, il s’en fichait comme d’une claquette du blé, il n’aimait même pas ça. Tout ce qu’il voulait, c’était continuer à évoluer sans ennuis, dans un environnement joli sans jalousie et sans course au profit. Oui, il voulait juste une planète agréable à vivre et à voir plutôt qu’un monde de merde.
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