Thé chaud et nez gelé by lalaulau38
Summary:


Recueil à lire au coin d'un feu de cheminée

Héron de l'Avent 2015
Crédit image : A. Moulin, retouches par mes soins


1 - Promenade - Sweet december
2 - Crépuscule - Début de soirée chez Gustave Audepré
3 - Départ - Trois petits mots et puis s'en va
4 - Service à thé - Le grenier des souvenirs
5 - Bientôt - Lettre ouverte
6 - Matin neigeux - La belle aubaine
7 - Transports en commun - Et si Juliette promenait Roméo en poussette ?
8 - 2.0 - Vous avez reçu un nouveau message
9 - Cymru am byth - Bunk House
10 - Pub - 38, rue du premier atelier
11 - Enfance - Projection
12 - Stuck in the middle with you - Coincée
13 - Odeur du tabac - Écorché(s)
14 - Attente - Caméo imaginaire et totalement éxagéré
15 - Poupée de cire - Chez Madame Tussaud si on y arrive
16 - 1001 nuits - Et puis après, partir en paix
17 - Seul - Léon
18 - Étranger - Photo annuelle et pull de Noël
19 - Parfum - Son parfum
20 - Fantôme - Madeleine
21 - Arrivée - Mamie Odette
22 - Chocolat, cannelle et zeste d'orange - Cosy
23 - Quand elle danse - Nostalgie sur glace
24 - Croissant de lune - Les croissants de Lune

Categories: Romance, Aventure, Tragique, drame Characters: Aucun
Avertissement: Aucun
Langue: Français
Genre Narratif: Nouvelle
Challenges:
Series: Aucun
Chapters: 24 Completed: Oui Word count: 17166 Read: 97901 Published: 29/11/2015 Updated: 24/12/2015
23 décembre - Quand elle danse - Nostaglie sur glace by lalaulau38
Author's Notes:
Il la regarde depuis le ponton, danser sur cet étang que le froid a gelé. Il l'observe, l'admire et l'envie peut-être un peu, aussi.
Elle ondule sur la glace, malicieuse et séductrice. Ce qu’il aime le plus c’est qu’elle ne s’en rend même pas compte. C’est naturel, cette grâce qu’elle dégage quand elle a ses patins aux pieds.

Il est en admiration, ça crève les yeux.

Déjà enfants, ils venaient sur cet étang, l’hiver, et jouaient sur la glace. Des courses, des tentatives de figures… La saison était rude mais il n’y avait pas grand danger si on connaissait le coin. Et ils le connaissaient, les deux voisins inséparables pris de passion pour le froid et le patinage.

Quand elle danse, c’est comme si tout disparaissait autour de lui. Exit, la foret qui surplombe le plan d’eau et dont les branches des arbres givrés donnent un aspect féérique au paysage ; il n’y a qu’elle. Il reste immobile, assis à quelques mètres, sur ce vieux ponton qui domine la surface de l’eau que le froid a figé pour des semaines.

Quand elle danse, il perd l’équilibre, un peu. Il est envouté devant ses mouvements fluides et son insouciance. On dirait que sa vie tourne autour de cet instant. De cette jeune femme blonde qui enchaine les figures avec un naturel déconcertant.

Ce n’est plus qu’un jeu, désormais.

Il ne sent pas le froid qui pénètre à travers les couches de tissus qu’il a superposé. Il a le nez plongé dans une grosse écharpe en laine et s’il respire un peu fort, les verres de ses lunettes se couvrent aussitôt de buée.


Quand elle danse, ses patins aux pieds, c’est comme si le monde s’arrêtait un instant.

Elle tournoie sur elle-même, faisant onduler ses cheveux dans un mouvement fluide, accélère, accelère, puis repart en levant les bras.

Il a oublié le nom de cette figure, et à vrai dire, il s’en moque.

Elle est là, devant lui et elle patine. C’est le plus important. De temps en temps, elle sourit en passant, et une chaleur exquise envahit tout son être. Il se sent vivant. Peu importe la douleur ou la peine, quand il la regarde, il sent son coeur qui bat fort dans sa poitrine, et cette sensation vaut tout l’or du monde.

Elle termine sa figure, un dernier tour de piste, puis s’approche du ponton en souriant.


- On ne va pas tarder… elle lui dit, comme pour demander sa permission.


Il répond à son sourire et lui fait un signe de tête.


- Danse, ma douce, danse… il chuchote alors que la jeune femme repart, ses patins semblant tout juste effleurer la glace.


Et puis d’un coup, quelques souvenirs lui reviennent.

Leurs corps, collés l’un à l’autre pendant une chorégraphie passée.
Leurs coeurs, battant à l’unisson alors qu’ils patinent ensemble.
Il regarde ses jambes maigres et immobiles, maintenues sur son fauteuil roulant.
Bizarrement, il ne repense pas à l’accident.

Mais là, au bord de l’étang gelé de leurs premiers duos, lui aussi aimerait pouvoir danser.
End Notes:
Demain, déjà... Le 24 décembre...
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