Murmures nocturnes by The Night Circus
Sélection FlamboyanteSummary:



Recueil de textes écrits lors des nuits HPF

Crédit image : photographie et montage de moi


Categories: Projets/Activités HPF Characters: Aucun
Avertissement: Aucun
Langue: Aucun
Genre Narratif: Aucun
Challenges:
Series: Les Nuits d'HPF
Chapters: 5 Completed: Non Word count: 1172 Read: 12096 Published: 13/09/2015 Updated: 27/07/2016
Story Notes:

Voilà, un recueil de ce que j'ai pu écrire pendant les nuits HPF...

1. Java by The Night Circus

2. Reflet by The Night Circus

3. Déconcentration by The Night Circus

4. Culpabilité by The Night Circus

5. Amour by The Night Circus

Java by The Night Circus
Elles étaient cinq sœurs.

L'aînée s'appelait Volte. Elle était frivole, coquine. En de gracieux sauts, elle savait comme nulle autre faire voler ses jupons et les garçons pouvaient, avec un peu de chance, entrapercevoir un peu de la chair tendre de ses cuisses. Un deux trois, pied fada, un deux trois, pied fada, et hop ! On saute. Elle était libre, choquante, enivrante.

La cadette avait prit pour nom Valse. Elle était bien plus sage que son aînée; jamais sa peau n'apparaissait. Elle n'aimait que la grande aristocratie, les belles manières, les salons élégants et satinés. Un... deux... trois... . Un... deux... trois...

La sœur suivante, Musette, était souvent prise pour une pâle copie de son aînée. Pourtant, elle avait bien plus de caractère. Son rythme à elle était plus rapide, un-deux-trois, un-deux-trois; elle aimait côtoyer les bals de petites gens: une estrade en bois, quatre arbres décorés de vilains bulbes électriques, des petits truands, de jeunes artisanes en quête d'amusement; quelques accordéons et un chanteur avec un foulard autour du cou; il ne lui en fallait pas plus pour s'amuser.

Personne ne savait si Polka était née avant ou après Musette; mais toutes les deux étaient inséparables. Polka avait une bouche écarlate, des cils interminables, et une lumière lascive au coin de l’œil. Lorsque les hommes étaient fatigués du paraître, il quittaient Valse pour se tourner vers les bras langoureux de Polka.

Java était la petite dernière, et, au plus grand désespoir de Valse, elle prenait le même chemin que Musette et Polka. Java était plus sensuelle que ses sœurs, plus déterminée, plus mutine. Les garçons laissaient leurs mains descendre sur le bas de ses reins, et elle s'accrochait à leur cou sans la moindre pudeur.

Volte avait vieilli et, sous ses cils blanchis, elle regardait Java faire tourner les têtes avec tendresse.
Reflet by The Night Circus
Les gens n'ont qu'un reflet, moi j'en ai trois, six, sept.

Je suis une reine sombre, à la couronne noire et pointue. Je suis pâle, élégante, sévère, drapée de velours et de soie. Dans ma forteresse de papier, des soldats en cartons sans âme sont prêts à exécuter le moindre de mes ordres.
À mes côtés, le roi barbu, épaules larges, front altier.
En bas de mon trône imaginé, mon amant, sa vigueur, sa jeunesse, sa loyauté déchirée entre son roi et sa reine.
A mes pieds, mon double, mon reflet.

Il existe quatre tours semblable à la mienne et nous nous livrons une guerre sans merci.
Et pourtant, nous nous ressemblons tellement.
Au nord, la souveraine porte contre son cœur un diamant écarlate. Elle est moins guerrière que je ne le suis, mais elle partage mes traits et mes atours, elle aussi aime le roi, elle aussi aime son Jack.
Elle est comme moi, et comme les autres.
A l'Est, un cœur orne le front blanc de ma double, à l'Ouest un trèfle.

Nous sommes les Dames, nous sommes une, quatre, huit.

Nos guerres sont des jeux d'enfants, comme toutes les guerres. Mais les nôtres ne font pas couler de sang.
Déconcentration by The Night Circus
Les mains de l'acteur sont crispées l'une contre l'autre, si fort qu'on peut voir ses jointures blanchir.
Neville Chamberlin vient de mettre fin à tout espoir d'échapper à la guerre qui a éclaté en Europe. Le royaume-uni entre dans le conflit.
Toute la troupe est rassemblée autour de la petite radio qui crachote, encore et encore, le communiqué du premier ministre. Claudius pose la main sur l'épaule d'Hamlet, Gerturde renifle dans les bras d'Horatio. Laerte se gratte la tête en regardant autour de lui. Ses parents sont allemands après tout. Guildenstern se rends compte de son désarroi et lui ouvre les bras.

Ce soir-là, la salle est anormalement silencieuse ; parfois on entend des sanglots un peu étouffés.
Arrive le cinquième acte. Hamlet s'agenouille au milieu de la scène et ramasse le crâne en papier mâché de Yorik. Il regarde fixement les deux trous ronds, noirs et béant, de l'endroit où se seraient trouvés les yeux de l'ancien bouffon. Il ouvre la bouche, et soupire :
-Alas, Poor Yorik...
Un silence pensant suit ses mots. Le crâne le regarde. Hamlet pâlit. Quelle idée de jouer avec un crâne. Bientôt son pays sera à feu et à sang.
-Alas, Poor Yorik...
Il ne parvient pas à aller au de là de ces quelques mots. Il a l'impression que le crâne se moque. Bientôt, bientôt. Très bientôt. Tu seras comme moi. Et Peter, le jeune machiniste, et Laerte, et Horatio.
-Alas... Alas... Alas, poor Yorik...
La voix d'Hamlet tremble, et s'éteint une troisième fois. Jamais de sa vie il n'a oublié un seul des mots du Barde. Et pourtant, ce soir, c'est le vide absolu.
Le crâne se moque. Il en est certain.
Hamlet jette brusquement l'accessoire de théâtre loin de lui. Pas un murmure ne vient secouer la foule muette des spectateurs lorsque le jeune homme se recroqueville sur lui même, le visage entre les mains.
Culpabilité by The Night Circus
Author's Notes:
Merci pour vos commentaires, ils sont adorables !
Lui, la culpabilité l'enivre comme un mauvais vin.
Elle, la culpabilité l’indiffère, glisse contre sa peau tannée par les amour factices comme autant d'innombrables lèvres, comme autant de mains éphémères qui ont empoigné si souvent ses boucles brunes.
Il en joue, elle en a trop joué.

Ses torts et ses vices sont présents dans chacun des baisers de l'amant, et remarquablement absents des soupirs de la belle.

Ils se brûlent, s'embrasent, s'envolent, lui si complexe, elle si simple.

Une lueur moqueuse plane dans les yeux sombres de la jeune femme.
Elle sait le goût de l'interdit. Son ivresse.
Elle s'est plongée avec délice, stupeur, extase et dégoût dans ce nectar elle aussi. Autrefois, il y a longtemps.
Elle sait à quel point Il en est esclave. Elle aime en jouer. Quelque part, ça la rends vivante.

Sans elle, sans cette foutue culpabilité, peut-être que leur étreintes ne seraient pas aussi passionnées, aussi désespérées, aussi excitantes.

Aussi amères.
Amour by The Night Circus
Author's Notes:
Thème : Intimité

(Drabble)
-Tu n'as pas à te justifier. Tu n'a pas à me dire que tu n'es pas comme eux. Je le sais.
Ce n'était pas ton frère, ou ton cousin. Ce n'était personne de ta famille. Et même si ça l'avait été, ça ne serait toujours pas toi.
Je te connais. Je t'aime, dans les moindres replis de ton corps ou de ton âme, même les plus inaccessibles.

-Tu ne comprends pas. A chaque goutte de sang qu'ils versent, ils violent un peu plus mes croyances, mes principes. Ma foi, c'est ce que j'ai de plus intime... avec toi.

-Embrasses-moi encore.
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