Terreur nocturne by Alena Aeterna
Summary:

 


Crédit : Image libre sur Pixabay.

 

Clélie pensait que fuir la protégerait de ses ennemis.
Elle n'imaginait pas que sa vie se terminerait dans un cauchemar. 

Épreuve 5 du concours Le Seigneur des Plumes : Le Retour du Héron.

 


Categories: Horreur, Concours Characters: Aucun
Avertissement: Gore, Violence physique
Langue: Français
Genre Narratif: Nouvelle
Challenges:
Series: Le Seigneur des Plumes - Le Retour du Héron , Seigneur des Plumes d'Alena
Chapters: 1 Completed: Oui Word count: 731 Read: 1348 Published: 30/03/2018 Updated: 31/03/2018
Terreur nocturne by Alena Aeterna
Author's Notes:

Ré-écriture du texte "Dans les ombres" de l'épreuve 1 avec pour contrainte de garder le même nombre de mots. Cette version n'est pas ma préférée.

En entendant le grognement derrière elle, Clélie comprend qu’elle n’aurait jamais dû échapper à la surveillance de ses gardiens. Pour elle, ils n’étaient là que pour veiller à la mener en un seul morceau aux responsables de leur gouvernement mais elle se rend compte que ce n’est pas la seule raison. Leur fausser compagnie est sa première erreur, elle redoute d’être tombée dans un lieu plus dangereux que ce qu’elle aurait pu croire.

La jeune femme a profité de quelques secondes d’inattention pour s’enfuir, se glissant dans un jardin en courant jusqu’à se perdre dans le dédale des rues. Les panneaux ne sont pas nombreux, il n’y a aucune direction précise à suivre pour retrouver un chemin digne de ce nom. Peu de réverbères sont allumés, la lumière qui l’éclaire étire les ombres des bâtiments et des arbres, l’effrayant plus encore. Comme pour ajouter à sa peur, un cri inhumain résonne, si proche que les battements de son cœur s’accélèrent. La nausée la saisit immédiatement mais elle lutte, forçant ses jambes à poursuivre sa marche.

D’autres hurlements succèdent au premier et la jeune femme se reproche son inconscience. S’offrir à ses ennemis à la place des otages lui semblait être une bonne idée, sur le coup, mais les regrets pointent doucement. Elle a promis de ne jamais oublier d’où elle vient et de garder la tête haute en toute occasion mais elle n’était pas préparée à ça. On lui a longuement raconté des histoires impossibles sur des hommes métamorphes, sur des buveurs de sang ou des morts revenus à la vie. Elle prie pour que tout ceci soit faux, pour avoir perçu des grognements de chiens plutôt que des sons humains.

Au coin d’une rue, elle se permet de se détendre, persuadée d’être seule. Ses muscles sont endoloris par sa course, son souffle demande plus d’oxygène alors que ses pensées emmêlées s’ordonnent un peu plus. Un rire hystérique s’échappe de ses lèvres et elle se courbe en deux, les mains posées sur ses genoux. Ses cheveux détachés lui cachent une partie de sa vue mais elle n’y prête aucun intérêt, tentant de se raisonner. Avec un peu de chance, le bâtiment où elle devait être conduite est assez imposant pour être repéré de sa position. Se redressant lentement, Clélie inspire de grandes goulées d’air et avance à nouveau.

Lorsqu’une silhouette se dresse sur son chemin, elle trébuche en reculant. Ce n’est pas une créature qu’elle connaît, elle a des traits humains mais ses dents acérées et ses yeux phosphorescents prouvent qu’elle n’est en rien commune avec les mortels. La jeune femme se dit qu’en restant immobile, elle n’aura rien à craindre puisqu’elle ne représentera aucune menace. Ce n’est toutefois pas de l’opinion de la bête qui se met à quatre pattes avant de prendre de l’élan pour se jeter sur elle. Retenant un hurlement, Clélie sent les dents déchirer sa tunique et percer sa peau, faisant couler son sang. En se débattant, elle repousse la créature et porte la main à sa blessure, déglutissant difficilement.

Un gloussement moqueur retentit derrière elle et elle se retourne, découvrant avec effroi une autre silhouette aux orbites vides. La jeune femme ferme les yeux avec force, certaine de se trouver dans un cauchemar, supposant qu’elle reverra la lumière tant chérie du soleil quand elle ouvrira ses paupières. Hélas, la première bête est toujours là, haletante de rage, et la seconde silhouette se rapproche dangereusement. Un sanglot monte dans sa gorge alors qu’elle serre les poings, en proie à des sentiments opposés.

Face à la violence qu’elle lit dans ces deux regards, elle sent la haine l’envahir, ainsi que l’acceptation. Cette situation a eu lieu parce qu’elle a pris la décision de se rendre à l’adversaire puis de s’échapper, elle en est la seule responsable. Mais la bouche immense et ronde, aux dents salies de sang, qui s’ouvre la conforte dans sa pensée d’être bientôt morte. Sous ses pieds, comme une vaste plaisanterie, le sol se tord, agité de spasmes qui évoquent des serpents prêts à la mordre. Même la pluie, venue s’ajouter à la partie, est digne d’une vision d’horreur. Le liquide est acide sur sa peau, teinté d’un rouge trop explicite pour être ignoré.

Les cliquetis qui surviennent ensuite aspirent ses derniers espoirs. En plus de toutes ces créatures cauchemardesques, des insectes entrent dans le jeu, volant à la hauteur de sa tête. Clélie cède alors et pousse un hurlement.

 

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