Olydrhill by Tokeewi
Summary:

Cassie Wardley ne se doutait pas que le vieux livre poussiéreux qu'elle avait trouvé dans le grenier de son oncle était un livre pour apprendre la magie. Elle s'imaginait encore moins que ce livre expliquait comment accéder à un autre monde appelé Olydrhil. Et elle ne pouvait deviner qu'elle allait libérer malencontreusement le mage le plus craint de ce monde.


Categories: Jeunesse, Low Fantasy Characters: Aucun
Avertissement: Aucun
Langue: Français
Genre Narratif: Roman
Challenges:
Series: Aucun
Chapters: 2 Completed: Non Word count: 2889 Read: 6097 Published: 30/10/2016 Updated: 03/11/2016

1. Introduction by Tokeewi

2. Chapitre 1 Découverte dans le grenier by Tokeewi

Introduction by Tokeewi
Le néant.

Tout semblait encré dedans, le néant. Il ne saurait dire depuis combien de temps lui-même s'y trouvait. Son esprit vagabondait dans ses limbes noirs et infinis, toute notion temporelle effacée. Un an, deux ans, dix, il n'avait aucun moyen de se rappeler. Après tout, son corps était prisonnier.

Prisonnier du temps.

Il n'aurait jamais pu se douter de l'effet que cela faisait. Et surtout, jamais au grand jamais il n'aurait imaginé se retrouver un jour piégé de la sorte. Que ne donnerait-il pas pour pouvoir un jour sentir à nouveau la vie parcourir ses veines. Pouvoir à nouveau toucher ce qui l'entourait, humer les mille et un parfums de son monde.

Et se venger de ceux qui l'avaient emprisonné là.

Être captif du temps était une expérience qu'il qualifia de hautement désagréable. Si le corps était entravé, l'esprit, lui, demeurait. C'était comme s'il se trouvait attaché dans une pièce sans source de lumière, tout ses sens disparus, ne laissant que sa conscience. Une situation vraiment inconfortable en somme. Situation dont il aimerait réellement se débarrasser. On ne peut plus désespéré, il était même prêt à prier les sept Fondateurs, dieux auxquels il ne croyait pas. Mais sait-on jamais. Peut-être qu'il serait entendu. Il rêvait ne serait-ce que de plier un doigt. Il le désirait si fortement que son esprit se rappela la magnifique sensation de pouvoir serrer le poing. Comme si...

Comme s'il pouvait bouger à nouveau.

Par le Dragon des Mers, son imagination lui jouait-elle des tours ? Non, il ressentait un infime picotement dans ses membres engourdies qui se propageaient lentement dans le reste de son corps. La noirceur autour de lui s'estompait lentement, laissant apparaître une vision d'abord floue, puis nette. Le coin de ses lèvres parvint à s'étirer en un sourire triomphant. Il était libre.

Libre.

Ce mot ne lui avait jamais semblé aussi merveilleux.

Resté longtemps immobile, son corps raide ne parvint plus à le porter, et il s'effondra un genou à terre. Il se sentait faible, mais euphorique. Il reprit son souffle, ressentant un bonheur incommensurable en sentant l'oxygène parcourir ses poumons. Il releva ensuite la tête. Rien n'avait changé. C'était comme s'il ne s'était passé qu'un fragment de seconde entre l'incident de la Relique du Temps et sa libération. Il se trouvait dans le grand hall de l'Académie de Magie. Il reconnaissait ses immenses fenêtres donnant dans les luxueux jardins aux fontaines. Jetant un coup d’œil aux alentours, il vit que les magiciens reprenaient peu à peu vie eux aussi. Il avait beau détenir la réputation d'être l'un des mages le plus puissant d'Olydrhill, il savait que son était de faiblesse ne lui permettrait pas de venir à bout de tous. Il devait battre en retraite et rejoindre ses fidèles.

C'est alors qu'il la vit.

Le seul élément qui n'était pas présent avant l'incident. Elle se tenait dos à lui, près du socle où reposait la Relique du Temps. Une fillette, surement d'une douzaine d'années. Il sut immédiatement qu'elle n'appartenait pas à son monde. Outre le fait qu'elle semblait avoir échappé à la prison temporelle, son accoutrement ne faisait pas parti des coutumes d'Olydrhill. Et elle parvenait à porter la relique. Il sut alors, au plus profond de lui-même que la fillette était de l'Autre Monde. Il ne pouvait ce l'expliquer, pas plus que la sensation de savoir qu'elle avait remis le cours du temps en place. Mais son intuition le lui disait. Et elle ne l'avait jamais trahis.

Comme si elle se sentait observée, la fillette se tourna alors subitement. Il fut alors frappé par son regard d'un vert émeraude si pur et si intense. Regard qui lui était familier. Il s'approcha alors lentement d'elle. L'enfant le regarda venir, un air méfiant s'affichant sur son petit visage pâle. Il s'arrêta à quelques centimètres d'elle, puis se mit à rire. Elle recula d'un pas, l'inquiétude traversant le vert de ses pupilles.

- Je te remercie de m'avoir libéré, dit-il d'une voix grave et malveillante.

Puis il se volatilisa, sous le regard des magiciens qui venaient, à leur tour, de revenir à la vie.
Chapitre 1 Découverte dans le grenier by Tokeewi
Quelques jours plus tôt



Cassie Wardley était assise à l'arrière de la voiture de ses parents, la tête posée contre la vitre. Le regard perdu, elle fixait le paysage de campagne qui défilait infiniment à l'horizon. Poussant un soupir, elle tourna ses yeux vers son père qui fredonnait un air connu tout en conduisant, puis vers sa mère qui lisait un magazine sur le jardinage. La jeune fille reposa ensuite sa tête contre le carreau. Cela faisait environ deux heures qu'ils avaient pris la route. Cassie détestait les longs trajets où elle était obligée de rester assise à ne rien faire. Heureusement pour elle, la destination en valait la peine. Sa famille se rendait chez son oncle. Son oncle préféré. Et comble du bonheur, ses parents, qui allaient profiter de vacances à deux, la déposaient chez lui durant une semaine. Cassie s'entendait bien avec ses parents, mais elle avait toujours eu la sensation de ne pas être à sa place dans sa famille. D'être quelqu'un à part. Elle avait essayé une fois d'en parler à sa mère, Olivia Wardley, mais elle c'était contenté de lui répondre par une moue sceptique et de lui tapoter la tête tout en lui disant qu'elle se faisait des idées. Bien sur, Cassie ne manquait de rien. Elle était habillée convenablement et possédait quelques jouets dans sa chambre ( pas trop, selon Jonathan Wardley, son père. Il ne voulait pas en faire une enfant gâtée. ). Mais ce qui lui manquait, du moins de son point de vue, c'était quelques marques d'affection de temps en temps. Ses parents étaient plutôt froids avec Cassie lorsqu'il s'agissait de lui prouver leur amour. Comme si, d'après la jeune fille, elle n'était pas véritablement leur enfant. Mais ça, elle s'était bien gardé de leur poser la question.

Cassie observa son reflet qui apparut dans la vitre. Elle était toute menue pour une fillette de dix ans. Ses cheveux roux coupés en un carré plongeant lui chatouillaient la peau pâle de son visage. Elle possédait un petit nez en trompette et de grands yeux en amande d'un vert intense. Yeux qui ne ressemblaient pas à ceux de ses parents, remarqua-t-elle avec amertume. Si son oncle n'avait pas un regard d'émeraude lui aussi, elle croirait réellement qu'elle ne faisait pas partie de la famille Wardley.

Son oncle...

Cassie se mit à sourire en pensant à lui. Il était tout le contraire de ses parents. Gentil et attentionné, il avait toujours préféré la fillette à ses cousins. Ce que Cassie aimait le plus avant tout, c'était les longues promenades qu'ils faisaient tous les deux dans la forêt à côté de sa maison. Ils s'imaginaient toutes sortes d'histoires, allant des aventuriers aux magiciens pourchassant des monstres. Oui, elle se sentait vraiment bien avec son oncle Timothy.

Soudain, la voiture prit un virage, ramenant Cassie à la réalité. Promenant son regard au-dehors, elle vit que la nuit commençait à tomber. Ils devaient être presque arrivés. Impatiente, elle commença à s'agiter sur son siège ce qui attira l'attention de son père.

- Je me demande si Timothy est aussi impatient que toi, marmonna-t-il en lui jetant un regard dans le rétroviseur.

Impatient, Cassie ne le savait pas, mais ravi, elle en était sûr. Ils amorcèrent un dernier tournant et la fillette vit la maison de son oncle apparaître devant eux. Elle était typiquement ancienne, avec une grange et une cour contenant un puits. Timothy s'était demandé un jour s'il ne ferait pas mieux de mettre des poules pour égayer un peu les lieux. La voiture s'arrêta devant la porte d'entrée, et Mme Wardley descendit pour récupérer la valise de sa fille dans le coffre. Cassie se précipita dehors au moment même où son oncle ouvrait la porte de la maison.

- Oncle Tim ! s'exclama-t-elle, un grand sourire accroché aux lèvres.

Cassie se précipita à sa rencontre avant de lui sauter dans les bras.

- Tu as fait bon voyage petite citrouille ? demanda son oncle.

- Pas tellement. Tu habites si loin de chez nous, la route est d'un ennuie !

- Cassie, vient prendre ta valise, nous sommes pressés, l'interrompit sa mère.

La fillette sautilla jusqu'à la voiture, puis empoigna le bagage. Sa mère lui fit un bref bisou sur le front avant de remonter dans la voiture. M. Wardley lui fit un signe de la main et démarra le moteur pour reprendre la route. Timothy les regarda s'éloigner tout en se rapprochant de sa nièce. Cette dernière était un peu attristée par l'empressement de ses parents. Son oncle dût s'en apercevoir car il lui proposa de venir avec lui dans la cuisine et de lui faire une boisson chaude. Cassie accepta, le sourire revenu sur son petit visage.

Une fois installée, Timothy lui apporta un chocolat chaud tout juste sorti de la casserole, avec une dose de crème fouettée par-dessus. Cassie s'empressa de dévorer avidement la crème, puis porta la tasse à ses lèvres. Lorsqu'elle la reposa, son oncle eut un petit rire en voyant la moustache de chocolat qu'elle arborait.

- Alors Cassie, c'est parti pour une semaine de vacances avec moi. Dis-moi tu as envie de faire quelque chose en particulier ?

- Oh oui oncle Tim ! J'aimerais beaucoup visiter le zoo, il était fermé la dernière fois que je suis venue.

- Va pour le zoo alors. On ira dans deux jours, je dois m'absenter demain après midi. J'ai une affaire à régler.

Cassie acquiesça avant de reprendre une gorgée de chocolat. Son oncle quant à lui s'affairait à ranger la cuisine des quelques ustensiles qu'il avait utilisés. Il possédait une carrure plutôt développée, avec des épaules larges. Son nez était aquilin et son regard vif. Ses cheveux coupés court s'éparpillaient sur son crâne, impossibles à maîtriser. Cassie vit qu'ils se parsemaient de cheveux gris, surtout au niveau de ses tempes. Oncle Timothy avait beau être le frère de Jonathan Wardley, il n'en était pas moins son opposé physiquement.

Cassie se mit à bailler à gorge déployée puis à se frotter les yeux.

- J'en connais une qui est fatiguée. Tu ferais mieux d'aller te coucher avant de t'effondrer sur la table.

La fillette hocha de la tête puis entreprit de monter dans sa chambre. Une fois dans les draps, elle ferma les yeux et sentit l'odeur de lavande que dégageaient des couvertures. Oui, elle se sentait comme chez elle ici, et s'endormi aussitôt.



***



Le lendemain après midi, Cassie chercha un moyen de s'occuper. Elle serait bien sortie dans la cour, mais il pleuvait des cordes et l'aspect du ciel ne laissait présager aucun éclairci. La fillette s'était d'abord avachie dans le confortable canapé du salon un livre à la main, mais au bout d'une vingtaine de minutes, elle recommençait à faire les cent pas sur le plancher de la pièce. Que pourrait-elle imaginer pour tuer son ennui ? Regarder la télé, écouter de la musique ? Non , elle avait besoin de s'occuper les mains. Et si elle faisait un gâteau ? Après tout, ses parents lui avaient déjà appris à se servir d'un four, et plus elle y pensait, plus son estomac lui réclamait une pâtisserie. Elle se souvenait, l'an dernier, avoir vu un livre de cuisine dans le grenier de son oncle lorsqu'ils cherchaient un vieux boomerang. Décidée, elle entreprit d'aller fouiller les cartons à l'étage.

Lorsque Cassie entra dans la pièce, une odeur poussiéreuse lui monta aux narines. Elle actionna l'interrupteur de la lumière et balaya la pièce du regard. Les poings sur les hanches, elle se demandait où elle pourrait bien commencer ses recherches. Puis, inspirant bruyamment pour se donner du courage, la fillette fit glisser devant elle le premier carton avant de s'accroupir et de fouiller dedans. Au cours de ses recherches, elle tomba sur un album de vieilles photographies du mariage des ses parents. Elle sourit en les regardant et se demanda s'ils étaient toujours aussi heureux maintenant. En posant l'album, elle fit peur à une araignée qui courut vers elle. Cassie sursauta et s'éloigna brusquement, puis percuta une petite étagère en bois branlante qui manqua de basculer. La fillette se retourna vivement et tenta de la maintenir pour éviter le pire, mais elle ne put empêcher une boîte de tomber à terre et de s'ouvrir, son contenu répandu sur le sol. Cassie se baissa pour la ramasser et découvrit un livre relié en cuir, orné de motifs dorés. Elle le retourna et, à la recherche d'un titre, épousseta la poussière qui se trouvait sur sa couverture. Elle fut surprise de constater qu'il n'y en avait pas. Elle entreprit alors de l'ouvrir, curieuse de connaître son contenu. C'est alors qu'elle vit que le livre n'en possédait aucun. Elle haussa les épaules en se disant que son oncle avait dû l'acheter pour une quelconque raison et avait fini par l'abandonner dans un coin sans le remplir. Elle referma alors le livre et cligna des yeux, stupéfaite par ce qui se produisait. Des lettres apparaissaient sur la couverture, comme si une main invisible écrivait en cet instant.

- Livre d'apprentissage de la magie, lut-elle en fronçant les sourcils.

Que pouvait bien être ce livre ? Un objet que son oncle avait eu dans un magasin de farces et attrapes ? Cassie l'ouvrit à nouveau pour voir si le même phénomène d'apparition s'appliquait à l'intérieur, ce qui arriva. Il devait surement s'agir d'une encre spéciale qui apparaissait au contact de l'air. Il n'y avait pas d'autres explications possibles. La fillette parcourut les premières pages et s'arrêta sur ce qui devait être une espèce d'introduction à l'ouvrage.



L'Académie de Magie d'Olhydrill a le plaisir de vous féliciter.

Vous venez de remporter haut la main la première épreuve, et non des moindres, étant celle qui prouve votre aptitude à étudier le noble art de la magie. En d'autres termes, vous êtes désormais un magicien. Ou du moins, un apprenti magicien. Seule votre capacité à utiliser la magie a pu permettre à cet ouvrage de vous révéler son contenu.

Sachez que vous avez dorénavant une place attitrée au sein de notre académie. L'un de nos Maîtres Magiciens prendra prochainement contact avec vous pour parfaire la suite de vos études et éclaircir quelques points qui semblent essentiels.

Maintenant, à vous de rendre honneur à votre rang.

Isal Iyundil, Archimage



Cassie lut et relut le passage du texte en se disant que ce livre devenait de plus en plus intrigant. Elle remarqua alors, inscrit dans un coin de la page, un nom qui y figurait : Ewann Harrisson. Étais-ce l'auteur de ce livre ? Cassie tourna les pages et s'arrêta au hasard sur l'une d'elles. Il s'agissait d'un chapitre consacré au sortilège basique pour créer une boule de feu. Une formule était essentielle pour que le sort fonctionne.

- J... ö... a..., épela Cassie.

Puis, la fillette racla sa gorge pour l'éclaircir la gorge, se redressa et leva un bras devant elle, la paume de sa main orientée vers le plafond. Quitte à jouer à la magicienne, autant y aller jusqu'au bout dans la mise en scène, s'amusa-t-elle à penser.

- Jöa !

Cassie ouvrit alors grand la bouche et n'en cru pas ses yeux lorsqu'elle vit une minuscule mais puissante lueur danser au creux de sa main. Elle resta quelques minutes immobile à l'observer, puis sursauta en entendant la porte d'entrée claquer et son oncle annoncer qu'il était rentré. Cassie agita la main dans tous les sens pour tenter d'éteindre la petite boule de lumière.

- Comment on se débarrasse de ce truc ! paniqua-t-elle.

Cassie ferma sa main et la rouvrit quelques secondes plus tard, soulagée de voir qu'elle avait réussi. Elle s'empara ensuite du livre de magie et entreprit de le ranger dans sa chambre. Après tout, son oncle ne lui en voudrait probablement pas si elle lui empruntait quelques jours. Elle dévala ensuite les escaliers quatre à quatre. Timothy se tenait devant la porte d'entrée grande ouverte, incitant ainsi sa nièce à regarder dehors.

Une poule !

Il avait enfin acheté une poule.

- On n'aura qu'à l'appeler Isal ! s'exclama Cassie, sortant le premier nom qui lui venait à l'esprit.

L'expression qui parcourut alors le visage de son oncle fit si infime qu'elle ne le remarqua pas. Mais à l'évocation de ce prénom, son oncle fut emparé d'un doute subite et effrayant.
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