La Montagne aux Cyprès by No_yra
Summary:

La ville d'Ephèse dépérit sous la sécheresse. La belle Cressida est donc envoyée sur la Montagne aux Cyprès, pour demander de l'aide à Déméter, la Déesse de l'Agriculture et des Moissons...


Categories: Concours, Conte, Fable, Mythologie Characters: Aucun
Avertissement: Aucun
Langue: Aucun
Genre Narratif: Roman
Challenges:
Series: Aucun
Chapters: 3 Completed: Oui Word count: 3001 Read: 6092 Published: 15/08/2017 Updated: 16/08/2017
Story Notes:

Dernière épreuve des Douze Travaux d'HPF.

Il y avait, sûr, quelques contraintes :

- 3 Thèmes possibles, un seul à choisir : Animaux Fantastiques - Terres d'Afrique - Civilisations Antiques

- Un texte de 3 000 mots maximum sur le compteur HPF

- Inclure 3 des mots suivants en gras dans votre texte
Olivier, Biche, Rose, Vautour, Paon, Dauphin, Feu, Cyprès

- 3 personnages maximum

- Une histoire en 3 chapitres est imposée

1. Chapitre 1 by No_yra

2. Chapitre 2 by No_yra

3. Chapitre 3 by No_yra

Chapitre 1 by No_yra
Author's Notes:
Dans ce premier chapitres, 3 nouvelles contraintes :
- Votre chapitre fait plus de 1 300 mots au compteur HPF
- Votre récit s'etale sur 3 jours consécutifs
- Un de vos personnages a un âge multiple de 3
Il y avait bien longtemps sur les collines de la belle cité d’Ephèse que la pluie n’était plus venue offrir ses bienfaits aux habitants. Les temps étaient au soleil rude qui rendait les terres arides et jetait des flammes dans les champs et les forêts alentours. Les récoltes des oliviers et des champs de blé risquaient fort de n’être point suffisantes. La peur envahissait le coeur des concitoyens d’Ephèse alors que seulement quelques courtes semaines les rapprochaient de l’automne.

La ville décida, suite à un vote, que la belle Cressida aux yeux de biche, qui venait de fêter ses dix-huit ans serait celle qui amènerait les offrandes des habitants à la Déesse Déméter.

Cressida s’était sentie honorée d’avoir été élue et avait préparé son balluchon avec grande joie, tandis que les autorités de la ville avaient préparé pour elle une charrette tirée par un âne pour transporter les offrandes.
Le seul à ne pas partager la liesse générale était Hector, le jeune fiancé de Cressida. I craignait Déméter. On louait son intelligence et beauté mais lui la craignait plus que tout. Leur ville avait bâti un temple en hommage à Artemis et Hector était persuadé que Demeter enviait l’autre Déesse. Il avait si peur pour Cressida qu’il décida de l’accompagner. Il savait qu’il n’en avait pas le droit, mais mieux valait tout risquer que laisser Cressida entre les mains jalouses de Demeter.

Le jour du départ, Hector se leva avant le chant du coq et e faufila à travers les champs pour se poster à la sortie de la ville, où il savait que Cressida passerait.

On apercevait à peine les premiers rayons du soleil au-delà des collines de la ville quand Cressida, tenant l’âne tirant la charrette au bout d’une corde, arriva sur le chemin. Dès qu’elle passa près du bosquet d’arbres où il était posté, Hector se précipita vers elle.
- Hector ? Que fais-tu là ? Tu n’as pas le droit d’être ici ! s’écria Cressida.
- Mon amour, je ne peux point te laisser partir seule, tu risques ta vie !
- Ma vie ? Allons donc, tu déraisonnes, je ne fais que partir sur la Montagne aux Cyprès ! Ca n’a rien de risqué, d’autres ont dû le faire avant moi !
- Et tu crois que les Anciens t’ont tout dit ? Ne comprends-tu point que ce n’est rien moins qu’un sacrifice qu’ils projettent ?
- Un sacrifice ? Voyons, Hector !

Cressida recula de quelques pas, sous la surprise, mais elle se ressaisit rapidement.
- Mais je ne fais qu’amener des offrandes à la Déesse, sur les ruines de l’autel à sa gloire ! De tels cadeaux, dans les circonstances de sécheresse actuelles, c’est ça, le sacrifice, ce n’est pas moi ! reprit-elle d’une voix ferme.

Hector pesa ses arguments. Elle n’avait pas tort, il le reconnaissait. Il ne pouvait cependant pas repousser ses inquiétudes. Il hésita à insister auprès de l’élue de son coeur mais il y renonça finalement. A quoi bon, elle ne l’écouterait pas et pis, elle risquerait de le repousser et alors il ne pourrait plus être présent pour la protéger le moment venu.

- Très bien, soupira-t-il. Tu as peut-être raison. Mais laisse-moi au moins t’accompagner, ça me rassurerait.
Cressida eut un large sourire.
- D’accord, redoutable guerrier protecteur. Je t’emmène avec moi. Et tu as intérêt à marcher droit, ce n’est pas toi qui mènes l’expédition ! répondit-elle en lui plaquant un baiser aux limites de la commissures des lèvres du jeune homme.

Hector prit la corde attachée à l’âne d’une main et de l’autre, il saisit celle de Cressida.

La route vers la Montagne aux Cyprès était longue et, par endroits, cahoteuse. Depuis la cité d’Ephèse, il fallait trois jours de marche, si les pauses nocturnes n’étaient pas très longues. Il ne fallait donc pas traîner, les habitants avaient un besoin vital de l’eau de pluie, et en abondance. Plus la pluie tardait, plus la vie d’Ephèse deviendrait difficile. C’était sur cette montagne, de faible altitude, qu’un autel avait été autrefois érigé en l’honneur de Déméter, avant que le temps et l’oubli ne le laissent en ruines. Pourtant, quand les circonstances l’exigeaient, les Anciens des cités alentours se souvenaient de cet autel et n’hésitaient pas à y invoquer la Déesse. Pour autant qu’en il en sût, Hector n’avait jamais entendu parler de récentes apparitions de la Déesse sur place, ni de miracles et c’était bien cela qui l’inquiétait.

A la fin de la première journée, alors que le soleil descendait à l’horizon jusqu’à presque disparaître, Hector proposa à Cressida la pause pour la nuit. Ils ne touchèrent pas aux offrandes de la charrette. Hector avait emporté quelques vivres dans sa besace et ils avaient tout deux ramassé des baies le long de la route. Après la fin du repas, Cressida se blottit contre lui et les deux jeunes gens s’endormirent rapidement sous la lueur de la lune pleine.

La seconde journée leur parut monotone. Les paysages qu’ils traversèrent n’étaient de plus que de la garrigue sans fin, sèche, à peine agrémentée de quelques oliviers. « Ici aussi, l’on manque d’eau » remarqua Hector, mais il nota également qu’il n’y avait aucune habitation, aucun village, comme si les gens savaient ces lieux impropres à la vie. Le soleil qui frappait fort rendait la marche difficile et lente. Il leur fallait rationner l’eau, car il ne fallait pas seulement arriver sur la Montagne des Cyprès, il leur faudrait aussi en repartir. Quand arriva la deuxième nuit, ils soupirèrent de soulagement. Il était enfin de temps de se reposer et, sous la lueur faiblissante, il leur avait semblé apercevoir une végétation différente. Sans doute étaient ils proches du but…

C’est vers la fin de l’après-midi suivant qu’Hector et Cressida arrivèrent au pied de ce qui, toute évidence, était la Montagne aux Cyprès, bien qu’ils ne l’eussent jamais vue. Elle était verte, couverte de végétation luxuriante et d’arbres inconnus dans leur région. Souriant tous deux, ils commencèrent l’ascension, mais l’âne refusa de les accompagner, malgré les menaces de Cressida. Les inquiétudes d’Hector revinrent l’assaillir. L’on disait que les animaux avaient des sens inconnus des humains, que pouvait donc percevoir cet âne ? Voyait-il un danger ? Hector n’avait aucune réponse à ses questions, mais malgré ses doutes, il finit par obtenir de l’animal qu’il avance.

Il faisait presque nuit quand ils arrivèrent au sommet. Après avoir passé la dernière barrière d’arbres, ils trouvèrent une clairière, point culminant des lieux, au centre de laquelle un amoncellement de pierres, formant sans doute autrefois une table d’autel de vénération divine. Il ne restait presque plus rien de l’autel, mais dans les amas au sol, on pouvait reconnaître des pierres qui avaient dû être travaillées avec minutie et recouvertes de faïence vert et or.

Soulagés d’être arrivés à leur but, ils se jetèrent à genoux devant les ruines, se serrant dans les bras. Il ne leur restait plus qu’à déposer leurs offrandes et attendre, comme les Anciens leur avaient dit, un jour et une nuit entiers.
Chapitre 2 by No_yra
Author's Notes:
Les trois contraintes supplémentaires :
- Votre texte sera écrit majoritairement à la première personne
- Votre chapitre doit se dérouler en été
- Un de vos personnages est une femme
Cressida avait la chance de dormir toujours aussi profondément, alors que je m’étais agité toute la nuit et que je savais que cette fois, je ne me rendormirais pas. Trop de choses tournaient dans ma tête, je me demandais ce qui allait se passer pendant cette journée.
Soudain, un bruit attira mon attention, tel un bruissement, un mouvement d’air faisant voler des feuilles mortes.
Je me levai rapidement et me dirigeai vers une lumière qui provenait des ruines de l’autel. Je ne comprenais pas d’où venait cette lumière, il n’y avait rien. J’en étais à échafauder des hypothèses quand une voix douce retentit dans mon dos.
- Oh, ils m’ont envoyé un jeune homme, cette fois ? C’est agréable, cela me change des brunes ingénues.

Je me retournai. Une femme d’une extraordinaire beauté se tenait devant moi. De longs cheveux châtains qui ondulaient bas dans son dos, une toge d’un blanc immaculé ornée d’une ceinture en or. Une vision de merveille, indubitablement.
- Tu peux fermer la bouche, jeune damoiseau, ce n’est pas une attitude à avoir devant une déesse, déclama l’apparition.
- Une… déesse ? Mais comment est-ce possible ?
- Eh bien, tu parais bien peu vif d’esprit, c’est bien dommage au regard de ta beauté et de ton corps sculpté comme un athlète. Vous avez mis des offrandes à mon nom, bien évidemment que j’allais apparaître !

Je n’en revenais pas. Déméter, la grande Maîtresse de la moisson et de l’agriculture. Je n’aurais jamais cru qu’elle pourrait un jour se tenir devant moi, simple mortel.

Déméter s’avança vers moi et posa sa main sur mon torse. J’étais pétrifié. Que voulait-elle ? Elle fait glisser sa main vers mon épaule et je ne pus réprimer un frisson. Soudain, Déméter se crispa et son sourire se mua en rictus. Qu’avais-je donc fait ? N’aurais-je donc pas pu rester de marbre à son contact comme devaient le faire les Dieux de l’Olympe ?
Je compris vite que ce n’était pas moi qui étais en cause. Déméter avait remarqué la présence de Cressida, qui venait de se réveiller derrière moi
- Alors ton village n’a pas fait mieux que les autres, n’est-ce pas ? Lui m’a envoyé la pimbêche des lieux ? cracha-t-elle d’un ton venimeux.

Elle s’éloigna de moi et se dirigea vers Cressida qui, à son tour, tout comme je l’avais été, semblait subjuguée par la beauté de Déméter.
J’étais terrifié. Qui pouvait savoir de quoi était capable une Déesse ? Je me souvenais avoir entendu des récits de mon grand-père racontant l’histoire de jeunes filles envoyées aux Dieux et qui ne revenaient jamais.

Déméter regardait Cressida de la tête aux pieds, semblant jauger ses qualité, ou bien cherchant quel sort elle allait lui réserver.
- Mais comment une femme aussi insignifiante que toi peut-elle avoir l’amour d’un être tel que ce jeune homme que je viens de croiser ? gronda-t-elle.

Je n’en revenais pas. Depuis le début de cette histoire, je savais quel était le danger, la réaction de Déméter face à Cressida, mais je n’aurais jamais cru que je pourrais être au centre du problème. C’était donc de ma faute. Il fallait faire quelque chose avant que ça ne tourne au drame.
Chapitre 3 by No_yra
Author's Notes:
Les trois contraintes du chapitre :
- Votre chapitre sera ecrit au présent
:- Il s'écoulera 3h entre le début et la fin de votre chapitre
- Un de vos personnages doit mourir.
Hector s’approche d’elles mais Déméter le repousse d’un bras.
- N’avance pas, Hector. Le moindre pas que tu feras vers elle augmentera ma fureur. Rester éloigné est ta meilleure chance qu’il ne lui arrive rien ! lui intima la Déesse.

Au loin à l’horizon, le soleil apparaît de plus en plus. Hector juge qu’il doit être aux alentours de sept heures du matin.

- Que m’as-tu donc apporté, Demoiselle ? Que je juge l’intérêt que me porte ton village.

Déméter soulève la bâche en toile grossière qui recouvre la charrette. Il y a quantité de jarres de céréales, des amphores d’huile d’olive et de vin, des tissus de grande qualité. Elle prend un temps infini à tout détailler. Il semble à Hector qu’une heure est passée.
- Intéressant, murmure Déméter finalement. Tes sages ont bon goût, jeune fille, et savent comment me parler. Je ne suis pas à acheter, mais je suis d’humeur badine. Que me veut-on ?
- Ephèse se meurt, belle Déesse, supplie Cressida en tombant à genoux devant Déméter, nous avons un besoin vital de pluie !
- Oh ces pauvres petits mortels qui ont besoin de tout et ne peuvent rien contre la Nature, c’est affreux ! minaude Déméter.

Dans sa dévotion, Cressida n’entend pas le ton dangereusement mielleux de la Déesse mais Hector, lui, perçoit que les choses n’avancent pas aussi bien qu’ils pourraient l’espérer. De toute évidence, Déméter ne va pas se contenter des dons du village. Il lui faudra autre chose et le jeune homme frissonne à l’idée du prix qu’il lui faudra sans doute payer.

- Relève-toi à présent, Mortelle ! intime-t-elle.
Maintenant, Cressida sent très clairement la menace dans la voix de la déesse, aussi décide-t-elle de garder une posture de déférence, du mieux qu’elle peut.
- J’aurais aimé quelqu’un d’autre que toi pour m’amener ces présents. C’est ça qui est décevant. Tu devrais, comme toutes les autres avant toi, mourir pour cela.

Cressida ouvre des yeux affolés et cherche du regard Hector. Le jeune homme est déterminé. Il a compris depuis un moment déjà que ce que veut vraiment Déméter, c’est lui. Il sait que c’est la fin car il ne l’aime pas, toute déesse qu’elle est. Lui, il n’a que Cressida pour briller dans ses yeux. Il jette un oeil au soleil. Il doit être déjà neuf heures. Le temps semble horriblement s’étirer en longueur.

Il s’avance alors vers Déméter et se positionne entre elle et Cressida.
- Belle Déesse, commence-t-il en courbant le dos avec respect, je te supplie de laisser la vie à la jeune Cressida derrière moi.
- Que me proposes-tu en échange, jeune présomptueux ?
- Moi.

Déméter a un large sourire et s’approche d’Hector. Elle glisse la main sur sa joue.
- Ainsi, tu veux m’offrir ta vie et ton corps en échange de ta jeune Cressida ? Qu’est-ce qui te fait penser que j’accepterai ?
- Je ne suis qu’un simple mortel, mais je sais encore reconnaître quand une femme me désire.

Déméter éclate de rire à ces mots.
- Voilà qui est inattendu. Tu me plais encore plus et tu as raison, je te désire et je t’aurai car rien ne me résiste, lui susurre-t-elle à l’oreille, son souffle glissant dans le cou d’Hector et le faisant à nouveau frissonner.
Déméter s’écarte de lui et sourit.
- Je t’accorde ce que tu veux mais il faut qu’elle parte dans l’heure et sans jamais se retourner car aucun mortel ne doit savoir ce qui se déroule sur la Montagne aux Cyprès. Dans ma bonté, je vous laisse ce temps pour vous dire adieu.

Hector se précipite sur Cressida et la relève.
- Tu dois y aller, mon amour. Nous n’avons pas le choix.
- Mais je ne peux pas partir sans toi ! Que vais-je faire ? pleure Cressida.
- Tu dois vivre. Le reste ne m’importe pas, répond-il en l’embrassant.

Il la serre dans ses bras un long moment, puis il l’entraîne ensuite vers le sentier qui les avait menés au sommet.
- Va et ne te retourne pas, lui dit-il une dernière fois.

Cressida s’élance sur le sentier tandis que Déméter vient se poster près d’Hector et pose la main sur son épaule.
- Enfin seuls, s’exlame-t-elle en souriant à Hector.
Le jeune homme ne répond pas et garde les yeux fixés sur la silhouette de Cressida qui s’éloigne.
- Enfin presque, murmure-t-elle
Hector se retourne vers elle mais il sait qu’il est trop tard. Au loin sur le sentier, un énorme serpent vient d’apparaître face à Cressida. Hector se précipite vers elle mais avant qu’il n’arrive à ses côtés, l’animal se jette sur elle et la mord au cou. Cressida hurle et tombe à terre, la main contre sa plaie, dans une vaine tentative d’endiguer le flot de sang qui se déverse sur le sentier.
Hector tombe à genoux à côté d’elle, la suppliant de ne pas mourir.
Elle a une quinte de toux sanglante et Hector la serre dans ses bras. Quelques minutes passent où il sent sa respiration s’atténuer jusqu’à s’arrêter. Il la serre encore plus fort, enfouit son visage dans les beaux cheveux bruns de Cressida et hurle son nom à s’en briser les oreilles.

Déméter s’approche.
- Tu peux être fier d’elle. Finalement, elle te méritait peut-être, elle a été courageuse. Son sacrifice ne sera pas vain et vous aurez ce que vous êtes venus chercher. La pluie tombe déjà sur Ephèse.
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